‹ Nouveaux chants du soldatChapitre 5 sur 52 · SLR LA JEANNE D'ARC · texte numérisé non relu

SLR LA JEANNE D'ARC

DE F n i: M I E T

Ah! peuple injuste! Ah! foule étrangomont frivole,

Qui, devant ce bronze pieux, Méconnaissant la sainte et cherchant une idole,

N'y voit pas plus loin que tes yeux !

Qu'un troupeau de soudards, que l'instinct seul entraine, Et dont la force fait le droit,

J6 .NOUVEAUX CHANIS DIJ SOLDAT.

Raille cette effigie où l'âme est souveraine, Mais toi, mon pauvre peuple, toi !

roi de qui c'est le rôle et dont c'était la gloire

De servir l'Idée en soldat, As-tu donc, ignorant, mal connu cette histoire,

L'as-tu donc oubliée, ingrat?

D'où viennent-ils ces mots que ton dédain murmure?

Que blàmes-tu, triste moqueur?

Et qu'espcrais-tu donc trouver sous cette armure.

Qu'un être faible, et qu'un grand cœur?

Comment peux-tu passer devant cette œuvre fière Qu'il ne tressaille au fond de toi

De ces élans subits qui sont de la prière, De ces vœux qui sont do la fci.

Ta ne comprends donc pas que ton reproche mCmc

Est un éloge triomphant.

Et que c'est un portrait, tout autant qu'un emblème,

Cette h'roïno au front d'enfant.

>;lr la je.vxnk d'arc dr fri-mief n

\ Il ne comprends donc pas que cet ôtie qui piano,

Ce bras levé, ces ycu\ ravis.

C'est elle, c'est la sainte et grande Paysanne,

Ta Paysanne, ô mon Pays !

Ali ! quel présage ardent que cotte époque soniitrc,

Quel avenir que ce passé !

Quand vaincu par la force ot broyé sous le nombre,

Ce peuple gisait terrassé ;

Lt que le croyant mort, et que s'en croyant maître, L'enroulant de son noir drapeau,

L'étranger avait fait un tombeau pour l'y mettre, Jeanne p. surgi de ce tombeau ;

Kt, qu'embrasant les cœurs à son âme immortelle, La gloire au front, bannière en main,

1 lie a détruit par nous et chassé devant elle. Tous nos vainqueurs de grand chemin.

Car l'éternelle bistoire est là qui recommence ; Ces jours-là, ce sont ces jours-ci;

C'est un autre étranger, mais c'est la mcinc Franco, Et c'est le même peuple aussi.

Ce peuple, qu'un frisson de vertige terrasse,

Que ranime un rayon d'espoir, Qui faible par accès, reste vaillant par race.

Et perdant tout, peut tout ravoir.

Et rcîtres d'Allemagne ou routiers d'Angleterr:,

Archers taxons ou lansquenets, Quel que soit le vainqueur qui détienne sa terre,

La France retourne aux Français ;

Si longtemps que son v'-ed pèse sur notre tète.

Si long que soit le châtiment.

En vain le conquérant l'appelle la conquête,

L'histoire est là qui le dément !

l.aissons donc railler ceux qui, prompts à se dislrair»

Sont lents à plier les genoux ; l^aissons la foule aveugle ignorer sa guerrière,

Nous, le<? vaincus, prostcrnons-nouti I

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