CHAPITRE SECOND
Poumons.
Les poumons , Trvsufxovsç des Grecs , sont les organes dans lesquels s’accomplit la partie chimique de la respiration. Il y en a deux chez l’homme , Fini à droite , Fautre à gauche de la poitrine , séparés Fun de l’autre par le médiastin et par les organes importans qu’il renferme.
Leur forme est difficile à déterminer; on la rapporte généralement à celle d’un conoïde irrégulier.
Leur volume n’est pas semblable des deux côtés : le poumon droit est un peu plus considérable que le gauche ; le premier est moins etendu en hauteur, mais en revanche, il est plus large et plus épais que le second. Le volume des poumons varie du reste à chaque instant pendant la vie, sous l’influence de la respiration : il augmente dans l’inspiration, et diminue pendant l’expiration.
La couleur des poumons est sujette à des variétés d’âges qui seront indiquées par la suite ; chez l’adulte , elle est grisâtre et plus ou moins marbrée de points ou de stries noirs. Ordinairement, la partie postérieure de ces organes présente des taches livides, ejui sont formées par la stase du sang survenue , après la mort ou pendant 1 agonie, dans les vaisseaux capillaires corres pondans. Le clécubitus dorsal f|ue prennent les malades , et
DES ORGANES RESPIRATOTRES.
celui dans lequel presque loujours on fait reposer le cadavre, détermine la position postérieure de ces lividités ; car des expériences de Béclard , ont établi qu’on peut à volonté les développer dans d’autres points , en changeant les attitudes du sujet dans les circonstances indiquées.
La pesanteur des poumons est une des conditions anatomiques de ces organesqu’on a le plus minutieusement étudiées^ particulièrement dans l’intérêt de la médecine fégale. On conçoit, au reste, c|u’une fouie de circonstances doivent la faire varier. La pesanteur absolue d’un poumon sain d'adulte, y compris l’air et le sang qu’il renferme, est de trois à quatre livres, terme moyen. Certaines maladies, en appelant dans cet organe une plus grande quantité de sang , augmentent ce poids ; tandis que d’autres le diminuent beaucoup , en refoulant le poumon et empêchant à la fois l’abord du sang et de l’air. La pesanteur spécifique d’un poumon sain (i) est moins grande que celle de l’eau ; il reste à la surface de ce liquide lorsqu’on le met en rapport avec lui. C’est à l’air qu'il renferme c[ue cet organe doit cette légèreté relative , car il la perd et se précipite au fond de l’eau, aussitôt qu’il est privé de ce gaz par certaines maladies (aj.
La densité du poumon est peu considérable , il cède facilement sous la pression la plus légère et fait entendre alors un bruit ou craquement particulier , il crépite , comme on le dit ; l'air passe alors d’un point dans un autre de son tissu , quelquefois même en opérant des déchirures. Malgré ce peu de densité, le poumon et ses différentes parties offrent une grande ténacité ou force de cohésion.
Enfin le poumon jouit d’une très grande extensibilité et d’une contractilité de tissu non moins développée, propriétés qui sont continuellement mises en jeu dans l'inspiration et dans l’expiration.
Conformation, La surface du poumon est partout en rapport
(1) 11 est bien entendu qu’il s’agit du poumon d’un individu qui a respiré, et point de celui du fœtus ; car toujours c’est dans l’îige moyen de la vie que je prends le type de mes descriptions.
(2) Voyez plus loin les considérations de pesanteur du poumon chez l’embryon et le fœtus.
immédiat avec les parois de la cavité pleurale qui reçoit cet organe. Elle tient au médiastin par un pédicule vasculaire, qui constitue la racine du poumon, pédicule placé plus près de la partie postérieure que de la partie antérieure du médiastin ; partout ailleurs elle est simplement contiguë à la plèvre.
La surface de l’un et de Tautre poumon est marquée par une scissure profonde , obliquement dirigée de haut en bas et d’arrière en avant, et par laquelle il est divisé en deux lobes, l’un supérieur et antérieur, l’autre inférieur et postérieur , le second plus considérable que le premier. Le poumon droit présente seul une petite scissure surnuméraire, qui se porte horizontalement du milieu de sa grande scissure vers son bord antérieur, et qui subdivise son lobe supérieur en deux lobes secondaires , le supérieur beaucoup plus considérable que l’inférieur , ce qui lui a fait donné le nom de poumon à trois lobes.
Quoi qu’il en soit, le poumon présente deux faces, deux bords , une base et un sommet.
Sa face externe,, ou costale, e.st convexe , lisse, libre et partout recouverte par la plèvre, même dans le fond des scissures indiquées , scissures qui y apparaissent plus particulièrement. Elle est en rapport avec les côtes , les muscles intercostaux internes , sous-costaux et le feuillet correspondant de la plèvre pariétale.
Sdiface interne, ou médias tine , est plane et lisse; sur le poumon gauclie seulement , elle est un peu déprimée et concave vers la pointe du cœur. Revêtue dans tous les points par la plèvre, excepté dans celui où elle donne naissance à la racine du poumon, cette face est accolée au médiastin, et en rapport médiat avec le cœur et les autres organes nerveux et vasculaires ren rennes entre les deux feuillets de cette cloison.
