‹ Nouveaux élémens d'histoire générale, rédigés sur un plan méthodique et entièrement neufChapitre 112 sur 277 · TOUTE-PUISSANCE DE ROME · texte numérisé non relu

TOUTE-PUISSANCE DE ROME

ÉVENEMENS.

rome. —88. Guerre pontique. — 87. Guerre civile entre Marius et Sylla. — 81. Proscriptions de Marius et de Sylla. — 85. Révolte de Seridrius. — 75. Guerre des Esclaves; Spartacus. —65. Conjuration de Calilina. — QA. Mort de Mithridate.— 60. Premier Triumvirat. — 58. Conquête des Gaules par Jules- César. — Rivalité de César et de Pompée. — 44. Mort de César. —45. Second Triumvirat.— TA. Bataille navale d'dctium.— 50. Réduction de l'Egypte en province romaine. — 29. Octave empereur.— 4. Naissance de Jésus -Christ.

Deuxième siècle littéraire d'Auguste.

découvertes. — 98. Premiers combats des éléphans à Rome.

— 89. Aérolithes en Chine. — 65. Tachy graphie, par Cicéron.

— 60. Lois des flux et des reflux, découvertes par Possidonius qui essaie de mesurer la circonférence de la terre. — 50. Mines de mercure à Âlmadeh , en Espagne. — 45. Réforme du calendrier par Sosigène. — 7. Usage des codicilles, par Auguste.

— 6. Cycle lunaire ou nombre d'or.

firtaefÊ'e politique e©BBti»e MitBii'iflafe.

— Causes. — Le Pont avait anciennement lait partie de l'empire perse. Dans la suite il devint un royaume sous sa protection. îl fut fondé dans le 5e siècle avant J.-C, par Artabaze, un des satrapes qui ôtèrent la couronne et la vie au mage Smerdis. Ce roi, qui prétendait descendre d'Àchémènes, l'un des

234 1er SIÈCLE.

anciens rois de Perse, fut le chef delà dynastie des Ackéménides. Mitliridate IV était un de ses descendais; il était monté sur le trône en 123. Il avait, à l'époque dont nous parlons, 45 ans. Sa jeunesse fut exposée aux embûches de ses tuteurs; il les évita heureusement, et par l'usage des antidotes, et par sa vie vagabonde. Après avoir ainsi vécu sept ans à s'endurcir le corps à toutes sortes de fatigues, il prit en main la conduite de son royaume. Egal en taîens militaires aux plus grands capitaines de l'antiquité, il conçut un plan vaste, pour l'exécution duquel il comptait sur les peuples du Nord ; il voulait réunir en une ligue les peuples qui habitaient les pays situés depuis le" Don jusqu'aux Alpes, seconder leur courage par sa tactique savante et tomber avec eux sur Y Italie; son grand génie, d'ailleurs, était appuyé de soldats qui savaient braver les privations de la vie et l'intempérie des saisons. L'irruption des Chnbres et des Tentons, les guerres contre Jugurllia, lui offrirent une occasion favorable pour s'emparer delaCappacloce; il assassina Ariaratke , roi de ce pays, s'empara de ses états et y établit un de ses fils. Les Romains embrassèrent la cause de la veuve d'Jriarathe, et envoyèrent Sylla pour placer Ariobarzane sur le trône. Mitliridate, lié à Tigrane, roi d'Arménie , se vengea de cet affront en dépouillant successivement Ariobarzane et Nicomède, roi de Bithynie; les deux princes dépouillés allèrent se plaindre à Rome même ; on les replaça sur leur trône, et Nicomède fit quelques courses sur les terres du roi de Pont. Mitliridate se plaignit vainement aux Romains; la guerre fut déclarée à la satisfaction des deux partis. Cette guerre politique , qui dura 24 ans, peut se diviser en six époques.

DÉVELOPPEMENT

Dans la première (89-88), Mitliridate fut vainqueur et conquit la Bithynie , la Cappadoce , la Mysie, la

Lycie, la Pamphilie et plusieurs autres provinces romaines. Arckélaiis, son général, s'empara de la Thrace, de la Macédoine et de la Grèce; Athènes tomba en son pouvoir ainsi que la plupart des Cyclades.

Mithridate souilla ses victoires en faisant égorger, à un jour marqué et à la même heure, 100,000 Romains dans toutes les villes qu'il avait conquises.

Dans cette guerre, Mithridate avait 250,000 hommes d'infanterie, 50,000 de cavalerie, 400 chars. — Les Romains avaient trois corps d'armée, chacun de 40,000 hommes., et Nicomède 56,000 — Les généraux romains étaient Oppiuset Aquilhis, malheureux et inhabiles.

Dans la seconde (87-84), Sylla continue la guerre avec cinq légions, — il bat Arckélaiis et Taxile, nouveau général, qui avait emmené 100,000 hommes i\Ckéro7iée (86), et Dorilaùs à Orchomme (85). D'un autre côté, Fimbria, envoyé en Asie, par le parti contraire à Sijtla , battit Mithridate et l'obligea de fuir de Perqame à Pitane d'où LucuLLus, ami de Sylla, le laissa échapper.

Mithridate, vaincu, demande et obtient une entrevue à Dardanum avec Sylla. — 11 se voit obligé de livrer toutes ses conquêtes et ses vaisseaux, et de payer un tribut ; quoique dures, ces conditions furent acceptées.

