‹ Nouveaux aperçus sur les causes et les effets des glairesChapitre 11 sur 27 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

»E l’onanisme considéré comme cause des glairis. ^

En affaiblissant l'estomac , et en rendant les digestions imparfaites , l’onanisme peut aussi donner lieu à la formation des glaires : assez souvent son action est lente , mais ses effets n en sont pas moins terribles $ la plupart du temps ils ne peuvent être détruits , quelle que soit la sagacité des médecins qu’on consulte.

Aux faits que j’ai déjà publiés dans un ouvrage particulier (i), et qui m’ont paru

(i) Lettres sur les dangers de l’onanisme, et couseils relatifs au traitement des maladies qui en résultent.

5 a Nouveaux, a-perçus

propres à étayer ce sentiment , d’ailleurs adopté par tous ceux qui ont écrit sur le même sujet , beaucoup trop négligé , j’en ajouterai quelques autres bien inléressans à connaître de ceux de mes lecteurs qui sont ou pères de famille, ou chargés de l’éducation des jeunes gens.

PREMIER FAIT

Pollutions nocturnes par suite de l’habitude de l’onanisme , et qui affaiblissaient autant que les pertes causées par la masturbation.

« Je die suis abandonné , m’écrit un jeune m homme de 21 ans, à l’habitude pernicieuse « contre laquelle vous vous êtes élevé avec « tant de raison dans celui de vos ouvrages « qui traite de l’onanisme. J’ai renoncé à.

« cette habitude depuis un an , et je le dois à « cet ouvrage ; mais à dater de ce moment , « j’ai commencé à éprouver des pollutions * nocturnes qui m’affaiblissent tout autant « que lorsque je me masturbais , quelque «c chose que m’aient fait faire divers mé- « decins que j’ai consultés. Je n’ai pu voir « cesser ces pollutions , ni mon estomac se.

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€ débarrasser de glaires dont je vomis tous « les matins une grande quantité , et qui sans « doute s’opposent à ce que mes digestions « soient parfaites ; mes nerfs sont dans un « état d’irritation presque continuel ; j’é- « prouve des étourdissemens toujours plus « fréquens l’hiver que l’été , et qui me font « craindre d’avoir quelque attaque d’apo- « plexie. »

DEUXIÈME FAIT

Estomac plein de glaires , douleurs dans les testicules et dans les genoux , qui résistent aux remèdes.

* Je suis allé deux jfcis à votre domicile « pour vous consulter ( cette lettre m’a été « écrite en avril 1814 )• Une honte insur- « montable m’a empêché d’exécuter une troi- « sième fois mon dessein , quoiqu’il m’en * coûte beaucoup de tracer sur le papier des « aveux qui me font rougir. » .

« 11 y a environ six semaines qu’un de vos « ouvrages (lettres sur les dangers de l'ona- « nisme ) x , me tomba entre les mains , j’y « reconnus l’état déplorable dans lequel je

« suis encore , et sur lequel je m’étais toujours « étourdi. Les réflexions que ce livre me fit « faire, furent affreuses ; je pris sur-le-champ « le dessein de recourir à vos conseils j que « n’ai-je su plutôt que je devais attribuer à « ma malheureuse passion les maux que je « souffre depuis long-temps , et qui n ont pu « encore être soulagés par les remèdes que « j'ai pris !

« Un de mes amis me conseilla, il y a six « mois , de m’adresser à un apothicaire à qui « je fis connaître ma conduite. Je souffrais « alors comme aujourd’hui, par tout le corps, '• <c surtout à l’estomac , toujours plein de glai— « res , et où j’éprouve de grandes douleurs , « ainsi que dans le testicule gauche , et à la * partie du corps la plus près de ce testicule 5 « ces douleurs s’étendent ensuite légèrement 4 C sur la cuisste, et deviennent plus lortes des « qu’elles ont atteint le genou. Les glaires « dont je viens de dire que mon estomac était « rempli , se portaient la nuit sur ma poitrine , a et me suffoquaient comme actuellement.

