Draba VERNA
En inaugurant mes lierborisations pour 1894, j’ai été surpris de trouver, dans un talus sableux de la route de Vandenesse, près Gercy, des rosettes semblables à celles du Draba verua, mais qui avaient cependant certaines dilFérences qui me tirent douter de l’authenticité de ma plante. Je suivis attentivement depuis ce jour ■la floraison de mes rosettes et leur tVuctitîcation; j’en recherchai de semblables dans d’autres habitats et à d’autres expositions, j’en trouvai en grand nombre; mais quelle ne fut pas ma surprise quand je reconnus, stupéfait, que j’avais affaire au Draba verna si commun dans les sols sablonneux et qui émaillé si agréablement les gazons naissants de ses petites corolles blanches et de ses sépales rosés? Je ne lui connaissais point cet aspect insolite depuis une dizaine d’années que je le cueille aux premiers soleils et j’en arrivai à remarquer que cette année les Draba verna offrent trois faciès qui font douter à première vue d’une seule espèce.
а. Feuilles larges, glabres, sauf à la périphérie qui porte des poils ramifiés, d’un vert pâle, dentées lâchement; rosettes atteignant jusqu’à 6 centimètres de diamètre. Avant la floraison on croirait être en présence d’un Bellis perennis peu vigoureux.
б. F'euilles de 4 à 5 millimètres de large, pubescentes à poils nombreux ramifiés, dentées; rosettes atteignant3-4 centimètres de diamètre. Forme intermédiaire.
c. Feuilles de i à 1 1/2 millimètre de large, en fer de lance, à pétiole presque filiforme d’un rouge vineux foncé; limbe non pubescent. Rosettes à 5-6 feuilles, diamètre ne dépassant pas 1-2 centimètres.
La forme a aime les prés même humides, les champs; les deux autres souvent sont mélangées dans le même habitat, mais toujours distinctes.
Ces formes ont-elles été déjà remarquées et décrites (1)?
Pour la variété c, l’érythrisme ne jouerait-il pas un rôle sur la graine, comme sur la fleur, et par conséquent sur la plante qui en est née?
(1) Boreau (Flor. centr. 3* édit.) ne mentionne pas la forme c, ni la coloration rouge vineux.