‹ Nouveaux élémens d'histoire générale, rédigés sur un plan méthodique et entièrement neufChapitre 247 sur 277 · HOLLANDE · texte numérisé non relu

HOLLANDE

abolition du stathouderat. — - Depuis que le traité de Westphalie avait reconnu 1 indépendance des Pays-Ras, l'état florissant de cette république augmentait de plus en plus ; sa belle marine, son commerce étendu, lui attiraient l'alliance des souverains, et La Haye était devenue peu à peu le centre de la politique européenne. L'Angleterre voyait tant de prospérité avec envie : elle voulut en vain lui faire baisser pavillon devant les vaisseaux britanniques : la guerre fut déclarée ; c'est alors que se distinguèrent Tromp et Ruyter, marins hollandais. Ruyter entre avec sa flotte dans la Tamise et jette l'épouvante dans Londres même. Cependant, par le traité de Bréda (1087), les Anglais obtinrent le signe de prééminence sur mer, et par celui de Westminster (167-i), Cromwell , qui craignait l'alliance de la maison d Orange avec celle des Sluarts, prolila de la haine qu'on portait à Guillaume II , à cause de ses entreprises contre la liberté, pour faire abolir le stathouderat ; et par un article secret soutenu du ressentiment que Jean de Wilt, pensionnaire de Hollande, portait aux stathouders, les Etats de Hollande s'engagèrent à ne jamais élire statliouder Guillaume, lils posthume de Guillaume IL Les choses étaient dans cet état, lorsque Louis XIV porta la guerre en Hollande.

GUERRE CONTRE LA HOLLANDE. — LOUÎS XIV, au milieu de sa cour, passa le Rhin avec son armée commandée par Condé, Turenne, Luxembourg : les provinces furent envahies; les Etals se réfugièrent à Amsterdam. Guillaume III, princed'Orange fut nommé statliouder, malgré Corneille et Jean de Wilt, qui furent massacrés par la populace. L'amiral Ruyter remporta la victoire dans le combat de Soulsthaics, et repoussa des côtes de Hollande les flottes de France et d'Angleterre, bientôt dispersées par une tempête.

ligue d' augsbourg contre louîs xiv. — Guillaume, prince d'Orange, en exagérant l'ambition du roi de France, forma

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contre lui la ligue d'Augsbourg. Elle était composée de l'empereur, la Hollande, l'Espagae, le duc de Savoie, le pape Innocent XI lui-même. Louis XIV attaqua le premier, il eut des succès du côté de l'Allemagne. Le Palatinat, soumis par Louvois, fut livré aux flammes. Guillaume venait de détrôner Jacques II , son beau -père ; Louis XIV reçut Jacques II et mit tout en œuvre pour le rétablir : ce fut une puissance de plus à combattre. Ses succès sur les Anglais ne purent rendre le trône à Jacques.

Le statlioudérat fut déclaré héréditaire dans la maison d'Orange. Guillaume fut l'un des adversaires les plus acharnés de Louis XIV; il ne cessa d'ameuter l'Europe, tournant toute son activité du côté de la politique extérieure et se contentant au dedans de former dans les Etats et le gouvernement des hommes qui fussent animés de ses principes, et fonda une école d'habiles diplomates qui persistèrent dans son système d'opposition constante à la France et d'alliance avec l' Angleterre. C'est en effet l'esprit qui a animé la Hollande dans les grandes guerres du commencement du 19e siècle.

paix de syswice. — Après dix années de succès et de revers de part et d'autre, la paix fut conclue à Ryswick entre toutes les puissances ; Guillaume fut reconnu pour légitime roi d'Angleterre; la France conserva l'Alsace et la partie de Saint- Domingue qu'elle avait conquise avant cette guerre; l'Espagne recouvra tout ce qu'elle avait perdu en Catalogne et dans les Pays-Bas, et le duc de Lorraine fut complètement rétabli dans ses possessions ; entre la Hollande et la France il y eut restitution réciproque et traité dé commerce.

Les principaux ambassadeurs à ce congrès furent , pour la France de Cailière et de Harlay; pour l'Angleterre, le comte de Pembroke, lord Lexington ; pour la Hollande , Heinsius , Jean Boreel ; pour l'Espagne don Quiros ; pour l'empereur le comte de Kaunitz.

Par ce traité la France, qui commençait à s'épuiser, réussit une nouvelle fois à diviser les intérêts et à dissoudre la coalition dont elle avait tant à craindre ; et de leur côté les alliés réussirent à constater et à affermir la liberté et l'indépendance réciproque des Etals de l'Europe, à faire reconnaître le principe d'équilibre dont le maintien importait tant à son repos.