Son bord antérieur est mince, tranchant , un peu écbancré à gauche pour recevoir la pointe du cœur , et en rapport médiat avec les cartilages des côtes et les muscles qui les séparent.
Son hord postérieur est épais , mousse, et reçu dans la gouttière formée par la courbure postérieure des côtes.
Sa base appartient uniquement au lobe inférieur. Elle est large, coocave , en rapport avec la face supérieure du diaphragme et limitée par un bord tranchant, e[ui est reçu dans le sinus costo-diaphragmatique.
DES ORGÂINES RESPIRATOIRES. 527
Son sommet apparlierit uniquement au lobe supérieur. Il est arrondi et logé dans le petit cul-de-sac que forme la plèvre supérieurement, en dedans et un peu au-dessus deîapremièrecôte.
Structure. De nombreux élémens entrent dans la structure des poumons : deux membranes , rime extrinsèque , fournie par ie feuillet viscéral de la plèvre , bautre intrinsèque qui lui est propre , des canaux aériens , des vaisseaux artériels , veineux et lymphatiques , des nerfs et du tissu cellulaire.
Chaque poumon, comme on l’a vu , est divisé en lobes , qui résultent à leur tour de la réunion d’un certain nombre de lobules d’un petit Yoliune, qui se subdivisent encore en lobules plus petits (i). Plus irréguliers au centre qu’à la périphérie , de forme polyèdre, juxta-posés par leurs faces , ces lobules sont unis ensemble par un tissu cellulaire très fin (2), et tiennent aux conduits aériens et aux vaisseaux et nerfs du poumon par un pédicule particulier analogue à la racine de celui-ci. Chaque lobule pulmonaire peut être considéré comme un petit poumon; de sorte que c’est en définitive à fétude de l’arrangement particulier des élémens de chacun d’eux, que se réduit l’étude de la structure de tout l’organe. Toutefois, avant d’aborder ce point délicat et important , étudions minutieusement chaque élément pulmonaire en particulier.
1” Canal aérien. Le canal qui porte l’air dans les poumons commence au larynx, qui en est comme la tète, el se termine dans ces organes (3). Il a une disposition arborescente, et présente un tronc appelé trachée artère et des rameaux qui constituent les bronches.
La trachée-artère (4), aspera arteria , tronc du canal aérien , commence au larynx et se termine à la hauteur de la troisième vertèbre dorsale en se bifurquant. Elle occupe la
(1) Suivant M. Bazin les poumons des mammifères carnassiers ne présentent pas ae subdivisions lobulaires. Les poumons décès animaux me paraissent seulement manquer des premières divisions lobulaires; leurs Lobes se décomposent sans intermédiaire en lobules extrêmement petits,
(2) La coction ramollit ce tissu et permet la séparation des lobules les uns des autres.
(5) A vrai dire le canal aérien commence par les fosses nasales et le pharynx ; mais ces cavités dévolues à d’autres fonctions plus spécialisées ont été déjà décrites .
(4) k-hp air*
328 ANATOMlli:
ligne médiane et est placée au col supérieurement, dails la poitrine, et spécialement dans la partie supérieure et postérieure du médiastin inférieurement. Elle est cylindroïde. Sa symétrie est parfaite, sa direction verticale, sa longueur de quatre à cinq pouces , et son diamètre de neuf à dix lignes, chez l’adulte bien entendu. Elle est naturellement béante : quand on la comprime elle cède, mais elle reprend sa disposition primitive en vertu de son élasticité, aussitôt qu’on cesse la compression.
A l’extérieur, la trachée artère est entourée d’un tissu cellulaire lamelleux et très lâche, qui favorise ses inouvemens.
Sa face antérieure , convexe , est en rapport au col , avec le corps thyroïde, les veines thyroïdiennes inférieures, le feuillet profond de l’aponévrose cervicale , et plus médiatement , avec les muscles sterno-lhyroïdiens et les feuillets moyen et superficiel de l’aponévrose cervicale. En entrant dans la poitrine , elle est croisée par le tronc brachio- céphalique et par la veine sousclavière gauche. Dans le médiastin , elle est cachée par le thymus, la crosse de l’aorte et par la fin de l’artère pulmonaire.
Sa face postérieure est molle, aplatie et beaucoup moins résistante cjue les autres points de sa circonférence. Elle est appliquée sur l’œsophage à gauche, et à droite sur la partie antérieure de l’épine et sur les muscles longs du col, dont la séparent le nerf récurrent droit supérieurement, le canal thoracique inférieurement.
Ses deux faces latérales, convexes comme l’antérieure, sont embrassées en haut par le corps thyroïde. La droite , en particuculier, est contiguë, dans la région cervicale, à l’artère carotide primitive correspondante , à la veine jugulaire interne et aux nerfs pneumo-gastiïqoeet grand sympathique. Dans le médiastin, elle est encore accolee au nerf pneumo-gastrique et en outre, à la plèvre et à la fin de la veine azygos, hsi gauche aies mêmes rapports au coi que la droite, mais dans le médiastin, elle est spécialement unie à la parotide primitive de ce côté, à la crosse de l’aorte et à la plèvre.
