‹ Nouveaux élémens d'anatomie descriptiveChapitre 72 sur 88 · NERFS DE LA VIE ORGANIQUE · texte numérisé non relu

NERFS DE LA VIE ORGANIQUE

(Grand sympathique des auteurs; trisplanchnique. Chauss.)

Le grand sympathique, ( système des nerfs végétatifs ou ganglionaires , nerf intercostal , etc. ) est particulièrement destiné à la membrane muqueuse , au cœur et aux principaux organes splanchniques; de manière à tenir sous sa dépendance les sécrétions , la circulation et les actions organiques les plus importantes de l’économie.

Cette partie du système nerveux est représentée par un long cordon renflé de distance en distance , et accolé aux parties latérales du rachis depuis la tête jusqu’au coccyx.

On a long-temps discuté sur la véritable origine de ce nerf : Galien , Ch. Étienne Kaw ^ Valsalva le font venir de la cinquième paire; Vèsale le considère comme une dépendance du pneumo-gastrique ; Riolan et Rergen le font dériver de la moelle épinière ; Eustachi , JVillis , Morgagni et Huher placent son origine dans la sixième paire ; d’autres l’attribuent à la fois à plusieurs nerfs, Bidloo à la cinquième , à la sixième, à la septième et à la huitième paires, Hèisler., Sanlorini, Schmiedef Meckel V ancien.^ Ridley, Cowper, kFalther , Ivanoff., Neuhauer et Sœmniering à la cinquième et à la sixième paires seulement , Wvisherg eiScarpa à la cinquième, à la sixième paires crâniennes et à toutes celles du , Lieutaud Qi Autenriethk tous les nerfs

cérébro-spinaux ; Burdach suppose, au contraire, qu’il procède des organes intérieurs, et qu’il se termine dans tous les points

du système cérébro-spinal ; Bichat enfin, Ta représenté comme lié seulement par des anastomoses avec le système cérébro-spinal, et comme jouissant d’une existence indépendante delà sienne. Aujourd’hui on s’accorde généralement à lui attribuer autant de racines dans le système cérébro-spinal, qu’il a de cordons de communication avec les nerfs qui appartiennent à ce système, au niveau des trous qui les transmettent hors de la cavité céphalo-rachidienne.

De la sorte , comme l’observe Béclard , semblable à ces tiges souterraines ou rhizomes articulés qui à chaque nœud présentent d’un côté des racines et de l’autre des rameaux qui s’en écartent à angle droit , le grand sympathique a ses racines en dehors dans les nerfs céphalo-rachidiens , et fournit en dedans ses branches et ses rameaux organiques. En réalité , le grand sympathique , comme je l’ai déjà fait entrevoir , est formé par des branches émanées des nerfs cérébro-spinaux , et modifiées ensuite par leur mélange avec la substance ganglionaire , qui rend leur action indépendante, jusqu’à un certain point, de l’influence cérébrale. Chacun de ces nerfs, en effet, se divise en sortant de la cavité céphalo-rachidienne en deux ordres de rameaux, \es cérébro-spinaux proprement dits, pour les organes de la vie animale, les autres , sympathiques^ pour les viscères voisins.

Chaque renflement ganglionaire du grand sympathique possède au moins deux racines dans le système cérébro-spinal , l’une venant, comme Muller et Wutzer 1 ont établi, dun nerf sensitif f ou des filets sensitifs d’un nerf à la fois sensitif et moteur y l’autre en relation avec un nerf moteur , ou avec les filets moteurs d*un nerf à la fois moteur et sensitif. En un mot, ce que j’ai dit plus haut, sous ce rapport, avec M. Longet, pour les ganglions placés sur le trajet de la cinquième paire, ne s’applique pas seulement à ceux-ci , on le retrouve dans tous les autres ganglions sympathiques.

