BRONCHES
On désigne ainsi les deux branches de bifurcation de la trachée. Ces deux canaux forment entre eux un angle obtus ouvert en bas ; l'angle de bifurcation est occupé par un ligament triangulaire très fort quien limite l'écartement.
Les deux bronches sont désignées sous le nom de bronche droite et de bronche gauche.
La bronche droite a un calibre plus considérable que la bronche gauche ; beaucoup plus courte, moins oblique, elle est en rapport avec la veine azygos.
La bronche gauche, moins volumineuse, mais plus longue et plus oblique que la droite, est en rapport avec la crosse de l'aorte et de l'œsophage.
Les rapports communs des deux bronches sont les suivants: Elles sont entourées parles plexus pulmonaires, pai' des ganglions lymphatiques remarquables par leur couleur noire. L'artère pulmonaire, située d'abord au-devant de la bronche correspondante, lui devient supérieure, puis postérieure au moment où la bronche pénètre dans le poumon. La veine pulmonaire se dirige de bas en haut entre la bronche et l'artère.
Parvenues à la racine du poumon, les deux bronches se divisent : la gauche en deux branches égales ; la branche droite, en trois branches : une supérieure plus petite, destinée au lobe supérieur du poumon, et deux autres de volume égal dont l'une se rend au lobe moyen, l'autre au lobe inférieur. A part celle différence, les divisions bronchiques sont partout identiquement les mêmes; elles se divisent dichotomiquement à angle aigu. C'est ainsi que les bronches se distribuent dans les lobules pulmonaires où nous les retrouverons en décrivant la structure du poumon.
Les divisions et subdivisions des bronches ne dépassent guère le nombre de douze à quinze.
Dans les poumons les bronches sont en rapport avec les vaisseaux bronchiques et pulmonaires, les nerfs et les lymphatiques.
M. Lefort (1) a étudié avec beaucoup de soin les rapports des bronches avec les vaisseaux pulmonaires ; c'est à son travail que nous em-
(1) Lefort, Recherches sur l'analomie du poumon de l'homme, thèse de Paris, 1858.
SPLÂNCHNOLOGIE.
pruntons la description de ce point très intéressant de l'anatomie de l'appareil respiratoire (fig. 133).
A l'endroit de sa bifurcation l'artère pulmonaire se trouve placée au-dessous et en avant de l'origine des bronches, au-dessus et en avant des veines pulmonaires à leur entrée dans l'oreillette ; la branche gauche passe comme à cheval au-dessus de la bronche correspondante avant la bifurcation de ce conduit; à droite elle marche entre celle qui va au lobe supérieur et celle non divisée des lobes moyen et inférieur ; mais avant d'atteindre le hile du poumon, elle donne des divisions en nombre égal à celui des lobes, c'est-à-dire trois à droite et deux à gauche. Ces branches accompagnent les bronches dans tout leur trajet en se divisant avec elles. Dans toute la partie où existent des artères bronchiques, l'artère pulmonaire ne fournit aucun vaisseau à l'arbre aérifère ; mais au niveau des lobules principaux, là où cesse l'artère bronchique, le rameau artériel pulmonaire fournit à la bronche interlobulaire, et se ramifie sur les parois de ce tube en formant des mailles polygonales ; ces rameaux montent avec les bronches dans l'intérieur du lobule, arrivent aux bronches intercellulaires et
Fig. 133. — Rapport des bronches avec les artères et les veines pulmonaires
{poumon vu par sa face postérieure).
A. Oreillette gauche. — B, Trachée-artère. — 4. Artère pulmonaire. — 2,2. Veines pulmonaires. — 3,3. Bronches.
(Cette figure, tirée de la thèse de M. Lefort, a été faite d'après une préparation déposée par cet habile anatomiste dans le musée Orfila.)