« L’apothicaire m’ordonna de prendre une « boisson composée de gruau, d’orge perlée, « et une cuillère à bouche de sirop de gui*

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« mauve pour chaque verre. Il fut auss’l à’avis « que je prisse par jour une pastille dont il ne « me. fit point connaître la composition, et « deux cuillerées k café de teinture dUpsal , « une le matin et l’autre le soir; j’aisuivi exac- « tement son ordonnance quinze jours de suite, « au bout desquels je me sentais soulagé j je « comptais même sur une guérison prochaine, « lorsque tout-k-coup , et k ma grande sur- « prise, les remèdes qui m’avaient fait beau- « coup de bien les quinze premiers jours , ne « produisirent plus qu’un effet contraire ; « j éprouvai des douleurs plus vives que ja- « mais dans le testicule et au genou , et comme « auparavant k la verge , une caisson doulou- « reuse qui était encore moins supportable en « urinant ; j’avais aussi un écoulement de ma- « tières gluantes qui précédaient toujours la <? sortie de l’urine , et qui devint encore plus « considérable. »

On voit dans cet exposé , fait par le malade lui-même , que non-seulement l’onanisme a produit les glaires abondantes dont il a k se plaindre , mais encore l’acre dont Gott Lieb Yogel et autres out assuré que cette malheureuse habiLude pouvait être la cause.

• Le fait qui va suivre se trouve consigné dans un mémoire que m’a appoi-té le malade lui même j l’extrait que j’en donne ne paraîtra sûremeut pas trop long à ceux des masturbateurs qui liront cet ouvrage.

TROISIÈME FAIT

Acciâens extraordinaires produits par F onanisme. Toutes les fois qu’on s’y livrait on éprouvait un agacement général des nerfs et à la verge de grandes démangeaisons et une cuisson brûlante ; la plante des pieds était très-jaiiguée , la matière des selles se trouvait mêlée avec beaucoup de glaires. Gros boutons survenus à la verge .

Aphtes à la bouche.

« Je suis âgé de 32 ans; je suis né de parens «extrêmement sains; vers l’âge de i5 ans, « époque à laquelle je n'étais pas entièrement « formé, la nature m’indiqua un plaisir que « je voudrais avoir toujours ignoré. DcpiTis « une année je m’y livrais trois ou quatre fois « par semaine ; quand l’ouvrage de Tissot me « tomba sous la main , je résolus de me cor « riger; mais n’ayant pu cesser tout-à-coup « les actes de ce libertinage , je les éloignai le

• t sur les Glaires. $7

« plus possible; et à l’âge de 18 ans, j’en avais ' «c perdu absolument l’habitude : depuis cet « âge je n’ai à me reprocher au plus que douze « ou quinze récidives de ce genre, soitquecette « manière de vivre ait donné de l’àcreté aux « humeurs, soit que la révolution qui s’opéra « chez moi à quinze ans, les ait poussées au « dehors : cè qu’il y a de certain, c’est qu’à « cet âge mon visage devenait farineux , et so « couvrit de boutons sans cesse renaissans , et « qui ne disparaissaient qu’après s’étre dé- « barrasses d’une liqueur blanchâtre ou d’uu « grumeau qu’elle avait formé : dès ce mo- « mentjefushabituellementcoristipé,au point « de n’aller à la garde-robe que tous les deux « ou trois jours; et au bout de ce temps les « matières que j’évacuais étaient liquides et « d’une couleur verdâtre.

«■ Je n’avais pas d’appétit, tous les malins mon estomac se trouvait empâté ; je ne « pouvais parvenir à expectorer des grUr « mcaux d’une humeur très-épaisse , dont le « séjour me causait souvent des maux de coeur.

Je fus de témps à autre attaqué de maux de « gorge aussi violens. J’éprouvai quelquefois «des malaises, et souvent des envies de

BS Nouveaux aperçus

« vomir pendant le jour ; le sommeil devint « pour moi d’un si grand besoin, que je dor- « mais souvent dix ou douze heures de « suite.