Rigoureusement parlant, puisque le nerf grand sympathique puise à chaque instant de nouvelles origines dans les nerfs cérébrospinaux, on conçoit qu’il puisse présenter des interruptions, sans qu’il en résulte de graves inconvéniens. Toutefois la nature ne l’a pas voulu ainsi , sans doute , pour maintenir entière cette solidarité qui réunit les organes les plus éloignés et les plus dis-

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semblables , et qui fait le caractère le plus frappant de Torganisine. Aussi les scissions du grand sympathique ne sont-elles presque jamais réelles qu’en apparence. Long-temps on a cru, par exemple, que ce nerf en présentait une dans la région cervicale , chez les oiseaux; mais des observations ultérieures de M. Blainville sont venues détruire cette croyance , en montrant que si le grand sympathique de ces animaux n’a pas ce long cordon qui réunit chez nous le ganglion cervical supérieur avec rinférieur, au devant des apophyses transverses des vertèbres; en revanche, il est bien mieux partagé que le nôtre, sous le rapport des filets qui sont renfermés dans le canal des apophyses précédentes, filets qui établissent une très évidente communication entre les ganglions en apparence séparés.

Dans les difïérentes parties de son trajet, surtout au niveau de ses renllemenls ganglionaires, le grand sympathique fournit de nombreux rameaux , qui se multiplient en raison directe de la variété et du développement des organes végétatifs qui occupent la région dans laquelle on les obsei^ve. Mais il existe cette différence entre eux, c[ue les uns se rendent directement à leur destination , tandis cjue d’autres traversent auparavant plusieurs ganglions , s’y fondent, s’y décomposent et s’y recomposent, de manière à se soustraire davantage à l’action cérébrale, et à rendre plus indépendantes de la volonté les fonctions des organes auxquels ils vont en délinitive se distribuer.

De cette dernière circonstance sont nés des ganglions placés hors de rang, dans le thorax et surtout dans l’abdomen, entre les deux grands sympathiques, et vers la ligue médiaiieo Cependant CCS ganglions plus ou moins exactement impairs, ne sont pas tous aussi éloignés du système cérébro-spinal par leurs racines qu’il semble au premier abord : en effet, indépendamment des relations qu’ils ont avec ce système parie moyen des cordons latéraux du grand sympaüiique, plusieurs d’entre eux , comme M. Longet le fait remarquer, y puisent encore d’autres origines plus immédiates; ainsi , le ganglion cardiaque trouve de nouvelles racines sensitives dans les fdets c]ue lui donne le nerf ])iieuino-gastriquc au col, et des racines motrices dans ceux du récurrent; ainsi , le ganglion semi - lunaire possède une nouvelle racine sensitive dans le nerf pneumo-gastrique droit , et une racine motrice dans le nerf plu énique.

DES CORDONS NERVEUX. 7i5

Les rameaux du grand sympathique sont remarquables par leurs fréquentes anastomoses , par les plexus serrés qu’ils forment autour des artères , par leur couleur grisâtre, par leur résistance (i) et par leur apparence ganglionaire, caractères qui y sont même d’autant plus prononcés, qu’ils s’écartent davantage du cordon latéral du nerf. Ces rameaux se dirigent presque toujours vers les organes , en suivant les artères qui s’y rendent et jamais les veines, si ce n’est dans le foie où ils accompagnent la portion artérieuse de la veine porte , ce qui a fait supposer qu’ils sont plutôt destinés à ces vaisseaux qu’au tissu même des organes. Toutefois les recherches de Scarpa , et cette circonstance que certaines parties , les reins, les intestins grêles , par exemple , n’ont pas d’autres nerfs que ceux-là , suffisent pour établir combien cette doctrine est erronée; on peut même assurer, au contraire, que les artères sont presque entièrement étrangères à leur distribution, et qu’elles ne sont guère que les moyens à l’aide desquels ces nerfs parviennent dans les organes pour s’y terminer. L’opinion inverse impliquerait au moins la croyance, que les artères du tronc sont privilégiées sous le rapport des nerfs qu’elles reçoivent^ car on est bien forcé de reconnaître que celles des membres sont étrangères au grand sympathique.

