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DISSECTIONS

La dissection consiste à isoler avec l'instrument tranchant les différentes parties du coi*ps, afin d'en étudier la disposition, la structure, les rapports, etc. Ce mode de préparation est presque exclusivement mis en pratique ; les autres sont, le plus souvent, uniquement destinés à rendre la dissection plus facile.

Les instruments nécessaires dans la majorité des dissections sont : r'des scalpels au nombre de six, deux droits, quatre demi-convexes; 2"' une pince à disséquer; 3' deux paires de ciseaux : l'une, plus forte, à pointe mousse; l'autre, plus faille, à pointe aigui'-; il est encore bon d'avoir à sa disposition, pour la dissection des artères, des ciseaux de moyenne grandeur courbés sur le plat et à pointe mousse ; 4° une scie ; o*^ un marteau; G" un ou plusieurs ciseaux-burins d'acier trempé ; 7" deux ou trois érignes, l'une à piain, l'autre à chaîne ; un tube à insuffler gafni d'un robinet; 8" un fort scalpel, très couit, qui puisse servir de rugine. Ces instruments sont constamment en usagedans toutes les dissections et doivent toujours, avec de l'eau, une éponge et du linge, des aiguilles à suture, du fil, être sous la main de l'anatomisle. Il est encore quelques instruments qui, sans être aussi nécessaires, sont très utiles dans les dissections : par exemple, une loupe, un compas, uu mètre divisé en plusieurs compartiments articulés entre eux.

Les scalpels et les pinces seront tenus comme une plume à écrire, le scalpel de la main droite, la pince de la main gauche ; cette dernière saisit les parties que l'on veut enlever. On remplace souvent dans les dissections les scalpels par des bistouris. Si ces instruments ont l'avantage d'êlre plus commodes, parce qu'ils peuvent se fermer et qu'ils sont plus portatifs ; si cette substitution permet aux élèves de s'habituer à se servir d'un instrument dont ils auront plus tard besoin dans la pratique, nous trouvons aux bistouris l'inconvénient d'avoir une lame beaucoup trop longue : aussi dans la dissection minutieuse est-on obligé, quand on veut rapprocher les doigts de la pointe de l'instrument, de saisir la lame en plein tranchant. Si dans certaines préparations la lame du scalpel est déjà trop longue, h plus forte raison la lame du bistouri présentera t-elle le même inconvénient. C'est pour remédier aux accidents qui pourraient survenir à l'élève qui tiendrait son scalpel par la lame, que l'on a fabrique ces

4 I^■TR0DUCT10N.

petits scalpels à lame très courte et très mince : ceux-ci sont destinés à la dissection des petits filets nerveux. Ces scalpels ne sont pas indispensables dans une boîle à disséquer ; nous recommandons, quand on n'en a pas sous la main, d'envelopper la plus grande partie de la lame d'un scalpel ordinaire ou d'un bistouri avec une bandelette de diachylon. De cette manière on pourra disséquer sans crainte de se couper.

On trouve souvent dans les boîtes à disséquer un scalpel à deux tranchants; nous n'avons jamais su apprécier l'ulililc de cet instrument, qui est souvent la cause de coupures.

Les ciseaux servent à disséquer les artères, les parties profondément situées; ils servent encore à achever rapidement une préparation ; mais il faut avoir une grande habitude de cet instrument, sans quoi on s'exposerait à couper des parties qu'il est important de conserver.

Il est inutile de nous arrêter sur l'usage de la scie, du marteau et du ciseau-burin; nous ferons seulement remarquer qu'il est quelquefois dilTicile de maintenir solidement les parties que l'on veut scier ou les os que l'on veut séparer à l'aide du ciseau : un clavier dans ce cas peut rendre de grands services.

Le tube à insufïler permet de distendre les cavités dont on veut étudier la forme ; enfin les aiguilles à suture, le fil, servent à coudre la peau sur les parties que l'on veut recouvrir; les érignes fixent les parties dans certaines positions.

Les dissections ne devront être faites que lorsqu'on aura déjà connaissance de la région que l'on veut disséquer ; aussi conseillons-nous aux élèves de lire à l'avance la description des organes qu'ils doivent étudier sur le cadavre, sans cetteprécaution ils s'exposeraient à couper des parties qu'ils auraient dû ménager.

Il est un précepte sur lequel nous ne saurions trop insister, et qui est recommandé par Lauth dans son excellent Manuel de l'anatomiste : « Ce qu'il faut recommander surtout aux commençants, c'est de préparer proprement; il ne s'agit pas de travailler vite, la promptitude dans les dissections ne s'acquiert que par l'exercice. Outre qu'une préparation sale,. hachée, n'est pas faite pour inspirer le goût de l'anatomie, il est souvent bien difïicile de se faire une idée exacte de la disposition des parties ainsi préparées. »

Les élèves doivent encore faire attention à ne découvrir que la partie sur laquelle doit porter le travail de la journée. Lorsque les téguments ont été enlevés, les tissus situés au-dessous perdent rapidement leur élasticité, leur coloration normale, se putréfient beaucoup plus vite. Quand la préparation n'aura pas pu être terminée et étudiée dans le même jour, on aura soin de la recouvrir avec la peau ; c'est pour cette raison que nous avons recommandé d'avoir toujours des aiguilles et du fil afin de la coudre; car si on la laisse libre, en

INTRODL'CTION. 5

raison de sa rélracUlilé, il devient presque impossible de garantir le centre de la préparation.

Malgré toutes les précautions qu'on ne saurait d'ailleurs trop prendre, souvent lesanatomistes sont piqués par une pointe de scalpel ou une esquille, ils se coupent avec les tranchants des instruments ; voici ce qu'il convient de faire aussitôt après l'accident. La plaie sera lavée à grande eau, on la fera saigner abondamment ; on emploiera la succion pour faire saigner les piqûres, puis la plaie sera réunie avec du diacliylon ou du taffetas d'Angleterre. On a conseillé et l'on emploie encore la cautérisation, afin de détruire le principe délétère que l'instrument aurait introduit dans la plaie; ce procédé est mauvais, car un crayon d'azotate d'argent ne peut pénétrer assez profondément pour arriver jusqu'au virus ; d'ailleurs, ne sait-on pas que la cautérisation elle-même peut être cause d'accidents sérieux. Les déchirures faites avec les esquilles, avec les dents de la scie, donnent souvent lieu à une lésion spéciale de la peau désignée sous le nom de tubercules analomiques. Ces tubercules se présentent sons la forme de tum?ur5 violacées couvertes de fistules à bord calleux ; ils sont extrêmement rebelles. On peut prévenir le développement de ces tumeurs à l'aide des précautions que nous avons indiquées pour les piqûres et les coupures. Si cependant la peau, au niveau de la déchirure, prenait une teinte livide, devenait dure, comme tuberculeuse, il faudrait se hâter de détruire celte tendance à l'aide d'un traitement convenable.

Le choix du cadavre est subordonné à l'espèce de préparation que l'on veut exécuter; nous aurons soin d'y revenir en .décrivant les diverses parties de Tanatonne

Il est encore quelques points sur lesquels nous désirons fixer l'attention des élèves. Lorsque le cadavre sera placé sur la table de dissection, il sera nettoyé avec soin ; les poils seront rasés, sinon sur tout le corps, du moins dans tout le voisinage de la région que l'on se propose de disséquer.

Lorsque la préparation sera terminée, on l'étudiera le livre à la main. Il faut toujours, en étudiant sur le cadavre, avoir présents à l'esprit les principes suivants :

Le corps humain est symétrique, c'est-à-dire que si on le sépare en deux moitiés égales par un plan anléro-postérieur, on aura deux parties semblables, l'une droite, l'autre gauche. Les organes situés sur la ligne médiane sont impairs, et par conséquent symétriques ; ceux qui sont situés en dehors du plan médian antéro-postérieur sont pairs, c'est-à-dire que si un organe existe sur le côté droit, on trouvera le même organe sur le coté gauche. Aussi ne décrirons-nous qu'un seul organe, bien qu'il en existe deux, et qu'un des côtés de l'organe lorsque celui-ci s^ra placé sur la ligne médiane,

Celte symétrie, que l'on peut constater pour presque toutes les parties de l'économie, n'existe point dans certains organes de la vie de nutrition : ainsi le foie, la rate, l'esloniac, le cœur, etc., sont impairs. Cependant ils ne sont pas complètement symétriques ou quelques-uns même ne le sont nullement : ainsi les cavités droites du cœur ne sont pas semblables aux cavités gauches ; le lobe droit du foie est beaucoup plus volumineux que le lobe gauche ; l'estomac, la rate, ne présentent aucun caractère de symétrie. H faut remarquer que ces organes, quoique impairs, ne sont pas placés sur la ligne médiane.

