LE CLAIRON
Tombe frappé sans recours; Mais, par un effort suprême, Menant le combat quand môme, Le Clairon sonne toujours.
Et cependant le sang coule, Mais sa main, qui le refoule, Suspend un instant la mort.
Et de sa note affolée Précipitant la mêlée.
Le vieux Clairon sonne encor.
Il est là, couché sur l'herbe.
Dédaignant, blessé superbe.
Tout espoir et tout secours; Et sur sa lèvre sanglante.
Gardant sa trompette ardente, Il sonne, il sonne toujours.
Puis, dans la forêt pressée.
Voyant la charge lancée.
Et les Zouaves bondir.
Alors le Clairon s'arrête, Sa dernière tâche est faite, Il acliève de mourir.