Placés sur la ligne médiane , les plexus les plus remarquables des nerfs sympathiques établissent une véritable fusion entre les deux systèmes auxquels ils appartiennent , quelquefois même entre ces deux systèmes et certains nerfs cérébro-spinaux, dans lesquels ils puisent ainsi de nouvelles racines, comme je l’ai dit ; le pneumo-gaslrique peut surtout etre cité en exemple de ces communications ; il a d’ailleurs une grande analogie de forme et d’action avec le grand sympathique , il tend a s’identifier avec lui, et présente un développement inverse du sien dans les animaux.

D’ailleurs , ce n’est pas seulement dans leur trajet que les deux nerfsgrands sympathiques sont réunis ensemble au moyen de leurs rameaux internes , ils se confondent encore à leurs extrémités opposés : au-devant du coccyx , sur la branche cV arias-

(i) Nulle p.Trt ils n’offrent cette mollesse qui leur a fait très improprement appliquer la qualification de nwvl molles.

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tomose des deux artères sacrées latérales , et dans le crâne, sur V artère communicante antérieure^ ainsi que je m’en suis plusieurs fois assure'.

Structure. Il y a deux choses à étudier dans le grand sympathique envisagé sous le point de vue de la structure : le tissu qui le forme inte'rieurement , et la membrane qui protège celui-ci à i’exte'rieur.

I® Tissu intérieur du grand sympathique. Ce tissu est identiquementle même dans toutes les parties de ce remarquable système, dans les ganglions comme dans les rameaux qui s’y rendent ou qui en partent ; seulement dans certains points tel élément y est prédominant , tandis qu’ailleurs tel autre Temporte au contraire. Or, ce tissu résulte de la réunion de deux éléments distincts , de substance nerveuse proprement dite et de substance ganglionaire.

La substance nerveuse du grand sympathique est la même que celle qui entre dans la composition des autres nerfs : elle est blanche, elle se comporte avec les acides et les alcalis comme la substance blanche du cerveau, et est disposée sous forme de filaments plus ou moins séparés les uns des autres, plus ou moins pressés par la substance ganglionaire interposée. Cette substance est généralement très apparente dans les racines et dans les premières divisions du grand sympathique ; mais il est beaucoup plus difficile de la suivre dans les rameaux les plus éloignés, dans ceux qui ont traversé successivement plusieurs ganglions. On la reconnaît moins facilement dans les ganglions que dans leurs cordons, quoiqu’elle existe dans les uns et dans les autres , et que sa continuité ne soit jamais interrompue , suivant la plupart des anatomistes.

La substance ganglionaire combinée dans le grand sympathique avec la substance nerveuse, forme la différence qui sépare si complètement ce nerf de tous les autres. Cette substance est grisâtre ou rougeâtre , et remarquable par sa densité. Elle est très abondante, bien plus surtout que la matière nerveuse. Elle existe partout ; plus abondante dans les ganglions , elle y pénètre les filets nerveux, et empêche souvent de les bien distinguer ; plus rare, au contraire, dans les cordons, elle y voile moins la substance blanche. L’abondance de la substance ganglionaire va croissant relativement à la substance nerveuse , à

mesure que les rameaux du grand sympathique sont plus éloignés du tronc de celui-ci , et qu’ils ont fourni à un plus grand nombre d’organes ; en effet , les filets de la substance nerveuse de ces rameaux se perdent seuls dans les trames organiques , tandis que la matière ganglionaire reste étrangère à cette terminaison. Aussi comprend-on facilement d’après cela, pourquoi la diminution de ces cordons n’est pas clairement proportionnelle a la distribution successive de leurs divisions j pourquoi, près de leur terminaison, ils offrent encore un volume qui surprend , et que n’offriraient certes plus depuis long-temps des nerfs du système de la vie animale ; pourquoi enfin , ils prennent de plus en plus la teinte grise et l’apparence ganglionaire que tout le monde leur connaît.

