‹ Nouveaux élémens d'histoire générale, rédigés sur un plan méthodique et entièrement neufChapitre 229 sur 277 · L. P. Ier (1841) , roi de France · texte numérisé non relu

L. P. Ier (1841) , roi de France

Avèaiemesat eles Hoiiffoong au fi'ôsie de fcifaiîce, 1589. — Le légitime successeur de Henri ÏH était Henri IV, roi de Navarre, de la maison de Bourbon, descendue d'un fils de saint Louis, Les li-

534 16e siècle.

gueurs, pour lesquels la ville de Paris s'était déclarée, proclamèrent roi le cardinal de Bourbon, oncle de Henri IV, et son prisonnier; ils l'appelèrent Charles X. Obligé de lever le siège de Paris, Henri IV se retira en Normandie où il fut suivi par le duc de Mayenne, général de la Ligue, qu'il battit à Dreux en 1589, à Ivry en 1590. 11 recommença alors le siège de Paris, qu'il fut encore obligé de lever à l'approche du duc de Parme à la tête d'une armée espagnole. Le cardinal de Bourbon étant mort, les ligueurs convoquèrent à Paris les Etats-Généraux pour l'élection d'un roi. Ce projet fut entravé par l'abjuration de Henri IV, faite à St-Denis, le 25 juillet 1593. Depuis ce moment la Ligue perdant le prétexte pour lequel elle avait fait la guerre au roi, perdit avec lui tout crédit et toute considération. Les villes et les provinces se soumirent successivement. Paris ouvrit ses portes à Henri en 1594, et le duc de Mayenne fit son accommodement en 1595. La guerre avec l'Espagne fut terminée en 1598 par la paix de Vervins. La même année le roi publia redit de Nantes, par lequel il accorda aux réformés l'exercice pul3lic de tleur religion, les déclara capables d'exercer toutes les charges, et leur confia même des places de sûreté où ils pouvaient entretenir garnison. En 1600, Henri IV déclara la guerre au duc de Savoie, et s'empara des pays de Bresse, Bugey, Gex et Valromey.

11 s'appliqua alors a rétablir les finances de son royaume, qui se trouvaient dans un état déplorable. Après y être parvenu à l'aide et par les travaux de son ministre Sully, son projet était d'attaquer la maison d'Autriche, dont l'abaissement lui paraissait nécessaire pour la tranquillité de l'Europe, lorsqu'il fut assassiné à Paris par François Ravaillac, le 14 mai 1610. L'idée du roi était d'organiser une sorte de république, ou association des Etats, dont tous les membres égaux en puissance, mais différant à leur gré pour îe gouvernement intérieur, confieraient leurs querelles à l'arbitrage d'un sénat suprême. L$

16e siècle. 535

reine d'Angleterre, alliée de Henri, avait déjà tenté quelques négociations pour la faire adopter par plusieurs cabinets. La réalisation de ce projet eût changé la face politique de l'Europe et prévenu les guerres sanglantes du dix-septième siècle. La mort de Henri TV le lit avorter ; elle épargna à l'Europe une guerre dont l'issue était incertaine, mais elle replongea dans la fureur des factions la France qui perdit au dehors tout crédit et toute considération, et demeura dans cet état d'abaissement jusqu'à ce que le cardinal de Richelieu vînt la relever et lui rendre sa prépondérance.

Extiiietfîon de l'aristocratie. — La seconde aristocratie finit à Arques, Ivry et Fontaine-Française, comme la première avait uni à Crécy, Poitiers et Azincourt. Henri IV lui porta un dernier coup en publiant un édit d'après lequel la profession des armes n'anoblit plus. Le deux cent cinquante-huitième article de l'ordonnance de Blois, en 1579, avait déjà détruit la noblesse résultant du fief. La royauté n'a plus qu'un pas à faire pour arriver au pouvoir absolu.

La monarchie des états qui, pendant les guerres civiles, n'avaient montré aucun génie politique, finit avec les Valois et fut remplacée par la monarchie parlementaire, qui atteignit alors son plus haut degré de pouvoir, et qui devait bientôt elle-même expirer dans les démêlés de la Fronde, pour faire place à la monarchie absolue.

A faire : Tableau généalogique de la maison de Bourbon.

PERSONNAGES PRINCIPAUX DU 16e SIECLE EN FRANCE.

Femmes.— Catherine de Médicis, instigatrice de la Saint-Barthélémy ; la duchesse de Nemours ; madame de Montpensier, qi'i portait à sa ceinture des ciseaux pour tondre le Fàlçïs (Henri Ht) ,

536 16e SIÈCLE.

maison de guise. "-François de Guise et le cardinal de Lorraine; Henri-le-Balafré, assassiné à Blois ; le cardinal de Guise, massacré le lendemain, et le duc de Mayenne.

les princes du SAr3G. — Antoine, roi de Navarre ; Henri de Béarn, son fils ; les deux princes de Condé et le cardinal de Bourbon (Charles X).

grands du royaume. — L'amiral de Coligny, assassiné le premier le jour de la Saint-Barthélémy; le connétable de Montmorency, tué à Saint Denis, et les Châtillons.

magistrats. — ■ L'Hôpital, Mole, Harlay, Brisson, de Thou,

assassins. — Poltrot, Jacques Glément et Ravaillac.