« Chaque fois que je me livrais à l’ona- « uisme , j’éprouvais une grande démaugeai- « sou à la verge , une cuisson brûlante à la « plante des pieds, ainsi qu’unegrande fatigue, « et un agacement général $ ces accidens <( n 'étaient que momentanés , et bientôt je « retrouvais toute mon énergie ordiuaire ^ « mais à l’àge de 17 ans, ou environ, tous *< ces symptômes devinrent plus graves , il « s’en manifesta même de nouveaux qui n out « pas cessé depuis.

1 « Le mal qui jusque-là n’avait attaqué que « le phvsique s’étendit au moral ; mon esprit « devint plus lourd, ma mémoire moins fidèle, « ma conception moins vive , mon imaginait fion perdit de son feu , mon travail devint « pénible et difficile , et , après avoir fait « mes études avec éclat jusqu’à ce moment « j’eus la douleur de n’être qu’un bon écolier « pendant deux années de rhétorique.

« Je ne fais nul doute que les rêves que « j’éprouvai alors ne fussent l’effet de l’india-

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« position morale dont je commençais J» etre «c atteint. J’avais naturellement la poitrine « rentrée et le dos courbé , mes reins se re- « plièrent plus que jamais sur eux -mêmes , « et il me fut presque impossible de me re- « dresser ; l’épine du dos me fit mal , ma di- « gestion fut plus laborieuse , et l’estomac « plus empâté d’une humeur visqueuse et « épaisse , mon teint devint jaune, mes yeux « se fatiguèrent, s’affaiblirent et restèrenthabi- « tuellement cernés , la constipation continua ,

* comme je l’ai dit ci-dessus.

« Tels furent les premiers accidens sérieux

« que j’éprouvai, espérant qu’ils disparaîtraient « sans le secours des remèdes, je ne pris aucune « précaution pour les combattre tant qu’ils fu- « rent supportables; il y a deux ans qu ils pri- « rent enfin un caractère on ne peut pas plus « alarmant. Ce changement dans mon état s’an- « nonça par l’apparition de deux gros boutons, v d’une forme longue et ovale , qui me survin-

* rent à la verge à la suite de cuissons, de dou- « leurs intolérables, j’eus un autrebouton et des « aphtes dans la bouche, une très-grande fali- « gue dans les bras , les jambes et les reius , et « une constipation encore plus prolongéç par

€o Nouveaux aperçus

« l’absence de toute digestion, par des attaques:

« de nerfs dont les effets étaient un mouve- « ment convulsif dans les paupières ; de l’in - « certitude et de la gaucherie dans tous mes

• mouvemens , par un embarras dans la langue « qui m’empêchait d’articuler , par la cessait tion de toute espèce d’appétit , et ma tête « était tellement affectée , que j’avais presque « perdu l’usage des facultés intellectuelles,

« presque toutes les fonctions du ressort de ' . « l’entendement étaient comme suspendues.

« Je crus devoir prendre des mesures pour « arrêter les progrès, du mal , car les accidens « s’étaient aggravés au point que je pouvais « à peine me soutenir, et que j’étais presque « réduit à l’imbécillité ; dès coliques , des « cuissons sur la tête et sur le corps , une érup- « tion de boutons larges et rouges sur la poi- « tri ne , tiraillement d’estomac, accompagné

• d’une grande chaleur dans les reins , une « évacuation considérable de glaires dont « toutes mes matières étaient imprégnées et « enveloppées.