Mais quelle est la véritable nature de la substance grise du grand sympathique et des autres ganglions nerveux? On ne le sait pas bien positivement. C’est un tissu cellulaire infiltré d’une matière gélatino-graisseuse , suivant Scarpa ; elle ressemble beaucoup à du tissu cellulaire induré , suivant Béclard ; on ne peut rien en dire de plus positif dans l’état actuel de la science.

2^ Membrane extérieure du grand sympathique. Cette membrane paraît être de la même nature que le névrilemme des nerfs cérébro-spinaux ; elle se continue sans aucune interruption des racines vers les ganglions et vers les rameaux de ce système. Kendez-vous de tous les vaisseaux qui doivent pénétrer la substance intérieure de ces nerfs, elle sert de soutien à leur réseaux et ne les laisse pénétrer plus profondément, que lorsqu’ils ont acquis un certain degré de ténuité.

Développement. Les nerfs sympathiques se développent de très bonne heure , avant même les autres parties du système nerveux j ce qui est conforme à la précocité de la formation des organes splanchniques auxquels ils appartiennent. Suivant Akermann, c’est d’abord le ganglion cardiaque et le plexus solaire qui apparaissent ; les cordons latéraux du grand sympathique ne se développent que plus tard.

A trois mois de la vie intra-utérine , on distingue très bien les diverses parties de ce système ; elles ont une teinte rougeâtre très prononcée. Chez le vieillard , au contraire , les ganglions et les rameaux du grand sympathique deviennent pâles, et beaucoup plus durs que chez l’adulte.

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On rencontre ce nerf bien développé chez les acéphales, et chez les monstres qui sont privés à la fois du cerveau et de la moelle épinière.

Action. Bien des hypothèses ont été émises, bien des doctrines ont été professées touchant les fonctions du grand sympathique. Les uns , Vieussens , Lancisi , Winslow , Jonhslone , Lecat., Petit., Bichatf Reil, Wutzer, Broussais., etc. , ont fait de ses ganglions autant de centres d’action ou d’impulsion indépendant#; les autres^ Tf^illis , Meckel , Zinn, Haase , Scarpa , etc., l’ont considéré comme puisant son action dans l’axe cérébro-spinal, mais aussi comme destiné à modifier l’influence de ce centre nerveux sur les organes, par ses divisions , ses recompositions successives et par les combinaisons nouvelles qui en résultent.

Cette dernière opinion est la plus généralement admise aujourd’hui; la matière ganglionaire qui pénètre de toutes parts le grand sympathique et qui entoure ses filets, paraît, en effet^avoir pour usage de séparer du moi, jusqu’à un certain point, les organes auxquels il se distribue , d’empêcher que nous ayons la conscience de toutes les modifications intérieures qui résultent de l’accomplissement des plus iniportantes fonctions , et de soustraire à l’empire de notre volonté l’action des organes qui sont les instrumens de ces fonctions. On conçoit au reste facilement, combien de telles dispositions sont favorables à la conservation de l’individu : la circulation, la iiutrilion , les sécrétions , etc. , eussent été continuellement troublées, si elles avaient dû subir les influences variées et contraires qui agitent à chaque instant le système cérébro-spinal.

Les nerfs sympathiques président à la fois à la sensibilité et aux mouvements des organes intérieurs ;jaussi sont-ils également pourvus de filets sensitifs et de filets moteurs, comme je l’ai fait remarquer en parlant de leurs origines dans le système cérébro-spinal.

Quoi qu’il en soit des idées que l’on se forme du grand sympathique , la meilleure manière de le décrire, celle qui est le plus généralement adoptée, consiste à le considérer successivement dans les régions céphalique , cervicale, thoracique et abdominale, de manière à bien faire apprécier ses relations d’origine avec les nerfs qui sortent delà cavité céphalo-rachidienne dans chacune de ces régions.