A 1 inteiieiu, la trachee artere offre une teinte rosée et une surface lisse et muqueuse. On y rencontre des saillies longitudinales , très marquées en arrière. Les pièces de son squelette y forment également des reliefs fort appareils.
Les bronches sont les divisions de la trachée artère , divisions de volume successivement décroissant, comme les branches, les rameaux et les ramuscules des arbres. Le nombre des divisions de l’arbre aérien en bronches est moins considérable qu’on pourrait le croire au premier abord ; M. Cruveilhier s’est assuré qu’il ne s’élève pas au-delà de quinze , après quoi ces tubes se terminent dans les lobules pulmonaires , et de façon à ce que chacun des plus petits aille sien. Le mode de ces divisions est le plus souvent dichotomique ; on ne rencontre que quelques rares exceptions à cette règle. Un éperon très saillant existe à l'intérieur, au niveau de chaque bifurcation.
Quoi qu’il en soit, les bronches doivent être distinguées en primaires, secondaires, tertiaires, etc. Les primaires et les secondaires sont seules libres en dehors du poumon, où elles concourent à former son pédicule ou sa racine ; les autres font corps avec cet organe et sont confondues dans la masse qu’il représente. Chaque bronche primaire représente le tronc particulier de l’arbre aérien du poumon , auquel elle correspond ; de même que chaque bronche secondaire est le tronc de l’arbre aérien , plus petit , de chaque lobe pulmonaire. La bronche primaire du côté droit est plus grosse que la gauche, comme on pouvait bien le deviner à l’avance, puisqu’elle appartient au poumon qui est le plus développé; elle est également plus courte et moins oblique. Les bronches primaires , secondaires et tertiaires ont une forme tout à fait semblable à celle de la trachée ; les autres en diffèrent sous ce rapport, qu’elles sont plus exactement cylindriques, et qu’on n’y rencontre plus l’aplatissement postérieur que présentent les premières.
Les premières bronches, placées, comme je l’ai dit, à l’extérieur du poumon et dans sa racine (i), sont entourées d’une grande quantité de ganglions, appelés bronchiques pour cette raison, et ont, en outre, des connexions importantes avec les parties voisines : elles sont en rapport, en avant, avec les divisions premières de l’artère et des veines pulmonaires , en arrière avec la plèvre, la gauche en particulier, avec l’œsophage. En haut elles sont embrassées, à droite, par la cour-
(i) La racine du poumon est formée d’avant en arrière par les veines pulmonaires, par les artères du même nom et par les bronches.
bure de la veine azygos, à gaacb.e, par ia crosse de Tï^oiTe.
Dans les poumons, les divisions tertiaires, quaternaires, etc. des bronches marchent dans les interstices iobuîaires, accompagnées par les divisions des vaisseaux, mais plus constamment par l’artère que par ia veine, suivant les recherches de M. Gruveilhier.
Le canal aerien est, formé do parties cartilagineuses et fibreuses qui lui constituent un véritable squelette ; une membrane muqueuse^ des vaisseaux, des nerfs et du tissu cellulaire entrent aussi dans sa composition.
Les cartilages , dont la véritable nature a été méconnue par Bicliat et par ia plupart des anatomistes, se rencontrent seulement dans la trachée et dans les premières divisions des bronches , tandis que les dernières en sont dépourvues.
Ils représentent des lames séparées les unes des autres pour ia plupart , au nombre de seize ou vingt dans la trachée, et beaucoup plus multipliées dans les bronches. Ils sont aplatis, très souples, très flexibles et courbés autour de l’axe du conduit. Jamais ils ne forment un cercle complet chez l’homme. Dans la tracliee , ils ont la. lorme de quadrilatères très longs. Dans les premières bronches , ils sont plus a-longés encore et deviennent un peu triangulaires. Plus loin enfin, ils sont fort irréguliers. Le dernier cerveau de la trachée offre une configuration particulière c|ui lui permet de s’accommoder à la bifurcation de ce canal : il est tout-à-fait triangulaire et sa partie moyenne se prolonge beaucoup en bas. La hauteur de ces cartilages varie dans la trachée entre deux lignes et deux lignes et demi. Iis sont à peu près parallèlement placés dans les parties antérieure et latérales, et manquent en arrière de cette portion du canal aérien ; tandis que dans les bronches ils occupent des points moins exactement déterminés. Plongés dans l’épaisseur de la membrane fibreuse du conduit aérien , convexes en dehors , ^concaves en dedans, ils sont revêtus des deux côtés par cette membrane, et ont aussi leurs intervalles comblés par elle. Dans la tiacliee, leuis extiémités sont reunies par des fibres musculaires. Leur p( richondre est remarquable par son épaisseur. i
La membrane fibreuse s’étend de la partie supérieure à la partie | inferieure du canal aérien, ou elle se continue avec les parois j des petits lobules pulmonaires. Elle n’est pas interrompue au j niveau des cartilages, comme le croient beaucoup de personnes, j
DES ORGANES RESPIRATOIRES, mais elle reçoit ceux-ci dans son épaisseur , ainsi que je Tai dit. PI us prononcée dans les petites bronches et dans les points dans lesquels on ne trouve pas les cartilages, elle est formée de fibres longitudinales et de fibres circulaires. Ses fibres longitudinales forment deux couches ^ entre lesquelles sont placées les fibres circulaires ; celles de la couche interne, plus abondantes là où manquent les cartilages, soulèvent la muqueuse et forment les saillies c|ui ont été signalées ( i ) . Dans la trachée , les fibres circulaires sont presque réduites à la partie postérieure de ce canal; elles réunissent les extrémités des cartilages, et sont rougeâtres et très développées. Dans les bronclies, surtout dans les plus petites qui sont tout-à-fait privées de cartilages, elles forment des cercles complets et sont plus abondantes. La membrane fibreuse de la trachée est constituée de tissu élastique’, c’est elle qui donne au canal aérien et au poumon la contractilité de tissu en vertu de laquelle ils chassent une partie de l’air qu’ils renferment, lorsqu’on ouvre la poitrine. Quelques anatomistes considèrent comme musculaires , les fibres d’union des cartilages de la trachée, les fibres longitudinales intérieures, et même les fibres circulaires des petites bronches. Il en est effectivement ainsi chez les grands mammifères; mais chez Fliomme, ces fibres sont simplement formées de tissu fibreux jaune , tissu au reste placé, comme on le sait, sur la limite du musculaire, et qui possède quelques-unes de ses propriétés.
