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SECTION QUATRIÈME

Conduit excréteur du sperme,

( Canal éjaculateur. )

Le canal éjaculateur est destiné à porter le sperme directement de la vésicule spermatique et du canal déférent dans l’intérieur de l’urètre, ce dernier devant ensuite le déposer à l’extérieur. Il résulte, à son origine, de la réunion angulaire du col de la vésicule et du canal déférent, absolument comme le conduit cholédoque est formé par rabouchement des conduits cystique et hépatique. De là , il se dirige horizontalement, en se rapprochant de plus en plus de celui du côté opposé, s'accolant même tout-à-fait à lui antérieurement', et s’ouvre dans la portion prostatique de l’urètre , sur le sommet du veru-montanuin. Dans leur trajet, les conduits éjaculateurs sont enveloppés par la prostate, qui offre à sa partie inférieure une sorte de canal infondibuliforme pour les recevoir. Ces conduits diminuent de plus en plus de volume , à mesure qu’ils s’avancent. Leurs parois sont très minces et demi-transparentes. Leur cavité est muqueuse et garnie de replis valvulaires , qui m’ont paru quelquefois avoir la disposition des valvules veineuses , et dont le bord libre est tourné en avant.

Structure, Les conduits éjacuiateurs sont formés à l’exte'rieur par une membrane cellulaire, et à l’intérieur par une membrane muqueuse.

Action, Semblable au canal cbolédoque, le canal éjaculateur reçoit probablement le sperme à la fois de la vésicule et du conduit déférent et le porte dans Turètre , qui devenant luimême dans, cette circonstance particulière momentanément étranger à Turine , sert à l’excrétion définitive du premier.

APPENDICE

Quelques organes sécréteurs , la prostate et les glandes de Cowper^ versent leurs produits dans l’urètre, et sont encore gé- . néralement considérés comme appartenant aux voies génitales.

Prostate,

La prostate est un organe glandiforme [ganglion glandiforme, Chaüss.) , placé à la partie inférieure des voies spermatiques, et à l’union de l’organe de dépôt et du canal excreteur de l’urine*

La prostate offre une couleur blanchâtre. Son volume est sujet à beaucoup de variétés : terme moyen , d’après M. Senn, elle a dix-neuf lignes en largeur, treize lignes en hauteur et quinze lignes d’étendue antéro-postérieure.

Conformation, Examinée d’avant en arrière , la prostate a la forme d’un cône, dont la base dirigée en arrière dépasse un peu le col de la vessie de ce côté, et dont le sommet tourne en avant embrasse l’urètre. Envisagée par sa partie inférieure, elle ressemble davantage à un cœur écliancré sur sa base ; on dirait aussi, en la considérant de ce côté, qu’elle est formée de deux lobes, l’un droit et l’autre gauche.

La prostate embrasse le col de la vessie, l’urètre et les conduits éjacuiateurs. Le col de la vessie et Fuiètre sont places plus près de la partie supérieure que de la partie inférieure de ce corps. Suivant M. Senn , entre le col de la vessie et la surface de la prostate , il y a de sept à huit lignes sur la ligne médiane en bas , de trois à quatre lignes sur la ligne médiane en haut, neuf lignes directement en dehors, et de dix à onze

û66 anatomie

lignes en dehors et en arrière. Les conduits éjaculateurs sont placés au-dessous de l’urètre, dans la partie la plus inférieure de la prostate, et logés dans une sorte de canal infondibuliforme de cet organe , dont la base est tournée en arrière. Ce canal sépare la région inférieure de la prostate en deux portions, une, inférieure, très mince , et une autre, supérieure, plus considérable , qui fait quelquefois saillie dans l’urètre et dans le col de la vessie, et que Home a décorée du nom de troisième lobe, ou de petit lobe de la prostate.

En bas , la prostate est plane , marquée d’un sillon superficiel , et en rapport immédiat avec la face antérieure du rectum. En liant, elle est recouverte par les ligamens puhioprostatiques de l’aponévrose supérieure du périnée et par les veines dorsales de la verge. Sur les côtés, elle est convexe et contiguë aux muscles releveurs de l’anus. Sa base recouverte par l’aponévrose supérieure du périnée , avoisine les conduits déférens et lès vésicules spermatiques. Son sommet ou partie antérieure , est contigu à l’aponévrose moyenne du périnée.

