COMPOSITION DE L AIR DISSOUS
Oxygène 28cc,61
Azote 71 ,39
Résidu séché à + 130° = 43gr,700 par litre — calciné.. = 37 ,980 —
Une eau de la même mer, puisée au large à 220 mètres de profondeur, donna :
Résidu séché à + 130° = 44sr,04 par litre — calciné = 36 00, —
Les chlorures de sodium et de potassium l'emportaient de beaucoup, et plus dans le second cas que dans le premier.
Les eaux des ports, au contraire, renferment beaucoup moins de matières solides : Joliette 28gr,68; Vieux-Port 17 à 18 grammes; canal maritime 7gr,04. Mais elles présentent moins d'oxygène, Vieux-Port 16,20 p. 100 (au lieu de 28,61); plus d'acide carbonique, 12cc,98 (Joliette) à 28cc,45 (Vieux-Port); elles dégagent de l'ammoniaque, 0mgr,04 (Joliette) à 0mgr,42 (Vieux-Port); de l'hydrogène sulfuré, 0CC,38 (Joliette) à 4CC,64 (Vieux-Port), ceux-ci en raison directe de la diminution d'oxygène; en certains points, de l'hydrogène carboné G2H4 (33cc,37 dans le canal maritime; 20cc,24 à un quai du Vieux-Port).
Jacobsen a trouvé l'air de l'eau marine ainsi composé : oxygène 33,93 ; azote 66,07.
La température de la mer à la surface ne diffère pas considérablement de celle de l'air; mais elle s'abaisse dans la profondeur (de 4 à 5 degrés par 1000 mètres jusqu'à 2°, 4 par 4000 à 5000 mètres). A la surface, John Davy a trouvé une moyenne de 0°,93 de différence en moins par rapport à la température de l'air. Les oscillations de température dans la masse sont moins rapides et moins étendues que sur les eaux douces. On a dit que la mer a souvent la moyenne thermique de la latitude où l'on observe ; il ne faudrait pas prendre cette formule pour une loi. Les isothermes océaniques
générale.]
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dépendent essentiellement de la distribution des courants chauds ou froids.
Les courants marins, que le lieutenant américain Maury (aujourd'hui commodore) a étudiés avec tant de succès depuis 1830, sont à la fois un des phénomènes géographiques les plus curieux et la raison déterminante de particularités climatologiques considérables. Ce sont comme des fleuves océaniques énormes, dont la direction résulte de l'inégalité de température entre les régions polaires et la zone équatoriale et du mouvement de la terre. Ils sont chauds de Téquateur au pôle et froids dans le sens contraire. Les courants chauds dans l'hémisphère nord réchauffent les côtes occidentales; les courants froids influencent les rives orientales. C'est l'inverse dans l'hémisphère sud. Le Gulf-Stream (courant du golfe) nous intéresse particulièrement; parti du golfe du Mexique, ce fleuve de 25 lieues de large et de 9,000 mètres de profondeur aborde obliquement les côtes de France, déjà divisé en deux bras en venant du large; le bras méridional, qui atteint notre littoral atlantique, détache un courant secondaire qui va tournoyer dans le golfe de Gascogne puis rejoint le courant principal pour se diriger vers le nord; le bras septentrional baigne les côtes des Iles-Britanniques ; l'un et l'autre se heurtent au rivage de la Scandinavie en s'acheminant vers le pôle. C'est à eux que la plus grande partie de la Norwège doit d'être habitable et non occupée par des glaces perpétuelles. Grâce au courant aérien qu'il entraîne avec lui, le Gulf-Stream verse sur les côtes d'Irlande, de Bretagne et d'Aquitaine, des vapeurs tièdes qui y entretiennent un climat égal el d'une température moyenne supérieure à celle que comporterait la latitude. De là, les prairies de la verte Erin, de l'Angleterre et de la Normandie, les arbustes des pays chauds persistant en Bretagne, les primeurs que ce pays envoie au centre, et le figuier de Roscoff, le plus beau figuier du monde.
Le Kuro-Siwoo (fleuve noir) est pour le Pacifique ce que le précédent est pour l'Atlantique. Il attiédit les côtes orientales du Japon et du Kamtschatka.