« Tels furent les nouveaux symptômes que

• j’éprouvai , et qui augmentèrent les anciens»

« Je consultai le médecin de mon père : il crut*

sur les Glaires. , 6 1

* que fêlais très-faible : il avait bien raison j « mais une teinture de rhubarbe augmenta « mes coliques , sans apporter de mieux à ma « position , il fallut y renoncer. Ce chirurgien % attribua alors mon mal à une humeur âcre « qui agaçait' les nerfs , m’indiqua pour « boisson du bouillon de veau coupé avec de

* l’eau de Vichy, et aromatisé avec.de l’eau de « fleur d’orange, il me fit prendre tous les « jours deux cuillerées de sirop auti-scorbu- « tique et du sirop de quinquina. Ayant « continué pendant plusieurs semaines ce « traitement sans éprouver de mieux , il « tourna ses idées sur la trop grande pléni- « tude des vaisseaux sanguins, l’engourdi^- « sentent moral ne pouvant, selon lui, être « attribué à aueqne autre cause, il me fit « une saignée assez copieuse , qui ne pro- « duisit aucune diversion utile à l’embarras « du cerveau.

« Voyant que rien ne me réussissait, j’eus re- « cours au médecin de ma famille, qui pensa

* d’abord , comme le chirurgien , que mon mal « provenait de l’action d’une hùmeur âcre sur

* les nerfs, et me conseilla de me faire poser

* un vésicatoire, que j’ai depuis dix-huit mois,

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« et de continuer l’usage du sirop anti-scorbu— « tique et des eaux de Vichy, coupées avec une « infusion de cresson.

« Ce traitement paraissait m’attaquer con- « sidcrablemeut les nerfs, il se persuada que « tout mon mal provenait de l’atonie de Pes- « tomac; en conséquence , il me fit cesser les « purifians et continuer l’eau de Vichy, coupée «avec une infusion de petite germendrée, « mais il n’a pas réussi à me guérir , et si je « ne suis pas aussi incommodé que je l’étais , « il n'en est pas moins vrai que je me trouve « toujours dans un état de maladie depuis « cinq mois que j’ai cessé les remèdes.

« Voici mon état actuel :au moral, pesanteur d’esprit, faiblesse et fatigue de tête , « absence de mémoire, difficulté dans la pen- « sée et dans le discours , incohérence d'idées, « faiblesse de raisonnement , quelquefois « suspension des facultés intellectuelles , au « point d être deux ou trois heures sans dire « un mot, réponses gauches, fatigues au bout « d’une heure ou deux de travail , irrésolution « pour les choses les plus indifférentes ; si , « par intervalle , je retrouve mon énergie « morale , mon imagination donne dans les

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* deux extrêmes: ou elle me représente tout « sous un aspect riant, et je suis d’une gaîté « folle, ou elle me représente tout sous un « aspect sinistre, et alors je suis d’une triste tesse si profonde , que je vais jusqu’à désirer « la mort. Au physique , ma digestion com- «c mence par une grande chaleur intérieure,

« par des bâillemens et des hoquets fréquens,

« certaines crispations nerveuses dans les « poignets , dans les genoux , et des cuissons * « dans les yeux ; elle finit par des ti raille—

« mens d’estomac , accompagnés de chaleurs « dans les reins , par un affaiblissement « général. La digestion du soir est la plus « laborieuse. Aux accidens ci-dessus se joi- « gnent une impatience nerveuse universelle , u une chaleur aux mains et une grande « sécheresse de peau , un serrement d’esto- » mac qui remonte jusqu’à la poitrine et « même jusqu’à la gorge , avec une espèce « d’étouffement et une courbature , dont « l’effet est de faire fléchir les jambes sous « moi , et de rendre ma démarche assez sem- « blable à celled’un homme scûl ; souvent mes « reins se courbent , et je ne puis me redres- « ser. A la suite de ces digestions, toute ma <$ bouche est garnie d’aphtes , la peau se lève

« et forme avec la salive uue espèce de colle « blanchâtre.

