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VAISSEAUX ET NERFS PULMONAIRES

raient la disposition suivante. D'après A. Bérard, la membrane qui tapisse l'intérieur des vésicules est la continuation de la muqueuse des bronches ; celle qui revêt la cellule à l'extérieur est un prolongement de la membrane fibreuse de ce conduit. Les divisions de l'artère pulmonaire pénètrent dans le lobule, s'y divisent et se répandent en rameaux extrêmement fins jusque dans les cellules ; là elles se continuent manifestement avec les veines pulmonaires dont les ramifications peuvent être constatées à l'extérieur des vésicules bronchiques; de là ces rameaux se portent vers la superficie du lobule en croisant la direction des bronches, gagnent les espaces interlobulaires, où ils se continuent avec les veines qui viennent des lobules voisins. Les lymphatiques trouvent, comme les veines, leur origine dans l'intérieur des lobules; les nerfs disparaissent à la surface des veines et des artères; les artères bronchiques s'épuisent en arrivant à chaque lobule.

La structure et la disposition des bronches dans l'intérieur du poumon méritent une description spéciale. Nous avons vu que les grosses bronches étaient, comme la trachée-artère, formées d'anneaux incomplets réunis par une membrane fibreuse ; les divisions bronchiques suivantes sont formées par des anneaux complets; enfin l'extrémité de la bronche destinée au lobule est membraneuse dans tout son pourtour et formée de fibres longit-udinales et de fibres circulaires. Si l'on examine la cavité des ramifications ouvertes, on constate que les ouvertures sont assez rares dans les divisions principales, qu'elles deviennent d'autant plus nombreuses que les ramifications sont plus petites. M. Rigaud a constaté que ces ouvertures sont disposées de telle sorte que de quatre en quatre' elles suivent exactement la même ligne, c'est-à-dire qu'elles sont alternes par quatre et disposées en manière de spirale dont chaque tour comprend trois ramifications, la quatrième commençant le tour de spire suivant.

Il a constaté, en outre, qu'en poursuivant un embranchement et une de ses ramifications successives, on finit par arriver à ce résultat, que la troisième subdivision redevient parallèle à l'embranchement duquel on est parti : d'où il conclut que chaque ramification forme un angle de 60 degrés avec l'embranchement qui lui donne naissance.

Par ce retour au parallélisme des divisions bronchiques, il est facile de concevoir comment la masse entière du poumon est canaliculée, et comment il y a absence de masse de tissu cellulaire, qui, dans toute autre manière de concevoir la structure des poumons, serait nécessaire pour remplir les vides qui existeraient nécessairement (1).

Vaisseaux et nerfs pulmonaires.

Indépendamment des bronches que l'on peut considérer comme la charpente du poumon, ces organes reçoivent deux ordres d'artères,

{{} Rigaud, Cours d'études anatomiques. Paris, 1830. -

594 SPLÂNCHNOLOGIE.

V artère pulmonaire eiVaiicre bronchique, et émettent deux ordres de veines, la veiiie pulmonaire et la veine bronchique ; on y rencontre en outre des vaisseaux lymphatiques, des nerfs, du tissu cellulaire et une matière noire dite matière noire pulmonaire.

L'artère pulmonaire, très volumineuse, charrie du sang noir; elle part du ventricule droit et se porte jusque dans l'intérieur des cellules pulmonaires.

L'artère bronchique, qui vient de l'aorte, est peu volumineuse eu égard au volume du poumon. Elle paraît être destinée à la nutrition de l'organe.

Les veines pulmonaires sont au nombre de quatre, deux pour chaque poumon ; elles sont dépourvues de valvule, charrient du sang rouge ; elles se rendent des cellules pulmonaires à l'oreillette gauche.

Les veines bronchiques répondent aux artères bronchiques; elles se rendent à droite dans la veine azygos, à gauche dans l'intercostale supérieure. Pieissesen admet qu'une partie des veines bronchiques se jettent dans la veine pulmonaire.

Un fait remarquable à signaler est la facilité avec laquelle les injections même les plus grossières passent des artères dans les veines pulmonaires ; l'injection au contraire ne passe pas des veines dans les artères : cette particularité avait fait admettre des valvules dans les veines pulmonaires.

Les vaisseaux lymphatiques sont superficiels et profonds; ils vont se rendre aux ganglions bronchiques et trachéens.

Les nerfs viennent du plexus pulmonaire formé par les filets du pneumogastrique et du grand sympathique.

Le tissu cellulaire existe en petite quantité entre les lobules.