Structure. La prostate est entourée par une membrane cellulo-fibreuse très dense, surtout en haut et en arrière, où elle est fortifiée par l’aponévrose supérieure du périnée. Dans le dernier point , cette membrane est creusée de canaux larges destinés à recevoir des veines qui forment un plexus très beau , sur lequel j’appellerai l’attention plus tard.

Le tissu propre de la prostate est très dense , de couleur blanchâtre. Il est formé par une foule de granulations très serrées les unes contre les autres, granulations desquelles procèdent des conduits, qui se réunissent en canaux de plus en plus gros , en nombre variable , et qui s’ouvrent dans des lacunes folliculaires dont le goulot se rencontre dans la portion prostatique de l’urètre, sur les côtés du véru-montanum. Ces lacunes prostatiques et les conduits (]ui s’y rendent , deviennent souvent le siège de calculs qui les dilatent beaucoup et permettent d’en bien étudier la disposition.

On voit, d’après ce qui précède , que si la prostate n’a pas de canaux excréteurs qu’on puisse comparer à ceux des glandes véritables , elle a cependant une organisation glandulaire plus complète que les amygdales. Elle forme le passage des

simples amas de follicules muqueux, aux glandes pourvues de longs conduits excréteurs.

Les artères de la prostate e'manent des hypogastriques et surtout de leurs branches vésicales. Elle est entourée supérieurement et latéralement par un plexus fo'rmé par les veines qui lui appartiennent, plexus dans lequel viennent se jeter les veines dorsales de la verge. Ses vaisseaux lymphatiques se terminent dans les ganglions pelviens. Ses nerfs e'manent du plexus hypogastrique.

Déifeloppement. Comme les organes génitaux , la prostate reste dans un état inférieur de développement jusqidà la pu-^ berté , et acquiert rapidement un grand volume à cet âge. Mais bien différente de ces organes sous cet autre rapport, elle est encore très considérable chez le vieillard, et paraît y continuer son action lorscjue ceux-ci ont cessé la leur.

^ ariétés. La prostate manque c{uelquefois tout-à-fait. Dans d’autres cas , elle est très petite , ou acquiert , au contraire , un développement considérable, et se traduit par une saillie particulière vers la surface du col de la vessie. Chez certains sujets, la prostate n’entoure c|u’incomplétement l’urètre et le col de la vessie : elle est recourbée en une gouttière à concavité supérieure, dont les deux bords sont réunis au-dessus de l’urètre par des fibres transverses, de nature musculaire , suivant M. Amussat. Chez d’autres, la prostate paraît retournée, de telle façon que l’urètre passe plus près de sa région inférieure que de la supérieure, et que le rectum se trouve beaucoup plus voisin de ce canal et du col de la vessie que de coutume (i). C’est M. Senn qui a fait connaître cette dernière et curieuse anomalie.

Action. La prostate sécrète un fluide muqueux , filant, qui lubréfie le col de la vessie et le met dans des conditions qui lui permettent de mieux remplir ses fonctions. Mais est-ce là l’unique destination de la prostate ? Je ne le crois pas. Son existence exclusive chez l’homme l’a fait considérer de tout temps comme liée d’une manière intime, sous le rapport fonctionnel, avec les organes génitaux.

(1) On comprend combien la connaissance de celte variété importe sous le point de vue chirurgical.

Glandes de Cowper,

Les glandes de Cowper sont deux petits organes sécréteurs arrondis , placés sur les côtés du bulbe , dans Tépaisseur même de la partie voisine de l’aponévrose moyenne du périnée, et qui vont s’ouvrir dans la portion spongieuse de l’urètre, au moyen d’un petit canal long d’un pouce environ.

Leurs relations avec l’appareil génital, sous le point de vue fonctionnel , sont encore moins bien établies que celles de la prostate.

SECOND GENRE

Organe excitateur.