ORDRE PREMIER

Portion céphalique du grand symphatique.

L’existence de La portion cëplialique du grand sympathique est encore un grave sujet de contestations parmi les anatomistes. Ce n’est pas qu’au fond ils différent beaucoup d’opinion touchant les faits qui forment aujourd’hui le domaine de la science sousce rapport^ seulementils ne s entendent pas sui la mauieiede

les présenter, sur la méthode qui doit présidei a leui oïdination.

Comme je l’ai dit précédemment, les premiers qui aperçurent le grand sympathique, le faisaient dériver de la tete ] mais ils n’accordaient pas à ce système de portion propre à cette partie.Plus tard, la découverte du ganglion ophtalmique, les tiavaux de Meckel sur le ganglion sphéno-palatin, ceux de M. Ribes sur la corde du tympan, etc. , changèrent les idées cà cet égard: on admit généralement que le grand sympathique s’étend à la tête, comme au thorax et à l’abdomen, et on lui imposa la dénomination

de trisplanchiiique Y>ou.Y cette raison.

Cependant les deruieis travaux d’Arnold sur les ganglions de la tête ont un peu ramené les esprits a la première doctrine ; car les ganglions opAtnl/nn/ue, sphéno-palalin, otiijue, etc, y sont considérés comme constituant un petit système à part, differ ent de celui dugrand sympathique, et propreaux organesdes sens. Mais je me hâte de le" dire, je ne partage pas, à cet égard, la manière de voir de ce savant distingué. Les raisons sur lesquelles ri s’appuie pour fonder sa théorie, ne sont rien moins que concluantes. La destination spéciale aux organes des sens des ganglions indiqués, ne les empêche pas plus de faire partie du grand sympathique, que la distribution des ganglions semi-lunaires aux organes de la digestion et de la sécrétion urinaire ne sépare ceux-ci du même rrerf; les uns et les autres exercent la même influence sur les parties auxquelles ils sont liés. Que si l’on objectait que les ganglions des organes des sens sont plus pauvres de substance grise que les autres, je dirais que la nature en a disposé ainsi, pour laisser au centre cérébro-spinal une part plus

grande d’influence sur les actions de ces organes, que sur la digestion, la circulation , etc.

Sans parler des liens qui rattachent les garighons sensoriaux

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à la série des autres ganglions du grand sympathique, aujourd’hui que tout le monde est d’accord pour reconnaître que la base du crâne est formée par la réunion d’un certain nombre de pièces vertébrales, surtout après ce que j’ai dit de î analogie des nerfs crâniens et des nerfs rachidiens , n’y aurait-il pas inconséquence à refuser d’admettre qu’au niveau des dillerentes vertèbres du crâne, il existe une portion du grand sympathique qui a les relations ordinaires avec les nerfs qui sortent de cette cavité?

Quoi qu’il en soit, la portion céphalique du grand sympathique se compose surtout des ganglions ophtalmique , sphéno-pa'latin^ otique, sous-mdxïllaire et sublingual. En outre, le ganglion cervical supérieur lui appartient aussi pour quelque chose j elle l’a en commun avec la portion cervicale; comme celle-ci partage, d’autre part, le ganglion cervical inférieur avec la portion thoracique du même nerf.

Ganglion ophtalmique. Ce renflement forme le premier anneau de la chaîne des ganglions céphaliques. Placé sous la base du crâne , près de la fente sphénoïdale, véritable trou de conjugaison constitué par les vertèbres sphénoïde antérieur et sphé^ no'ide postérieur., il est bien analogue, sous ce rapport, aux ganglions de la portion thoracique du grand sympathique. En outre , lié par deux racines , l’une sensitive , l’autre motrice, avec deux des nerfs qui traversent la fente sphénoïdale et qui représentent la première paire des nerfs vertebro-crâniens, il est disposé à l’égard de cette paire , comme le sont les ganglions thoraciques à l’égard des nerfs dorsaux. Il communique directement avec le ganglion cervical supérieur par l’intermediaire du plexus caverneux, et avec le ganglion sphéno-palatin par un filet qui a été décrit par Tiedemann.