Nous n'insisterons pas davantage sur les caractères de symétrie et de non-symétrie des organes, car nous aurons occasion d'y revenir en décrivant chaque organe en particulier, et nous ne nous y serions pas arrêté si nous n'avions voulu déterminer d'une manière précise la méthode mise en usage pour exposer les rapports des organes entre eux.

Nous supposerons toujours le corps de l'homme placé verticalement, la face tournée en avant, la tête en haut, les pieds en bas ; il sera facile de rapporter à cette position toutes les attitudes qu'il sera nécessaire de faire prendre au sujet dans les dissections. De plus, nous le supposerons divisé par un plan antéro-postérieur qui passerait par l'axe du corps ; de cette manière il sera extrêmement facile de déterminer les rapports : en effet, l'organe le plus rapproché de ce plan sera le plus interne ; celui qui en sera le plus éloigné sera le plus externe. Lorsqu'un organe sera situé sur la ligne médiane, il sera divisé par ce plan fictif ; nous aurons à lui considérer une portion gauche et une portion droite.

Cette méthode sera appliquée non-seulement aux cavités splanchniques, mais encore aux membres, et nous examinerons les rapports des muscles, des vaisseaux, des nerfs, des faces et des saillies des os, non pas suivant un plan qui passerait par l'axe du membre, mais bien suivant le plan que nous avons indiqué plus haut.

Nous engageons les élèves à bien se pénétrer de ce principe, afm d'éviter des erreurs ; nous ne nous en écarterons que dans deux circonstances seulement : lorsque nous décrirons les muscles interosseux de la main et du pied.

Les rapports des organes avec ceux qui sont placés en avant et en arrière seront aussi très faciles à déterminer, si l'on a soin de supposer toujours le sujet dans la position indiquée ; nous insistons sur ce point afm d'éviter les erreurs qui pourraient être faites quand on dissèque le sujet couché sur le ventre. Ainsi, pour étudier le muscle grand dorsal, on le découvrira paj' sa face postérieure, et l'on ne dira pas qu'il est en rapport en avant avec la peau, bien que celle-ci se trouve la première. Les rapports en haut et en bas ne présentent qu'un seul point qui puisse embarrasser les élèves, c'est dans la dissection des parties qui constituent le pied ; et l'on évitera toute

source d'erreur en se rappelant le principe général que nous avons formulé. Ainsi les muscles de la plante du pied sont en rapport en bas avec la peau du pied, en haut avec les os de cet organe.

L'étude des rapports des parties constituantes de la main et de l'avant-bras pourrait peut-être quelquefois causer de l'embarras : il faut se rappeler que la main doit toujours être ramenée dans la supination, c'est-à-dire sa face palmaire dirigée en avant, le bord cubital placé sur le côté externe du membre inférieur.

Le corps humain est formé de plusieurs espèces d'appareils, qui sont ; l'appareil de la locomotion, essentiellement constitué par des leviers résistants, les os, réunis par des liens fibreux, les Ugaments, etc., mis en mouvement par des organes d'une nature particulière, pouvant alternatirement se raccourcir et reprendre leurs premières dimensions, les muscles.

Les os ont une forme fixe invariable ; ils se présentent sous différents aspects. Tantôt ce sont des colonnes creuses, réunies entre elles par des liens plus ou moins résistants, les ligaments, les capsules fibreuses. D'autres fois ils s'élargissent, se réunissent d'une manière plus complète, ou par juxtaposition, ou par engrènement, et forment des cavités destinées à protéger les organes : tels sont le crâne, le thorax, le bassin, la colonne vertébrale.

Les muscles s'attachent solidement par l'une de leurs extrémités à un os, par l'autre extrémité a un autre os ; une de ces extrémités est fixe, l'autre est mobile. Le raccourcissement des muscles change les rapports des surfaces osseuses et permet des déplacements faciles; celte contraction musculaire se fait sous l'influence d'un appareil qui leur transmet la volonté : cet appareil est le système nerveux, composé d'une partie centrale, le cerveau et la moelle épinièrc, d'une partie périphérique, les nerfs.

Les organes, tous sans exception, reçoivent les matériaux nécessaires à leur conservation et à leur développement. Ces matériaux se trouvent dans le sang, qui leur est transmis par le cœur à l'aide de canaux, les artères, qui s'épuisent dans l'intérieur de chaque organe; d'autres canaux, les veines et les vaisseaux lymphatiques, reportent au cœur le sang dépouillé des matériaux propres à la nutrition des organes, ou un liquide sur l'origine et la nature duquel les anatomistes ne sont pas d'accord, la lymphe. Le cœur, les artères, les veines et les vaisseaux lymphatiques constituent l'appareil circulatoire.

D'autres appareils sont renfermés dans les grandes cavités splanchniques ; ils sont destinés à la conservation et à la reproduction de l'espèce : tels sont les appareils de la digestion, de la respiration^ de la sécrétion urinaire, de la génération.

Enfin il nous reste à indiquer une dernière catégorie d'organes destinés ou à la perception des sensations, les organes des sens, ou à les manifester, Vappareil vocal.

INTRODBCTION.

Dans cet exposé rapide on voit que les organes de l'homme forment deux catégories d'appareils distincts :

Appareil de la vie de rclalion.

Appareil locomoleur,

Appareil vocal. . .

Appareil sensilif. .

Les os.

Les arliculalions.

Los muscles.

Les aponévroses, j Le larynx.

Organes des sens.

I Sysième nerveux.

! Appareil circulatoire.

Appareil digestif.

Appareil respiratoire.

Appareil urinaire.

Appareil génital.

Tel est l'ordre que nous nous proposions de suivre, mais nous avons cru qu'il était bon de lui faire subir une légère modification : ainsi la difficulté de disséquer et de poursuivre au milieu d'organes encore inconnus un grand nombre de filets nerveux nous a fait penser qu'il valait mieux ne décrire la névrologie qu'après avoir donné une description exacte de tous les organes; nous ne décrirons donc l'appareil sensitif qu'après avoir examiné tous les appareils de la vie de nutrition. Quant à l'appareil vocal, il est tellement lié à l'appareil respiratoire, que nous n'avons pas cru devoir l'en séparer.

Nous décrirons successivement : 1° les os, osléologie ; 2° les articulations, arihrologie; 3° les muscles elles aponévroses, myo'oô'/e et aponévrologie ; 4° le cœur et les vaisseaux, angiologie; 5° la splanchnoiogie, c'est-à-dire les appareils de la digestion, de la respiration et de la voix, de la sécrétion urinaire, de la génération ; 6° les organes des sens; 7° le cerveau, la moelle épinière et les nerfs, névrologie; 8° nous terminerons enfin parla description de l'œuf humain et l'anatomie du fœtus, embryologie.

La macc'ralion csl lo moyen le plus souvent employé pour préparer ks os, c'est celui qui donne les os les plus beaux. Pour avoir un beau squelelle, on choisit un sujet de Ircnlo à cinquante ans ; on doit préférer un houuiie grand , bien musclé, amaigri par la maladie : les plithisiquos conviennent parfaitement à ce genre de préparation. Avant de faire macérer les os, on enlèvera grossièrement tontes les parties molles qui les recouvrent, en ayant soin de ne pas entamer le périoste : on sera certain, ainsi, do ménager les saillies osseuses. Le squelette, ainsi dégrossi, sera divisé par portions, au niveau des articulations, et placé dans un grand vase do grès rempli d'eau. Le vase sera couvert et les os abandonnés à eux-mêmes pendant un temps qui varie suivant la température.

On reconnaît que la macération est terminée quand les cartilages intervertébraux se détachent. On vide le vase, en ayant soin de ne pas jeter avec les débris les petits os des pieds et des mains, du coccyx, etc. ; les os sont alors lavés à grande eau, les parties molles qui sont encore adhérentes sont enlevées avec un linge rude ou une brosse : il faut éviter de se servir de la rugine, afin de ne point effacer les saillies osseuses qui existent toujours dans les points où les parties molles ont conservé des adhérences. Les os sont ensuite exposés à lair pendant un temps assez long, afin de les blanchir et de leur enlever l'odeur infecte qu'ils ont contractée.

Les os peuvent encore être désinfectés et blanchis en les faisant macérer pendant vingt-quatre heures dans de l'eau à laquelle on aura ajoute un tiers de chlorure de soude : ce procédé est plus expéditif que le premier, mais ne donne pas un aussi bon résultat.

Les os décharnés peuvent être traités parTébullition : on les fait bouillir pendant cinq ou six heures dans une diaudière remplie d'eau ; mais les os sont beaucoup moins blancs que ceux qui sont traités par la macération , malgré la précaution de les faire bouillir une seconde fois dans de l'eau où l'on a fait dissoudre du souscarbonalc de potasse.

Les os sont des parties solides et dures qui forment la charpente du corps; leur assemblage constitue le squelelle.