( Verge. )

La verge , membre 'viril , pénis Chauss. , est l’organe de la copulation. Elle est placée à la partie antérieure et inférieure du bassin , cylindroïde et un peu comprimée d’avant en arrière. Son volume et sa longueur changent à chaque instant et brusquement , suivant qu’elle est dans l’état d’érection ou de flaccidité ; elle se renfle un peu vers son extrémité antérieure , à la basé du gland. Elle est molle , pendante au-devant des bourses dans l’état de flaccidité, et relevée vers l’abdomen dans l’érection. Vers sa racine, elle se .dirige invariablement de bas en haut et d’arrière en avant; mais dans ses deux tiers antérieurs, elle se recourbe en bas dans l’état de flaccidité, et décrit une courbe régulière, à concavité postérieure, dans l’érection.

Conformation. La verge présente une partie moyenne , ou corps ^ et deux extrémités, l’une adhérente^ l’autre libre.

Le corps, ou partie moyenne de la verge, aplati de haut en bas, comme il a ete dit, oflre quatre faces, une supérieure, une inférieure et deux latérales.

La face supérieure ou dorsale , le dos de la verge, est aplatie transversalement, concave de haut en bas pendant l’érection et courbée à angle saillant vers le pubis dans l’état de flaccidité. Vers la réunion de son tiers poslérieuravec ses deux tiers antérieurs , elle est fixée à la partie antérieure de la syrn-

pliyse pubienne par une production fibreuse appelée ligament suspenseur de la verge

Ce ligament est aplati et a la forme triangulaire ; il est placé de cbamp J ses deux faces sont lateraleSj un de ses boids adbeie au ligament pubien anterieur, un autre tient au dos de la veige ; sa base , tournée en haut, se continue avec le tissu cellulaire voisin ; son sommet est reçu dans l’angle de réunion du pubis et de la verge.

La face dorsale de la verge est constamment tournée en arrière

et en haut, vers le pubis, au dessous du ligament suspenseui. Au dessus de lui, elle est cutanée et dirigée vers la paroi abdominale pendant l’érection, en avant, au contraire, dans l état de flaccidité. Elle est parcourue dans toute son étendue par

les veines dorsales de la verge.

l^dL face inférieure de la verge est convexe dans tous les sens pendant l’érection, et courbée à angle rentrant au devant des bourses dans l’état de flaccidité de l’organe. Vers le périnée, elle est cacliee par les bourses , tandis qu elle est cutanée et libre antérieurement. Le rapbé y est très prononcé, il fait suite à celui des bourses et est appuyé sur une saillie longitudinale formée par le relief de 1 urètre, saillie sur les cotés de laquelle existent deux dépressions également longitudinales , qui résultent de la réunion de l’urètre avec le corps caverneux.

Les faces latérales de la verge sont arrondies, moins étendues que les premières, cachées par les bourses en aiiièie , libres et cutanées en avant.

extrémité adhérente ou périnéale de la verge est dirigée en arrière, et tout-à-fait cachée par les bourses et par les parties molles du périnée ; de sorte qu’on ne peut 1 étudier qu après lui avoir fait subir une préparation convenable. C est à peine si l’on peut auparavant reconnaître par la pression le lieu où elle s’insère. Cette extrémité est trifide ; ses trois racines sont

divergentes vers le périnée et convergentes vers le corps de la

verge qu’elles forment par leur réunion ; toutes trois cependant sont placées à peu près sur le même plan horizontal; les deux latérales, racines du corps caverneux ^ adhèrent aux blanches de l’arcade pubienne ; la moyenne , urètre et particulièienient hulhe de ce conduit, traverse le trou de l’aponévrose moyenne du périnée et est fixée sur lui.

zyo

U extrémité libre de la i^erge est dirigée en haut ou en bas^ suivant l’état d’érection ou de flaccidité de cet organe. Elle est perforée, unifide et formée de deux parties, le gland et le prépuce.