Ganglions sphéno-palatin j otique ^ sous -maxillaire et sublinguale Ceux-ci sont, en quelque sorte, le produit delà scission du second ganglion céphalique du grand sympathique. Ils représentent ensemble le second anneau de la chaîne des ganglions céphaliques. Ils sont placés au-dessous du crâne, plus ou moins près de la vertèbre sphénoïde postérieure., et sur le trajet des nerfs qui traversent cette vertèbre ou qui passent en arrière d’elle , ( le maxillaire supérieur ^ le maxillaire inférieur et \e facial), nerfs qui constituent la deuxième paire des nerfs vertébro-crâniens.

Chacun d’eux communique, de son côté, par deux racines, une sensitive et l’autre motrice , avec les cordons de même nature de cette paire. D’autre part, ils émettent des filets organiques pour les parties renfermées dans les cavités viscérales voisines, et communiquent par des filets spéciaux avec le ganglion cervical supérieur. Du reste, la scission de laquelle résultent ces quatre petits ganglions séparés , n’a pas droit de surprendre ; elle a été rendue nécessaire par la dispersion remarquable des cordons nerveux dont l’ensemble constitue la paire vertébrocrânienne à laquelle ils appartiennent, et surtout par l’état de séparation complète des organes qui devaient recevoir leurs filets.

Le ganglion cervical supérieur que j’appellerai céphalo-cervical, pour exprimer la part égale qu’il prend à la formation des portions céphalique et cervicale du grand sympathique, est le dernier anneau de la chaîne que je décris. Son extrémité supérieure est voisine de la dernière vertèbre crânienne, V occipital, comme celle du ganglion cervical inférieur est voisine de la dernière vertèbre du col. Il est uni par trois racines que j’ai décrites, et sur lesquelles je reviendrai plus tard, deux sensitives et une motrice,avec le glosso- pharyngien^ le pneumo-^gastrique et le grand hypoglosse, trois des quatre nerfs qui sortent du crâne près de la vertèbre indiquée, et qui forment la troisième et dernière paires des nerfs verlébro-crâniens. En outre , il communique avec tous les autres ganglions céphaliques, comme on l’a vu, et comme je le dirai plus plus loin, à l’occasion de sa description spéciale.

ORDRE SECOND

Portion cervicale du grand sympathique.

Au premier abord la portion cervicale du grand sympathique paraît présenter ce remarquable caractère, que le nombre de ses ganglions n’est pas en rapport, comme on l’observe ailleurs, avec celui des nerfs rachidiens de la région. Il y a plus meme, c’est à peine si cette portion, comme on a l’habitude de la considérer, est pourvue d’un seul ganglion qui lui soit réellement propre ; car, d’un côté, le ganglion cervicalsupérieur a des relations tellement nombreuses avec les nerfs crâniens, qu’on pourrait à bon droit

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rattribuer à la portion céphalique du grand sympathique, tandisque d’autre part, non seulement le ganglion cervical moyen manque souvent, mais encore le ganglion cervical inférieur, confondu, comme on le verra, avec le premier ganglion du thorax, appartient bien plus à cette région qu’au col.

