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ORIGINE ET TRAJET RACHIDIEN DES NERFS SPINAUX

une même préparation, nous croj'ons devoir, à l'exemple de M. Cruveilhier, décrire dans ce même chapitre toutes les particularités que présentent ces nerfs depuis leur origine jusqu'à leur sortie par le trou de conjugaison.

Caractères communs. — Les nerfs rachidiens naissent de la moelle épinière par deux racines : l'une antérieure, qui naît sur la partie antérieure de la face latérale de la moelle ; ces racines sont destinées au mouvement; l'autre, postérieure, naît dans le sillon collatéral postérieur de la moelle; elles partent d'un sillon linéaire de substance grise : ce sont les racines de sensibilité. Ces deux racines sont séparées par le ligament dentelé.

îsés de ces divers points, les filets de chacune des racines, enveloppés par une gaîne névrilématique formée par la pie-mère, convergent les uns vers les autres et forment autant de groupes, plus larges à leur extrémité médullaire qu'à leur extrémité externe ; chaque groupe de racines, enveloppé par l'arachnoïde, converge vers le trou de conjugaison. Bientôt les i-acincs se réunissent et sont enveloppées dans un canal commun qui leur est fourni par la dure-mère; toutefois la duremère ne les enveloppe qu'après leur réunion complète ; en effet elles traversent isolément cette membrane fibreuse qui leur fournit à chacune un petit canal particulier.

Jamais les racines antérieure et postérieure ne communiquent entre elles dans le canal rachidlen ; mais il n'est pas rare, surtout pour la racine postérieure, de voir des anastomoses entre les filets d'une môme racine.

Les racines sont plus ou moins obliques dans le canal rachidien ; nous reviendrons sur cette obliquité en parlant des caractères particuliers de chaque paire nerveuse.

Les racines postérieures sont plus volumineuses que les antérieures; le rapport qui existe entre les deux ordres de racines n'est pas le même dans toutes les régions ; ainsi, à la région cervicale les postérieures sont deux fois plus volumineuses ; à la région dorsale, elles surpassent à peine en volume les antérieures; à la région lombaire, la différence de grosseur est un peu moindre qu'à la région cervicale.

Au niveau du trou de conjugaison, avant de s'engager dans le canal de la dure-mère, et de se réunir à la racine antérieure, la racine postérieure présente un petit renflement ganglionnaire, de là le nom de racine ganglionnaire qui lui a été donné ; à la région sacrée, les ganglions sont renfermés dans le canal sacré ; partout ailleurs ils existent au niveau du trou de conjugaison : ces ganglions sont exclusivement affectés aux racines postérieures. Le volume des ganglions n'est pas en rapport avec l'étendue des trous de conjugaison auxquels ils correspondent, mais bien avec le volume des cordons nerveux qui s'en échappent (fig. 187. 29).

La réunion des racines antérieures et postérieures constitue chaque nerf qui se présente sous la forme d'un cordon cylindrique plexiforme,

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dans lequel il est impossible de déterminer la part qui revient aux différentes racines.

Au sortir du trou de conjugaison, chaque paire rachidienne se divise immédiatement en trois branches : 1° une branche postérieure qui se distribue à la partie postérieure du tronc; 2° une branche antérieur e^ la plus volumineuse qui fournit aux parties antérieures et latérales du tronc et aux membres ; 3" des branches ganglionnaires qui vont se porter aux ganglions du grand sympathique. Nous décrirons successivement les branches postérieures puis les branches antérieures; les rameaux ganglionnaires seront décrits avec le nerf grand sympathique.

Origine et trajet intrarachidiens des paires spinales étudiées dans les diverses régions,

1" Région cervicale. —- L'obliquité des racines est beaucoup moins grande que dans les autres régions ; la première paire est légèrement oblique en haut, les deux suivantes sont transversales, les autres légèrement obliques en bas. Les racines postérieures, à l'exception de la première qui est moins considérable que l'antérieure, sont en général à la racine antérieure :: 3 : 1 . La première paire est la moins grosse, la seconde est beaucoup plus volumftieuse que la troisième, ainsi de suite jusqu'à la cinquième, que les trois suivantes égalent en volume.

2° Région dorsale. — Les paires dorsales sont, à l'exception de la première et de la douzième, moins volumineuses que les paires cervicales et les paires lombaires. Le rapport entre la racine postérieure et la racine antérieure est :: 3 : 2. Leurs racines sont beaucoup plus obliques que celles de la région cervicale; la longueur qui existe entre leur point d'origine et leur trou de conjugaison est mesurée, comme le dit M. Cruveilhier, par une hauteur de deux vertèbres au moins.

3" Région lombaire et sacrée. — Elles sont excessivement obhques ; leur direction est presque verticale ; elles parcourent un très long trajet dans le canal rachidien ; le rapport entre la racine postérieure et la racine antérieure est à peu près comme :: 2 : 1.

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