‹ Nouveaux élémens d'histoire générale, rédigés sur un plan méthodique et entièrement neufChapitre 166 sur 277 · PUISSANCES SECONDAIRES · texte numérisé non relu

PUISSANCES SECONDAIRES

Les puissances secondaires sont obscures ou faibles, et suivent les impressions des Etals dominans.

&s baismargk, le plus remarquable d'entre eux, résistait avec succès à l'ambition de Charlemagne, et tan lis que Godefroy ou Gotcric qui y régnait, fermait l'entrée de la presqu'île aux troupes du conquérant, il faisait sortir de la Norwège ces essaims de guerriers qui se portaient déjà sur les côtes de Y empire d'Occident. Goteric ayant été assassiné par un de ses soldats, son fils rendit à Charlemagne toutes les parties de la France que son père avait envahies , lui céda même quelques contrées germaniques, et consentit à se renfermer dans la péninsule et les îles Danoises.

Quelques historiens prétendent, et Malte-Brun, dans sa Géographie Universelle, a reproduit cette opinion, qu'à cette époque quelques navigateurs barbares, partis des bords glacés de l'Islande et poussés par leur audace et les tempêtes, abordèrent les côtes de l'Amérique, cinq siècles avant Christophe Colomb, qui peut-être, comme l'ont pensé plusieurs savans, et entre autres Puffendorf et Cromer, avait eu connaissance des vagues tra^ ditions de ces guerriers du Nord.

la suède , affaiblie par des émigrations, ne comptait plus parmi ces Etals : la Russie n'y figurait pas encore.

la Pologne, déjà formée en Etat électif, mais également grave dans sa politique et dans ses mœurs, était bien loin de fixer l'attention. La Bohême était en proie à des barbares nommés Slaves , que le désir du butin attirait dans la Germanie, que la crainte des armes en écartait, et que l'avidité y ramenait

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toujours. Les Huns, successeurs de ce peuple farouche qui a dévaste l'Europe , fixés enfin dans l'ancienne Pannonie , inquiétaient l'empire d'Occid nt dont ils ravageaient les frontières, tandis que, sous le nom d'JvareSj, ils portaient l'effroi jusqu'aux portes de la capitale de l'Orient.

L'espagne, depuis les Pyrénées jusqu'au détroit de Gibraltar, offrait une lutte continuelle entre les Maures et les chrétiens qui, moins nombreux, moins riches, moins éclairés même que leurs ennemis, mais aguerris par les dangers , instruits par le malheur, unis entre eux, et par là invincibles, reculaient, à force de constance et de courage, les bornes de leur petit Etat.

Les Sarrasins et les Grecs se disputaient le midi de l'Italie et les îles adjacentes. Les premiers s'emparèrent de l'île de Crète qu'ils nommèrent Candie.

rome , soumise en apparence à Charlemagne, favorisait le pape qui, souverain des pays voisins, augmentait tous les jours son autorité temporelle , tandis que son pouvoir spirituel, ne connaissant déjà plus de bornes, tenait presque toutes les églises courbées sous son siège.

Fuyant devant les armes de Charlemagne, les Vénitiens avaient abandonné Malamocco leur métropole , et s'étaient retirés à Rialto, ville formée de soixante îles réunies par des ponts , et qui, sous le nom de Venise , devait acquérir dans la suite une si grande puissance. Déjà elle commençait à déployer cette politique qui l'a rendue si célèbre. Placée entre les deux empires, elle feignait de reconnaître pour souverain celui dont la faiblesse ne lui donnait rien à craindre, et, à la faveur de ce vain titre, elle écartait le joug de ceux dont la puissance lui paraissait à redouter.

Cette république avait déjà un gouvernement, des lois, des magistrats, un doge ; elle entretenait des troupes, des flottes, et le commerce n'était encore connu que dans ses ports.

L'Angleterre était près de sortir de son obscurité ; la plupart des petits Etats qui la partageaient, se réunissaient au royaume des Saxons occidentaux.

Egbert travaillait avec autant de sagesse que de valeur à l'accomplissement de ce grand ouvrage, et préparait de loin le rôle brillant que ses successeurs devaient jouer dans l'Europe.

Tableau à faire : Dans les deux colonnes latérales , les Explications ; au mdieu, la Carte de l'ancien cordinent, pour la justification de tous les événemens indiqués.

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