DU SQITLETTE.

iSous avons dit que l'assemblage des os constitue le squelelle. Si les ligaments qui unissent normalement les os ont été conservés, le squelette est dit nalarel ; dans le squelette arlifîcie}, les os sont réunis par des liens étrangers à l'économie : des fils métalliques, par exemple.

Le squelette est parfaitement symétrique, c'est-à-dire que la partie droite ressemble exactement à la partie gauche. Il se compose d'un axe central représenté par une longue tige osseuse appelée colonne

10 OSTEOLOGIE.

vertébrale, formée par la réunion de vingt-quatre os appelés vertèbres, et se terminant en haut par un renflement considérable, le crdne, en bas par le sacrum et le ccccyœ, formés eux-mêmes par la soudure de plusieurs vertèbres.

Au-devant de cette colonne osseuse et de ses prolongements, nous trouvons des appendices qui sont, en avant du crâne, la face, où l'on rencontre les deux mâchoires et des cavités dans lesquelles se logent les appareils destinés à des organes des sens.

En avant de la colonne vertébrale, vingt-quatre arcs osseux, les côtes, qui se réunissent en avant avec le sternum, et forment une espèce de cage, le thorax, susceptible d'ampliation et de resserrement ; il renferme le cœur et le poumon.

En avant du sacrum, les os iliaques, qui forment avec lui une ceinture osseuse qui protège les organes urinaires et ceux de la généralion. Les os iliaques peuvent être considérés comme appartenant à la partie supérieure du membre inférieur.

A ces parties viennent se joindre quatre prolongements, les membres : deux supérieurs ou thoraciques, deux inférieurs ou abdominaux.

Les membres se composent chacun de quatre parties : la première, sur laquelle ils prennent leur point d'appui, est fixe ou très peu mobile. Elle est formée, par les membres supérieurs, par la clavicule et Vomoplate, un peu mobile sur le thorax; pour la partie inférieure, par les os iliaques complètement immobiles.

Les trois autres parties des membres jouissent d'une grande mobilité -,-11 est à remarquer que l'on voit dans chaque région les os successivement diminuer de longueur et en même temps augmenter en nombre.

Si l'on parcourt les traités d'anatomie, on trouve que les auteurs ne sont pas d'accord sur le nombre des os du corps humain. Cette différence, peu importante, du reste, paraît tenir à trois causes.

1° Si l'on étudie le squelette sur un sujet trop jeune, on trouve plus d'os qu'il n'en existe réellement. C'est ainsi que certains auteurs décrivent trois os pour l'os des iles, trois aussi pour le sternum, etc. Si, au contraire, on prend un sujet trop âgé, on trouve des os soudés : par conséquent, un nombre d'os trop faible : par exemple, le sphénoïde et Toccipital sont décrits comme ne formant qu'un os, etc. L'âge adulte est donc celui qui convient le mieux pour arriver au dénombrement exact.

2° Certains anatomistes comptent parmi les os du squelette les trois osselets de l'ouïe, d'autres les retranchent; ce sont réellement des os. A la vérité, on ne les décrit et l'on ne doit les décrire qu'avec l'appareil de l'audition, mais nous ne voyons pas pourquoi ils ne figureraient pas dans une énumération des os du squelette.

Les dents sont décrites par quelques auteurs, dans l'ostéologie, tantôt comptées parmi les os, d'autres fois ne figurant pas dans le ta-

DtJ SQCELETTÉ. l!

bleau d'énuméralion; les dents ne sont, pas des os, elles ne doivent donc pas être comptées comme partie constituante du squelette.

3° Il existe un certain nombre d'os surnuméraires qui sont comptés par les uns, et négligés par d'autres; ce sont les os sésamoïdes, et les os wormiens. Parmi les premiers, nous n'en compterons et nous n'en décrirons qu'un seul, la rotule; quant aux seconds, ils sont trop irréguliers pour que leur description soit possible. Les os sésamoïdes, autres que la rotule, sont plus constants que les os wormiens, mais ne présentent pas assez d'importance pour qu'ils puissent être l'objet d'une description spéciale ; il nous suffira de les indiquer.

Le nombre des os s'élève à 20G, ainsi répartis :

I Vertèbres 2i 24 »

Sacrum 1 1 »

, Coccyx 1 1 r>

■ [ Crâne 8 4 -2

Tùlc < Osselets de l'unïe. ,0 » ri

I Face 14 2 0

Cou 1 Os liyoklc 1 ï »

i Côtes 21 » 12

Thorax \ Sternum 1 1 »

( Éi>aule 4 » 2

f Bras 2 » 1

l Avant-bras 4 » 2

Membres supérieurs.^ Carpe 10 r> 8

Métacarpe 10 » 5

Phalanges 28 » 14

/ Bas.«in 2 » 1

Cuisse ....... 2 » 1

r.utulc 2 J) 1

Membres inférieurs; <( Jacpbe 4 )■ 2

Tarse W » 7

Mclatarsc 10 » 5

\ Phabn-cs 28 » 14

Dans la première colonne, nons avons indique le nombre total des os; dans la seconde, les os impairs; dans la troisième, les os pairs. Dans cette colonne, nous n'avons indiqué que le nombre des os existant d'un côté seulement. On peut voir ainsi que si l'on trouve 206 os, il n'y en a que 120 à étudier, puisque les os pairs du côté gauche sont tout à fait semblables à ceux du cote droit. Pour les os impairs, il suffit d'en étudier une moitié, puisque les deux côtés sont complètement semblables.

Pour étudier un os, il faut d'abord le mettre en position, c'ést-à-dire le tenir dans la position qu'il occupe dans le squelette, la face interne en dedans, la partie antérieure en avant, etc. Nous chercherons à donner à l'élève les points de repère à l'aide desquels il puisse faci-

12 OSTEOLOGll:;.

Icmciil ubtcnii' ce ic:ullal. Nous ne nous écarlerons pas, dans rélude des os, des principes que nous avons exposés dans les généralités, c'est-à-dire qu'une ligne qui passerait par l'axe du corps est considérée comnrie le point de départ : ainsi la face, le bord, l'angle, etc., le plus rapproché de celle ligne doit élre considéré comme la face, le bord, l'angle interne, etc. Nous ajouterons que pour déterminer le rapport d'un os impair, c'est-à-dire placé sur la ligne médiane, il suffit de connaître deux plans de circonscription, pourvu toutefois que parmi les plans connus aucun ne soit opposé; pour les os pairs, au contraire, il faut en connaître trois. Le plan supérieur et le plan inférieur ne pourraient point suffire pour déterminer la position d'un os, puisque, quand on connaît l'un, on connaît nécessairement le plan opposé ; on ne possède donc qu'une seule donnée au lieu de deux, etc.

Les os ont une configuration extrêmement variée. Nous allons les examiner sous le rapport de leurs trois dimensions : la longueur, la largeur, l'épaisseur. Tantôt la longueur l'emporte sur les deux autres dimensions; d'autres fois, la longueur et la largeur l'emportent sur l'épaisseur ; enfin les trois dimensions sont presque égales. Les premiers sont les os longs ; les seconds, les os plais ; les troisièmes, les os courls.

Les os ne sont pas réguliers, ils présentent souvent des éminences qui se développent pour la plupart par des points osseux particuliers ; ces éminences sont appelées apophyses. Elles sont de deux espèces : les unes sont rugueuses et donnent attache à des muscles; les autres sont encroûtées de cartilages, elles sont articulaires, c'est-à-dire qu'elles se trouvent en rapport avec la surface articulaire d'un os voisin et qu'elles forment une des surfaces articulaires de la jointure. Les os présentent encore des enfoncements : les uns sont articulaires, et reçoivent les éminences articulaires de l'os avec lequel elles sont en rapport; les autres non articulaires, ce sont les sillons, les canaux, les trous, échancrures qui logent les tendons, les vaisseaux, les nerfs, etc. ; enfin quelques cavités donnent attache à des muscles. Exemple : fosses temporales, fosses ptérygoïdiennes.

Os longs, — Ils occupent les membres ; ils sont moins volumineux au membre supérieur qu'au membre inférieur. Les os les plus longs occupent la partie supérieure des membres : exemple, le fémur, l'humérus. Les plus courts en occupent l'extrémité inférieure : exemple, les phalanges. On les divise en corps et en extrémités. Le corps est divisé en trois faces et trois bords, souvent mousses. Les bords, et ceci est applicable à tous les os, sont divisés par la pensée en deux lèvres et un interstice; celte division a pour but de préciser d'une manière plus exacte les insertions musculaires. Le corps des os longs est creusé à l'intérieur d'une cavité, canal médullaire, plus large à sa partie moyenne qu'à ses extrémités et qui loge la moelle des os. Les

STRLCTUHE DKS OS. 13

e.itrémUés sont renflées; elles servent aux arliculalions, au\ insci lions des ligaments et d'un grand nombre de muscles.