« Le matin , quand je me réveille , toutes « les dents me font mal , et sont couvertes de «limon ; mes yeux roulent des -cotonnades « glaireuses qui, venant k passer sur les pru- « nelles, m’empêchent de voir distinctement « les objets ; quelquefois mes paupières sont « agitées et éprouvent des mouvemens con- « vulsifs ; d’autres fois j’ai la main si fatiguée « et si incertaine, que j’ai de la peine à tenir « ma plume; ordinairement je me traîne plus « que je ne marche , à cause de la roideur « habituelle des articulations des genoux et « de la faiblesse que j’éprouve dans les jam- « bes. Depuis deux ans et demi ou environ, « je suis presque réduit à douter de ma viri- « lité; je n’ai nul désir, et s’il m’arrive d’en « avoir, je ne me sens aucunement en état

« de le satisfaire. »

Il est peu de masturbateurs qui ayent eu autant k se plaindre des effets de leurs éga— remens que l’auteur du mémoire, dont je n’ai fait que donner un extrait : ce jeune homme , un des pins maltraités que j’ai connus , si }'en excepte des individus des deux

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sexes devenus épileptiques par suite des mêmes écarts , ne s’est pourtant pas livré , selon son propre aveu, à l’onanisme plus de trois ou quatre fois par semaine, tandis que d’autres retombent dans le même vice beaucoup plus souvent, sans en être beaucoup incommodés. Il en est qui m’ont avoué s’être masturbé tous les jours, pendant des années entières, jusqu’à deux et trois fois, sans avoir trop à s'en plaindre. En les examinant avec attention , j’ai reconnu que c’était parce qu’ils avaient un estomac excellent , et que, s’il m’est permis de m’exprimer ainsi , la recette avait été en raison de la dépense qu’ils avaient faite.

Ce qui rend ce libertinage solitaire et l’abus des femmes si préjudiciables, c’est lorsque le système de la digestion se dérange , que les glandes s’engorgent , et qu’alors le suc nourricier perd , pour me servir des expressions de Kaempf (i), toute sa qualité doues pour en prendre une éminemmefit âcre et irritante y et qu’ainsi il est loin d’être propre à réparer les pertes d’une substance d’autant

(i) Gott Lieb Yogel , ibid. , page

plus précieuse qu’elle est , suivant le sentiment de tous les physiologistes, fournie par le cerveau et la moelle épinière, d’où les nerfs tirent leur origine.

Voici comment s’exprime à cet égard le cé- « lèbre Campe : Je dirai qu’on n’a pas besoin « de graudes réflexions pour ge convaincre de « tout le mal que peut faire la masturbation , « surtout lorsqu’on s’y abandonne dans un âge « peu avancé, avant que la constitution de « notre côrps et que le développement de nos « organes soit achevé. Les alimens que nous « prenons pour notre conservation n’étant pas « digérés convenablement, non-seulement ne « fournissent plus de sucs restaurateurs, mais « produisent des humeurs viciées qui engen— « drent un grand nombre de maladies , et de- « viennent même uu nouveau stimulant pour « retomber dans cette destructive habitude. »

Le nombre des jeunes gens qui se livrent k l’onanisme est si considérable, que je m’étonne souvent qu’il n’y ait que fort peu de médecins qui s’occupent de cette cause de maladies difficiles à guérir, précisément parce que c’est elle qui leur a donné naissance. ]N’est-ce pas à eux k éveilier à chaque instant , à ce

sur les Glaires.

sujet , l’attention des personnes chargées de leur éducation. Je traite en ce moment plosieürs individus qui ne doivent qu’à la masturbation des maux dont ils ont vainement tenté jusqu’ici de se guérir , et qu’ils auraient évités si ceux entre les mains desquels ils se sont trouvés dans leur enfance , instruits par les médecins de leur maison , eussent exercé une surveillance suffisante sur leurs élèves.

J’ai quelquefois entretenu de cette manière de se détruire , ou au moins de rendre sa vie bien triste , des pères de famille et des instituteurs ; il en est qui m’ont tenu un langage bien étonnant : « Je ne doute point « que mon fils, me disait un jour l’un d’eux, « n’ait contracté cetté habitude ; mais je n’ose * lui en parler, la pudeur s’y oppose. »

Il vaut donc mieux, Monsieur, lui répondis-je, laisser périr votre enfant? Eh quoi ! vous craignez de blesser la pudeur en lui faisant ouvrir les yeux sur sa conduite , en l’effrayant sur les conséquences graves qui peuvent en résulter. La pudeur. Monsieur , ne se trouve blessée que lorsqu’on occupe , d'idées capables de troubler les sens, des individus pour lesquels elles sont tout à fait

