VULVE
On désigne sous ce nom l'ensemble des parties génitales externes de la femme, c'est-à-dire : le pénil ou iiwïH de Vénus, les grandes et les petites lèvres, le clitoris, le méat urinaire avec lequel nous décrirons le canal de l'urèthre de la femme, enfin les glandes vulvo-vagi- Il aies.
FiG. 143, — Organes génitaux externes de la femme.
i. Grandes lèvres, — 2. Petites lèvres. — 3. Cliloris. — 4. Méat urinaire. — 5, Orifice du vgigjn. — 6, Membrane hymen, — 7. Fonrclielle. — 8 Vestilinle, . — 9. Mont de V'énijs, —10. Périnée, — 11. Anus.
Gi4 SPLANCHNOLOGIE.
1° Pé)iil ou mont d(? Vénus. — On nomme ainsi unn ômînenre située au devant des pubis et formée par du tissu adipeux qui soulève la peau. Cette éminence se couvre de poils à l'époque delà puberté.
2" Grandes lèvres. — Ce sont deux replis cutanés, saillants, aplatis, et dirigés d'avant en arrière ; elles présentent une face eœlerne recouverte de poils ; une face interne, muqueuse, humide et lisse, qui se continue en haut et en bas avec la grande lèvre du côté opposé ; un bord libre, convexe, couvert de poils; une exlréraUé antérieure, qui se continue avec le mont de Vénus; une extrémité postérieure, qui se réunit à celle du côté opposé et forme une espèce de commissure postérieure appelée fourchette: entre la fourchette et l'entrée du vagin on trouve une surface a'^^eXëÇi fosse naviculaire.
Entre les deux surfaces muqueuse et cutanée, pourvues d'un grand nombre de follicules sébacés, se trouvent du tissu cellulaire et une espèce de sac membraneux découvert par M. Broca.
Au-dessous de la peau de la grande lèvre, on trouve un feuillet membraneux qui s'insère sur la face profonde du derme, au niveau du sillon qui sépare la grande lèvre de la petite ; en dehors, ce feuillet s'insère sur la lèvre externe de la branche ischio-pubienne, au-dessous de l'insertion du corps caverneux du clitoris ; en arrière de la fourchette, il se continue avec le fascia superficialis du périnée. Ce feuillet n'est autre chose que la paroi antérieure d'un sac qui est l'analogue du dartos de l'homme.
Ce sac commence au pli de l'aine, au niveau de l'anneau inguinal externe ; ses fibres proviennent en grande partie du fascia superficialis de l'abdomen et de la cuisse; quelques-unes naissent directement de l'épine du pubis et du pilier externe de l'anneau; de là ces fibres descendent obliquement en dedans, interceptant une cavité rétrécie à sa partie supérieure qui correspond à l'anneau inguinal ; devenant de plus en plus large, il s'aplatit d'avant en arrière, se place dans l'épaisseur de la grande lèvre entre la peau et l'aponévrose superficielle du périnée. Au niveau de la fourchette, les deux parois opposées se rapprochent, ne forment plus qu'un seul feuillet qui se confond avec le fascia superficialis des parties latérales de l'anus. La face antérieure de ce sac est presque libre d'adhérence ; la face postérieure est presque libre dans sa moitié supérieure ; depuis le méat urinaire jusqu'à la fourchette elle adlsère à l'aponévrose superficielle. Le bord externe est libre supérieurement; au-dessous de l'insertion du corps caverneux du clitoris il adhère à la branche ischio-pubienne. Le bord interne est convexe, se continue dans sa moitié supérieure avec le fascia superficialis du mont de Vénus, séparé de celui du côté opposé par la masse adipeuse du mont de Vénus ; dans sa moitié inférieure il est beaucoup plus mince, adhère au derme de la grande lèvre dans le sillon qui la sépare de la nymphe. Son extrémité supérieure s'applique exactement au pourtour de l'anneau inguinal. C'est
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dans l'intérieur de ce sac que se trouve le bourrelet adipeux de la grande lèvre; le ligament rond, dont les fibres se sont insérées en grande partie au pubis et à l'anneau inguinal, s'engage en partie dans le goulot du sac, et s'éparpille en plusieurs petits faisceaux blancs qu'on peut suivre jusque dans l'intérieur de la grande lèvre ; les fibres qui constituent ce sac sont d'un blanc jaunâtre et très élastiques (l).