Os plais. — Ces os servent à former les cavités. On leur considère une face concave presque toujours interne, une face convexe et une circonférence. La circonférence est généralement plus épaisse que le centre de l'os, elle est en partie articulaire; dans les points non articulaires, elle donne attache à des muscles et à des ligaments. Les deux faces offrent des éminences, des lignes saillantes qui donnent attache à des muscles.

Os courts. — Ils se rencontrent à la colonne vertébrale, au carpe au tarse. Ils ont une forme à peu près cubique ; leurs différentes faces

Les os se composent : de tissu osseux , de vaisseaux, arlèies et veines, de nerfs, de vaisseaux lymphatiques ; ils sont recouverts par une membrane externe, le périoste.

Le tissu osseux est d'un blanc opaque, dur, d'une pesanteur spécifique considérable; il se compose d'une partie organisée et d'un clément inorganique. La partie organisée est facilement mise à nu en soumettant un os à l'action de l'acide nitrique qui dissout les sels calcaires; la partie inorgaiTique s'obtient par la calcination. Les os doivent à la partie inorganique leur dureté, à la partie organisée leur vitalité ainsi que le peu de flexibilité et d'élasticité dont ils jouissent.

Ils sont, d'après Berzelius, composés Je la manière suivante :

.^ ,. . , I M;tliùic aniinalc rccliiclil)Ic par la cocIIdii. 'MAI ° ( Maliore aniiiialc insoluble i,\S

MMio«phatc (le magnésie ijVy

\ Soiule et cliloriire de sodium 1 ,20

Phosphate de chaux 51,04

Carbonate de chaux 11,30

l'arlic inorgaiiisc'e. { Fhiatc de chaux 2,00

La plupart des auteurs admettent que la gélatine est très abondante dans les os des enfants, qu'elle est moins abondante dans les os de l'adulte, qu'elle est beaucoup plus rare chez le vieillard. C'est à la diminution de la quantité de gélatine que ces mêmes auteurs ont attribué l'augmentation de la densité et de la fragilité du tissu osseux chez les vieillards. .

'M. Nélaton a démontré que la quantité de gélatine reste toujours proportionnellement la même chez l'enfant, chez l'adulte, chez le vieillard ; la densité du tissu osseux ne saurait être expliquée que

14 OSÏÉOLOGIE,

par l'augmenlation en nombre des molécules osseuse?, mais le nombre des molécules ne saurait augmenter sans empiéter sur le diamètre des canaux vasculaires ; aussi n'est-il pas étonnant que les os soient plus denses et aient moins de vitalité alors que le tissu osseux a envabi en grande partie les canalicules osseux et a rétréci les vaisseaux de l'os. Quanta l'augmentation de la fragilité, M. Psélaton l'explique parla raréfaction progressive du tissu osseux, c'est-à-dire que les coucbes, les lamelles osseuses sont beaucoup plus minces chez le vieillard que chez l'adulte.

La substance fondamentale des os est stratifiée . Les lamelles osseuses, visibles sur de simples tranches, sont surtout appréciables sur les os calcinés ou privés de leurs sels calcaires , on voit alors la substance osseuse se séparer couche par couche ; et sur les os réduits à leur portion gélatineuse on peut démontrer les lamelles avec la pince. Dans la partie moyenne des os longs, ces lamelles constituent deux systèmes distincts : un système commun parallèle aux surfaces interne et externe des os, et une foule de systèmes spéciaux qui entourent les canalicules osseux dont elles forment les parois.

Si nir des tranches desséchées, polies et suffisamment minces, on étudie la structure intime des lamelles osseuses, on voit, abstraction faite des cavités et des canalicules osseux, que les lamelles présentent iHi pointillé très net et en général très fin, qu'Henle et Gerlach ont regardé, mais à tort, comme résultant des canalicules coupés en travers. Il suit de là que toute la masse osseuse paraît granulée et composée de molécules isolées très serrées, mesurant O'""", 0003 de diamètre.

Sur la tranche sèche d'un os, on voit encore une foule de corpuscules microscopiques de la forme d'une graine de courge, distribués dans toute la substance osseuse. De ces corpuscules partent des prolongements très fins ramifiés, quelquefois anastomosés. Ils ont été regardés comme des dépôts de sels calcaires et désignés sous le nom de corpuscules osseux; ce sont au contraire des cavités osseuses qui, à l'état frais, renferment une cellule qui contient une substance transparente avec un noyau, cellules osseuses de Yircho^Y. Chaque cellule envoie dans les canalicules des prolongements très fins qui établissent des connexions intimes entre les diverses cellules.

Le tissu osseux, toujours identique dans sa composition, se présente à l'observateur sous différents états. Tantôt on le rencontre sous l'aspect de fibres fortement serrées : c'est ce tissu qui est désigné sous le nom de tissu compacte. D'autres fois il se montre sous la forme de cellules ou d'aréoles de formes régulières communiquant entre elles : c'est le tissa spongieux. Le tissu réticulaire n'est qu'une forme du tissu spongieux dans laquelle les cellules sont beaucoup plus grandes. Gerdy fait observer que le tissu réticulaire diffère essentiellement du tissu spongieux, auquel il donne le nom de tissu canaliculaire^ en ce que le tissu canaliculaire situé dans les os courts et à la cir-

conférence du canal médullaire des os longs forme des canaux légèrement tortueux, criblés de trous pour les anastomoses, et que le lissu réticulaire est formé d'un réseau de filets autour duquel les extrémités terminales des vaisseaux médullaires se ramifient et s'anastomosent.

Nous avons dit tout à l'heure que le tissu compacte avait une apparence fibreuse. Ces fibres paraissent longitudinales dans les os longs, rayonnées dans les os plats; mais celte apparence est due à des sillons ou même à des canaux vasculaires ouverts à la surface de l'os par leur coté superficiel, et qui laissent saillir dans leur intervalle le bord ou la tranche des lames intercanaliculaires. Quant à ces sillons, tantôt ils aboutissent à des ouvertures vasculaires perpendiculaires à la surface de l'os, ou bien obliques, et par conséquent taillées en bec déplume ; tantôt ils n'aboutissent à rien et s'effacent après un certain trajet. Tous logent, des vaisseaux mais ces premiers conduisen tces vaisseaux dans l'épaisseur du tissu compacte (i).

Ces canaliculos, désignés quelquefois sous le nom de canaux de Havers, sont très fins : d'après Kôlliker, ils ont de 0'"'^,02 à 0""",1 1 de largeur. Ils existent partout où il y a de la substance osseuse compacte, et forment un réseau à larges mailles, analogue à celui des vaisseaux capillaires; leur trajet est en général parallèle à l'axe longitudinal de l'os ; leur écartement sur une coupe hoiizontale ou verticale varie entre 0"t»,14 et 0'"'",30, et ils communiquent tous ensemble par de petites branches perpendiculaires ou obliques qui, sur une section transversale, affectent la direction des rayons ou celle des tangentes. Partout où la substance spongieuse et la substance compacte se touchent, comme aux extrémités des diaphyses, les canalicules vasculaires se continuent avec des espaces médullaires plus ou moins larges, tantôt sans aucune transition, tantôt en s'élargissant graduellement en forme d'entonnoir. KuUiker n'a jamais rencontré de canalicules vasculaires terminés en cul-de-sac (2),

Toutes ces diverses couches de tissu osseux ne diffèrent donc que par leur densité : elles ont toutes la même propriété, celle de loger des vaisseaux extrêmement grêles dans le tissu compacte, un peu plus volumineux dans le tissu spongieux ou canaliculaire ; et si dans ce dernier lissu on rencontre des cellules, des trous, ce phénomène tient aux anastomoses des vaissseaux des os dans le tissu spongieux.

L'existence de ces canalicules est démontrée par l'examen direct, et surtout par l'analomie pathologique; dans certaines ostéites, en effel, ces canaux offrent un calibre considérable.

Il nous reste à parler de la disposition de ces divers tissus dans les différents os.

(i) Gerdy, ^ote sur la structure des os (Bulletin clinique, l" aoùl 4835). (2) Kulliker, Éléments d'hisloloQie humaine, Iraducllon de MM. Bôclanl et Sée. Paris, 1850, in-8, p. 229.

16 OSTEOLOGIE.

Le tissu compacte est disposé en couche plus ou moins épaisse à la surface des os : très épais sur le corps des os longs, il est très mince sur les os courts ; il est d'une épaisseur moyenne sur les os plats. Sur quelques-uns de ces derniers os, à leur |)artie centrale, les deux lames de tissu compacte sont adossées, de telle sorte que l'os est transparent. Sur un os qui n'a pas macéré, le tissu compacte est d'un blanc mat dans tous les os et à toutes les époques de la vie.