étrangères. A peine aurez - vous prononcé quelque mois , que vous serez compris. Si le front de votre fils se colore , ce ne sera que parce qu’il se verra dévoilé , et vous ne tarderez pas à obtenir de lui des aveux bien utiles , puisqu’alors vous lui démontrerez le danger, pour ses jours, auquel son habitude vicieuse l’expose j il y renoncera dès le moment même, n’en doutez pas, et vous aurea rempli le devoir d’un bon père.

Les glaires (d’après ce que j’ai dit ailleurs, je pourrais me dispenser de le répéter encore), les glaires , dis-je , comptent parmi les causes qui les produisent le plus fréquemment , l’onanisme , rien ne m’est autant démontré ; aussi je n’oublie jamais, lorsque je questionne les malades qui me consultent , de leur demander s’ils ont donné dans ces sortes d’écarts, et j’apprends qu’ils sont souvent la source unique du mal dont on se plaint dans un âge même avancé , quoiqu’on y ait renoncé depuis long-temps. Si les enfans étaient exactement surveillés, on n’en verrait pas autant de cacochimes , ou ne verrait pas autant de ces spectres ambulans qui, nés avec une heureuse constitution et de païens sains , auraient pu

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jouir d’une santé robuste ; leur teint pâle et défait , leurs yeux ternes et cernés , leur estomac délabré , leur extrême maigreur , n’annoncenl que trop une mort prématurée et très-prochaine j ou ne leur promet , s’ils survivent , qu’une santé toujours languissante (x).

Quels avantages la société peut-elle tirer de pareils sujets, ennuyés delà vie, pour ainsi dire en naissant? Ils ne sont jamais capables de travaux un peu pénibles , ils maudissent leur existence , et adressent à cetix qui ont eu soin de leur enfance des reproches bien amers et quelquefois bien mérités.

Un jeune homme m’écrivait, le - 6 juin x 807 , au moment où je venais de publier mes lettres sur les dangers de l’onanisme :

« C’est avec une grande satisfaction que j’ai « vu paraître , il y a quelques mois , votre « ouvrage sur les dangers de l’onanisme ; les

progrès effrayans que fait tous les jours

(1) Il ne faut cependant pas toujours attribuer à U masturbation des symptômes qui peuvent dépendre du mauvais tempérament avec lequel naissent un assez grand nombre d’individus.

« cette funeste passion, presque générale an- « jourd hui . rendent inconcevables le silence <c des médecins et 1 insouciance des maîtres à « son égard ; partout on en voit les ravages <• sans trouver nulle part un seul livre que « l’on puisse mettre daus les mains des jeunes «gens. Quelques médecins, je le sais, ont « écrit sur ce sujet en notre langue , mais « aucun , sans en excepter Tissot , n'ont « écrit pour le jeune âge. C’était ü vous ,

« Monsieur , qu'il était réservé de donner « l’éveil aux parens, aux maîtres et aux élèves,

« et de les mettre à même de prendre des « mesures doût il ne serait point indigne du « gouvernement de s’occuper. »

Je pourrais rapporter ici plusieurs autres lettres qui m’ont été écrites par des personnes qui se plaignent beaucoup de ce qu’on ne les a point assez surveillées à une époque de leur vie où il était aisé de les préserver des suites funestes de l'onanisme.

Je suis forcé de le dire, les instituteurs ne font point assez d’attention à leurs élèves, ils ne les observent pas assez dans leurs hàbi tudes ; peu de précautions sont prises par eux pour leur faire connaître les dangers de

sur les Glaires. 7 \

la masturbation. S’ils l’ignorent , je le leur apprends; c’est dans leur maison que les enfans perdent leur santé , qui semble n’entrer pour rien dans les soins qu’ils leur doivent.