La membrane muqueuse du canal aérien fait fsuite à celle du larynx, et s’étend probablement jusque dans les cellules pulmonaires. Elle est très mince , intimement unie à la couche précédente, et soulevée dans des points déterminés par les faisceaux longitudinaux de cette membrane. Des glandules engagées dans l’épaisseur de la tunique fibreuse , surtout en arrière, viennent s’ouvrir à sa surface par des conduits très fins.
Les artères du canal aérien viennent des thyroïdiennes , des médiastines hors du |)oumon, et des bronchiques dans cet organe. Ses veines suivent sensiblement le même îrajeî. Ses lymphatiques se rendent dans les ganglions broncbiques, ou dans ceux qui occupent les côtés du col. Ses nerfs émanent des recurrens, des
(i) Rï. Gi’uveilhier a constaté que ces übres sont hypsrtrophi.ées, dans les catarrhes chroniques, conmie on pouvait le pressentir à priori.
pneumo-gas triques directement et du grand symphatique.
Le tissu cellulaire du canal aérien est très serré, et presque seulement sous-jacent à la membrane muqueuse.
2° F aisseaux des poumons. Les poumons sont pourvus de vaisseaux sanguins et de vaisseaux lymphatiques.
Les vaisseaux sanguins sont de deux ordres biens distincts ; les uns, les vaisseaux pulmonaires proprement dits, étrangers à la nutrition des poumons, traversent ces organes pour y faire passer le sang qui doit y subir l’influence vivifiante de l’air atmosphérique pendant la respiration ; les autres, les vaisseaux bronehiques , apportent aux poumons les matériaux nécessaires à leur nutrition*
Les vaisseaux pulmonaires proprement dit, beaucoup plus volumineux que les autres , se composent d’une artère et de plusieurs veines. L’artère naît du ventricule droit, et se termine par deux branches dans l’un et dans Tautre poumon. Les veines , au nombre de quatre , deux de chaque côté , vont se terminer dans l’oreillette gauche. La première apporte vers les poumons le sang veineux qui est arrivé au cœur de toutes les parties du corps. Les secondes exportent des poumons vers le cœur, le même sang, mais oxigéné , mais devenu artériel sous l’influence de l’air qu’il a subie aux extrémités des bronches.
Que l’artère et les veines pulmonaires communiquent ensemble, c’est chose bien évidente, et qu’il est inutile de démontrer; mais ce que l’on ne sait pas aussi bien, c’est que l’injection ne passe pas avec une égale facilité de l’une dans les autres, et que l’on distend pilus facilement les veines par l’artère que l’artère par les veines.
Les vaisseaux bronchiques., beaucoup plus petits que les précédens , se composent d’une artère et d’une veine pour chaque poumon. L’artère émane de l'aorte ou de l’une de ses branches voisines, et se répand particulièrement dans le canal aérien, comme son nom 1 iiidioue. Elles s’anastomose, suivant Haller , Reisseissen et Sœmmering , avec l’artère pulmonaire ; suivant Winslow et Wolfarht , avec les veines du même nom. La veine bronchique ne suit pas tout-à-fait le trajet de l’artère de ce nom : suivant Reissessen, les petits rameaux de ce vaisseau ejui appartiennent à l’intérieur du pou-
DES ORGANES RESPIRÂTOIPxES. 555
mon se jettent directement dans les Veines pulmonaires, tandis que ceux qui naissent liors du poumon , près de sa racine , suivent le trajet de Eartère et se rendent dans la veine cave supérieure , dans l’azygos ou dans une des intercostales.
Les vaisseaux lymphatiques du poumon forment deux plans , Fun superficiel et l’autre profond. Tous se rendent dans les ganglions broncliiques.