Le /rsw spongieux existe au pourtour de la cavité médullaire du corps et dans les extrémités des os longs; il est interposé entre les deux lames du tissu compacte des os plats; il forme la presque totalité de la substance des os courts. Lorsque l'épiphyse n'est pas soudée à la diaphyse, les canalicules de la diaphyse ne vont pas au delà de la lame cartilagineuse épiphysaire, les vaisseaux qu'ils renferment concourent à l'entretien de cette lame; plus tard elle s'ossifie, alors elle se laisse perforer, et les vaisseaux de la diaphyse communiquent avec ceux des épiphyses.

Le tissu réliculaire se rencontre principalement dans la cavité médullaire des os longs; il est beaucoup plus rare dans les os plats et dans les os courts. Après la soudure de l'épiphyse, le tissu réticulaire se prolonge jusque dans cette extrémité de l'os ; cependant les mailles sont dans ce point beaucoup plus serrées que dans la partie moyenne de l'os, où il est formé de quelques filaments osseux très fins, en quelque sorte dispersés dans la cavité médullaire.

La disposition des ctnaux des os varie dans les différentes espèces de tissus. Dans le tissu compacte des os longs ils se dirigent un peu obliquement du canal médullaire à la surface extérieure ; ils sont parallèles au grand axe de la diaphyse, c'est ce qui lui donne son aspect fibreux ; dans les os courts la disposition des canaux est tellement irrégulière, que ces os n'offrent plus l'apparence fibreuse. ÎSous avons déjà dit que les vaisseaux du tissu spongieux s'ouvraient dans des cellules et communiquaient largement par les ouvertures de ces cellules ; ces canaux offrent la même disposition que les précédents, seulement ils sont plus larges et communiquent non-seulement entre eux, mais avec les canaux du tissu compacte et avec les vaisseaux qui pénètrent dans le canal médullaire par le gros conduit que l'on désigne sous le nom de trou de V artère nourricière de l'os.

Dans la description des os en particulier nous ne nous arrêterons pas à décrire chaque fois la structure de l'os; il suffira de savoir: 1" que les os longs sont formés de tissu compacte dans leur corps et à la surface des extrémités, de tissu spongieux au-dessous du tissu compacte ; 2" que dans les os plats il y a une couche de tissu spongieux entre deux lames de tissu compacte : ce tissu spongieux a reçu le nom de diploé pour les os du crâne; 3" que dans les os courts une lame très mince de tissu compacte enveloppe le tissu spongieux. Cette règle générale offre fort peu d'exceptions, que nous aurons soin d'ailleurs de signaler.

STP.UCTL'RE DES OS. 1"

Artères. — Les artères qui pénètrent dans les os sont très nombreuses ; elles viennent de trois sources :

1° Varlère du canal médullaire, improprement appelée arîère nourricière de l'os, grosse branche qui pénètre dans l'intérieur de l'os par un canal volumineux très oblique. Dans le corps des os longs, où ce vaisseau présente le plus de développement, il a une direction constante : pour le membre supérieur, les artères nourricières des os du bras et de l'avant-bras convergent vers le coude, les supérieures de haut en bas, les inférieures de bas en haut ; pour le membre inférieur, la direction est contraire, ils divergent à partir du genou : pour le fémur, de bas en haut; pour le tibia et le péroné, de haut en bas. Arrivé dans le canal médullaire, ce vaisseau se divise en deux brandies qui se portent en sens inverse, se subdivisent sur les lamelles osseuses du centre de l'os, et pénètrent dans les canaux du tissu spongieux, s'anastomosant avec les vaisseaux du second ordre que nous allons examiner.

2" Artères du tissu celluleux. — Nous donnons, avec Cerdy, ce nom aux gros vaisseaux des os plats et des os courts ; et à ceux qui pénètrent dans les os longs pas les extrémités. Ces vaisseaux pénètrent par des canaux volumineux qui se prolongent dans le tissu spongieux où ils s'anastomosent les uns avec les autres, ainsi qu'avec ceux du tissu compacte, dans les os longs avec ceux qui partent de l'artère du canal médullaire.

3° Artères du tissu con\pacte. — Elles sont extrêmement fines et pénètrent à l'état capillaire dans le tissu osseux en sortant du périoste qui les fournit; parvenues dans l'épaisseur de l'os, elles sont, dajis l'état sain, invisibles à l'œil nu , mais dans l'état pathologique elles peuvent acquérir des dimensions considérables; elles s'anastomosent avec les vaisseaux du tissu'celluleux.

Veines. — Elles suivent en général la direction des artères ; on a en outre signalé dans l'épaisseur des os des canaux de transmission, percés de trous, à travers lesquels les veines reçoivent le sang des parties voisines : ces canaux sont formés par la membrane interre des veines et tapissés par une lame mince de tissu compacte. Us sont très nombreux et très apparents dans le tissu spongieux des os du crâne ; ils s'ouvrent à l'extérieur par des trous spéciaux, et à l'intérieur ils communiquent avec les sinus de la dure-mère : on les appelle sinus osseux.

Vaisseaux lymphatiques. — Ils n'ont pu encore être injectés jusque dans les os ; l'analogie tendrait à les faire admettre. M. Gros a constaté leur existence dans les conduits médullaires des os longs.

Dierfs. — Jusque dans ces derniers tenrps on n'avait pas constaté la présence de nerf dans les os. Dans un mémoire lu à l'Institut en 1846, M. Gros a fait connaître les nerfs du tissu osseux. Il résulte des recherches de cet anatomiste que c'est au niveau des grands conduits médullaires que les nerfs se rencontrent, et qu'ils sont d'ail-

18 OSTEOLOGIE.

leurs parallèles au système vasculaire. Trois nerfs arrivent, chez le cheval, au trou nourricier du fémur : ils sont fournis par le nerf crural; un quatrième nerf vient, chez l'homme et le bœuf, du nerf sciatique. Au niveau du trou nourricier on constate sur leur trajet la présence constante d'un gangiion situé au bord antérieur de l'orilice, et recevant à son extrémité externe le nerf venu du vaste interne, à sa partie moyenne le nerf satellite supérieur du tronc diaphysaire. M. Gros a constaté que le corps de l'os est embrassé par une sorte d'anse vasculo-nerveuse, dont le sommet est représenté d'une part par le tronc diaphysaire, de l'autre par le gang-lion; que les nerfs des os forment un plexus divisé en deux portions, l'une périostique , l'autre médullaire ; chaque branche de ce plexus fournit autour de chaque artère deux rameaux satellites qui se ramifient autour des vaisseaux jusque dans les extrémités spongieuses des os longs, et qu'il existe en outre une connexion intime entre les nerfs des os et ceux des articulations.

D'après Kolliker, les nerfs des os sont fort nombreux, le corps des vertèbres est particulièrement très riche en filets nerveux. Cet auteur en a constaté dans l'astragale, le calcanéum, le scaphoïde, le cuboïde, etc. ; l'omoplate, l'os iliaque, dans le sternum, les os plats du crâne, etc.

Périoste. — Tous les os sont entourés d'une membrane appelée périosle. Cette membrane est de nature fibreuse; elle n'a pas la couleur blanche nacrée des autres organes fibreux, elle a un aspect grisâtre. D'après Boyer, les fibres du périoste affectent une direction très variée à la partie moyenne des os longs, et sur les os larges ; mais aux extrémités des os longs et sur les os courts, les fibres suivent la direction de l'os. Cette opinion est aussi celle de Haller, de Boerhaave, de M. Maisonneuve. De nombreux vaisseaux artériels rampent au milieu des fibres du périoste. Parmi ces vaisseaux, les uns ne font que traverser cette membrane : ce sont les artères de premier et de second ordre qui se distribuent aux os; quant aux petits vaisseaux qui se portent dans le tissu compacte, ils se ramifient un très grand nombre de fois dans le tissu fibreux avant de pénétrer dans les canalicules extrêmement petits que nous avons signalés plus haut. Des nerfs ont été disséqués dans le périoste : M. Bonamy a trouvé sur le périoste de la face interne du tibia des nerfs qui venaient du saphène interne.

Le périoste est constitué par deux lames très intimement unies et qu'il est fort difficile d'isoler. L'une est superficielle, constituée par un tissu conjonctif qui renferme çà et là quelques cellules adipeuses; elle est le principal siège des nerfs et des vaisseaux du périoste. L'autre estprofonde, constituée par des fibres élastiques, ordinairement très fuies; on y trouve encore des nerfs et des vaisseaux, mais ils ne font que la traverser pour gagner les os auxquels ils sont destinés.

