QUATRIÈME ET DERNIÈRE GUERRE
Prétextes ; Assassinat à Milan de deux envoyés de François Ier, se rendant l'un à la Porte, l'autre à Venise.
Événemens ; Alliance de Charles avec Henri VIII, de François avec la Porte. Invasion de Soliman en Autriche. Bombardement de Nice par les flottes turque et française réunies. Entrée de l'empereur en France par la Lorraine, et du roi d'Angleterre par Calais. Victoire de Cérisoles remportée par les Français. Prise de Boulogne par Henri VIII.
Résultats : Paix de Crépy : 1° François Ier renonce à ses prétentions sur Naples ainsi qu'à la suzeraineté de la Flandre et de l'Artois; 2° Charles-Quint se désiste des siennes sur la Bourgogne ; 3° le duc d'Orléans, iils de François Ier, doit recevoir le Milanais ; le jeune duc étant venu à mourir, Charles donne le Milanais à Philippe, son fils.
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Résultats géméw®imx. — 1° Cette lutte développa le système politique de l'Europe, et, en opposant Tune à l'autre les deux plus fortes puissances du continent, fit mieux sentir le besoin et les avantages de l'équilibre européen ; 2° les relations entre les peuples devinrent plus fréquentes et plus étroites, les idées se multiplièrent, et des armées régulières, connues en Europe depuis la fin du règne de Charles Vil, firent disparaître les restes des milices féodales; 3° les rapports continuels avec l'Italie nous initièrent à sa civilisation, nous firent participer aux lumières qui renaissaient dans son sein, et l'on vit les lettres et les arts se répandre sur la France, l'embellir et l'éclairer ; 4° la France, tout en perdant sa domination sur l'Italie, conserva son indépendance et se sauva du démembrement dont la menaçaient Bourbon, l'empereur et le roi d'Angleterre.
C?©Me©iBsiaf . — François Ier conclut avec Léon X un concordat qui abolissait la pragmatique-sanction de Charles VIII, et reconnaissait à peu près la suprématie du pape dans les affaires de l'église gallicane. Une partie du clergé, dont les libertés étaient lésées, le parlement et l'Université protestèrent, et ce fut pendant quelque temps un sujet de dispute.
Abdication de C?!amasle§-ftasiiat. — Ce prince, dégoûté des grandeurs, abdique le trône d'Espagne en faveur de son fils Philippe II, et celui d'Allemagne en faveur de Ferdinand, son frère. Il se retire au couvent de Saint-Just (Estramadure) et meurt deux ans après, en 1558.
Charles-Quint, que les Espagnols comparent à Salomon pour la sagesse, à César pour le courage, à Auguste pour le bonheur, finit son rôle par une scène singulière. Il fit célébrer ses obsèques pendant sa vie, se mit dans un cercueil, entendit réciter pour lui-même toutes les prières des morts, et ne sortit de sa bière que pour aller se mettre au lit. La nuit d'après cette comédie funèbre, une fièvre ardente l'en>
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porta à l'âge de cinquante-six ans, six mois et vingtsept jours.
Lecture. —Mort de Charles-Quint, dans Robertson. Tableau à faire des guerres d'Italie.
FRANCE
Bataille «le Saint- Quentin. — Henri H avait
succédé à François Ier, son père, mort en 1547. Ce
F rince reprit Boulogne aux Anglais, s'empara, sur empereur, de Metz, Toulet Verdun. Charles-Quint vint assiéger Metz ; mais le duc de Guise lui fit lever le siège. Les Français gagnèrent la bataille de Renti. Enfin on conclut une trêve de cinq ans. Pendant ce temps, Charles-Quint avait cédé l'Espagne à Philippe II, son fils ; ce prince avait épousé Marie, reine d'Angleterre ; il se ligua avec elle contre la France. En l'absence du duc de Guise, le connétable de Montmorency perdit la trop célèbre bataille de Saint-Quentin (1557) ; le duc de Guise est rappelé d'Italie, il reprend à l'Angleterre Calais et Thionville, les dernières des conquêtes d'Edouard III, et constitue ainsi nos frontières militaires. La nouvelle défaite de Gravelines força Henri II au traité de Cateau-Cambrésis qui lui fit perdre les avantages qu'il commençait à reprendre sur les Espagnols. D'après ce traité on se rendait réciproquement les places conquises , le duc Philibert recouvrait le duché de Savoie (1559). Peu de temps après, Henri II meurt, blessé dans un tournoi par Montgommery. Sous son règne la persécution contre les réformés se régularisa par l'intervention de la loi. L'édit d'Escouen les punit de mort, avec défense d'amoindrir la peine. C'est alors que commence à paraître l'amiral Coligny et que s'organisent les factions des Montmorency, des Châtillon et des Guise.
