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PORTION THORACIQUE DU GRAND SYMPATHIQUE

Le grand sympathique forme dans le thorax un cordon nerveux présentant douze ganglions correspondant à chacune des vertèbres dorsales (fig. 186. 28, 29) ; ces ganglions, inégaux en volume chez les divers sujets, sont situés au-devant de chaque articulation costovertébrale ; ils sont recouverts par la plèvre ; les veines et les artères intercostales sont situées derrière le cordon du grand sympathique; du côté droit, celui-ci est côtoyé par la veine azygos. Quelquefois il n'existe pas douze ganglions; cette variété tient à la fusion du premier ganglion dorsal avec le ganglion cervical inférieur (fig. 186. 27), et du dernier ganglion dorsal avec le premier lombaire.

Chaque ganglion reçoit des rameaux externes, il envoie des rameaux internes vasculaires et viscéraux. Les rameaux de communication supérieure et inférieure sont très courts; chez quelques sujets, dont les ganglions dorsaux sont peu développés, ils forment presque toute la portion thoracique du nerf grand sympathique.

a. Rameaux externes. — Les rameaux externes , au nombre de deux pour chaque ganglion, doivent être considérés, moms comme des anastomoses du grand sympathique avec les paires rachidiennes, que comme des rameaux d'origine. Le rameau externe de ces racines est le plus long, le plus blanc; il vient du nerf intercostal correspon-

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dant, et se porte à l'angle externe du ganglion. Le rameau interne se porte à la partie postérieure du ganglion ; il est court, gris, se dirige vers le trou de conjugaison ; il vient du nerf rachidien avant sa division en deux branches. Arrivés aux ganglions, ces rameaux d'origine peuvenlêtre suivis à travers le cordon du grand sympathique ; on les voit se diriger, en haut vers le ganglion supérieur, en bas vers le ganglion inférieur.

b. Raineaux internes. — Ces rameaux, qui partent des cinq ou six premiers ganglions, se portent en dedans, passant à droite derrière la veine azygos, à gauche derrière l'aorte, à laquelle ils envoient quelques filets, s'anastomosent avec les filets œsophagiens et les filets pulmonaires du pneumogastrique, et forment les plexus œsophagiens et pulmonaires qui se distribuent à l'œsophage et au poumon ; il n'est pas rare de voir un filet cardiaque sortir du premier ganglion thoracique. De chaque ganglion dorsal naît un filet qui pénètre dans le corps de chaque vertèbre ; cette disposition se rencontre encore aux régions lombaire et sacrée.

Les filets internes, qui partent des six derniers ganglions, forment, les quatre premiers le îierf grand splanchnique., les deux derniers le nerf petit splanchnique. Ces deux nerfs, qui se distribuent à la plupart des viscères abdominaux, méritent une description particulière.

De même que nous avons décrit les nerfs et les [^lexus cardiaques avec la portion cervicale du grand sympathique, de même nous décrirons, avec la portion thoracique, les nerfs splanchniques, les plexus et les ganglions qui en dépendent.

NERFS SPLANCHNIQUES.

l'' Le nerf grand splanchnique (fig. 186. 30) est, comme nous l'avons dit, formé par des rameaux qui partent du septième, huitième, neuvième, dixième, quelquefois du cinquième et du sixième ganglion dorsal, et qui se réunissent pour former un gros cordon nerveux. Ce nerf se porte en bas et au-devant de la colonne vertébrale, pénètre dans l'abdomen en traversant le diaphragme par une petite ouverture particulière, et se termine au ganglion semi-lunaire.

2° he petit nerf splanchnique naît des deux ou trois derniers ganglions thoraciques ; il se porte en bas et en dedans parallèlement au nerf grand splanchnique, en dehors duquel il est placé, et se jette dans le plexus rénal. Quelquefois on voit partir du douzième ganglion thoracique un filet qui se porte isolément au plexus rénal.

A. Plexus solaire, ganglions semi-lunaires.

Plexus solaire. — Au-devant de l'aorte et des piliers du diaphragme, autour du tronc cœliaque, au-dessus du pancréas, existent un grand nombre de ganglions étendus du grand sympathique du côté

NERFS SFLANCHXlQLES. ojo

droit à celui du côLé gauche ; de ces ganglions partent, en divers sens, de nombreux filets nerveux, qui sont désignés sous le nom de plexus solaire, plexus épigastrique. Ce plexus est limité à droite et à gauche par les capsules surrénales ; les ganglions qui le composent, ganglions solaires, sont de forme extrêmement variable, ils se présentent souvent sous l'aspect de cercles, d'arcades ganglionnaires, réunis par de gros cordons très courts offrant eux-mêmes l'apparence des ganglions. Dans les intel^•alles que ces divers corps laissent entre eux on trouve des ganglions et des vaisseaux lymphatiques dont on peut facilement les distinguera leur couleur; les deux plus externes, plus importants, ont reçu le nom de ganglions semi-lunaires. Les rameaux qui partent du plexus solaire enlacent les artères qui naissent de l'aorte abdominale, et vont constituer un grand nombre de plexus secondaires, plexus diaphragmatiques inférieurs, hépatiques, spléniques,mésentériques supérieurs, etc. Nous décrirons les plus importants de ces plexus.