Le périoste offre deux surfaces, l'une adhérente ou profonde, l'autre libre ou superficielle. La face profonde s'applique immédiatement sur

le lissu avec lequel elle contracle des adhérences très solides, surtout dans les points qui correspondent aux insertions des tendons; elle passe d'un os à l'autre dans les articulations immobiles sans laisser aucun intervalle; au niveau des articulations mobiles, elle semble se confondre avec les ligaments. Il est quelques points des os qui paraissent dépourvus du périoste : tels sont les extrémités articulaires recouvertes de cartilage, les points où les ligaments et les tendons s'insèrent sous un certain angle aux bords ou aux faces des os : par exemple, les tendons rotuliens, les ligaments sacro-iliaques, etc. La face superflcieUe est libre dans presque toute son étendue, séparée des muscles par du tissu cellulaire ; cette face est très adhérente aux tendons dans leurs points d'insertion : ceux-ci en effet s'unissent au périoste par un entrecroisement réciproque de fibres.

Moelle el membrane médullaire. — On désigne sous le nom de moelle une substance jaunâtre, de consistance variable, contenue dans la cavité des os longs. Pendant longtemps on a supposé que cette matière était enveloppée dans une membrane qui tapissait la cavité interne des os et tout à fait semblable par sa structure, par ses fonctions, à la membrane qui enveloppe les os extérieurement, au périoste. Cette membrane était désignée sous le nom de membrane médullaire. Tel était l'état de la science sur ce point, lorsqu'en 1849 MM. Gosselin et Renauld ont entrepris des recherches, et ont démontré que la membrane médullaire décrite avec tant de soins par les anatomistes n'a pu être constatée ni par les dissections, ni par la chaleur, ni par la macération, ni par les réactifs, ni par l'examen microscopique. Aussi disent-ils : « Les doutes que Ruysch avait avancés sur l'existence de la membrane médullaire sont devenus pour nous une certitude, et nous n'hésitons pas à rejeter cette membrane, du moment que nous ne la voyons pas à l'œil nu, que le microscope n'en démontre pas les éléments, que la chimie ne fait pas trouver de matière gélatineuse (1). »

Quant à la substance médullaire des os, voici ce qui a été constaté par MM. Gosselin et Renauld : « Pendant la formation des os et avant leur complet développement, le canal médullaire des os longs n'est autre chose qu'un canalicule semblable à ceux dont la description a été donnée par Albinus, Sœmmcring, et dans ces derniers temps par Gerdy. Ce canalicule est vasculaire , seulement l'artère principale nourricière qu'il contient est plus volumineuse que ne le sont les artères des autres canalicules ; elle se divise et se subdivise, envoie ses ramifications dans l'épaisseur de l'os, où elle pénètre par les pertuis occupant la face interne du canal. A ces artérioles succèdent des veinules, et enfin un tronc veineux qui sort par le trou nourricier principal. Ces ramifications artérielles et veineuses sont entremêlées de

(1) Recherches sur la substance médullaire des os, par ]MM. Gosselin el Renauld (Archives [lénérales de médecine, t. XX, 1849, p. 270).

20 osTl^o^of■IE.

quelques cellules adipeuses et d'une malière gélaliniforme qui est formée, non par de la gélatine vraie, mais par une substance dont les réaclions sont différentes, et sur la nature de laquelle nous ne pouvons encore donner des renseignements positifs.

» A mesure que l'ossification se forme, le canal médullaire s'agrandit par l'absorption des coucbes les plus internes, comme l'a très bien vu M. Fleurons. Cet agrandissement se fait pour les besoins de la station et de la progression, c'est-à-dire pour donner aux os longs une plus grande résistance sans augmenter la quantité et le poids de la matière osseuse. Or il était nécessaire que l'os ne perdît pas ses moyens de nutrition. Yoici ce qui se passe. A mesure que les couches internes du canal médullaire sont résorbées, il se fait dans la cavité un dépôt de matière grasse; cette matière remplit les vides, soutient les vaisseaux et maintient appliqué un réseau capillaire abondant contre la surface interne du canal. La graisse médullaire joue donc un rôle mécanique d'une certaine importance, mais elle peut être remplacée par foute autre substance qui remplirait également les vides et maintiendrait les vaisseaux capillaires contre la substance osseuse.

)) La graisse des os diffère donc de celle des autres parties du corps, sous ce point de vue qu'elle n'est point divisée en lobes et en lobules par des prolongements de tissu cellulaire membraneux. Les cellules sont serrées les unes contre les autres, séparées seulement par des capillaires sanguins extrêmement fins et mélangés avec la matière gélatiniforme plus ou moins abondante.

M Dans le tissu spongieux la substance médullaire est exactement la même que dans le canal médullaire des os longs ; c'est toujours de la graisse plus ou moins pure, occupant les espaces intermédiaires aux vaisseaux capillaires sanguins, et appliquant ces vaisseaux contre les fibrilles osseuses qui en ont besoin pour leur nutrition.

>' Les quantités respectives de graisse et de vaisseaux sanguins sont toujours en raison inverse, c'est-à-dire que là où le réseau capillaire est très riche, il y a peu de graisse ; là où la graisse est très abondante il y a beaucoup moins de vaisseaux. Il semble, en un mot, que la graisse, à mesure qu'elle se dépose, comprime, étouffe et fasse disparaître une partie des vaisseaux sanguins.

j) Chez l'enfant, vaisseaux abondants et peu dégraisse; chez l'adulte et chez le vieillard, graisse plus abondante, vaisseaux plus rares ;i). »

M. Robin a décrit dans ce tissu médullaire deux espèces particulières de cellules, les cellules médullaires et les cellules à noyaux multiples.

La moelle que l'on rencontre dans les épiphyses, dans les os plats et les os courts, mais particulièrement dans le corps des vertèbres,

(d) Go«selin cl Renauld, loc. cit., p. 27i of siiiv.

dans les os de la base du ciâne, dans le sternum, se dislingue de la moelle que l'on trouve dons la diafiliyse des os longs, par sa coloration rouge ou rougeàtre, par sa consistance moindre et par ses propriétés chimiques. La première, d'après Berzelius, renferme 96 parties de graisse, 1 partie de tissu conjonctif et de vaisseaux, 3 parties d'un liquide contenant des substances analogues à de la cliair musculaire ; tandis que la moelle rouge prise dans le diploé renferme, d'après le même auteur, 75 parties d'eau, 25 parties de substance solide (albumine, fibrine, extractif et sels analogues à ceux de la chair musculaire), et seulement des traces de graisse (V.

Avant d'arriver à l'état où nous allons les examiner, les os passent par diverses phases sur lesquelles nous nous arrêterons un instant.

On observe constamment dans l'évolution du système osseux trois états : l'état muqueux, l'état cartilagineux, l'état osseux.

Uélatmuqueux ne dure que pendant un temps très court. Au bout d'un mois ou de six semaines, les os passent à l'état cartilagineux. M. Cruveilhier désigne sous le nom cVctat muqueux des os cette période de la formation où ils sont confondus avec la totalité des organes en une masse homogène d'apparence muqueuse.

L'étal carlUagineux commence au moment où ces parties prennent une consistance supérieure à celle des tissus qui les entourent. Sa durée est très variable, et l'on peut avancer que dans l'ossitication normale tout os a été primitivement un cartilage.

L'état cartilagineux paraît se développer simultanément dans toutes les parties des diverses pièces du squelette. « L'idée des points centraux cartilagineux correspondant aux' points centraux d'ossification est une pure hypothèse. Un os apparaît cartilagineux dans tous ses points à la fois, jamais par points isolés (2)- »

Étal osseux. — Vers le deuxième mois de la vie intra-uléiine la cartilagiiiification est terminée; déjà des points osseux ont apparu. Vers la quatrième semaine, un point osseux apparaît pour la clavicule, puis un autre pour la mâchoire inférieure. Contrairement à la carlilaginification, l'ossification se fait par points isolés, constants, augmentant graduellement de volume ; ce point est central jiour les os courts. Trois points : un pour le corps, un pour chaque extrémité, telle est la marche d'ossification des os longs.

On appelle points d'ossification primitifs ceux qui se formei:t et qui s'étendent au corps de l'os; mais lorsque le tissu cartilagineux n'est pas envahi tout entier par le tissu osseux, il se forme dans certains points des noyaux osseux appelés points d'o>sifc:tion complémentaires.

(t) Kolliker, toc. cit., p. ^2A\.

(2) Cruvoilliicr, Anntomie desrrij-tire, S' c.lilion, 1851 , t. I"", p. 40.

22 OSTEOLOGIE.

Si les auteurs sont d'accord sur le nombre des points d'ossification des os pairs, il n'en est pas de même des os impairs. Les uns pensent que ces os se forment par un point central qui se développe à droite et à gauche; mais M. Serres a combattu cette doctrine, il a formulé plusieurs lois que nous allons exposer rapidement. 1° Loi de symélrie. Tout os situé sur la ligne médiane a été primitivement double ; les deux parties séparées, en marchant à leur rencontre, ont fini par se souder. — 2° Loi des éminences. Toute éminence osseuse se développe par un point d'ossification particulier. — 3" Loi de conjugaison. Toutes les cavités, les trous, les canaux, se trouvent formés par la réunion d'au moins deux pièces osseuses. Ces lois, surtout les deux dernières, vraies dans beaucoup de circonstances, présentent de nombreuses exceptions.