Lecture. — Portrait de Philippe II (Cours de littérature). Détails sur la bataille de Saint-Quentin, et notice sur l'Escurial.
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Massacre de ïa Saint- fiai'th&emy, dans la nuit du 24 août 1572. ■ — Les fils de Henri II régnèrent successivement sous la tutelle de leur mère, Catherine de Médicis. Sous François II, les querelles religieuses continuèrent et s'envenimèrent. Les Guises, oncles maternels du jeune roi, s'emparèrent du gouvernement; la conspiration d'Amboise, dirigée secrètement par le prince de Gondé, éclata contre eux, et le fameux éditde Romorantin, par lequel les évêques étaient investis de la connaissance du crime d'hérésie, fut rédigé par le chancelier de L'Hôpital, pour empêcher l'établissement de l'inquisition. François II meurt après dix-sept mois de règne; Charles IX, son frère, âgé de dix ans, lui succède. Les factions rivales des Guises et des Bourbons se servent de prétextes religieux pour couvrir leur ambition et leur secrète inimitié. La guerre civile éclate à la suite du massacre de Yassy. Le prince de Condé est déclaré chef des protestans, perd la bataille de Dreux et est fait prisonnier par le duc de Guise, qui est assassiné par Poltrot devant Orléans. La bataille de Saint-Denis, où est tué le connétable de Montmorency, signale la seconde guerre civile qui finit par la petiie paix; enfin viennent les fameuses batailles de Jarnac, où périt le prince de Condé, celle de Moncontour, perdue par l'amiral de Coligny, et la paix de Saint-Germain, par laquelle, malgré leurs défaites, les réformés obtiennent la liberté de conscience et des places de sûreté. La régente et son fils, ne pouvant détruire les protestans par la force des armes, ordonnèrent l'horrible massacre de la Saint- Barthélémy (1572), et la veille de cette fête, à Paris et dans les provinces, on fit main basse sur les huguenots . Après le massacre, Charles IX prononça au jeune roi de Navarre, son beau-frère, et au prince de Condé, fils de celui qui avait été tué à Jarnac, cette horrible sentence : messe, mort ou bastille ; ils fléchirent . La France fut couverte du sang des religion* naires. Le roi de Navarre et le prince de Condé n'é-
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vitèrentla mort que par une abjuration momentanée.
La journée de la Saint-Barthélémy ne fit que des martyrs ; elle donna à la réforme et aux idées philosophiques qu'elle représentait un avantage immense sur le catholicisme ou les idées religieuses ; en jetant de l'odieux sur les catholiques , elle augmenta la force des protestans, et ajourna pour long-temps tout espoir de rapprochement entre les deux partis, non seulement en France, mais encore dans le reste de l'Europe. La paix de La Rochelle ne fut qu'une trêve qui les laissa reposer, afin de pouvoir recommencer la lutte avec plus de force et d'acharnement.
Ce fut sous le règne de Charles IX, en 1564, que le commencement de l'année fut fixé au 1er janvier ; auparavant l'année s'ouvrait le samedi-saint, après vêpres, ce cjui, vu la mobilité de ce jour, produisait des aberrations chronologiques.
Lecture. — Détails dans Y Histoire de France.
lia saiwte Iiîgiie. — Charles IX meurt en 1574, et son frère Henri monte sur le trône. Ce fut en 1576 que s'organisa cette fameuse Ligue dont le but apparent était le maintien de la religion catholique, mais qui offrait à son chef Henri-le-Balafré, duc de Guise, les moyens de s'emparer de la couronne. Aussi ne se montra-t-elle dans toute sa force qu'après la mort du duc d'Alençon, dernier fils de Henri H; elles'é-, tablit à Paris parla faction des Seize, fit rendre l'édit de Nemours contre les huguenots, et provoqua ainsi une nouvelle guerre civile qui dura jusqu'à l'entrée de Henri 1Y à" Paris.
Henri 1ÏI ne soutint pas la gloire qu'il avait commencé d'acquérir aux journées de Jarnac et de Moncontour; il se déclara contre les calvinistes et fut bientôt obligé de leur donner la paix. Les catholiques à leur tourne révoltèrent ; le duc de Guise à leur tête formait avec l'Espagne un parti puissant. Après avoir vaincu les Allemands, il vint à Paris, malgré la défense du roi, qui fut obligé de prendre la fuite.
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Cette journée fut appelée journée des Barricades. Henri III, ne pouvant vaincre le duc de Guise, se décida à le faire périr ; il le fit assassiner à Blois, ainsi que le cardinal, son frère, en 1588, et lui-même fut assassiné peu de temps après, à Saint-Cloud, par Jacques Clément, moine dominicain.