PREMIÈRE SECTION
Veines (2).
Les veines, cpÈs-|/ des Grecs, 'vena des Latins, sont les vaisseaux centripètes rouges. Leurs troncs s’abouchent directement avec le cœur et spécialement avec les oreillettes, qui sont appelées ca-
(1) Il résulte de cette disposition que les vaisseaux centirpètes ne peuvent, le’plus souvent, être injectés que des rameaux vers les troncs, et que leur étude est plus laborieuse et plus difficile que celle des artères.
(2) L^injection des veines est beaucoup plus difficile que celle des artères; la dispO'ition particulière des valvules empêche d^y procéder comme dans celles-ci, des troncs vers les rameaux ; il faut absolument agir en sens inverse, ce qui oblige à un très grand nombre d’opérations sur le sujet qu’on a choisi, et ce qui explique malheureusement trop bien la négligence qu’on apporte presque toujours à l’étude de ces vaisseaux.
Les matières que j’ai indiquées pour l’injection des artères, matières colorées en noir ou en bleu, sont très convenables ici.
Pour injecter les veines, il faut avoir à sa disposition une seringue munie de tubes de diverses dimensions, quelques-uns moins gros qu’un stilet ordinaire.
On choisira de préférence pour l’injection des veines un sujet âgé et maigre; on fera chauffer la matière à injection au degré ordinaire, un peu plus cependant quand on poussera par les tubes les plus fins, que lorsqu’on se servira des plus gros; autrement cette matière se refroidirait dans leur intérieur, et n irait pas plus loin. Pour éviter ( et inconvénient, je fais saisir les petits tubes avec une pince fortement chauffée qui leur communique son calorique, et les empêche de s’engorger. Il importe encore de pousser
vitës veineuses pour cette raison. Il y a deux espèces de veines: les unes rapportent du poumon vers !é cœur le sang qui a subi dans les premiers l’influence oxigénante de l’air; les autres
rinjection d’abord rapidement, et de presser seulement d’une manière soutenue, quand on commence à éprouver une certaine résistance.
Quoi qu’il en soit, voici comment on se conduira^dans les amphithéâtres pour injecter le plus de veines possibles sur le même cadavre, sans cependant multiplier par trop les opérations.
1 . On découvrira la veine fémorale au-dessous de l’arcade crurale, et l’on y placera un gros tube; puis on y poussera rapidement une quantité de matière égale à celle qu’on emploie pour injecter tout le système artériel.Cette première opération suffit ordinairement pour distendre la veine cave inférieuie^ les iliaques <primitivesy les iliaques externes et internes, les loni'baires^ las vénales^ \gs cupsulaires, les cliaphragmutiques inférieures^ l’ortgine des spermatiques y les veines sus-hépatiques, les cavités droites du Cceur, souvent les veines cardiaques, Varière pulmonairCy souvent par continuité les veines de ce nom, la veine cave supéneurcy l'origine des intercostales^ les sinus rachidiensy les sous-clavières y Vonginc des axillairesy les jugulairesy les ihyroidiennes et la faciale. De sorte que, dfit-on en rester là, ce serait déjà beaucoup pour Tétude des veines.
2. On fera une incision de deux pouces sur le trajet de la ligne blanche; on pénétrera dans l’abdomen; on attirera au-dchors une anse d’intestin grêle; on cherchera dans le mésentère une des uiiislons de la veine mésentérique supérieure; on isolera et on passera au-dessous d'elle un fil double ; oa ouvrira longitudinalement cette veine; on serrera le fil placé entre 1 incision et 1 intestin, et I on réservera l'autre pour fixer le tube dans le bout supérieur de ce vaisseau; après cjuoi on poussera l’injection sans trop de force et d’une manière soutenue vers le tronc de la veine porte ; de la sorte, le système de cette reine et toutes ses divisions se trouveront distendus.
5. On placera un tube de bas en haut dans la portion sus-plantaire des veines saphènes interne et externe, et l’on y poussera rapidement l’injection; de cette manière on remplira non seulement les veines superficiellesy mais GxxcocGlG^i veines profondes dix membre pelvien, veines qui ont entre elles de fréquentes anastomoses au pied et autour de l’articulation tibic'^tarsienne.
4. On placera successivement un tube moyen, de bas en haut, dans les veines externe et interne du dos de la main ; on poussera l’injection comme au pied ; et comme dans le membre pelvien, on remplira ainsi à la fois les reines superficielles et profondes.
5. Pour obtenir les veines du périnée et du bassin , il est nécessaire, ebez 1 homme, de pousser une injection dans le tissu érectile du gland et du corps caverneux du pénis,' en enfonçant au hasard d’avant en arrière le tube dans ces parties ; chez la femme, il faut agir de la même manière sur le corps caverneux du clitoris, et pousser ensuite dans une des veines dorsales de cet organe .
4g^ ANATOMIE
charrient vers le même point le sang résidu de la nutrition de tous les organes.
Les veines, comme les autres vaisseaux centripètes, ont la forme d’arbres pourvus de lacines mais privés de leurs hran~ ches et de leurs rameaux', une seule , la veine-porte , fait exception à cette règle, et présente un tronc, des racines et des branches. '
Physiologiquement considérées, les veines doivent être suivies de leurs extrémités capillaires vers leurs troncs; mais l’anatomiste qui les étudie, surtout sous le rapport de la forme et de la disposition , peut très bien procéder en sens inverse. Cette méthode adoptée par la plupart des auteurs, offre rincontestable avantage de permettre un mode descriptif analogue à celui des artères , et d’autant plus avantageux ici pour la mémoire des choses, que la plupart des veines sont satellites de ces vaisseaux.
