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UTÉRUS

L'utérus est un organe destiné à recevoir l'œuf fécondé, à conserver le fœtus pendant le temps nécessaire à son développement, et à l'expulser lorsqu'il est complètement développé.

Il est situé dans l'excavation pelvienne, sur la ligne médiane, entre la vessie et le rectum, maintenu en place par les ligaments ronds et les ligaments larges, et intérieurement par le vagin.

Son volume est très variable suivant les âges, très peu volumineux chez les jeunes filles jusqu'à l'époque de la puberté ; il conserve ses dimensions jusqu'à la vieillesse, alors il s'atrophie et revient au volume qu'il avait dans l'enfance. Pendant la grossesse il arrive à des dimensions très considérables ; après l'accouchement il ne revient jamais à son volume primitif, il reste toujours un peu plus volumineux.

(1) G. Richard, Thèse InauQurale. l*aris, l-Sôl.

636 SPLANCIINOLOGIE.

Voici les dimensions que M. Jacquemier assigne à l'utérus hors de l'état de gestation, lorsqu'il a pris tout son développement (l) :

Hauteur 67 à 81 millimètres.

Largeur du fond 35 à 40 —

Épaisseur 17 —

Poids 4087 à G250 centigrammes.

L'utérus est dirigé de haut en bas et d'avant en arrière ; il présente dans sa direction des déviations qui constituent autant d'états pathologiques sur lesquels nous ne pouvons nous arrêter.

L'utérus a la forme d'une petite gourde ou d'une poire aplatie d'avant en arrière. Ou le divise en corps et en col ; on lui considère une surface extérieure, une surface intérieure.

Surface extérieure. — Elle présente deux faces : l'une antérieure, l'autre postérieure; deux bords latéraux, un bord sujjérieur, une extrémité inférieure.

1° Face antérieure. — Convexe, lisse, recouverte dans ses trois quarts supérieurs par le péritoine, elle est séparée de la vessie par les circonvolutions de l'intestin grêle ; dans son quart inférieur ses rapports avec la vessie sont immédiats, elle n'en est séparée que par du tissu cellulaire dense.

FiG. 140. — Organes (jénitaux de la femme {coupe verticale).

1. Cavité de l'utérus. — 2. Canal de la trompe, — 3. Ovaire. — 4. Cavité du col utérin et du vagin.

2° Face postérieure. — Convexe et lisse comme la précédente, elle est entièrement recouverte par le péritoine, elle se trouve médiatement en rapport avec le rectum, dont elle est séparée par les circonvolutions de l'intestin grêle; de la partie inférieure de cette face partent deux replis utéro-rectaux qui, de la ligne médiane, se rendent sur les parties latérales du rectum.

(1) Jacqncniier, Manuel d'accouchement et des maladies des femmes fjrosses et accouchées, 184G, 1. 1", p. 95.

3" Bords laléraux. — Ils donnent attache aux ligaments larges et aux ligaments ronds.

4° Bord supérieur ou fond de Vutérus. — Convexe, il est en rapport avec les circonvolutions intestinales.

5° Extrémité inférieure, extrémité vaginale, museau de tanche. — Elle regarde en bas et en avant, et forme dans le vagin une saillie variable suivant les sujets; elle est percée d'un orifice étroit, circulaire, chez les femmes qui n'ont point eu d'enfants ; chez les autres cet orifice est plus dilaté et présente une fente transversale. On lui considère deux lèvres, l'une antérieure, plus épaisse, l'autre postérieur, plus allongée ; les angles de ces deux lèvres sont plus ou moins fendillées en divers sens : cette disposition est très variable suivant les sujets.

La partie du col utérin qui fait saillie dans .le vagin est désignée sous le nom de portion vaginale du col ; elle est plus ou moins saillante, quelquefois même elle s'efïace complètement.

Surface intérieure. — La cavité utérine, hors de l'état de gestation et de certains états morbides, est extrêmement petite; elle doit être examinée dans le corps et dans le col utérin.

1° Cavité du corps. — Elle esl triangulaire, à chaque angle correspond une ouverture ; les deux angles supérieurs sont infundibuliformes chez les femmes nullipares, plus arrondis chez celles qui ont eu des enfants, ils correspondent à l'orifice des trompes; Vangle inférieur présente un orilice de communication entre la cavité du col et celle du corps de l'utérus.

