NOli Vli.VUX CliANlb DL bULDAT
Et c'est niDTi frère et mo? qu'elle a crées soldats.
Quels sarcasmes d'ailleurs effraieraient ma franchise. Ceux-là seuls me liront pour lesquels seuls j'écris; Et mes vers ne vont j>as, comme un jouet qu'on Iirisc. Des mains des esprits forts aux mains des beaux esprits Non, non! tous ces récits pleins de deuils et do larmes. Moins écrits que pensés, moins ponscs que vécus, S'en vont toujours tout droit, marchant toujours en armes. De ceux qui sont conquis à ceux qui sont vaincus. Et c'est devant ceux-là, mère, que je t'honore. Devant eux qu'à genoux je tonds vers toi les bras, Et que, d'un a'-cent fier comme un clairon sonore, Je viens jeter ton nom, ma mère, à mes soldats. Je veux leur révéler ton cœur et ton courage. Ils disent que tes fils ont fait tout leur devoir : Le devoir qu'ils ont fait, mère, c'est ton ouvrage. L'honneur qu'ils en ont eu, c'est toi qui dois lavoir. Ils ne sont pas partis furtifs pour les batailles, S'arrachant sans adieux à des bras révollis, ils ne t'ont pas volé le sang de tes entrailles, C'est toi, mère, c'est toi, qui leur as dit: «< Partez » Partez, ils sont vaincus les soldats de la France! » Mon cœur pour con-iuérir ne vous eût pas prêtés,
A MA MI:RR Tj
» Ce n'est plus la conquête, onfanis, c'est la défense. >) Le sol est envahi, je vous donne; partez! >»
llôlas! si tous le:, fils étaient partis de même; S'ils étaient tous partis les fils, uïème autrement! Mais à combien, sans voir l'horreur de leur Masphèmc, Les mères ont soufflé : Ne te bats pas, crois-m'en ! Et comîiien les croyaient qm n'étaient pas crédules! Ah! iiaiivrc armée! on va t'insultant à Tenvi, On dit que tu trahis lorsque tu capitules : Comment dis-tu qu'ont fait ceux qui n'ont pas servi?
Certe, il en est venu que leurs mères en larmes Avaient éperdument bercés dans leurs frayeurs; S'ils furent bon Français malgré ces cris d'alarmes, Ah! comme un cri d'espoir les eût rendus meilleurs! Quel souffle ardent aurait transfigure leur être! — Quand les cœurs sont vaillants, le^ corps sont aguerris. Comme ils auraient marché, lutté! vaincu peut-être!... Ah! que de vrais soldats lo«; mères nous ont pris!
Et qu'elles ne croient pas que vraiment maternelles Leur faiblesse du moins s'est payée en amour Les larmes du dt'part n'ont pa^ coulé pour elles,