‹ Nouveaux éleménts d'hygiène [electronic resource]Chapitre 16 sur 267 · C02 P. 1000 DANS UN MARAIS COMBLÉ A BOSTON · texte numérisé non relu

C02 P. 1000 DANS UN MARAIS COMBLÉ A BOSTON

25 juin 3,13

2b juillet 4,77

16 septembre. . 6,71

18 juin 7,58

1er octobre ... . 8,16 8 novembre . 4,22

générale.] CAPACITÉ DU SOL POUR LA CHALEUR, LES GAZ ET L'EAU.

On retrouve encore ici la loi de croissance des proportions de GO2 parallèlement à l'augmentation de profondeur. La liaison des oscillations de ce gaz avec celle de l'eau souterraine fut moins évidente qu'ailleurs. L'observateur américain, de plus, croit reconnaître dans ses résultats l'influence prédominante de la température extérieure, de la facilité plus ou moins grande qu'offre le sol à sa propre ventilation et de ses aptitudes à la diffusion gazeuse. L'intensité des oxydations dans le sol ne viendrait qu'en second lieu et GO2 ne serait pas la mesure de ce phénomène. Ces restrictions, on pourrait presque dire cette contradiction, prouvent qu'en cette matière il faut tenir grand compte de la différence des terrains et des localités ; çà et là, la nature du sol et les allures du baromètre ou de la température de l'air peuvent arriver à masquer le phénomène capital de la fabrication de GO2 dans les premières couches terrestres.

Avec Fried. Renk, nous continuons à tenir ce phénomène pour très important et comme réclamant immédiatement l'attention de l'hygiène. Aussi bien, celle-ci a quelque prise sur lui, tandis qu'elle ne peut rien sur les oscillations barométriques ou thermométriques extérieures et n'a que peu d'action sur la constitution intime des sous-sols. Mais, au fond, l'influence de la chaleur ou du froid extérieurs sur le développement de GO2 dans le sol n'a rien de bien contradictoire vis-à-vis des données essentielles et des lois qui dominent la question; elle prouve que la chaleur favorise la décomposition organique et que le froid la retarde. Or, c'est là un fait acquis depuis longtemps d'autre part. Et si, en hiver, les proportions et les oscillations de GO2 sont à leur minimum, est-ce vraiment un résultat de diffusion et de ventilation naturelle du sol? ou bien n'est-ce pas la simple conséquence du sommeil des opérations fermentatives sous l'influence du froid? La diffusion n'agit alors qu'en amenant vers les couches superficielles l'acide carbonique d'ancienne date, lequel était en quelque sorte en réserve dans les couches profondes.

11 est, d'ailleurs, certain que la nature des terrains règle la rapidité et l'abondance de la formation de CO2 au sein de la terre, étant donnée la matière organique capable de la fournir. 11 s'y ajoute une question d'affinité des sols pour l'eau, ainsi que l'ont démontré les recherches de Fleck sur la décomposition des cadavres, selon qu'ils sont inhumés dans l'argile, le sable ou le sol caillouteux. Mais cela n'atteint pas le principe.

Toutes les causes de divergence indiquées chemin faisant, ou quelqu'une d'entre elles, donneront la clef des discordances de détail que l'on peut remarquer dans les résultats obtenus par Port, observant depuis le mois de mai 1873 jusqu'en décembre 1874, en sept stations (casernes) à Munich. Nous en reproduisons le résumé, précisément dans le but de faciliter le contrôle et de préparer la formule générale par la multiplicité et la variété des observations. Des tableaux de Port, il ressort que : 1° le chiffre le plus élevé de GO2 appartient particulièrement aux mois d'automne, sur quelques points même au commencement de l'hiver; 2° l'époque du plus grand abaissement de la production de CO2 est très variable (janvier, février, avril, mai, juin) et indépendante de la température du sol; 3° les proportions de

