‹ Nouveaux éleménts d'hygiène [electronic resource]Chapitre 151 sur 267 · de 3 à 10 jours 36yj · texte numérisé non relu

de 3 à 10 jours 36yj

7 — de 2 à 9 semaines . 36°,73

9 — de 3 à 44 mois 36°,87

Aussi, le professeur Jacobi (New- York) maintient-il que, pendant les deux premières années, il faut que les bains des enfants soient entre 31 et 32 degrés, malgré l'opinion de J. Simon, qui accuse les bains chauds de macérer l'épiderme et d'être, chez les enfants, une cause d'eczéma. Même en été, on n'apportera, à cette pratique, d'autre modification que celle de faire suivre le bain chaud de lotions à l'eau froide et de frictions un peu rudes. Goudereau a remarqué que les premiers troubles digestifs des enfants sont dus au refroidissement. Selon Hauser (de Séville), pendant que les provinces de la zone maritime de l'Espagne, Pontavedras, Oviedo, Lugo, n'ont que 18 à 22 décès de 0 à 5 ans pour 100 naissances, celles du haut

spéciale.]

ALIMENTATION de la première enfance.

plateau de la Péninsule, Madrid, Guadalajara, Caceres et Valladolid ont de 52 à 54 décès. Il peut y avoir autre chose encore qu'une influence climatérique dans cette énorme différence; mais la rigueur du climat des hauteurs ne peut être contestée.

Pour les mêmes raisons, les enfants à la mamelle et même les enfants plus âgés devront être vêtus de laine; le maintien de la chaleur de la poitrine, du ventre et des pieds est particulièrement urgent. Nous n'apprécions pas beaucoup la mode de décolleter les bébés et de leur laisser les jambes nues. Nous ne croyons pas que cet âge soit favorable aux expériences d'endurcissement. C'est comme pour le bain froid en toute saison. Ceux qui résistent à cette éducation, qu'on a appelée à l'anglaise, seront dans leur carrière des individus bien trempés; mais c'est peut-être grâce à une sélection cruelle plutôt que par les bienfaits du système.

En ce qui concerne l'influence de la chaleur, il a également été reconnu qu'elle élève la mortalité des enfants, quand elle devient excessive, qu'il s'agisse de pays tempérés ou de pays chauds. Les petits bains frais rendent, sous ce rapport, de réels services, mais, probablement, plutôt à titre de toniques généraux que comme moyens de soustraction du calorique. La véritable protection, en effet, est dans la parfaite adaptation du régime alimentaire aux besoins du jeune être et dans tout ce qui maintient l'ensemble de sa vitalité.

Alimentation de la première enfance. — Les divers modes d'alimentation de l'enfant se répartissent comme ci-dessous :

maternel, naturel \ mercenaire,

[° Allaitement | ( parles femelles d'animaux*

/ . , (au biberon.

» artificiel

" { au petit-pot, au suçon, etc.

2° Élevage a sec (alimentation prématurée).

A. Allaitement maternel. — C'est, évidemment, le mode le plus naturel de tous et àpriorile meilleur. La mère continue à alimenter de son lait son fruit, comme elle l'a fait de son sang pendant la grossesse, et ce que nous voyons chez tous les mammifères permet suffisamment de conclure qu'il ne devrait pas en être autrement, chez l'homme. Les dispositions prises par la nature sont incontestablement supérieures; il ne peut être indifférent que Ton observe ou non les rapports physiologiques qui se présentent normalement entre les conditions de qualité ou de quantité du lait de la nouvelle accouchée et les besoins ou les organes de l'enfant. Quand même ces rapports auraient moins d'importance qu'il ne paraît- et alors que l'on pourrait les retrouver de la part d'une autre femme, ce qui est fort rare, il est évident que, dans le cas le plus général, la mère est seule capable d'entourer sans ces^e l'enfant des soins minutieux et dévoués qui complètent et assurent la portée d'une alimentation d'ailleurs convenable, de s'imposer à elle-même les sacrifices nécessaires au maintien de son lait

Arnould. ~ Hygiène; ^8

HYGIÈNE DE L'ENFANCE

[Hygiène

dans les proportions et les qualités requises, de ne jamais marchander à son nourrisson l'aliment qu'il réclame.

Aussi n'y a-t-il qu'une voix parmi les hygiénistes, pour mettre au premier rang l'allaitement maternel. Tel est, au moins, le principe. Malheureusement, ce principe est trop souvent obligé de fléchir soit devant des difficultés matérielles, soit devant des difficultés morales dont les principales sont la lâcheté des femmes et la complaisance des médecins.

Les difficultés matérielles sont : ou bien des vices de conformation, la stérilité du sein maternel, la mauvaise santé de la mère; — ou bien, la nécessité, pour celle-ci, de consacrer ses journées au travail, ainsi que cela existe communément chez les femmes d'ouvriers et surtout des ouvriers de l'industrie. Or, les premières de ces conditions sont assez rares et pourraient, quand elles se présentent, être atténuées considérablement ou prévenues (Mattei). En dehors de la syphilis et de la tuberculose, il n'est guère d'état général qui empêche la mère de nourrir; la délicatesse de constitution, l'anémie, tant de fois invoquées, ne peuvent être un obstacle, puisque l'on peut sans trop de peine les modifier d'avance pendant la grossesse et lutter contre elles pendant l'allaitement. La mauvaise conformation du mamelon, les gerçures, trouvent leur remède dans l'emploi des bouts-de seins, de la tétrelle (anglaise ou américaine). Enfin, si le sein de la mère est positivement insuffisant, l'allaitement mixte, c'est-à-dire l'usage alternatif du sein et du biberon, est encore une ressource bien au-dessus de l'allaitement mercenaire ou artificiel. L'exemple des Anglaises met cette proposition hors de doute. Disons en passant que Mattei, contrairement à la plupart des accoucheurs, conseille de ne mettre le nouveau-né au sein que lorsque la congestion du sein se manifeste, c'est-à-dire 24 ou 48 heures après l'accouchement; le faire téter au bout de 3 ou 4 heures, c'est fatiguer inutilement la mère et le nourrisson.

On s'accorde à reconnaître que la mortalité des enfants nourris au sein maternel n'est que de 8 à 9 pour 100, de 0 à 1 an ; elle est plus élevée dans tout autre mode. L'allaitement maternel sauve même les deux tiers des enfants nés avec la faiblesse congénitale, qui eussent succombé avec le biberon.

Le second ordre d'obstacles matériels, si développé dans les centres manufacturiers, ne saurait avoir que l'un de ces deux remèdes : compenser à la mère son gain journalier, sans qu'elle quitte son enf;mt; ou bien, donner à l'enfant l'abri et les soins généraux pendant qu'elle est au travail, de telle sorte qu'elle puisse l'allaiter à chaque pause, ainsi qu'au commencement et à la fin de la journée. Il est clair que le premier procédé est bien supérieur au suivant et que c'est de celui-là que les Œuvres de bienfaisance doivent se rapprocher, comme le fait la. Société protectrice de l'enfance, depuis 1864 (Alex. Mayer), en portant à domicile les secours pécuniaires et médicaux, sans distinction de religion, d opinion politique ni d'état civil des mères. La seconde manière est celle des crèches, dont nous reparlerons. Entre les deux, il existe un moyen mixte, adopté par de grands industriels (Dolfus-Kœchlin à Mulhouse, les frères Thiriez à Lille) vis-à-vis de

spéciale.]

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