Eu leur donnant cet avis, j’ai rempli mon devoir comme médecin; c’est à eux à remplir les leurs , et de répondre à la confiance des familles; au surplus, je ne suis pas le seul qui ait été à portée de savoir que c’est presque toujours chez eux que les enfans apprennent à altérer leur santé.

Lorsqu’on est un peu avancé en âge,on convient volontiers des erreurs de l’enfance ou de la jeunesse ; mais il n’en est pas de même dans ces deux premières époques de la vie , un sentiment de honte empêche souveut que les médecins ne soient parfaitement instruits. ‘

Un jeune homme, aujourd’hui âgé de 2 5 ans, et qui s’est masturbé depuis l’âge de 14 jusqu’à 1 9 , futatteint , il y a cinq ans , de maux de tête qui bien certainement avaient leur siège dans l’estomac tout à fait délabré ; il alla consulter un médecin qui, n’étant point instruit de la conduite qu’il avait tenue , lui ordonna une saignéé, qui , comme cela devait être, ne fit que fatiguer son organisation ; de-

7 a Nouveaux aperçus

puis estte saignée , il n’a cessé d’avoir la rue si faible , qu’il ne peut lire ou écrire que très-peu de temps \ j’espère qu’elle se renforcera au fur et k mesure que son estomac, plein de glaires , deviendra plus à même de remplir ses fonctions.

Je viens de le dire, un sentiment de honte empêche que la vérité ne sorte de la bouche des jeunes gens ; ce sentiment est souvent partagé par les parens eux-mêmes lorsqu’ils consultent, ce qui me parait d’autant plus surprenant qu’ils doivent craindre , à moins qu’ils ne soient tout à fait dépourvus de sens, que les médecins ne donnent alors des conseils bien dangereux.

« Pourquoi faut-il , dit le célèbre Gott Lieb « Vogel (1), qu’après avoir exposé tout ce « que fournissent ou requierrent le bon esprit « et la raison , je doive découvrir mainte- « nant ce qu’y oppose par fois le plus insigne « travers? Croira-t-on bien que des pères et

( 1 ) Instructions pour les pères et les instituteurs sur la manière de découvrir, prévenir et guérir les ravages plus étendus et plus cruels que jamais de la masturbation, par Samuel Gott Lieb Vogel, conseiller et professeur de médecine à Rostoçk , in-8° , % Vol,

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« mères n’osent quelquefois avancer que leurs « eufans sont sujets à ce vice ou à cette pra- « tique, et craignent de leur imprimer , par « cet aveu , une éternelle flétrissure ? J’en ai « pardevers moi le plus complet exemple.

« Oui , j’ai vu des pères et mères s’obstiner « un jour à me nier ce qui était visible comme « le soleil en plein midi , et ce dont je m’aper- « cevais qu’ils étaient parfaitement instruits « eux-mêmes. Je plains cordialement ceux « qui ont assez peu de confiance en leur mé- « decin pour tenir une pareille conduite , « comme si l’homme de l’art ne se faisait pas « toujours un premier devoir de garder le « plus profond secret sur tout ce qu’on lui a « confié j mais je ne plains pas moins l’officier « de santé auquel on refuse une confiancé dont « il a besoin et dont il est presque toujours « digne. Que ne puis- je d’abord persuader aux « parens qu’ils n’ont rien à craindre pour leurs « enfans, lorsqu'ils les traduisent devantde tels « juges ! et que ne puis- je leur persuader en- « suite que bien loin que leurs enfans soient « coupables, ils ne sont ordinairement que « plus ou moiusindisposés ! Malgré tout cela je « ne doute point que beaucoup de parens ne v continuent à cacher, par mauvaise honte.

« un état dont on tirerait leurs enfans à l’instant « même, s’ils le faisaient connaître, et qu’ils ne « leslaisscnt s’enfoncer, avec une progression « de la rapidité la plus effrayante, dans un pré- « cipice dont , après un certain temps , il n'y a « presque plus , ou il n’y a même aucun moyen « de les tirer. •

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