30 ]S[qpJ'^ pulmonaires. Les nerfs des poumons émanent d’un plexus serré , formé par les nerfs pneumo-gastriques et par le grand sympathique, plexus séparé en deux plexus secondaires, l’un antérieur, l’autre postérieur.
4° Tissu cellulaire. Un tissu cellulaire très fin remplit les interstices lobulaires du poumon, réunit ensemble les lobules pour former les lobes, et ceux-ci pour constituer l’organe tout entier. Condensé à la surface des lobes et des lobules , ce tissu forme la membrane propre du poumon, membrane élastique d’après M, Bazin, sous-jacente au feuillet viscéral de la plèvre, mais qui doit en être soigneusement distinguée.
Chez l’adulte , et plus encore chez le vieillard, le tissu cellulaire des poumons est imprégné d’une matière noire , principalement formée de carbone , qu’on a appelée matière noire pulmonaire. Cette matière s’accumule particulièrement dans les interstices lobulaires, et y forme des lignes qui indiquent les limites des lobules.
Tissu propre du poumon. Que si maintenant on cherche quelle est la manière dont se combinent et s’arrangent les divers élémens du poumon pour le former , voici ce c{ue l’on constate.
Chacun des plus petits lobules pulmonaires forme une cavité bien distincte, circonscrite par une membrane très mince, élastique, qui se continue avec la couche fibreuse de la division bronchique qui y arrive. Chacun d’eux reçoit, en efiét, une petite bronche à laquelle il est suspendu comme un grain de raisin a son pédoncule , bronche c[ui cesse brusquement , comme la montié M. Magendie , en y pénétrant. Leur intérieur ^ est subdivise en un certain nombre de cellules communiquant toutes entre elles, et dont les parois sont en grande partie formées par les dernières divisions de l’artère pulmonaire et par l origine des veines du môme nom. Enfin, les nerfs et les artères bronchiques énvoient leurs ramifications extrêmes
sur ia surface des lobules , et s’y réunissent aux vaisseaux lymphatiques qui en naissent principalement.
Un point sur lequel je ne dois pas négliger d’insister ^ c’est la communication des cellules pulmonaires avec les artères et les veines qui les traversent, communication que révèlent les injections fines. Comment cette communication s’ëtablit-elle ? je ne saurais le dire; mais je la regarde comme incontestable. Vainement quelques personnes objectent-elles, contre cette doctrine et contre l’expérience des injections au moyen desquelles on l’a établie , que le passage des liquides des cellules pulmonaires dans les vaisseaux de même nom est un simple phénomène d’imbibition et de transsudation. On peut leur répondre, qu’on obtient constamment ce passage en insufflant doucement de l’air dans la trachée et dans les bronches ; or, à moins de supposer des ruptures qu’excluent les précautions qu’il est facile de prendre dans ces expériences , il faut bien admettre la communicaiion en c|uestion. Voilà, pour le dire en passant, 'pourquoi , comme je Fai démontré depuis long-temps , on ne peut préparer un poumon entier par insufflation, si on n’a le soin de lier préalablement les artères et les veines pulmonaires.
Helvétius , Sœmmering , M. Magendie , M. Cruveilhier et même Malpighi (i), ont professé la doctrine que je viens d’exposer touchant la structure du poumon. Néanmoins, on doit l’avouer , elle n’a pas obtenu l’assentiment de tous les anatomistes : en effet, Reisseisen, MM. Hourmann, Hechambre et Bazin soutiennent que les bronches se ramifient et se terminent en cul-de-sac dans les lobules pulmonaires, et que nulle part on ne rencontre les communications des cellules entre elles que j’ai décrites.
L’étude du tissu pulmonaire sur des tranches de poumons desséchés , l’examen de lobules pulmonaires dont les cellules sont très dilatées, comme cela a lieu chez les vieillards, ne sont pas les seules preuv^^qae l’on puisse apporter en faveur de la première opinion , l’analogie lui est encore favorable. En
(i) MaJpighi assure que les bronches se terminent par des vésicules renflées, qu'il compare aux cellules des abeilles. Or, il est difficile de ne pas reconnaître dans ces expressions les cavités polyèdres des plus petits lobules pulmonaires.
effet, chez certains animaux, les grenouilles, le poumon réduit à la condition d un simple lobule, est représenté par une poebe subdivisée par des cloisons incomplètes dans lesquelles se ramifient les vaisseaux, poclie a bentree de laquelle on voit aussi la bioncbe se terminer brusquement. Or, il est très probable que d*àns le poumon de l iiomnie-, les lobules représentent un à un le poumon vésiculeux de la grenouille , et que celui-ci ne diffère de celui-la c|ue par le nombre presque incalculable des poebes lobulaires qui s y trouvent réunies , et qui , pour y occuper moins place, prennent la forme polyèdre des alvéoles des abeilles.