SUEDE

Gustave- Adolphe. — Depuis la mort de Guslave-Wasa, en 1560, les annales de la Suède offrent peu d'événemens remarquables ; mais les destinées de ce pays changèrent complètement à l'avènement de Gustave-Adolphe, fils et successeur de Char-

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les IX. Il rétablit les finances épuisées, remplit ses ports de vaisseaux, disciplina admirablement ses armées et acquit, par ses exploits, la réputation de grand capitaine. La guerre de Trente- Ans mit son génie au grand jour. Des protestans confédérés le placèrent à leur tête; Gustave prouva bientôt qu'on ne l'avait point revêtu d'un vain titre : en 16-21, il battit à Leipsick, les Impériaux commandés par Tilly; l'année suivante, il leur porta des coups plus décisifs dans les plaines de Lut zen où Walstein était à leur tête, 18 novembre (163L2). Frappé au milieu de son triomphe, ce prince laissa aux habiles généraux formés à son école la gloire d'avoir affranchi l'Allemagne : une fille de cinq ans, unique postérité du grand Gustave, fut proclamée souveraine par ses soldats encore plongés dans la douleur ; ses généraux continuèrent de faire triompher les armes suédoises, tandis que l'habileté du chancelier Oxenstiern, premier ministre, conservait encore, dans toutes les cours de l'Europe, l'influence que Ses victoires de Gustave- Adolphe avaient acquise à la Suède.

ABDICATION DE CHRISTINE! ; CHARGES SE. — Le règne

de Christine n'offre pas d'événemens très remarquables. Cette reine fit fleurir les arts: elle s'entourait de savans; Descartes et Grotius étaient ses amis. Jalouse de sa liberté, elle ne voulut pas se marier, et abdiqua, en 1614, en faveur de Charles-Gustave, son cousin, de la maison des Deux-Ponts. Ce prince guerrier se disposait à soumettre la Pologne, et était déjà engagé dans une guerre très vive, lorqu'il mourut subitement au milieu de ses projets.

portrait de chrzstine. — Cette princesse montra , dès sa jeunesse, une grande pénétration d'esprit , mais une indépendance de caractère peu propre à gouverner sagement un Etat: aussi l'amour de la liberté, autant que celui des lettres, lui inspira le dessein d'abandonner un peuple qui ne savait que combattre : elle abdiqua la couronne à vingt-huit ans et quitta la Suède peu après. Christine, travestie en homme, quitta le Danemark , se rendit à Bruxelles, y embrassa la religion catholique, et de là passa à Inspruck, où elle abjura solennellement le luthéranisme. Elle fit un voyage en France où la cour de Versailles lui rendit de très grands honneurs ; c'est alors qu'elle fit assassiner son grand-écuyer Monaldeschi, dans la galerie de Fontainebleau. Cet assassinat resta impuni; mais il inspira pour Christine une horreur générale. Enfin elle se fixa à Rome où elle mourut en 1689, dans sa soixante-troisième année. On reprochera toujours à cette princesse ses bizarreries, son humeur, l'emploi dangereux qu'elle fit de son esprit et de ses connaissances, et enfin sa conduite toujours légère, toujours inconséquente, et criminelle au moins une fois.

Lecture. — La tragédie de Christine, par M. Alexandre Dumas.

gharx.es-gustave.~~ Formé à l'école du grand Gustave-

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Adolphe, ambitieux et plein d'activité, Charles-Gustave porta sur le trône ses projets de conquête , et les poursuivit sans relâche pendant tout son règne. Jean-Casimir, roi de Pologne, fils de Sigismond qui avait été élu roi de Pologne en 1587, et que son oncle Charles IX dépouilla du trône de Suède, voulut faire valoir ses prétentions. Ce fut une occasion pour Gustave de commencer la guerre et d'essayer la réalisation du projet de former des trois royaumes du Nord une vaste monarchie; il prit Varsovie, et, malgré la Russie, l'Autriche et le Brandebourg qui s'étaient déclarés contre la Suède, il força, par le traité de Roschild, le Danemarck à lui céder plusieurs provinces. L'année suivante, tourmenté par son son ambition, il alla mettre le siège devant Copenhague; mais l'Europe se souleva contre lui; il fut obligé de se retirer et mourut subitement en 1660. Alors rien ne s'opposa plus à la conclusion d'une paix définitive , et le traité de Copenhague avec le Danemarck, ainsi que celui d'Oliva avec la Pologne assurèrent la prépondérance de la Suède. Par ce dernier traité, l'électeur Frédéric-Guillaume obtint l'indépendance du Brandebourg soustrait désormais à la suzeraineté de la Pologne. Ce fut aussi à la suite de ces guerres que la couronne du Danemarck fut déclarée héréditaire dans la famille du prince régnant Frédéric III , et le roi souverain absolu, en vertu de Yacte de souveraineté et de la loi royale publiée en 1661.

Lecture. — Révolutions de Suède par Vertot.

TURQUIE

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