3e Epoque (82-70). — Mithridate, après quelques années de repos, s'allia à Sertorius, ennemi de Sylla et partisan de Marius ; il battit Muréna que Sylla avait laissé en Asie, reprit la Bithynie, la Cappacloce; la mort de Sertorius suspendit ses conquêtes. Les Romains, occupés à punir les esclaves insurgés par le gladiateur Spariacus, envoyèrent cependant en Asie Licinius Lucullus et M. Aurélius Cotta ; Mithridate fut battu et s'enfuit chez Tigrane. Lucullus subjugua le royaume de Pont.

4e Époque (69-64). — Lucullus fut encore vainqueur : avec 30,000 hommes seulement, il défit Ti-

grane qui en avait 200,000, s'empara de Tigranotaie, dJrtaxarte où Tigrane avait déposé ses femmes, ses enfans et ses trésors, et de Nisibe.

r>e Epoque (67). — D'abord les Romains ne furent pus heureux ; L'orgueil de Lucullus et les intrigues de P. Clodius avaient aliéné l'esprit de l'armée. Mais Pompée, (jui venait de châtier les pirates, se présenta en Asie, et la prospérité passagère de Mithridate s'évanouit. Tigrane, tremblant, abandonna son allié, et alla s'humilier devant le vainqueur.

Mithridate se retira dans le Bosphore, et, voyant toutes ses propositions rejetées, il conçut le projet le plus hardi qui fût jamais, celui d'aller attaquer les Romains dans Rome même. Son armée fatiguée relus;! de faire neuf cents lieues par «les pays inconnus et difficiles; elle élut Pharnace, son (ils, qui eut l'ingratitude et la cruauté d'assiéger son père dans Penticapée, et lui refusa môme la liberté. Pharnace, s'écria Mithridate, veut donc que je meure! Dieux de la pairie, justes Dieux, que ce fils dénaturé reçoive un jour le même traitement de ses enfans! Il rentra dans son appartement, appela ses femmes et leur présenta des coupes pleines de poison; il en prit lui-même; mais ne pouvant mourir, il se (il tuer par un soldai gaulois, nommé Bithicus (64 av. Jésus- Christ). — L'infâme Pharnace le lit achever par ses soldais et envoya son corps à Pompée, <pii le récompensa de ce cadeau par le royaume du Bosphore. Le grand Mithridate avait 59 ans.

Plutarque rapporte (pie ce roi avait pour sa garde ordinaire des chiens, un taureau, un cheval et un cerf apprivoisé, qui l'avertissaient de l'arrivée des

personnes.

Conséquences. — Celle guerre ponlique rendit les Romains maîtres de la Haute-Asie, niais elle leur donna pour voisins les Parthes ; la chute de Mithridate porta la république à son plus haut point de

force et

ac

puissance

Au

cun prince étranger ne

pouvait plus cire redoutable pour elle, mais la cou

siiiiiiioij aristocratique de Sylla fut ébranlée par Pompée, qui rétablit la puissance tribunitienne. L'existence <\<-, la république était donc tout-à-fait précaire.

Lecture. — Mithridate , tragédie de Racine,- Eioliin l'iularqne.

— Pendant que Sylla rouet arrêter les progrès de Mithridate, Marius revient :i Rome et linonde du sang des partisans de sou iiv;j| qui prenait Athènes, battait, '■> Orehomène, Archélaûs, l'un des généraux de Mithridate, et le forçait a signer an traité honteux. Sylla, rentré en Italie, rame à sa cause tous les peuples de cette contrée, en leur donnant le droit de cité; il marche sur Rome, et défait à SacrU port, entre Signio, et JJiiu//:,i<:, le jeune Marin* qui prétondait l'arrêter. Sylla entreenfin dans Rome.

Au massacre de sh â sept mille prisonniers dans le Champ-de-Mars succède la proscription des partisans de Marius. Chaque jour sont affichés les noms de ceus qu'il dévoue à la mort,. Non seulement ses ennemis personnels furent frappés, mais encore les ennemis particuliers de ses partisans; Catilina se distingua parmi les sicaires de Sylla. Cinq mille citoyens furent portés sur les listes fatales: César était do nombre ; mais Sylla se laissa fléchir en s:j faveur, « bien qu'il vît en lui, » disait-il, plusieurs Marius.

Le jeune Marius, assiégé dans Préneste par Lucrétius Ûtella, se perça de son épée. Son père adoptif, accablé d'années et de fatigues, était mortue débauche. Sylla se fit nommer par le peuple (82) dictateur perpétuel. L'année suivante il rappelle Mur ma, qui continuait avec chaleur la guêtre contre Mithridate, se charge de ce commandement, défait entièrement le roi <)o Pont et rentre en triomphe dans le sénat; il défère en même temps les honneurs du triomphe â Cnéius Pompéç, pour les victoires qu'ilavait remportées r*n Afrique.

238 1er SIÈCLE.

Sylla, après avoir pendant deux ans exercé la dictature, abdique volontairement ce pouvoir, et se retire à Cumes r dans la Campanie. 11 succombe, deux ans après, à une horrible maladie, fruit de ses débauches (79). Le croirait-on ! avant de rendre le dernier soupir, il fit ordonner à ses esclaves d'étrangler un magistrat de Pouzzoles. L'abdication de Sylla sembla rendre la vie à la république ; mais , dans l'ivresse de ses succès, il avait fait des choses qui mirent Rome dans l'impossibilité de recouvrer sa liberté.

Lecture. — Rollin ; les tragédies de Marins , par M. Arnaud, et de Sylla, par M. Jouy.— Montesquieu.

OBSERVATIONS

Le motif de l'abdication volontaire de Sylla fut sans doute, son indolence naturelle qui lui fit préférer le repos et les plaisirs à une activité fatigante. Toute la conduite de Sylla fut tellement conséquente qu'elle montre assez ce qu'il voulait, au lieu que Marins ne le sut jamais.

Page 1