Dci^eloppeinent, Lies poumons sent les derniers des organes importans qui apparaissent chez l’embryon. Existe-t-il quelques î apports entre le développement de l’appareil pulmonaire et les ouf^ertures branchiales, que MM. Rathke, Huschke, E. Baer, Brescbet, etc. , ont découvertes sur les parties latérales du eol d« très jeunes embryons ? Ces ouvertures sont-elles l’origine du canal aérien, qui se creuserait ainsi de haut en bas vers la poitiine? G est 1 avis de plusieurs personnes; mais les observations de cette sorte ne me paraissent pas avoir été encore assez répétecs, suitout les embryotomistes ne sont pas assez unanimes sur le fait de i existence des ouvertures branchiales, pour qu’on puisse rien affirmer à cet'égard.
On ne commence à apercevoir les poumons, d’une manière distincte, qu a la fin du second mois ; mais à partir de cette époque leur formation marche avec une grande rapidité. D abord retirés vers le dos, on les voit bientôt se porter en avant, sur les côtés du cœur, lorsqu’ils ont acquis un plus grand volume, mais ils ne deviennent toul-à-fait antérieurs qu’après la naissance, quand ils ont été dilatés par l’abord de Fair. Primitivement mcoioi es ou blanchâtres, iis deviennent rouge bruns dans les derniers temps de la vie intra-utérine, rosés après la naissance , d un gris bleuâtre chez l’adulte et très fortement marbrés de noir chez le vieillard.
La pesanteur du poumon subit, dans les premiers temps, des modifications très remarquables , dont l’imporiance médico-légale a été depuis long- temps reconnue. Pendant la vie
intra-utèrine et avant que la respiralion ait eu lieu , le poumon est peut, ses canaux aériens ne comiennent point d’air, mais
seulement du mucus. Aussi, d’une part, son poids absolu est-il de beaucoup inférieur à celui de l’enfant naissant qui respire ; tandis que , d’autre part , sa pesanteur spécifique est plus considérable que celle de Teau (i).
Chez l’embryon, suivant Meckel , le poumon est plein et ne présente pas de cellules. Il est possible cependant que celles-ci ne puissent pas alors être distinguées, par cela seulement qu’elles sont très petites, et que leurs parois sont immédiatement juxtaposées. Yers le milieu de la grossesse, les cellules pulmonaires sont déjà très apparentes , mais , ainsi que les différentes parties du canal aérien , elles sont remplies par de la mucosité et du fluide amniotique. (2). A l’époque de la naissance, les bronches et les cellules pulmonaires se débarassent des liquides dont elles étaient engouées, pour recevoir Tair qu’y introduit la respiration , elles se dilatent et restent à peu près dans cet état jusqu’à l’époque de la puberté. Mais alors ces tubes et ces cellules prennent rapidement une ampliation nouvelle , qui suit Tampliation correspondante du thorax et du larynx. Jusqu’à l’âge adulte , un accroissement nouveau et graduel se manifeste encore sous ce rapport ; mais après cet âge, les cellules pulmonaires seules s’agrandissent, et le canal aérien ne subit plus de modifications dans son calibre. Ainsi les cellules pulmonaires , comme l’a dit M. Magendie, vont continuellement en se développant à mesure que l’âge avance (5) , de sorte que pour les étudier , les sujets les plus vieux sont les plus convenables (4).
(1) On comprend que je ne puis ni ne dois entrer ici dans les détails propres à montrer jusqu’à quel point ces caractères peuvent indiquer qu’un enfant e.st venu au monde vivant. Je renvoie, pour l’éclaircissement de ce point de vue pratique, aux ouvrages de médecine légale, et particulièrement à ceux de Ploucquet et de M. Orfila.
(2) Le fluide amniotique est le liquide qui remplit l’intérieur de l’œuf, et dans lequel le fœtus est plongé.
(3) Il est faeile de concevoir ce résultat , car plus l’âge avance, plus les cellules pulmonaires subissent de dilatation dans les efforts respiratoires , plus elles mettent en jeu l’élasticité de leurs parois, plus par conséquent elles usent cette élasticité, et perdent de cette force de retour sur ellesmêrrjes qu’elles possédaient d’abord à un si haut degré.
(2) MM. Hockmann et Dechambke ont constaté que les cellules pulmonaires n’ont qu’un douxième de ligne de diamètre sur un enfant de 4 à 6 ans, que celles d’un adulte ont un huitième ou un sixième de ligne, et celles du vieillard un quart seulement.
Dès le troisième mois de la vie intra-utérine , on commence à distinguer les cartilages de la trachée et des bronches ; jusque là le canal aérien était simplement membraneux. La transformation cartilagineuse s'accomplit d’abord seulement sur les côtés dans la trachée artère , de sorte que, dans l’origine ce canal est dépourvu de cartilages en avant comme en arrière. Mais bientôt ces pièces latérales se réunissent en avant par une languette très mince et très peu élevée, qui acquiert successivement du développement en hauteur, jusqu’à ce que leurs cerceaux soientdevenus égaux, sous ce rapport, dans tous les points. Dans la vieillesse avancée, plus fréquemment chez l’homme que chez la femme, les cartilages de la trachée, le dernier surtout, subissent la transformation osseuse ; et, comme le remarque Fleischmann , le phosphate calcaire y est déposé d’abord latéralement , ou mieux , pour employer les expressions usitées, ils s’ossifient par deux points latéraux qui convergent l’un vers l’autre en avant, et qui finissent par se réunir.
