RÉSEAU LYMPHATIQUE
Entre l'épiderme et les papilles on a encore signalé une autre couche : c'est le réseau lymphatique; ce réseau, plus superficiel que les vaisseaux sanguins qui entourent les papilles, est formé par une grande quantité de petits vaisseaux lymphatiques entrelacés. Outre le réseau lymphatique superficiel, il existe un réseau plus profond situé au-dessous du derme et qui communique avec les vaisseaux lymphatiques plus profonds. C'est pour nous conformer à l'usage que
APPAREIL SUDORIPAP.C. 655
nous signalons les vaisseaux lymphatiques comme constituant une couche spéciale, car ce réseau est tout à fait analogue aux vaisseaux lymphatiques superficiels que nous avons signalés dans les organes.
APPAREIL SUDORIPARE.
C'est à MM. Breschet et Roussel de Vauzème que nous devons la description exacte de l'appareil sécréteur de la sueur, appareil cUapnogène (fig, 144, 9, 10 et 11 ; fig. 145. 4 et 5). Il se compose de petites glandes acineuses munies de longs canaux excréteurs.
« Le parenchyme des sécrétions est situé dans l'épaisseur du derme et envirormé de nombreux capillaires qui s'y attachent. Sa forme est celle d'un sac légèrement renflé, d'où part un canal spiroïde qui poursuit son trajet dans le derme et en sort par l'infundibulum ou fissure transversale située entre les papilles ; de là il se dirige obliquemenl dans l'épaisseur de la couche cornée sous forme de tire-bouchon ou de serpentin d'alambic, jusqu'en dehors de l'épiderme où sa terminaison est indiquée par la légère dépression ou espèce de pore qu'on remarque sur le dos des lignes saillantes épidermiques ((). »
M. Sappey a repris l'étude des canaux sudoripares ; il a constaté la plupart des faits observés par Breschet ; il a fait voir ensuite que la glande sudoripare est constituée par un tube à calibre uniforme pelotonné sur lui-même ; il a montré que si le canal est légèrement tortueux dans l'épaisseur du derme, il est contourné en spirale dans l'épaisseur du derme seulement; enfin, il admet deux espèces de glandes sudoripares: les grosses, qui ont quelquefois 2 millimètres d'épaisseur, celles-ci se rencontrent principalement dans l'aisselle; les peliles, que l'on trouve sur les autres points du corps. Le nombre de ces glandes est très considérable.
Breschet et Roussel de Vauzème indiquent l'existence des glandes sudorifères dans l'épaisseur du derme ; il est probable que ces anatomistes les ont vues seulement dans les points qu'ils indiquent, mais si l'on veut les étudier sur la peau du talon , ce n'est pas là qu'il faut les chercher, mais bien dans la couche aiiipeuse sous-dermique. Nous avons parfaitement vu les glandes sudoripares situées à la région que nous indiquons, et nous avons vu également le canal excréteur traverser toute l'épaisseur du derme et se rendre à l'extérieur en traversant la couche épidermique dans laquelle ils forment une spirale,
L'épiderme présente, dans le point où s'abouche le canal excréteur de la sueur, un petit orifice ; si cet orifice n'a pas été constaté sur la peau qui avait été détachée par la macération, cela tenait à
(i) Breschet et Roussel de Vauzème, Recherches sur l'appareil tégumentaire des animaux, dans les Annales des sciences naturelles, 4834, t. II, p. 192.
6r)6 ORGANES DES SENS.
ce que le canal avait été rompu, et que ses débris faisaient à l'orifice une espèce de bouchon qui empêchait d'apercevoir l'ouverture,
FOLLICULES SÉBACÉS.
Dans l'épaisseur de la peau, on rencontre de petites cavités qui renferment un petit corps glanduleux, une petite glande en grappe pourvue d'un canal excréteur (fig. 145. 8, 9 et 10). Ces petites glandes, très abondantes dans certaines parties du corps, aux ailes du nez, au niveau des orifices naturels, à l'aisselle et à l'aine, moins abondantes sur le reste du corps, manquent à la paume des mains et à la plante des pieds ; elles séciètent une matière grasse, huileuse, qiii, étendue sur la peau, en entretient la souplesse. Le liquide est versé par un petit canal excréteur en forme de goulot très court, dont l'orifice est quelquefois visible à l'œil nu ; dans certains cas, la matière grasse s'amasse dans le canal excréteur et on l'exprime par la compression sous la forme de petits vers. Il n'est pas rare de voir plusieurs utricules communiquer avec un seul canal excréteur, A l'aine, à l'aisselle, les follicules sébacés sont plus développés que
FiG. 14-5. — Sli'uclure de la ptau.
Épiderrae. — 2. Derme, — 3. Cellules adipeuses. — 4. Glandes sudoripares. — 5. Leur canal excréleur spiral. — 6, Follicule pileux. — 7. Racine des follicules pileux, — 8. Glandes sébacées, — 9. Conduit excréteur des glandes sébacées, : — 10, Orifice du canal excréteur.