Des courants froids abaissent la température de la côte Est de l'Amérique du Nord et du Groenland, du littoral occidental de l'Amérique russe, les côtes de la Corée et de la Mandchourie.
En outre de ces mouvements constants, la mer est agitée d'une façon accidentelle et plus ou moins énergique par les lames de la houle et par les vagues de la tempête.
L'air marin ne diffère guère, par sa composition chimique, de l'atmosphère terrestre. Celle-ci, à Paris, renfermant en volumes : oxygène 20,81 et azote 79,19, Pair de l'océan Atlantique, à 400 lieues au large, renfermerait d'après Lewy : oxygène 21,019 et azote 78,94. Il ne paraît pas qu'il puisse en résulter une influence appréciable sur la santé. L'acide carbonique y a été trouvé dans la proportion moyenne de 4,3 dix-millièmes. C'est au niveau de l'Océan que la pression barométrique a son maximum moyen ; 762 à 764 millimètres par le 40e degré de latitude, 758 millimètres à l'équateur, 756 au delà du 50e degré de latitude N. A latitude égale, la pression
Arnould. — Hygiène. 10
DU SOL
[Hygiène
est plus forte sur l'Atlantique que sur le Pacifique. L'humidité de l'air marin est considérable dans les régions chaudes; mais, en général, elle est moindre que celle de l'air des côtes. Cet air est légèrement salin ; non pas que l'évaporation entraîne du sel, mais l'air renfermé dans l'eau de mer ellemême peut en entraîner quelques particules en se dégageant avec les vapeurs; déplus il y a toujours un peu de pulvérisation de l'eau de mer par le fait des mouvements de cette masse énorme, et les grands coups de vent qui passent à la surface enlèvent jusque sur la côte une portion de cette poussière salée (embruns).
Mais si, pour la chimie, l'air marin présente sensiblement la même composition que celui des terres, il n'en est plus de même des propriétés organiques de ce milieu. L'air de la mer n'a pas les émanations animales de toute sorte dont s'imprègne l'atmosphère des lieux habités ; il est aseptique, c'est-à-dire qu'il est remarquablement pur aux yeux de l'hygiène. Il n'est donc pas besoin de recourir aux senteurs des warechs, aux émanations du brome et de l'iode, pour comprendre que l'atmosphère marine soit salubre et vivifiante ; elle l'est par elle-même et le doit simplement à sa virginité. C'est, à la vérité, déjà beaucoup ; mais, puisqu'il n'y a que cela, il ne conviendrait pas d'imaginer des propriétés mystérieuses et de croire l'air marin capable d'opérer des merveilles, soit sous le rapport des immunités morbides, soit sous celui des effets curatifs.
L'eau de mer n'est pas potable, c'est un fait vulgairement connu : des malheurs restés célèbres ont montré que l'homme peut mourir de soif sur l'Océan comme dans les solitudes du Sahara. Depuis plus d'un siècle, les navires ont adopté le procédé de la distillation qui permet d'utiliser l'eau de mer pour les besoins de l'homme, y compris même la boisson. Les bâtiments de commerce ont conservé pour la plupart la « cuisine distillatoire» de Peyre et Rocher ; les vaisseaux de guerre possèdent des appareils qui condensent simplement la vapeur des chaudières des machines (appareils Perroy, etc.). Toutefois, l'eau distillée, pour être consommée en boisson, manque d'air et de sels. On l'aère aisément par des procédés divers; Fonssagrives conseille d'y ajouter, par 1000 litres :
L'eau de mer ne convient pas plus pour le lavage des navires que pour la boisson des marins ; elle dépose sur le bois et dans les interstices de la charpente des sels déliquescents qui entretiennent l'humidité et disposent le bois à pourrir. Il est vrai que les médecins de marine, qui condamnent formellement les lavages à l'eau de mer, tendent à trouver que le mieux serait la plus grande rareté possible de lavages quelconques, remplacés par le nettoyage à sec. Tout porte à croire qu'ils ont raison.
Le voisinage de la mer impose aux populations qui l'habitent des habitudes particulières de travail et d'alimentation. L'Océan fait appel aux har-
Chlorure de sodium..