V ariétés. Les poumons et le canal aérien manquent ordinairement chez les acéphales. Il est très rare de n’en rencontrer qu’un seul, ou de voir ces deux organes privés de trachée.
Dans la transposition des viscères, le poumon le plus volumineux , le poumon à trois lobes est à gauche et l’autre à droite.
Les poumons peuvent être lobés plus ou moins que de coutume.
Certaines anomalies vasculaires qui seront indiquées plus tard, introduisent dans les rapports des poumons, de la trachée
et des bronches avec les organes voisins , des modifications importantes (1).
Les cellules pulmonaires sont généralement plus larges chez l’homme c|ui s’exerce à des fonctions pénibles, ou qui fait habituellement de grands efforts , que chez celui cjui est placé dans des circonstances inverses. Pour des raisons analogues, elles sont plus grandes chez rhonime que chez la femme; Chez certains sujets, elles ne sont pas seulement dilatées , leurs parois
(i) Vt.yez y^rlériülogie,
358 AKATOMIE
sont encore plus ou moins détruites ou atrophiées {emphysème pulmonaire de haennec).
Les cerceaux cartilagineux de la trachée et des bronches peuvent être plus ou moins nombreux. Quelques-uns d’entre eux sont parfois réunis dans une partie de leur étendue , ou bifurqués vers une de leurs extrémités.
Action. Les poumons , immédiatement appliqués contre la paroi de la poitrine , la suivent dans tous ses mouvemens , se dilatent et se resserrent , quand elle se dilate et se resserre , pendant la respiration.
En se dilatant , le poumon raréfie Fair contenu dans ses cellules , et appelle ainsi à lui Fair plus dense qui est placé à Fentrée toujours béante du canal aérien. Toutefois, avant que Féquilibre soit parfaitement établi entre Fair extérieur et Fair intérieur , la colonne atmosphérique exerce une telle compression sur la trachée dans la région cervicale, qu’il ne fallait rien moins que la résistance cartilagineuse de ce canal , et les trois feuillets de l’aponévrose cervicale qui sont tendus audevant de lui ^ pour s’opposer à son affaissement en cette circonstance , et pour empêcher la gêne , l’impossibilité même de la respiration qui en eussent été la conséquence.
Bans les cellules pulmonaires, Fair est en contact presque immédiat avec le sang qui traverse les divisions capillaires de Farlère et de la veine pulmonaires, divisions qui parcourent les lobules et forment leurs cloisons; on conçoit par conséquent sans peine , qu’il lui imprime les modifications qu’il subit (i).
APPENDICE
Organes glandif ormes annexés à V appareil respiratoire.
Deux organes, le corps thyroïde et le thymus , dont on ignore les usages, sont placés au-devant du canal aérien, et ne peuvent guère être décrits qu’à son occasion.
(i) Du sang veineux renfermé dans une vessie parfaitement close, que j l’on plonge ainsi enveloppé dans l’oxygène ou dans l’air, subit l’action de | celui-ci à sa surface ; les parois de la vessie n’y apportent qu’un insulBsant | obstacle.
Corps thyroïde.
Le corps thyroïde, glande thyroïde des auteurs, est un organe impair, de la forme d’un croissant, place' transversalement dans la région cervicale, au-devant des premiers anneaux de la trachée artère et de la partie inférieure du larynx. Son volume et son poids sont sujets à beaucoup de variétés individuelles. Il est composé de deux parties latérales , renflées, qui constituent ses lobes , et dTine partie moyenne , étranglée, qu’on appelle \ isthme , disposition c|ui avait fait croire aux anciens qu’il nxisîe deux corps thyroïdes.
Sa face antérieure est convexe et recouverte par les muscles sterno-hyoïdiens , sterno-thyroïdiens, scapulo-hyoïdiens, peauciers et sterno-mastoïdiens , par l’aponévrcse cervicale et par la peau.
face postérieure concave, embrasse le larynx, la trachée, et se trouve spécialement en rapport avec les deux premiers anneaux de la seconde , avec la partie inférieure et latérale du premier , et avec les muscles constricteurs inférieurs du pharynx. Elle est unie à ces organes au moyen d’un tissu cellulaire très lâche, et n’adhère intimement qu’au premier an^^ neau de la trachée.
Son bord supérieur, très fortement échancré au milieu , est longé par les artères thyroïdiennes supérieures.
Son bord inférieur, convexe, donne naissance à des veines volumineuses qui descendent au devant de la trachée artère.
Ses bords latéraux reposent sur les artères carotides primitives , sur les veines jugulaires internes et sur les nerfs pneumogastrique et grand sympathique.
Structure. Le corps thyroïde n’a point de tunique particulière ; il est entouré par un tissu cellulaire condensé, qui se continue inférieurement avec le feuillet le plus profond de l’aponévrose cervicale.
Son tissu propre est ferme, résistant et de couleur /fe devin. Il est formé de granulations arrondies, creuses, réunies ensemble parmi tissu cellulaire serré et remplies d’une humeur viscpieuse jaunâtre. Toutes les cavités de ces granulations communiquent ensemble, suivant M. Cruveilhier.
