DE LA PEAU
La peau n'est pas seulement l'organe du toucher, elle sert encore de protection à toutes les parlies du corps qu'elle enveloppe, et renferme des organes d'inhalation et d'exhalation. Nous allons l'examiner sous ces divers points de vue.
La peau présente ; 1" une surface extérieure ou libre; 2" une surface profonde ou adhérenlc.
1° Surface extérieure. — On y rencontre des orifices et des plis. Les orifices se remarquent au niveau des ouveitures naturelles, mais dans ces points la peau n'a pas éprouvé de solution de continuité; elle se réfléchit sur elle-même, se modifie dans son organisation, se prolonge dans toutes les cavités intérieures, où elle prend le nom de membrane muqueuse. Nous verrons plus loin qu'une des parties constituantes de la peau, l'épiderme, se trouve aussi percée d'un grand nombre de petits trous; mais ceux-ci sont destinés à des appareils sur lesquels nous reviendrons en décrivant la structure de l'organe cutané.
Les plis sont de plusieurs espèces : 1° Les plis articulaires, diversement disposés autour de chaque articulation. 2" Les plis dus à la contraction des muscles. Les uns sont temporaires, comme la contraction des muscles à laquelle ils sont subordonnés; d'autres sont permanents, lorsque la contraction des muscles est souvent répétée;
3° L'amaigrissement, la vieillesse, déterminent la formation de plis en rapport avec la diminution de volume des parties sous-jacentes et avec le défaut d'élasticité de la peau.
Enfin, à la surface, on trouve des émiiiences tantôt peu nombreuses et presq\ie isolées, tantôt rapprochées les unes des autres, régulièrement disposées, et séparées par des sillons ; ces éminences correspondent à la saillie des papilles.
2° Surface profonde. — Au cou et à la face, la face profonde de la peau est doublée par des muscles peauciers; partout ailleurs elle est doublée par une couche de tissu cellulaire qui s'épanouiten une membrane très mince, le fascia super/iciaUs, et renfermant dans ses mailles du tissu adipeux, se prolonge dans les alvéoles de la face profonde. Cette dernière envoie souvent des prolongements jusqu'aux aponévroses d'enveloppe; dans ce cas, la peau est adhérente. La quantité de tissu adipeux est variable suivant la région ; aux paupières, à la verge, le tissu adipeux manque complètement. Lorsque la peau est en rapport avec les éminences osseuses, et qu'elle doit y être mobile, elle en est séparée par des bourses séreuses, normales ou accidentelles.
C'est par sa face profonde que la peau reçoit les nerfs et les vaisseaux.