Le gland est la saillie conique qui termine la verge. C’est surtout pendant l’érection qu’il faut l’étudier, pour bien reconnaître ses caractères. Sa surface est rouge et muqueuse. Le cône qu’il représente a sa base taillée très obliquement de bas en haut, de la face dorsale vers la face inférieure de la verge. Cette base est continue avec la base du prépuce et avec le reste de l'organe, mais elle s’en distingue aussi par un rebord saillant {couronne du gland) ^ un peu relevé en dehors, et interrompu inférieurement par une échancrure. Son sommet est percé d’une ouverture alongée dans le sens antéro-postérieur et circonscrite par deux lèvres ou valves réunies dans deux petites commissures, ouverture qui constitue le méat urinaire. Le corps du gland est beaucoup moins élevé inférieurement que supérieurement ; il est convexe partout, excepté en bas, où il est marqué d’une dépression médiane longitudinale, qui commence à sa base et se termine au méat urinaire, dépression qui sert à l’insertion du frein et qui donne au gland, de ce côté, une disposition cordiforme.

Le prépuce est un repli tégumentaire qui embrasse le gland pour le protéger, et pour empêcher l’exquise sensibilité dont il est doué de s’émousser. Sa face externe est cutanée el continue avec celle du corps de la verge. Sa face interne est rouge, muqueuse , en contact habituel avec la surface du gland , et unie à cette partie inférieurement, au moyen d’un repli muqueux triangulaire, qui forme le frein de la verge ou du prépuce. Ce frein(i) est inséré par un de ses bords sur le fond de la dépression inférieure du gland, et par un autre sur le prépuce; sa base est libre, tandis que son sommet est reçu dans l’angle de réunion du prepuce et du gland. La base du prépuce n’est pas marquée en dehors, mais en dedans elle se continue avec celle du gland, au niveau d’un sillon, interrompu en bas par l’insertion du frein, et dans le fond duquel s’ouvrent une

(i) Pour le bien voir , il faut le tendre en tiraillant le prépuce et le gland en sens inverse.

foule follicules qui se'crètent une matière blanchâtre, très odorante (1). L’ouverture du prépuce est le point vers lequel se rencontrent les deux téguinens qui forment cette partie ; elle est arrondie et plus ou moins large, suivant les sujets; dans l’état de bonne conformation, elle n’est ni assez large pour que ses bords soient plissés sur les côtés du gland, ni assez étroite pour que cette partie ne puisse aisément en sortir même lorsqu’elle a triplé de volume, par le fait de l’érection.

Structure. La verge est principalement formée par le corps caverneux ^ mais d’autres parties sur-ajoutées à celle-ci achèvent de la constituer , l’wrèire , des parties musculaires., une couche tégumentaire., du tissu cellulaire , des vaisseaux et des nerfs. ,

Le corps caverneux forme la base de la verge, et lui donne principalement la forme qui la caractérise. Il s’étend du périnée à la base du gland exclusivement. Simple en avant, il est bifurqué en arrière et creusé inférieurement d’une, geuttière dans laquelle est reçu l’urètre. Son extrémité antérieure est arrondie et un peu enfoncée dans la base du gland (2), Son extrémité postérieure ou sa racine , double , comme je l’ai dit, se fixe, de chaque côté , sur la lèvre interne des branches de l’areade pubienne. Séparées d’abord par un intervalle triangulaire, ces deux divisions convergent en avant et se réunissent bientôt au dessus de l’urètre.

Le corps caverneux est formé extérieurement par une membrane de tissu fibreux élastique, d’un blanc jaunâtre, remarquable par son épaisseur, sa résistance et son extensibilité. En dehors, cette membrane, lisse dans le plus grand nombre des points, sert à l’insertion du ligament suspenseur de la verge supérieurement, et des muscles bulbo et ischio-caverneux en arrière. En dedans, elle envoie dans le tissu du corps caverneux; une multitude de filamens qui se mêlent avec ceux des vaisseaux, et forme en outre, sur la ligne médiane, une cloison complète en arrière, très incomplète en avant, qui divise le corps caver-

(i) C’est lé musc cher Tanimal qui porte ce nom,

(2' Pour bien voir cette disposition, fendez la verge en long, du gland vers le corps caverneux.

neux en deux moitiés, Tune droite et l’autre gauche (1). Cette cloison peut-elle motiver la distinction de deux corps caverneux, comme le pensent quelques personnes? Une telle question a peu d’importance ; ce que l’on peut dire de plus positif en faveur de l’existence d’un seul corps caverneux, c’est que la cloison indiquée est fort incomplète en avant, et que le tissu intérieur communique facilement, en cé point, d’un côté à l’autre. Supérieurement la membrane du corps caverneux est creusée d’un petit canal, de chaque côté de la ligne médiane, pour les artères et les nerfs dorsaux du pénis.