Quoiqu’il en soit, les troncs des veines sont beaucoup plus nombreux que ceux des artères ; presque partout , en effet, non seulement on en rencontre qui suivent ceux-ci et qui souvent même sont doubles pour chacun d’eux ; mais encore il en existe un bon nombre d’autres, surnuméraires en quelque sorte, qui sont exempts de tout rapport avec eux.
Les veines sont généralement plus superficielles que les artères quels que soient leurs rapports avec elles, qu’elles soient éloignées de ces vaisseaux, ou qu’elles leur soient accolées.
A leur extrémité périphérique, les veines se continuent avec les artères , avec les conduits excréteurs dans certains organes ,
t aussi dans des points déterminés avec les vaisseaux lymphatiques. Bans les tissus érectiles comme ceux de la rate, des corps
6 Enfin, pour bien distendre les veines de îa langue, de la face et de la iTgîon parotidienne, il faut pousser une injection de haut en bas dans les veines ranine frontale et temporale.
Que si on désire étudier d'une manière plus complète le système veineux, il convient d’employer des tubes beaucoup plus fins que ceux dont j'ai parlé jusqu’ici, et de pousser une injection au vcrni»s dans les peîites veines dans lesquelles on réussît â les engager. On peut encore souvent avec avantage sc servir de mercure , et procéder à l’opération, comme je le dirai à l’occasion des vaisseaux lymphatiques.
J’ai souvent réussi à injecter les veines remarquables des doigts, en y poussant les substances précédentes des branches vers les rameaux.
DES ORGANES CIRCULATOIRES. 4g^
caverneux etc., cette extrémité est marquée par une disposition areolaire particulière que j’ai précédemment décrite.
A leur extrémité centrale elles sont aboucliées avec les oreillettes du cœur.
Dans leur trajet , les veines offrent ça et là des dilatations et des rétrécissements qui leur donnent une apparence noueuse que n’ont point les artères : leurs renflemens répondent en général à la face concave et leurs létrécissemens à la face convexe des valvules intérieures. Les veines ont entre elles plus d’anastomoses que les artères ; elles sont même si multipliées dans certains points , qu’elles donnent naissance à des plexus dont la disposition, sans etre essentiellement érectile, a pendant beaucoup d analogie avec cette organisation.
La plupart des veines sont pourvues de valvules analogues pour la forme aux valvules sigmoïdes de l’aorte et de l’artère pulmonaire. Ces valvules sont très fines , demi-transparentes , r éunies deuxadeuxj rarement isolées, plus rarement encore au nombre de trois dans le même point. Une de leurs faces, concave, regarde le cœur ^ tandis que l’autre, convexe, est tournée vers le système capillaire. Un de leurs bords est convexe etadhérentj l autre, est concave, libre et dirigé vers le cœur. Ces replis , véritables soupapes destinées à favoriser la circulation en brisant la colonne du sang, sont plus nombreux dans les veines des membres pelviens que dans celles des membres abdominaux • et , en outre , comme je l’ai démontré , contrairement aux assertions des auteurs, ils sont plus multipliés dans les veines profondes que dans les veines superficielles.
Structure. Les parois des veines sont moins épaisses , plus souples et plus molles que celles des artères. Elles sont plus dé- \eloppees dans les veines superficielles que dans les profondes, dans celles des membres que dans celles du tronc , dans les veines des pailles inféiieuies que dans celles des parties siipéiieures.
Tl ois membianes superposee.s constituent les parois veineuses, indépendamment de la gaine îaclie dont les entoure encore le tissu cellulaire voisin.
Leur membrane externe est fibro-cellulaire comme celle des artères, mais beaucoup plus mince et beaucoup moins résistante qu’elle.
Leur membrane moyenne, la plus importante des trois, est formée de fibres longitudinales et circulaires, celles-ci infiniment plus rares que celles-là , et seulement apparentes dans les gros troncs veineux. Elle est très extensible et formée
de tissu fibreux jaune élastique»
Leur membrane interne, mince et transparente comme celle des artères, est moins fragile cju^elle ; elle ne se rompt pas comme elle sousTaction d’une ligature appliquée sur le tube auquel elle appartient; c’est celte membrane qui forme les valvules.
Toutes les veines, du reste , n’ont pas la même structure : quelques-unes , celles du foie , de l utérus , sont réduites a leur membrane interne fortifiée en dehors par le tissu propre de ces organes ^ d’autres , les sinus de la duie-mere , n ont comme celles-ci que la membrane interne du système veineux, et sont fortifiées en dehors par une membrane fibreuse.
Les parois des veines reçoivent beaucoup de ^asa vasorum ; des nerfs s’y rendent également, mais ils y sont infiniment moins nombreux que dans les parois artérielles.
Développement. On a dit que la formation des veines est pos* térieure à celle des artères ; mais cette assertion n est fondée que pour la veine ombilicale ; partout ailleurs on voit ces vaisseaux se développer comme les artères et en même temps qu’elles. Petites chez l’enfant, elles sont relativement aux autres organes très grandes et très développées, au contraire, chez le vieillard.
Variétés. Sans doute la coupable habitude qui porte généralement à négliger l’étude des veines, a souvent fait considérer comme anormales des dispositions veineuses qui n’ont rien moins que ce caractère ; mais il est cependant très exact de dire, que les variétés individuelles des veines sont beaucoup plus nombreuses que celles des artères. Ces variétés établissent très souvent plus d’analogie qu’il en existe dans 1 état normal entre le système veineux et le système artériel.
Quoi qu’il en soit, il existe deux classes de veines , comme je l’ai dit : les veines pulmonaires et \qs veines générales.
5oi