DU SOL

[Hygiène

GO2 ont été généralement plus fortes en 1873 qu'en 1874; 4° dans quelques stations, il arriva parfois que GO2 était plus abondant à lm,5 de profondeur qu'à 3 mètres, mais exceptionnellement ; c'est le contraire qui est la règle. — Nous ne relèverons que la conclusion relative à l'indépendance de la formation d'acide carbonique par rapport à la température du sol. Celle de l'auteur, qui est affirmative, nous paraît contestable. En effet, sachant que la température du sol retarde plus ou moins sur celle de l'atmosphère extérieure (voy. plus haut, p. 28), nous ne sommes pas absolument étonné que les maxima de GO2 se soient présentés en automne ou en hiver, et les minima en avril, mai et jusqu'en juin, même en maintenant l'idée que la chaleur du sol est un élément capital dans les oxydations organiques profondes.

Acide carbonique à la surface du sol. — Les observations de Nichols ont aussi porté sur les proportions de CO2 dans l'air de la surface. Elles ont toujours été trouvées élevées ; 61 p. 10.000 le 16 octobre et 38 p. 10,000 le 10 novembre. De même, v. Fodor, qui avait eu le premier l'ingénieuse idée de cette exploration, obtenait antérieurement les chiffres qui suivent :

CO2 à la su?- face du sol p. 1000 vol, d'air à 0 et sous 0m,760.

2 mars 0,5".°.

5 mai (jour) 0,524

5 mai (nuit) 0,806

6 mai (jour) . (',50(5

6 mai (nuit) 0,444

9 mai (jour) 0,G92

9 mai (nuit) 0,805

11 mai (jour) 0,646

11 mai (nuit) 0,7 » 6

12 juin (jour) 0,643

12 juin (nuit) 1,110

14 juin jour) 1,134

14 juin (nuit) 1,003

29 juin (jour) 0,568

•29 juin (nuit) 0,849

8 juillet (jour) 0,856

8 juillet (nuit) 0,670

■ 12 juillet (jour) 0,574

12 juillet (nuit) 0,670

I 13 juillet (jour) 0,483

| 13 juillet (nuit) 0,912

j 14 juillet (jour) 0,701

• 14 juillet (nuit) 0,943

On reconnaît dans ces colonnes la constante production de CO2 dans le sol et son émanation considérable à tout instant, mais d'ordinaire plus la nuit que le jour, comme si l'air extérieur devait attendre jusqu'à la nuit le résultat chimique des réactions qui se sont accomplies à la faveur du calorique lentement introduit dans la terre pendant la durée du jour.

Il est facile maintenant de comprendre les rapports de cet article avec le précédent et pourquoi Pfeiffer et Pettenkofer se rencontrent en cherchant, l'un, l'influence de la température du sol, l'autre, celle de l'acide carbonique, sur le développement des maladies épidémiques. C'est que la chaleur est précisément la condition éminemment favorable à l'accomplissement et à l'intensité des phénomènes de putréfaction au sein du sol, dont l'acide carbonique est un des résultats et le témoin ; la conséquence grave, à quelque point de vue que l'on se place, étant l'infection putride

D'autre part, le degré d'humidité du sol et les mouvements de l'eau sou-

générale.] CAPACITÉ DU SOL POUR LA CHALEUR, LES GAZ ET L'EAU.

terraine se rapportent au même objet, puisque l'air lutte contre l'eau dans les couches terrestres superficielles, et réciproquement, et que l'air remplace l'eau dès que celle-ci cède du terrain.

Oxygène de Vair du sol. — Rappelons que l'air normal renferme 20,90 volumes d'oxygène p. 100 vol. Puisque l'acide carbonique de l'air du sol représente de l'oxygène consommé, cet air a toujours un chiffre d'oxygène au-dessous de 20,90 p. 100. Le tableau emprunté à v. Fodor(p. 38) exprime nettement cette relation et à la fois cette infériorité. Nous ne ferons qu'y renvoyer en ajoutant à cette place quelques résultats de même sens, obtenus par Nichols, à Boston.

AIR DU SOL A 14 POUCES ANGLAIS DE PROFONDEUR (0m,35).

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