La substance intérieure du corps caverneux est formée par du tissu érectile (2). On y trouve une foule d’aréoles communiquant toutes entre elles , même d’un côté de l’organe à l’autre, et remplies de sang, aréoles entièrement semblables à celles de la rate, et essentiellement veineuses. En pénétrant dans le corps caverneux , les parois des veines de ce nom se décomposent en une multitude de fdamens qui se croisent dans toutes les directions, et qui se mêlent avec les filamens de sa tunique fdDreuse, de manière à former les aréoles indiquées (3).

La partie spongieuse de l’urètre concourt aussi à former la verge. On peut même dire que cette partie du canal excréteur de l’urine et du sperme a reçu une structure érectile , pour cette raison, afin d’être, sous ce rapport, à l’unisson avec le corps caverneux. C’est la partie la plus antérieure de l’urètre qui constitue le gland, comme il a été dit plus haut. Au reste, bien que réunis dans la verge, le corps caverneux et l’urètre n’ont entre eux aucune ou presque aucune communication vasculaire y les injections du tissu érectile du premier ne passent pas dans le second , et réciproquement celles du tissu spongieux de l’urètre ne pénètrent pas dans les aréoles du corps caverneux.

(1) Pour bien voir cette cloison, faites des coupes transversales sur dilTérens points de la longueur du corps caverneux.

(2) C’est cette substance qu’on a toujours prise pour type du tissu érectile.

(5) 11 suffit d’enfoncer au hazard un tube à injection dans un point du corps caverneux , pour l’injecter tout entier , ainsi que les veines qui en sortent ; et réciproquement par ks veines caverneuses , vous distendez aisément les cellules de ce corps.

Les muscles de la verge ont été décrits dans la myologie (1).

Deux tégumens , l’un cutané', l’autre muqueux, appartiennent au pénis et spécialement à sa partie antérieure ; car en arrière, comme on l’a vu, il est profondément cache par les bourses et les parties molles de la moitié antérieure du périnée. Ces deux membranes se réunissent ensemble sur le bord libre du prépuce. L’une , la muqueuse , rouge , humide , villeuse , tapisse la face interne du prépuce , la surface du gland et Turètre. L’autre, la peau, ^blanche,* sèche , glabre et remarquable par sa finesse, appartient à la face externe du prépuce, à la région voisine de la verge , et se continue avec les tégumens des bourses et de la région pubienne.

Le tissu cellulaire de la verge est lamelleux et très lâche entre les deux lames du prépuce et sous la peau, de manière à permettre des mouvemens très étendus ; il est serré , au contraire , entre Turètre et le corps caverneux ; nulle part il ne renferme de graisse.

'Les vaisseaux de la verge sont très nombreux. Ses artères émanent des honteuses internes et externes ^ quelques-unes désignées par des noms particuliers , les ca<ecrneuses et les dorsales^ parcourent la verge dans toute sa longueur, en distribuant leurs nombreuses ramilications , les premières profondément, les secondes superficiellement. Ses veines sont de deux sortes comme les artères , les unes profondes, les autres superficielles; celles-ci , les dorsales de la verge, appartiennent à l’urètre , au gland, à la peau et au tissu cellulaire, et passent sous le pubis pour se jeter dans le plexus veineux de la prostate ; celles-là, les caverneuses, sortent du corps caverneux et forment l’origine des veines honteuses internes. Il est digne de remarque que toutes les veines de la verge, excepté celles qui naissent dans les tegumens et dans le tissu cellulaire de cette partie, commencent dans des tissus érectiles. Ses vaisseaux lymphatiques, excepté ceux qui viennent de la muqueuse de l’urètre, sont tous superficiels ; on n’en a jamais trouvé ni dans le tissu érectile de l’urètre, ni dans celui du corps-caverneux ; presque tous se rendent dans les ganglions lymphatiques inguinaux.

Les nerfs de la verge sont principalement fournis par la

(1) Voyez tome I, page 3o4.