Mais en examinant un peu plus profondément les choses, on ne tarde pas à s’apercevoir que ce défaut d’harmonie n’est qu’apparent. Effectivement le grand sympathique est scindé au col en deux parties bien distinctes : Tune placée dans l’espace carotidien, sur le trajet des vaisseaux de ce nom, l’autre reléguée sur l’artère vertébrale, dans le canal des apophyses transverses des vertèbres. Ces deux parties développées en raison inverse l’une de l’autre, se suppléent souvent d’une manière plus ou moins complète : chez les oiseaux, par exemple, la partie extérieure, que nous sommes habitués à considérer comme formant le véritable cordon cervical du grand sympathique, manque entièrement, l’autre existe seule ; chez nous, au contraire, la partie du grand sympathique qui occupe le canal des apophyses transverses cervicales est beaucoup moins apparente, mais son existence ne saurait être contestée; et, comme l’a montré M. Blainville , pourvue d’autant de petits ganglions à peu près qu’il y a de nerfs cervicaux , elle envoie à chacun de ceux-ci deux filets de communication très remarquables ; du reste, elle est unie en haut avec le ganglion cervical supérieur, et en bas avec l’inférieur.

Sur un sujet que j’ai récemment examiné, l’importance de cette portion vertébrale du grand sympathique était telle , qu’elle paraissait être la véritable continuation de ce nerf, et que sls^n cordon extra-vertébral représentait seulement le tronc commun des nerfs cardiaques. Celle-ci , en efî’et , dépourvue de ganglion cervical moyen, ne communiquait avec le premier ganglion thoracique que par un filet très grêle ; puis, en descendant, elle recevait, de l’autre, deux gros rameaux et s’épuisait presque entièrement dans la production des nerfs du cœur. Quoi qu’il en soit , comme on le fait ordinairement , je n’attribuerai à la portion cervicale du grand sympathique que trois ganglions , un supérieur, un moyen, un autre inférieur , et je décrirai comme en dérivant les deux portions superficielle et profonde de ce nerf.

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Ganglion ceivical supérieur.

Le ganglion cervical supérieur, oliraire ou fusiforme des auteurs, placé au-dessous de la base du crâne, au-devant des premières vertèbres cervicales, appartient beaucoup plus par ses relations anastomotiques aux nerfs crâniens qu’à ceux du col ; peut-être même, comme je le ferai mieux sentir plus bas, faitil plutôt partie de la portion céphalique que de la portion cervicale du grand sympalliique.

Quoi qu’il en soit, ce remarquable ganglion est olivaire ou plutôt fusiforme, et sensiblement aplati d’avant en arrière. Il est verticalement dirigé. Sa longueur varie de dix à quinze lignes environ ; son extrémité supérieure est éloignée de dix à douze lignes de la base du crâne. Son volume est supérieur à celui des autres ganglions cervicaux. Il est quelquefois double, (Lobstein) ; d’autres fois il est seulement bifurqué inférieurement. En arrière, il est appuyé sur les muscles grand droit antérieur de la tête et long du col. En avant, il est recouvert par l’artère carotide interne, et croisé dans sa direction par le nerf glosso-pliaryngien et par le laryngé supérieur qui lui adhère immédiatement. En dedans, il répond au pharynx et à l’artère pharyngienne inférieure. En dehors , il avoisine le nerf pneumo gastrique et la veine jugulaire interne. De toutes parts, il est entouré d’un tissu cellulaire lamelleux fort lâche et presque entièrement privé de vésicules adipeuses.

Ce ganglion, un des plus importans de l'économie par ses nombreuses relations avec une foule d’organes, foui nit ou reçoit des rameaux par ses parties antérieure, externe, interne, supérieure et iaféi ieure.

Rameaux antérieurs. Ges rameaux sont très nombreux ; un ou deux offrent souvent un volume considérable. Ils se dirigent en bas et en avant, gagnent la face interne de l’artère carotide externe, se réunissent à deux longs filets du nerf giosso-pharyngien qui descendent sur la face antérieure de l’artère carotide interne, et à cjuclques antres plus petits qui énranent du nerf laryngé supérieur, parviennent à l’angle de hifurcation de la carotide primitive, et donnent naissance au plexus carotidien.

Le plexus carotidien est particulièrement destiné au tronc de

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