SOEUR CAOUETTE
Les âmes tout spécialement éprises de l'amour du Précieux Sang, qui avaient vu dans l'établissement d'une confrérie en son honneur, li réalisation d'un de leurs plus cners désirs, voulurent faire davantage pour la gloire du Sang Rédempteur, C'est alors que sœur Aurélié Caouette, religieuse chez les Dames de la Congrégation, de concert avec deux autres religieuses, sœu: Sophie de l'Incarnation, sœur St: Joseph supérieure actuelle du couvent de Toronto, seule survivante; et Mlle Sophie Raymond, nièce du fondateur, décidèrent de consacrer leur existence tout entière, si on le leur permettait, à l’adoration du Sang de Jésus, à la réparation des outrages qu’il reçoit et à l'offrande de leurs personnes, comme victimes, à l’imitation du Divin Crucifié, pour obtenir le salut d'un plus grand nombre de ces mes rachetées par l'effusion du sang d'un Dieu.
Mais Pour cela, ainsi que sen exprimait celle en qui germait 1ug Vocation divine, il leur fallait se dérober aux v-nts glacés du siècte ; il leur fallait les murs sacrés du cloître, l'ombre divine du sanctuaire, Elles conjurèrent donc le deuxième évêque de Saint-Hyacinthe, Mgr Joseph Larocque, de vouloir bien les réunir en communauté,
Le nom de sœur Caouette était depuis longtemps dans toutes les
bouches à Saint-Hyacinthe ; tous Connaissaient les paroles‘— pour 1@ moins étranges — prononcées par la mère d'Aurélie, au moment ce sa mort: ‘Du sang ! du sang ! la Chambre est pleine de sang !’’ Plusieurs prêtres et servants de messe avaient à maintes reprises, au moment où elle communiait, vu le front de sœur Caouette couvert d'une sueur de sang tandis qu'elle leur apparaissait tantôt en blanc, tantôt en rouge.
Après de longues hésitations, le vénérable et saint prélat, aidé des avis et des encouragements de Mgr Bourget et de-M. le grand vitaird Raymond créa l’Institut du Précieux Sang et y installa, le 14 sep tembre 1861, les quatre premières vierges adoratrices, réparatrices et victimes qui soupiraient, depuis si longtemps, après ce jour.
La chambre même dans laquelle était décédée la mère de sœur Caouctte servit d’abord de chapelle aux nouvelles religieuses—la mai sonnette existe encore—jusqu'au jour où, grâce à la générosité de M. Lecours, elles eurent leur monastère, Sœur Caouette avait ajouté à son nom le nom de Catherine, en l'honneur de Sainte-Catherine de Sienne qui, disait-elle, lui avait inspiré sa dévotion au Sang Précicux du Sauveur.
Une foule de faits merveilleux, me disait dernièrement une udôr trice, religieuse du Précieux Sang, sont venus depuis plus de tretité ans, prouver et manifester, chaque jour, plus évidemment que l'instis tution des Sœurs adoratrices est une œuvre émanant de la volonté de Dieu. Et la preuve la plus palpable de cette volonté divine est lo développement merveilleux de l'iustitution. Cet ordre religieux dont la première maison s’est ouverte Cans le plus entier dénûment. il n'y a pas encore un demi-siècle, cotipte aujourd'hui 11 maisons et près dé 400 membres vivant, se soutenant de la charité publique, c'est-à-dirg des secours que la confiance où la gratitude des dévots au Précieux
Bang leur suscitent et leur apportent Pour subvenir aux énormen dépenses qu'il leur a fallu et qu’il leur faut subir encore pour s'établir régulièrement. Même leur pain quotidien leur arrive, en grande partie par la voie de l’aumône puisque ces religiouses n'ont aucune œuvre oxtérieure qui leur rapporte des denicrs. À nous, Chrétiens, de venir en aide à ces amantes de Jésus, dont les prières puissantes seront pour nous et pour les nôtres, une source de précieuses Lénédictions.
Absolument contemplatrices, ces religieuses dont le nom canonique est ‘‘Religieuses adoratrices du Précieux Sang'’ n'ont sur terre d'autre mission que d'adorer le Sang adoruble de Jüsus, et de s'offrir elles-mêmes comme victimes pour la conversion des pécheurs. Rien n'est plus émouvant que de les Voir, chaque nuit de minuit à une heure, s'avancer, toutes vêtues de rouge, au pied du tabernacle pour faire amende honorable au Sang Sacré de Jésus.
COUVENT DES SOEURS DU PRECIEUX SANG, À NOTRE DAME DE GRACE PRES MONTREAL.
Chaque communauté comprend trois catégories de religieuses : les choristes, les converses et les tourrières où commissionnaires : ces dernières chargées des affaires extérieures de la communauté, les autres religieuses étant rigoureusement cloîtrées derrière les grilles à travers lesquelles on peut les entrevoir et leur parler.
O sainte folie de la Croix, quels sublimes dévouements tu fais éclore !
Un fait touchant et authentique terminera cette trop courte biographie. :
La veille de la mort de sœur Caouette, Mgr Decelles visitant la malade, lui dit en se retirant : ‘Je crois, ma sœur, que nous allons tous deux, prendre la même voiture pour le Paradis. Le lendemain, feudi, 8 juillet, mois consncré au PHfcioux Sang, dont !x fête solennelle a été fixée par Pie IX au premier éimanche du mois d'août, la sainte sœur Caouette, à 9 heures du soir, s'éteignait doucement dans le Seigneur. Quatre heures plus tard, le saint évêque de Saint-Fyacinthe rendait sa belle Ame à Dieu. Deux saintes Ames de plus au ciel.
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Table des atie lere PARTIE