ANATOMiE

branche honteuse du plexus sacré ; quelques-uns > sans doute , viennent aussi du grand sympathique, en suivant les artères.

Développement. Les deux parties fondamentales de la verge, le corps caverneux et ïurètre , se forment successivement , le corps caverneux d’abord , l’urètre ensuite.

On ne sait pas bien quel est le de'veloppement particulier du corps caverneux. Est-il primitivement subdivisé en deux parties latérales ? La cloison qu’il présente, lorsqu’il est bien développe' , serait-elle un reste de cette scission primitive ? Quelques personnes l’ont assure' ; mais rien dans mes observations particulières ne me permet de l’assurer.

Au contraire, on sait très bien que , primitivement, la verge est imperforée, que l’urètre commence par une rigole, sous le corps caverneux , que cette gouttière , dirigée en bas , se transforme graduellement en canal de la racine vers l’extrémité libre de la verge , par l’établissement du raphé.

D’après Meckel le prépuce ne se forme que vers le troisième mois de la vie intra-utérine; mais plus tard , par une sorte de compensation , il devient très long , dépasse le gland et le tient continuellement enfermé dans sa cavité. De sorte que , pour employer les termes des pathologistes , d’almrd il y a paraphimosis (i), tandis qu’ensuite il y a phymosis (2).

Avant la puberté , la verge est encore très peu développée ;

mais à cette époque , elle acquiert rapidement un volume considérable, qu’elle conserve pendant le reste de la vie.

F' ariétés. La verge est plus ou moins grosse, plus ou moins longue , suivant les individus. Quelquefois aussi elle manque complètement.

Dans d’autres cas, la verge est incomplète : onn’y trouve que le i corps caverneux, l’urètre ne s’y prolonge pas, et elle présente j une telle analogie avec le clitoris , qu’on peut facilement la j prendre pour lui. Plus d’une fois même, de semblables mé- ■

prises ont eu heu chez des individus chez lesquels cet état I

(1) Vice de conformation dans lequel le prépuce est retenu derrière la 1 couronne du gland.

(2) Vice de eonforniation caractérisé par la longueur du prépuce et par j un tel resserrement de son ouverture, que le gland ne peut la franchir. i

existait avec une scission médiane des bourses, et surtout avec la rétention des testicules dans rabdomen (i).

Chez les sujets affectés d’extropliie de la vessie , la verge est imperforée ; mais effe offfn une gouttière urétrale sur sa face dorsale. On a donné cet état comme un exemple d’ouverture de l’urètre sur la face supérieui^ de la verge j c’est, à mon avis , une mauvaise manière de considérer cette conformation anormale ; elle consiste en une inversion telle du corps eavei> neux , que sa face convexe est dirigée en bas , et que sa face creusée en gouttière est devenue supérieure (2).

Souvent l’urètre ne se prolonge pas jusqu’au bout du pénis,

( hfpospadias ).

Plus souvent encore, le prépuce est très long, il recouvre tout-à-faitle gland, et son ouverture est trop étroite pour le laisser sortir (phymosis).

On dit aussi , Bamberger, avoir trouvé la verge double , le corps caverneux étant séparé en deux parties.

Action. La verge a pour double fonction de porter le sperme dans les organes génitaux de la femme , et d’exciter ceux-ci de manière à les mettre dans des conditions favorables à la conception. Pour remplir convenablement ce but, elle doit être en érection , c’est-à-dire , dans un état tel cjue le sang , retenu dans les aréoles de ses tissus érectiles, lui donne une rigidité , des dimensions et une direction tout-à-fait différentes de celles qui la caractérisent dans sa position ordinaire.

Du reste, de même qu’il y a deux organes érectiles distincts dans la verge, celui du corps caverneux et celui de l’urètre, de même aussi cet organe peut s’ériger de deux manières différentes : tantôt l’érection est complète et appartient à la fois au corps caverneux et à l’urètre, tantôt elle est incomplète et bornée soit au corps caverneux, soit même à l’uçètre.

(1) J’ai montré à mon cours, il y a plusieurs années, deux cadavres d’individus ainsi conformés , qu’on avait long-temps considérés comme appartenant au sexe féminin.

(2) Je me suis directement assuré de ee renversement par la dissection. -

ORDRE SECOND

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