M. Robin a démontré que la substance osseuse se forme par suhsHtiiiion on i[)Cir envahissement. Il a en outre constaté un troisième mode beaucoup plus rare et pour ainsi dire exceplionnelj c'est la formaiion immédiate.

1" Formaiion de la substance osseuse par substitution. — Ce mode de formaiion est particulier aux os du tronc et à ceux de la base du crâne. Vers la partie centrale du cartilage on remarque un point un peu opaque formé par le dépôt de points granuleux dans la substance du cartilage ; l'opacité va en augmentant, et est en raison de la quantité de granulations ; le dépôt s'avance vers la surface et vers les extrémités de l'os sous forme de traînées, qui finissent par le rendre opaque en augmentant de nombre et de volume et forment un tissu homogène. Le cartilage est dépourvu de vaisseaux, on n'en rencontre que dans le tissu osseux.

2° Formaiion de la substance osseuse par envahissement. — Ce mode de formaiion est propre aux os de la tète et de la face, à l'exception de l'apophyse basilaire, des condyles de l'occipital et du maxillaire inférieur ; c'est encore par ce mode que s'agrandissent les os formés par substitution.

La substance osseuse se forme par dépôt de sels terreux dans une trame cartilagineuse, au fur et à mesure de la formation de celle-ci. L'os ne sera pas précédé pendant un certain temps par un cartilage qui en représente à peu près la forme ; au contraire, la substance cartilagineuse est à peine formée dans un point très limité, qu'elle est envahie par les sels terreux.

3° Formation immédiate de la substance osseuse. — M. Robin ne l'a observée que sur les os de la voûte du crâne. Ce mode de formation est fort rare.

Nous n'avons pu donner ici toute l'étendue que nous aurions désiré à l'exposition des intéressantes recherches de M. Robin; nous renvoyons le lecteur à son excellent mémoire (I).

[i] Ch. Robin, art. Ostéogénie, Suppl. au Dictionnaire des dlclionn., p. 5C0.

Formation du lissu osseux. — Kous venons d'exposer d'après M. Robin le mode de formation de la substance osseuse ; nous allons dire d'après le même auteur comment la substance élémentaire des os s'arrange avec les vaisseaux pour former le tissu osseux.

La partie du cartilage qui doit passer à l'état osseux devient grisâtre, terne ; elle est homogène sans être creusée de cavité ni pourvue de vaisseaux ; les matériaux de nutrition sont puisés dans le périchondre et dans le tissu ambiant. Vers la dixième semaine, pour les os longs, les vaisseaux commencent à apparaître ; il est à remarquer: que les vaisseaux se développent lorsque le noyau osseux est arrive au contact ou à peu près au contact du périchondre ; il se passe donc un certain temps entre l'apparition du noyau osseux et celui des vaisseaux. Ce temps parait être moins long pour les os courts que pour les os longs. Ce n'est pas par communication des cavités du cartilage que se forment les vaisseaux des os, ce n'est pas par résorption ou dissolution de parties cartilagineuses non ossifiées que se forment ces conduits : au contraire, le tissu osseux nouvellement formé se résorbe par places; partout où les vaisseaux arrivent, il se creuse des cavités ayant la forme de conduits, quand ils sont plus longs que larges.

Dès que les vaisseaux ont pénétré dans la substance des os, on voit cette substance se résorber, de manière que les cavités vont en augmentant incessamment. A mesure que l'os augmente de volume à la périphérie par envahissement, il se creuse au centre, s'y raréfie par résorption directe. Alors le centre des portions osseuses des os longs, et même celui des points épiphysaires, se présentent comme constitués par du lissu aréolaire formé de lamelles à bords irréguliers, dentelés, circonscrivant des cavités remplies de moelle et parcourues par des vaisseaux. C'est ainsi que se forme le tissu spongieux.

La résorption du tissu osseux n'atteint jamais la surface de l'o?, il reste une couche compacte que l'ossification envahissante tend toujours à rendre plus épaisse; mais la résorption de la face interne la maintient avec une épaisseur égale à peu près pour les os plats et les os courts, mais elle augmente un peu d'épaisseur pour les os longSi

Dans les os longs, c'est par le corps que l'ossification commence. Le corps est complètement développé au moment de la naissance; plus tard, un point d'ossification paraît par chaque extrémité. Ces parties séparées du corps de l'os par une lame cartilagineuse se soudent au corps de l'os au bout d'un temps variable pour les différents os; l'ossification complète du squelette n'est terminée que vers l'ùge de vingt ou vingt-cinq ans. Le corps de l'os porte le nom de diaphyse, les extrémités celui d'épiphyses. D'après les recherches d'A. Bérard et de M. Guerelin, l'épiphyse qui se soucierait la première à la diaphyse d'un os est celle vers laquelle se dirige l'artère nourricière.

11 résulle de leurs rechcrclics que rossilication des épiphyses est soumise aussi à des règles fixes. L'épiphyse qui se nion're Li première est celle qui est opposée à la direction de l'artère nourricière.

Enfin, on rencontre des points d'ossification complémentaires, ils se montrent principalement au sommet des apophyses.

Dans les os plais, l'ossification s'étend par plusieurs points du centre à la circonférence, formant des rayons qui vont en divergeant; entre ces rayons, se forment bientôt de nouveaux rayons jusqu'à ce que le cartilage soit entièrement envahi. A la circonférence de ces os, on trouve souvent des points d'ossification complémentaires ; on les appelle épiphyses marginales. Ce n'est que lorsque l'ossification est complète que l'os devient plus épais, qu'il se divise en deux lames de tissu compacte renfermant du tissu spongieux.

Dans les os courts, l'ossification commence par un point central qui va en se développant dans tous les sens. Il est un grand nombre d"os courts dont l'ossification n'est pas commencée à la naissance.

CÂUTiLAGES.

Le tissu cartilagineux peut être divisé en deux grandes catégories : \^ Itis cartilages non articulaires; 2° les cartilages articulaires. Nous traiterons avec l'arthrologie des cartilages articulaires. Nous allons, dans ce chapitre, nous occuper des premiers.

Parmi les cartilages non articulaires, nous trouverons les cartilages temporaires qui précèdent l'ossification des os. Nous en avons déjà dit quehiues mots à propos de la structure des os, nous n'y reviendrons pas ; d'ailleurs, les cartilages permanents dont nous devons parler présentent avec les cartilages temporaires la plus grande ressemblance. M. Sappey les a désignés sous le nom de cartilages périchondriques.

Dans cette classe, nous rangerons les cartilages costaux, les cartilages des ailes et de la cloison du nez, ceux du larynx, de la trompe d'Eustache, de l'oreille externe, des paupières, ceux des anneaux de la trachée.

Ces cartilages ont la plus grande analogie avecles os ; comme eux, ils sont enveloppés par une membrane fibreuse analogue au périoste et qui porte le nom de périchondre, qui remplit à l'égard du cartilage les mêmes fonctions que le périoste remplit à l'égard des os. Il est très riche en vaisseaux; toutefois ceux-ci ne pénètrent pas dans le cartilage ; et si, à l'époque moyenne de la vie, on voit quelquefois des vaisseaux pénétrer dans les cartilages costaux, on y remarque en même temps des traces d'ossification partielle. Le développement de vaisseaux dans les cartilages pourrait donc être considéré comme le premier phénomène de l'ossification. Jusqu'à présent on n'a pas trouvé de nerfs dans les cartilages. Ces cartilages s'articulent entre eux exactement comme les os, tantôt par juxtaposition : exemple,

COLONNE VERTEBRALE. 25

les cartilages du nez; lantùt en foraïaiit de véritables articulations pourvues de ligaments, de membranes synoviales : exemple, les cartilages du larynx. Enfin, ils s'articulent souvent avec les os par juxtaposition : exemple, les cartilages costaux, celui du conduit auditif externe. Ces cartilages nous semblent donc devoir être décrits comme des appendices du tissu osseux dont, dans beaucoup de cas, ils ne sont que le prolongement. D'un autre côté, ils ne diffèrent pas sensiblement, quanta leurs caractères, du cartilage d'ossification, en ce que souvent, avec le temps, quelques-uns d'entre eux s'ossifient. Les os qui résultent de leur ossification jouissent de toutes les propriétés du tissu osseux. A la vérité, les points d'ossification ne se forment pas d'une manière aussi régulière que dans les cartilages temporaires, mais cette différence ne nous parait pas suffisante pour les éloigner de la place qu'ils doivent occuper dans la description des tissus.