2° Cavité du col. — Elle est aplatie d'avant 'en arrière, moins, toutefois, que la cavité utérine; elle présente en avant et en arrière, sur la ligne médiane, un relief qui en occupe toute la longueur, et de chaque côté duquel partent de petites colonnes dont l'ensemble a été comparé à une feuille de fougère, et désigné sous le nom de lyre, d'arbre de vie. Cette disposition disparaît, en général, après le premier accouchement.

Structure de Vutérus.

L'utérus se compose : 1" d'une tunique externe, péritonéale; 2" d'un tissu propre; 3^ d'une membrane interne, muqueuse; 4° de vaisseaux et de nerfs.

1° Tunique péritonéale. — Le péritoine enveloppe complètement l'utérus, excepté dans le quart inférieur de sa face antérieure, où il est immédiatement en contact avec la vessie ; sur les côtés de ce réservoir il forme deux replis désignés sous le nom de ligaments vésicoutérins : nous avons précédemment signalé en arrière deux replis analogues que nous avons appelés ligaments utéro-rectaux. Sur les parties latérales, la tunique péritonéale embrassant la trompe, le liga-

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ment de l'ovaire elle ligament rond, forme le ligament large sur lequel nous reviendrons plus loin.

La membrane séreuse est très adhérente au tissu de l'ulérus sur la ligne médiane; elle lui est beaucoup plus lâchement unie au niveau du col et des bords de l'organe.

2° Tissu propre. — Hors de l'état de grossesse, le tissu de l'utérus est dense, très résistant, formé d'un tissu qui paraît fibreux, albuginé et traversé par des vaisseaux. Ce tissu prend pendant la grossesse tous les caractères du tissu rnusculaire, et offre la disposition suivante : Dans le corps de l'utérus, on trouve : 1° des fibres obliques superficielles ascendantes et descendantes, qui se redressent sur la ligne médiane, et forment, sur chaque face de l'utérus, un faisceau médian vertical : M. Deville a démontré que les fibres du côté droit s'entrecroisent avec c-elles du côté gauche ; 2" des fibres circulaires profondes, disposées suivant deux séries concentriques formant un cône dont la base répond à la ligne médiane et se confond avec les fibres du côté opposé, et dont le sommet répond à l'ouverture utérine de la trompe.

Dans le col, on constate des fibres circulaires qui s'entrecroisent à angle très aigu.

3° Membrane muqueuse. — L'existence de la muqueuse utérine a été longtemps révoquée en doute; plus tard, elle a été admise plutôt théoriquement qu'anatomiqueinent. Dans ces derniers temps , M. Robin (1) a donné une excellente description de la muqueuse utérine, déjà décrite d'ailleurs avec beaucoup de soin par M. Coste. A la même époque, M. A. Richard (2) a démontré d'une manière incontestable l'existence de celte membrane.

La face interne de l'utérus est tapissée par une membrane muqueuse très épaisse sur la ligne médiane, plus mince au niveau du col et des orifices lubaires. Cette membrane entre pour un cinquième environ dans l'épaisseur de la paroi utérine ; rosée à l'état frais, très adhérente au tissu de l'utérus, elle est molle, se laisse facilement déprimer ; sa face superficielle est lisse et polie ; elle est criblée d'une multitude de petits trous qui sont les orifices de petites glandules et recouverte par un épilhéiium cylindrique vibratile.

Dans l'épaisseur de la muqueuse utérine et dans celle du col, surtout au voisinage de l'orifice vaginal, on trouve un grand nombre de glandes tubuleuses simples dont les orifices peuvent être aperçus à l'œil nu ou armé de la loupe. Les glandules du col sont particulièrement décrites sous le nom d'œufs de Naboth.

Artères. — Elles viennent des artères uîéro-ovariennes et de l'hypogastrique ; les dernières, désignées sous le nom à'arlères ulérities, sont spécialement destinées au col. Ces vaisseaux augmentent considé-

(1) Ardiives générales de médecine, t. XVII, i" série, 1848, p. 257. ("2) A. Ricluiid, Tlièse Inaugurale. Pnris, '1848.

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