Sulfate de soudu. . . .
Bicarbonate de chaux Carbonate de soude..
générale.]
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diesses de l'homme et à l'esprit d'aventures. Nul doute qu'il n'ait puissamment contribué à donner à certaines races des aptitudes caractéristiques, la patience mêlée d'audace, l'entêtement allié àla résignation, un haut sentiment d'indépendance qui n'exclut point l'attachement à la terre natale. L'hygiène a parfaitement le droit, de pénétrer sur le terrain de l'ethnographie et de la démographie et il y aurait ici tout un champ fertile à exploiter.
La mer et surtout l'air pur qui vient du large peuvent rendre de précieux services aux populations urbaines de l'intérieur, dont le confinement habituel déprime à un si haut degré la vitalité. Les familles riches s'échappent pendant quelques mois de l'année, de l'atmosphère fade et atonique des grandes villes pour aller s'installer dans des chalets, au bord de la mer et prendre des bains. Que l'on se baigne ou non du reste, chacun y gagne étonnamment en vigueur et en santé ; les petits enfants, qui ne font guères que jouer sur le sable de la plage, ne sont pas ceux qui en profitent le moins. Le secret de ces effets merveilleux n'est pas difficile à pénétrer ; ce n'est pas l'eau salée qui retrempe les fibres, ce n'est pas la poussière de sel dans l'air, ce ne sont pas les senteurs des plantes marines; mais bien l'air pur, aseptique, vivifiant, que les courants du large apportent sur la côte. Remarquons que les vents d'ouest sont les plus habituels sur les côtes françaises de l'Océan, de la Manche et de la mer du Nord. Il est vraisemblable que là aussi est l'explication des succès obtenus dans le traitement des affections scrofuleuses et rachitiques de l'enfance à Berck-sur-Mer (Pas-de-Calais) et dans les nombreux hospices marins répandus sur les côtes de la Méditerranée, en Italie surtout.
Bibliographie. — Dumont d'Urville : Voyage aupôle Sud, 1842. — Davy (John) : Observations diverses faites pendant un voyage de Southampton à la Barbade (Annales d'Hygiène publ., 1846, trad. par Guérard). — De Humboldt : Cosmos. Essai d'une description physique du globe. Paris, 1848, t. I. — B. Lewy : Rapport sur les collections faites dans la Nouvelle-Grenade (Comptes-rendus de i'Acad. des scienc, 1851). — B. Roux : Analyse de l'eau de la mer Morte (Archiv. de Méd. navale, 1864, t. I). — Du même : Étude sur Veau de V Océan, sa densité, sa composition chimique (Archiv. de Méd. navale, t. II). — Marié- Davy : Météorologie. Les mouvements de l'atmosphère et des mers, considérés au point de vue de la prévision du temps. Paris, 1866. — Du même : Les mouvements de l'atmosphère et les variations du temps. Paris, 1877. — A. Commaille : Note sur l'eau de la Méditerranée, l'eau des ports de Marseille et les gaz qui se dégagent de cette dernière (Recueil de mém. de méd. milit., 3e série, XXI, 1868). — Delesse : Lithologie du fond des mers. Paris, 1872. — Girard (Jules) : Les explorations sous-marines. Paris, 1874. — A. Reclus : Les profondeurs de la mer (Revue maritime et coloniale, 1874). — Reclus (Élisée) : La terre. Description des phénomènes d* la vie du globe. Paris, 1874. — A. Giard : Le laboratoire zoologique de Wimereux (Revue des cours scientifiques, t. VII, 1874-75). — J. B. Fonssa- GaivEs: Traité d'hygiène navale. Paris, 1877. — Arnould (Jules). Article France : Climatologie (Dictionn. encyclopéd. des scienc. méd., 4e série, 1879).