ANGLETERRE

henri vin, fils et successeur de Henri VII, fut un prince cruel et d'un caractère inconstant. Il publia d'abord contre Luther un traité qui lui fit donner, par le pape, le titre de défenseur de la foi. Mais le pape Clément Vil ayant refusé d'approuver son divorce avec Catherine d'Aragon, tante de Charles- Quint, Henri VIII fit abroger en 1354, par le parlement , l'autorité du pape en Angleterre, et prit le titre de chef de l'Eglise anglicane. Il supprima les couvens et établit une religion qui était un mélange de catholicisme et de protestantisme : c'est ce qu'on appelle le schisme d'Angleterre. Henri VIII fut marié six fois, et fit mourir la plupart de ses femmes.

Ce prince, le premier des rois d'Angleterre qui prit le titre de roi d'Irlande, fut enveloppé dans les différends qui partageaient alors les puissances du continent ; mais, au lieu de tenir la balance entre la France et l'Autriche, il se montra presque toujours l'ami et l'allié de l'empereur Charles Quint, qui avait su gagner le ministre IVolsey par l'espoir de la tiare.

Ses trois enfans régnèrent successivement après lui :

Edouard vi , qu'il avait eu de Jeanne Seymour, introduisit le calvinisme pur ou presbytérianisme;

marie, qu'il avait eue de Catherine d'Aragon, rétablit la religion catholique, et, dans sa cruelle ferveur, fit brûler un grand nombre de protestans, entre autres l'archevêque de Cantorbéry, Thomas Cramer. Elle avait déjà préludé à ces exécutions par la mort de l'infortunée Jeanne Gray. Pour affermir le catholicisme en Angleterre, elle épousa Philippe II, héritier présomptif de la couronne d'Espagne;

Elisabeth , qu'il avait eue d'Anne de Bouleyn, fut une des

16e siècle. 537

plus illustres princesses des temps modernes ; elle fut toujours heureuse dans ses entreprises, protégea la navigation et pacifia l'Angleterre qu'elle préserva de l'invasion de Philippe If ; mais elle déshonora son règne par la mort de Marie Stuart. Elisabeth fut une femme vindicative ; amie impérieuse et ennemie implacable, son grand mérite fut d'établir en Europe la consistance politique de l'Angleterre. La lutte où cette puissance se trouva engagée avec l'Espagne nécessita remploi de toutes ses forces et prépara sa grandeur en lui assurant la libre navigation. Les intérêts de la religion se trouvèrent intimement unis à ceux de l'organisation sociale, et le peuple se persuada de plus en plus que foutes deux devaient prospérer ou succomber ensemble. Lorsque les successeurs d'Elisabeth voulurent tenter de les séparer, ils ne firent que préparer leur ruine. Cette princesse mourut en 1603, et avec elle finit la maison des Tudors.

mort de maris stuart. — Marie Stuart, fille de Jacques V, roi d'Ecosse, avait épousé François II, fils de Henri II, roi de France. Après la mort de ce prince , elle retourna en Ecosse ; elle y épousa Henri Stuart Darnley son cousin. Ce prince était violent et cruel. Il mourut assassiné.

Le comte de Botwell fut accusé de ce crime, et Marie, sur qui planaient des soupçons de complicité, s'aliéna tous les cœurs en épousant le meurtrier de son époux. Elle se vit obligée de céder le trône à son fils; ses sujets l'abandonnèrent; elle se réfugia en Angleterre, où régnait Elisabeth sa cousine. Cette princesse la fit arrêter, la retint en prison pendant dix- huit ans, et, après un jugement irrégulier, la fit condamner à mort. Elle fut décapitée l'an 1587. Cette cruauté ternit, comme nous l'avons dit, le règne d'Elisabeth, qui , sous les autres rapports, fut des plus glorieux. Cette princesse recommanda en mourant le fils de Marie Stuart, qui était roi d'Ecosse, et auquel la couronne appartenait comme descendant de Henri VII.

Il s'était alors glissé dans l'église anglicane une secte sévère, d'un zèle acre, comme les premiers momens de ferveur en produisent ordinairement. — Les disciples s'appelaient Puritains, se croyant plus purs que tous les autres et dans leurs mœurs et dans leurs dogmes.— Ils s'opposaient à la hiérarchie dans l'église. Jacques Ier au contraire regardait la subordination des pouvoirs dans l'église comme très utile à l'autorité royale. Il la soutint contre les Puritains qui triomphèrent, acquérant de l'ascendant et se multipliant de jour en jour.

Lecture. — Marie Stuart, par Walter-Scott et Anquetil.

Page 1