Yater, Santorini, Coschwilz et plusieurs autres anatomistes, ont attribué au corps thyroïde un ou plusieurs conduits qui se termineraient dans le larynx ou dans la trachée ; mais ces assertions n’ont pas le moindre fondement.
Le corps thyroïde est remarquable par le nombre et le développement de ses vaisseaux : il reçoit quatre artères volumineuses^ deux supérieures, deux inférieures , les premières des carotides externes, les secondes des sous-clavières. Ses veines , très grosses e'galement, se rendent dans les jugulaires et dans la sous-clavière gauche ; les dernières forment, en descendant, un plexus remarquable, qui recouvre la partie ante'rieure de la trachée. Ses vaisseaux lymphatiques vont dans les , ganglions cervicaux.
Ses nerfs émanent des pneumo-gastriques et du grand sympathique.
Développement. Le corps thyroïde est, dit-on , primitivement formé de deux parties latérales distinctes, qui se réunissent plus tard. Ce qui est bien mieux établi, c’est qu’il paraît de très bonne heure, et que son volume est proportionnellement plus considérable chez le fœtus que chez l’adulte , quoique sous ce rapport cependant , les différences soient infiniment moins remarquables que le disent les auteurs.
Variétés. Le corps thyroïde est plus développé chez la femme que chez l’homme. Certaines localités, les gorges des montagnes surtout, paraissent favoriser son accroissement.
Le corps thyroïde devient c|uelquefois énorme et constitue le goitre , tumeur qui affecte tantôt l’organe tout entier , et tantôt seulement une de ses parties.
Quelquefois , chez l’adulte , on a trouvé le corps thyroïde séparé sur la ligne médiane , en deux portions distinctes.
On voit très souvent se détacher de sa partie supérieure, tantôt au milieu, tantôt sur ses parties latérales , un prolongement que Laloiiette appelait la pyramide, prolongement aplati, qui remonte vers Los hyoïde, et qui s’y insère au moyen d’un tissu cellulo-fibreux très serré. Lorsque cet appendice existe , on trouve ordinairement au-devant de lui un petit muscle particulier, cjui se fixe sur l’enveloppe de la glande elle -même et sur l’os hyoïde ou le cartilage thyroïde.
Action. Il est peu d’organes qui ait été le sujet d’autant
DES ORGANES RESPIRATOIRES, 34i
d’hypothèses , et d’hypothèses aussi bizarres et aussi absurdes que le corps thyroïde. On ignore absolument ses usages ; Ce qu’on a dit de son action relativement à l’hématose n’est rien moins que démontré.
Thymus.
Le thymus est un organe oblong et bilobé , placé derrière le sternum , à la partie supérieure et antérieure du médiastin.
En avant ^ il est convexe, marqué d’une rainure médiane, et en rapport avec le sternum, avec la partie inférieure des muscles sterno-hyoïdiens, sterno-tliyroïdiens et avec le feuillet profond de l’aponévrose cervicale.
En arrière^ il est aplati et répond à la trachée artère, aux veines thyroïdiennes inférieures et sous-clavière gauche, à la veine cave supérieure, au tronc brachio-céphalique, à la crosse de l’aorte , et au péricarde.
Sur les cotés ^ il est revêtu par les plèvres.
Son extrémité supérieure est partagée en deux lobes, le droit ordinairement plus gros que le gauche.
Son extrémité inférieure offre la même disposition.
Structure. Le thymus est enveloppé par une membrane cellulaire très mince. Son tissu est formé de granulations rosées, creuses et remplies d’un fluide visqueux et blanchâtre. Ces granulations , réunies ensemble à l’aide d’un tissu cellulaire lâche, forment des lobules, et ceux-ci les deux lobes qui ont été indiqués.
Bien que très analogues aux glandes sous le rapport de sa structure, le thymus n’a pas de canal excréteur; de sorte que si on veut absolument le ranger dans la classe de ces organes, on doit lui donner le nom mal sonnant de glande sans canal excréteur.
Les vaisseaux abondent dans le thymus : ses artères émanent de 1 aorte, des thyroïdiennes inférieures, des mammaires internes et des bronchiques^ ses veines leur correspondent parfaitement; ses lymphatiques se rendent dans les ganglions bronchiques.
Les nerfs thymiques viennent des pneumo-gastriques et du grand sympathique.
Développement. Le thymus n’existe que dans le jeune âge.'
Il se développe de bonne heure; et continue à croître en s’alongeant de haut en bas, jusqu’à l’âge d’un an à un an et demi ; puis il s’atrophie graduellement, et finit par disparaître en se transformant en tissu cellulaire. A douze ans, on n’en rencontre plus ordinairement aucune trace.
A l’époque de son plus grand volume , le thymus s’étend presque du corps thyroïde au diaphragme. Son atrophie procède de ses extrémités, de l’inférieure surtout, vers son centre; de sorte que, dans ce décroissement, il s’éloigne bien plus de la base que du sommet de la poitrine.
Action. L’action du thymus est probablement relative à la nutrition dans les premiers temps de la vie ; mais quelle est sa nature? on l’ignore absolument.