TKACHÉE-ARTÈKE. 587
aux cellules où les capillaires artériels se transforment en capillaires veineux. Origine de la veine pulmonaire, nées de ce point, les ramuscules veineuses, au lieu de se diriger vers la profondeur du lobule pour atteindre la bronche, gagnent la superficie pour former un petit tronc qui marche indépendant entre les deux lobules qui lui ont donné naissance, arrive dans le sillon interlobulaire, le suit dans toute son étendue, reçoit d'autres vaisseaux qui finissent par former un tronc considérable qui conserve dans toute l'étendue de l'organe cette situation isolée et indépendante.
Struclure de la trachée et des premières ramifications des bronches.
La trachée est formée de seize à vingt anneaux cartilagineux superposés, séparés par autant d'anneaux fibreux qui les réunissent. Ces anneaux, incomplets en arrière, forment les deux tiers ou les trois quarts d'un cercle; ils sont peu réguliers, leur hauteur est différente; le même anneau présente même une différence de hauteur dans les divers points de son étendue ; quelquefois ils se soudent, d'autres fois ils se bifurquent ; ces cartilages s'ossifient assez souvent chez les vieillards.
Le premier anneau de la trachée est beaucoup plus élevé que les autres, surtout à sa partie^ antérieure.
Le dernier présente à sa partie moyenne un éperon saillant dans l'intérieur de la trachée. Cet éperon sépare en deux portions l'extrémité inférieure de la trachée ; les deux demi-cerceaux qui résultent de cette disposition constituent les deux premiers cerceaux des bronches.
Tissu fibreux. — Le tissu fibreux de la trachée forme à ce canal un tuyau complété à la partie antérieure et sur les parties latérales par les anneaux de la trachée qui paraissent développés dans son épaisseur. En arrière, le tissu fibreux forme seul la charpente de la trachée.
Fibres musculaires. — On a constaté dans la partie membraneuse de la trachée des fibres musculaires transversales qui s'insèrent aux deux extrémités des anneaux cartilagineux.
Tissu jaune- — Ce tissu se présente sous l'apparence de faisceaux longitudinaux jaunes, semblables à des plis qui ne s'effacent point par la distension ; ces faisceaux sont adhérents à la muqueuse trachéale ; arrivés à la bifurcation de la trachée, ils se bifurquent et se rendent dans les bronches.
Glandules. — Entre la tunique fibreuse et la tunique musculeuse on a signalé l'existence d'un grand nombre de granulations qu'on retrouve encore sous la membrane muqueuse entre les anneaux de la trachée.
Membrane muqueuse. — La surface intérieure de la trachée-artère est tapissée par une membrane muqueuse très adhérente aux tissus qui la supportent ; elle est percée d'un grand nombre de petits pertuis qui sont les orifices des glandules trachéales.
588 SPLANCHNOLO(;iE.
Artères. —Elles sont fournies parles artères thyroïdiennes.
Veines. — Les petits vaisseaux veineux, aussi nombreux que les espaces qui existent entre les anneaux, vont se rendre dans les troncs veineux situés le long de la trachée.
Lymphatiques. — Ils se rendent dans les ganglions ambiants.
Nerfs. — Ils viennent des pneumogastriques,
La structure des bronches est identique avec celle de la trachée. La bronche gauche est composée de dix à douze anneaux cartilagineux, la bronche droite de cinq ou six ; tous les tissus qui entrent dans la composition de la trachée se retrouvent dans la composition des bronches, et présentent la même disposition.
Lorsque les bronches réduites de calibre par le fait de leurs divisions sont réduites à un diamètre d'un millimètre, elles ne renferment plus de cartilage; le tissu fibreux finit lui-même par disparaître insensiblement, il arrive en se raréfiant peu à peu à se confondre avec le tissu cellulaire interlobulaire, et la bronche arrive dans le lobule réduite presque à la membrane muqueuse.
Les artères viennent le plus souvent de l'aorte, ce sont les artères bronchiques.
Les veines du côté droit se jettent dans la veine azygos, et celles du côté gauche dans l'intercostale supérieure.