L'eau de pluie. — La pluie est la précipitation des vapeurs qui se sont élevées de la surface du sol, des eaux courantes et de toutes les collections aqueuses terrestres, de l'Océan surtout. C'est la partie supérieure du vaste circuit des eaux entre la mer et la terre ferme ; les fleuves, les nappes souterraines et les courants souterrains ferment le cercle inférieurement. A proprement parler, la pluie est l'origine de toutes les eaux terrestres et telluriques; les fleuves en recueillent immédiatement la partie surabondante ;
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les nappes profondes en collectionnent, comme une réserve, les portions qui ont pu filtrer à travers le sol ou s'insinuer par les fentes et crevasses des terrains ; dans les terrains peu perméables, plats ou déprimés par place, l'eau de plaie forme des nappes superficielles, plus ou moins durables, quelquefois dangereuses, quelquefois utiles.
L'eau de pluie, qui est un résultat de distillation, serait absolument pure si elle n'entraînait de l'atmosphère des poussières, quelques-unes minérales, et des gaz.
Le résidu sec d'un litre de cette eau s'élève de 0gr,C026(Brandes) àOSr,0509 (Marchand). Il renferme des chlorures de soude, dépotasse et de chaux, des sulfates de chaux et de soude, du carbonate de chaux, du brome, de l'iode. Sauf le premier et peut-être le dernier de ces corps, aucun n'est constant ni en proportions invariables. On a remarqué que le sel marin est plus abondant à Paris par les pluies avec vent d'ouest ; ce qui s'explique sans peine. Sur la même capitale, entourée de terrains gypseux, les pluies renferment habituellement du sulfate de chaux. Enfin, Ghatin a trouvé constamment de l'iode, non seulement dans la pluie du littoral, mais encore dans celle de l'intérieur. Du reste, selon les circonstances, on peut retrouver dans ce résidu des particules siliceuses, quarzeuses, argileuses, d'oxyde de fer, de charbon, c'est-à-dire les mêmes qui flottent habituellement dans l'air. Par entraînement mécanique, la pluie peut aussi précipiter des grains de pollen, surtout au voisinage des forêts de pins (quand ils sont abondants, c'est la pluie de soufre), des infusoires, des débris d'algues ou leurs spores. Dans les villes, celle qui a balayé les toits en rapporte les impuretés.
L'eau de pluie contient d'une façon très constante de l'ammoniaque et, le plus ordinairement, sous forme de carbonate d'ammoniaque, On pensait que ce corps et ses congénères (acide nitrique, nitrates] émanent du sol par l'intermédiaire des décompositions organiques qui ont lieu à sa surface ou dans ses couches corticales : Boussingault, comparant les grandes villes à d'immenses fumiers à ce point de vue, expliquait ainsi la richesse azotée des pluies qui ont balayé l'atmosphère au-dessus des capitales. Mais, récemment, Schlœsing a cru pouvoir affirmer que l'ammoniaque de l'air vient des mers et non point du sol. Notons, néanmoins, que dans le VIe rapport de la Hivers pollution commission, l'on cite un fait dans lequel l'eau de pluie, au voisinage de champs couverts de fumier, renfermait plus d'azote que l'eau des égouts de Londres (Fr. Sander).
La pluie, suivant Bretschneider, est plus riche en ammoniaque au printemps qu'en hiver et en été qu'au printemps; il y a une chute des proportions d'ammoniaque en automne. Les phénomènes électriques de l'atmosphère passaient pour faire dériver aisément, de l'ammoniaque, l'acide nitrique (Gavendish, Bence Jones, Barrai) et les nitrates (Schônbein). Bretschneider a remarqué, au contraire, que la plus forte proportion de ces produits azotés ne coïncide pas avec les orages.
La pluie de Paris a présenté jusqu'à 6 milligrammes d'ammoniaque par litre (Boussingault); celle de Lyon, 16 milligrammes (Bineau); celle de Francfort-sur-le- Mein, de 0,9 à 3 milligrammes (Kober). A l'aide de procédés
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très rigoureux, les physiciens de l'Observatoire de Montsouris dosent chaque jour : 1° l'eau tombée ; 2° la matière organique de cette eau (en mesurant le poids d'oxygène employé à la brider à 100 degrés) ; 3° l'ammoniaque ; 4° l'acide nitrique. Le tableau ci- dessous résume les résultats obtenus, sans tenir compte de la quantité d'eau tombée et simplement déduits de la composition de chaque pluie, pour deux stations dans Paris, Montsouris et les Buttes-Chaumont. (Les chiffres sont rapportés à 1 litre d'eau.)