Matière noire pulmonaire. — Cette matière commence à se manifester vers l'âge de dix à vingt ans dans les ganglions bronchiques et à la surface du poumon, par plaques, par lignes ou par points plus ou moins foncés. Elle paraît due à du carbone déposé dans le tissu cellulaire sous-pleural et dans celui qui entoure les ganglions.

La plèvre est une membrane séreuse, un sac sans ouverture qui tapisse les poumons et les parois du thorax ; il y a deux plèvres, une de chaque côté, séparées par deux espaces triangulaires : les 7nédiastins.

La plèvre qui tapisse les parois de la poitrine porte le nom de plèvre pariétale ; celle qui tapisse le poumon, de plèvre viscérale. Le feuillet qui s'adosse au feuillet du côté opposé porte le nom de plèvre médias tine.

Comme la séreuse péritonéale, la plèvre présente deux surfaces : une adhérente, une autre libre ; les deux surfaces libres sont lisses, se touchent et circonscrivent la cavité des plèvres.

THYMUS. 595

Pour décrire la plèvre, nous suivrons la même marche que pour le péritoine, ^"ous la ferons partir d'un point ; nous la conduirons sur les parois de la poitrine, sur les viscères, et nous la ramènerons au point de départ.

De la partie antérieure du sternum, la plèvre se porte en dehors, tapisse les parois thoraciques, les nerfs et les vaisseaux mammaires, les côtes, les muscles intercostaux, la tète des côtes, le grand nerf sympathique; en bas, elle tapisse la face supérieure du diaphragme ; en haut, elle se prolonge au-dessus de la première côte et forme un cul-de-sac dans lequel se loge le sommet du poumon. Sur les côtés de la colonne vertébrale, les deux plèvres se réfléchissent d'arrière en avant jusqu'à la racine du poumon. Dans ce point, elles s'adossenl ; l'espace compris entre elles porte le nom de médiastin postérieur qui renferme l'aorte descendante, l'œsophage, les nerfs pneumogastriques, le canal thoracique, la veine azygos, des ganglions lymphatiques, et en haut la trachée-artère.

Arrivée à la racine du poumon, la plèvre se réfléchit derrière ce pédicule, revêt une petite portion du péricarde, puis le bord postérieur, la face externe, le bord antérieur du poumon ; s'enfonce dans la scissure interlobaire, se réfléchit sur la face interne, gagne la face antérieure du pédicule pulmonaire, passe sur la face latérale du péricarde, se réfléchit de nouveau d'arrière en avant, et forme avec la plèvre du côté opposé le médiastin antérieur. Celui-ci n'est pas vertical comme le médiastin postérieur; oblique de haut en bas et de droite à gauche, il suit la même direction que le cœur. Il est étroit à sa partie moyenne, évasé en haut et en bas ; l'évasement supérieur est rempli chez le fœtus par le thymus, chez l'adulte par du tissu cellulaire qui communique avec celui de la partie antérieure du cou; l'évasement inférieur contient le cœur, le péricarde et du tissu cellulaire qui communique avec le tissu cellulaire de la partie supérieure, et quelquefois avec celui de la paroi abdominale à travers l'espace triangulaire que le diaphragme présente derrière le sternum.

THYMUS.

On donne ce nom à un organe glandulaire situé dans la partie supérieure du médiastin antérieur. Cet organe, très volumineux chez le fœtus, disparaît presque toujours complètement chez l'adulte.

Le thymus est formé de deux lobes souvent inégaux, enveloppés par une membrane celluleuse a^sez lâche qui le divise en un grand nombre de lobules et de granulations. Chaque granulation est creuse et renferme un liquide blanc visqueux; ces cellules communiquent entre elles et versent leur produit dans une grande poche centrale qu'Astley Cooper a désigné sous le nom de réservoir du thymus. On n'a pas pu découvrir de conduit excréteur à cet organe-

)96 SPLANCHNÛLOGIE.

APPAREIL URlP^AlRli:.

L'appareil urinaire se compose : d'un organe sécréteur, le rein ; d'un canal excréteur dilaté en haut, constitué par les calices, le bassinet et Vuretère ; d'un réservoir, la vessie; d'un canal excréteur définitif, Vurèthre. Chez l'homme, le canal de l'urèthre donne passage au liquide séminal, par conséquent se trouve faire partie des organes génitaux ; chez la femme, le canal de l'urèthre ne donne à la vérité passage qu'à de l'urine, mais il présente des rapports tellement intimes avec l'appareil de la génération, que nous croyons devoir le décrire, ainsi que celui de l'homme, avec les organes génitaux,

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