Ganglions semi-lunaires. — Les ganglions semi-lunaires, ainsi nommés en raison de leur forme, sont situés en avant des piliers du diaphragme, en partie sur l'aorte, en dedans et au-dessus des capsules surrénales ; leur bord convexe, qui regarde en bas, est divisé en plusieurs dents, desquelles part un faisceau de nerfs ; leur concavité regarde en haut et en dedans, donne également naissance à un grand nombre de filets nerveux; leur angle externe reçoit le nerf grand splanchnique ; par leur extrémité interne, ils communiquent entre euxà l'aide d'une cUaîne de petits ganglions dont nous avons déjà parlé.

Le ganglion du côté droit est plus volumineux que celui du côté gauche, il reçoit une partie du nerf pneumogastrique droit. Le gauche, en partie recouvert par la queue du pancréas, n'a pas communication avec le nerf pneumogastrique ; ils reçoivent tous deux des filets du nerf phrénique ; l'ensemble de ces filets et de ces ganglions constitue le plexus solaire, d^'oii partent des filets nerveux qui forment les plexus suivants :

a. Plexus diaphragmatiques inférieurs. — Ils suivent les artères diaphragmatiques inférieures, puis s'en séparent et se perdent dans le diaphragme, s'anastomosant avec le nerf phrénique.

Le plexus diaphragmatique droit est plus considérable que celui du côté gauche et présente vers l'extrémité de la capsule surrénale un petit renflement grisâtre, ganglion diaphragmalique ; le plexus du côté gauche ne présente pas de ganglion.

b. Plexus surrénaux. — Ils se rendent aux capsules surrénales le long des artères capsulaires ; les filets nerveux qui composent ces plexus viennent en partie des plexus diaphragmatiques inférieui's et du ganglion semi-lunaire correspondant.

c. Plexus cœliaque. — Formé par l'entrelacement des nerfs qui, du plexus solaire, se portent au tronc cœliaque, il forme trois plexus secondaires ; ce sont :

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1° Le plexus coronaire stomachique, qui prend son originede l'extrémité supérieure du plexus solaire ; il enlace l'artère coronaire stomachique, où il présente un certain nombre de petits ganglions auxquels aboutit le pneumo-gastrique du côté droit ; il est destiné à la petite courbure de l'estomac, à l'extrémité inférieure del'œsophage. Les filets nerveux qui le composent s'anastomosent avec les filets gastriques du pneumogastrique, s'avancent vers la petite courbure de l'estomac, entre les deux feuillets de l'épiploon gastro-hépatique, et se terminent dans l'épaisseur des tuniques de l'estomac. Les nerfs du plexus coronaire stomachique se prolongent sur les différentes branches de l'artère du même nom, de telle sorte qu'ils se rendent au foie, quand l'artère coronaire stomachique fournit une branche hépatique.

2° Les plexus hépatiques sont au nombre de deux : l'un, antérieur, formé par des filets venant du ganglion semi-lunaire gauche, du pneumogastrique droit et de quelques filets provenant du ganglion semi-lunaire droit, se jette dans le foie en suivant la face antérieure de l'artère hépatique; l'autre, postérieur., formé par le ganglion semi-lunaire droit, pénètre dans la scissure du foie, et suit les ramifications de la veine porte.

Des plexus hépatiques partent les plexus gastro-épiploique droit, cystique et pylorique, qui se portent sur les artères gastro-épiploïque droite, cystique et pylorique. Sur le fœtus les nerfs du plexus gastroépiploïque droit se prolongent sur la veine ombilicale. M. Hirschfeld les a suivis jusqu''au placenta.

3° Le plexus splénique, qui vient du ganglion semi-lunaire gauche et de la partie supérieure du plexus solaire, enlace l'artère splénique' et se porte à la rate. Ce plexus fournit le j)ls^us gastro-épiploïque •gauche et le plexus pancréatique. Il fournit en outre quelques filets qui accompagnent les vaisseaux courts et se rendent au grand cul-desac de l'estomac.

B, Plexus mésentérique supérieur.

Les nerfs du plexus solaire, après avoir fourni les plexus dont nous venons de parler, se prolongent sur le tronc de l'aorte, arrivent à l'artère mésentérique supérieure, et donnent naissance à un nouveau réseau qui enlace de ces branches l'artère mésentérique supérieure et ses divisions. Ces nerfs se rendent avec cette artère à l'intestin grêle, au cœcum, au côlon ascendant, à la moitié du côlon transverse, à la troisième portion du duodénum et à la partie inférieure de la tête du pancréas. Les filets nerveux glissent entre les deux lames du mésentère, sont très allongés et ne s'anastomosent pas en arcade comme les artères mésentériques, et ce n'est qu'auprès du bord concave de l'intestin qu'on rencontre des arcades d'où partent des filets qui pénètrent dans la tunique de l'intestin et se rendent à sa tunique musculeuse, à sa tunique fibreuse et à sa membrane muqueuse.

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