Nous ne décrirons pas ici ces cartilages en particulier, on en trouvera la description avec celle des organes et des appareils dont ils font partie. Les cartilages costaux seront étudiés, dans l'ostéologie, avec les côtes, dont on doit les considérer comme des prolongements.

€OLO.\\\E VKRTli:UBlAI.Ë.

La colonne voichraJe, ou 7'ochis, est une tige osseuse située sur la partie médiane et postérieure du tronc, qui s'étend depuis la tétc, qu'elle supporte, jusqu'au bassin, où elle se termine par le sacrum et le coccyx.

La colonne vertébrale acte divisée en quatre régions : l" la rJfjion cervicale, 2" la région dorsale , 3" la région lombaire, 4" la région sacro-coccygicnne. Elle est composée : 1" De vingt-quatre pièces osseuses appelées vertèbres. La région cervicale compte sept vertèbres, dites vertèbres cervicales (fig. I, de 1 à 7); la région dorsale, douze vertèbres dorsales (fig. 1, de 8 à 19) ; la région lombaire, cinq vertèbres lombaires {i\^. 1, de 20 à 24) : les vertèbres sont individuellement désignées par leur nom numérique dans cliaque région , en comptant de haut en bas. 2" De deux os, le sacrum et le coccyx pour la région sacro-coccygienne ; ces deux os sont encore désignés sous le nom de fausses vertèbres, ils sont en effet formés, le sacrum par la soudure de cinq vertèbres, le coccyx par la réunion de quatie fausses vertèbres rudimentaircs.

Les vertèbres ont des caractères généraux qui les distinguent des autres os; les vertèbres de chaque région ont des caractèics particuliers qui les distinguent des vertèbres des deux autres régions; enfin il en est quelques-unes dans les diverses régions qui ont des carac-

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lères propres qui les dislinguoiit des vertèbres de la même région. Nous décrirons donc successivement les caractères généraux de toutes les vertèbres, les caraclcrcs spéciaux des vertèbresde chaque région, enfin les caractères particuliers de quebjues vertèbres.

Nous mentionnerons les insertions musculaires en décrivant la colonne vertébrale en général.

1° Caractères généraux des vcrièbrc?.

Toutes les vertèbres ont la forme d'un anneau dont l'ouverture est nommée trouverlébral. Le canal quirésultcde la succession des trous est le canal rachidien (fig. 1, G). La circonférence présente en avant le corps de la vertèbre, en arrière la masse apophysaire ; la masse apophysaire est réunie de chaque côté au corps de l'os par le pédicule de la vertèbre.

A. Corps. — il représente une portion de cylindre échancré en arrière ; on lui considère une face supérieure et une face inférieure qui s'articulent, la première avec la vertèbre située au-dessus, la seconde avec la vertèbre située au-dessous ; elles sont légèrement excavées. La circonférence présente une gouttière horizontale plus profonde sur les parties latérales ; la partie postérieure de la circonférence, celle qui est comprise entre les pédicules, est échanerée et est creusée d'une gouttière longitudinale; le corps delà vertèbre est percé d'un grand nombre de trous pour les vaisseaux nourriciers de l'os.

B. Masse apophysaire. — Elle se compose : 1°, sur la ligne médiane, d'une apophyse épineuse ; 2^' sur chacune des parties latérales, d'une apophyse transverse et de deux apophyses arUculaires>

1° Apophyse épineuse (fig. 1, A). — Éminence dont la longueur varie dans différentes régions et qui donne attache à des muscles très puissants; elle se bifurque à sa partie antérieure ; ces deux branches constituent les lames des vertèbres et se réunissent aux masses apo^ physaires latérales.

2^ Apophyses transverses (fig. 1, B,C,D). — Au nombre de deux^ l'une à droite, l'autre à gauche, horizontales en dehors, variant dans les différentes régions.

3" Jpophyses articulaires. — Elles naissent des parties latérales de l'anneau; elles sont au nombre de quatre, deux à droite, deux à gauche; deux sont supérieures, deux sont inférieures. Elles sont en général verticales, placées symétriquement de chaque côté de la ligne médiane, lisses, encroûtées de cartilages; elles dépassent le corps de la vertèbre en haut et en bas ; elles s'articulent avec les apophyses articulaires des vertèbres adjacentes.

C. Pédicule. — Lame osseuse qui réunit la masse apophysaire au corps de la vertèbre. Il se trouve creusé à son bord supérieur et à son bord inférieur de deux gouttières nommées échancrures. Cellesci sont au nombre de quatre, deux supérieures et deux inférieures;

COLONNE VERTEBRALE.

FiG, 1. — Colonne vevlt'bvo.le.

■I à 7. Vertèbres cervicales.

8 ùiQ. Vcrlèbres dorsales.

20 à 24. Vertèbres lombaires.

AâA. Apopbyses épineuses,

B. Apopliyses trnnsverscs cervicales, percées d'un Irou qui forme un canal dans lequel passe l'artère vertébrale.

C. Apopbyscs Iransverses dursalcs , munies d'une facette arlicidairo.

D. Apopbyses Iransverses lomliaircs.

EE. Trous de conjugaison,

FFF. Facettes et dtmi-facclles articul.iircs du corps des vertèbics dorsales.

G. Orifice supérieur du canal racbidien.

H. Facette articulaire inférieure de la dernière vertèbre lombaire.

OSTÉOLOf.lE.

elles forment avec les éoliancrurcs des vertèbres corrcspondanles les Irons de conjugahon (ùg. I, EE), qui donnent passage aux nerfs qui partent de la moelle épinière et aux vaisseaux du canal racliidien.

Q"» Caraclèrcs projircs v.u\ vcitibrcs de cliaque région.

C'est surtout à la parlic moyenne de chaque région que les vertèbres présentent les caractères les plus tiancliés, lesverlèbres placées sur la limite offrent des caractères mixles.

A. Région cervicale. — Le corps est peu volumineux, le diamètre transversal est le plus considérable; des deux côtés de la face supérieure du corps naissent deux petits crochets latéraux reçus dans deux enfoncements creusés sur la face inférieure de la vertèbre située au-dessus. — Le /)"om est ttiangulaire ; il a une dimension très considérable, en rapport du reste avec les mouvements de la région cervicale (fig. 2 et 3. 6). — Vapophy^e épineuse est courte, presque Horizontale, bifurquéeà son sommet (fig. 2 et 3 1}. — Les apophyses

Fig. 2. — ■ Vertèbre cervicale vue par sa face supérieure.

Apopliysc ('pilleuse bifurqucc. — 2. Lame de la verlcbre. — 3. Trou de l'apophyse transvcr.-e qui donne passage à l'aiièro vertébrale. — 4,4. Apophyse Iransverse bitubcrculéo. — 5. ApOj'liysc arlicu'aire supérieure. — 0. Trou vcrlébral.

Iransverse^ sont courtes, horizontales, bituberculées à leur sommet (fig. 2 et 3, 4), creusées d'une gouttière à leur face supérieure et percées à leur base d'un trou qui donne passage à l'artère vertébrale

COLONNE vertkp.rat.f:.

(fig. 2 et 3, 3). — Les apophyses orlkulaircs sont obliques ; les supérieures regardent de haut en bas et d'avant en arrière, les infélieures sont parallèles aux supérieures (fig. 2 et 3. 5). — Les échancnires sont d'égale dimension. — Les lames aoni longues, minces et étroites, obliques en arrière, s'imbriquant dans l'extension de la fêle, s'écartant dans la flexion (fig. 2 et 3, 2).

FiG. 3. — Yevtèbre cervicale vue par sa face inférieure,

\ . Apophyse épineuse. — 2. Lame. — 3. Trou qui donne passage à l'arlère ver- Icbralc. — 4. Apopliysc transvcrse. — 5. Apophyse articulaire inférieure. ^- 0. Trou verléhral.

B. Vertèbres dorsales. — Le corps est plus volumineux que celui des vertèbres cervicales, le diamètre transversal esta peu près égal au diamètre antéro-postérieur; sur chacune de ses parties lalérales il est creusé de deux demi-facetles qui s'articulent avec les côtes (fig. 4. 5, et fig. 1, FF). — Le /rou est presque circulaire, plus petit qu'à la région cervicale (fig. i,6). — L'apophyse épineuse est très longue, oblique de haut en bas et d'avant en arrière, non bifurquée à son sommet (fig. 4. 1). — Les apophyses transverses (fig. 4, 2) sont longues, liorizontales, ne sont ni bifurquéesni percées d'un trou à leur base, mais présentant une facette articulaire (fig. 4. 3, et fig. 1, C). — Lesapophyses articulaires sont verticales (fig. 4, 4). — Les échanci'ures supérieures sont beaucoup plus petites que les inférieures. — Les lames sont courtes, verticales, immobiles et toujours imbriquées.

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