3° Petites lèvres. — On nomme ainsi deux replis muqueux situés en dedans des grandes lèvres. Elles naissent un peu en dedans de ces dernières ; leur extrémité inférieure est étroite ; elles vont en s'élargissant de bas en haut ; à leur extrémité supérieure elles se rétrécissent un peu et se bifurquent; la branche inférieure va se réunir au clitoris et constitue le frein du clitoris; la branche supérieure se réunit à celle du côté opposé, embrasse le clitoris par sa partie supérieure et forme le prépuce du cVdoris-
Le volume des petites lèvres est très variable suivant les individus; proportionnellement beaucoup plus considérables chez les enfants nouveau-nés, elles deviennent très développées dans certaines races où elles acquièrent une longueur démesurée.
Entre les petites lèvres se trouve un espace plus large en bas et en arrière qu'en haut et en avant, limité en haut par le frein du clitoris, en bas par la fosse naviculaire, en arrière par l'urèthre et l'hymen, sur les côtés par les petites lèvres, et qu'on nomme i-eslibule.
Entre les deux feuillets muqueux des peliies lèvres se trouve du tissu dartoïque pourvu d'un grand nombre de vaisseaux; un grand nombre de papilles et de follicules muiipares se rencontrent encore dans ces organes.
4° Clitoris. — On nomme ainsi un appareil éi-ectile qui correspond exactement aux corps caverneux de l'homme. On lui considère une extrémité inférieure bifurquée, ou racines du clitoris. Celles-ci s'attachent comme les racines du corps caverneux aux branches ascendantes de l'ischion ; elles convergent l'une vers l'autre, et, arrivées sous la symphyse pubienne, elles se réunissent, forment un organe unique qui continue sa marche ascendante, maintenu en place par le ligament suspenseur du cUtoiis, analogue au ligament suspenseur delà verge. Bientôt cet organe change de direction, de manière à former une courbe à convexité dirigée en avant et en haut, et à concavité postérieure et inférieure, et il se termine par un petit tubercule imperforé appelé gland du clitoris ; il est embrassé par la branche supérieure de l'extrémité supérieure des petites lèvres qui forme le prépuce du clitoris.
Le clitoris prend un développement quelquefois très considérable.
Sa structure est tout à fait identique avec celle des corps caverneux.
1) BvUetins de la Société anatomiqve, inar? iSSi.
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ri" Canal de VurèUire de la femme et méal urinaire. — Le canal de l'urèthre de la femme, beaucoup plus court que celui de l'homme, n'a qu'une longueur de 25 à 35 millimètres. Il est comme creusé dans l'épaisseur de la paroi supérieure du vagin, dirigé de haut en bas et d'arrière en avant; il décrit une légère courbure à concavité antérieure.
11 est en rapport, en avant avec le pubis, le tissu cellulaire de l'excavation pelvienne et l'angle de réunion des deux racines du clitoris ; en arrière il est intimement uni au tissu du vagin; son extrémité vésicale est tout à fait semblable à celle de l'homme ; son extrémité externe, qui forme le îiiéat urinaire, est située à 3 centimètres environ en arrière du clitoris et un peu au-dessus de la saillie de l'orifice antérieur du^ vagin; la surface interne du canal de l'urèthre présente des plis longitudinaux et des cryptes muqueux assez nombreux.
Structure. — Elle est formée : 1° de fibres inusculaires circulaires qui semblent faire suite aux fibres circulaires de la vessie: 2° de fibres musculaires longiludinales qui forment les saillies que nous avons signalées sur la face interne du canal.
L'urèthre est enveloppé d'un plexus veineux très considérable qui lui est commun avec le vagin.
Sur la surface de la membrane muqueuse des parties génitales externes, principalement dans le sillon qui sépare les deux lèvres, on trouve un grand nombre de petits pertuis qui donnent passage au produit de la sécrétion d'un grand nombre de follicules sébacés et de follicules muqueux. Parmi ces pertuis, le plus considérable est celui qui correspond à la glande vulvo- vaginale.
Glande vulvo-vaginale. — Sur les côtés du vagin et à sa partie postérieure, on trouve une glande conglomérée de forme variable, désignée par M. Huguier sous le nom àe glande vulvo-vagiyiale. Elle est en rapport en dedans avec le vagin, en dehors avec le muscle constricteur du vagin; elle est formée de granulations qui bientôt se réunissent pour former trois conduits qui se joignent ensemble et forment un canal excréteur qui se dirige en haut, en avant et en dedans, et va s'ouvrir, après un trajet de 15 millimètres environ, en dehors des caroncules myrliformes ou de l'hymen. Cette glande a été comparée aux glandes de Cowper ; le produit de sa sécrétion parait destiné à la lubrifaction du vagin.