OU DES FRANÇAIS
Nommer ce siècle, c'est présenter à la pensée tout ce que la pbilosophie, les sciences et les arts peuvent déployer de plus brillant : réunion extraordinaire qui a surpassé tout ce que l'antiquité offrit de plus grand. La Grèce et l'Italie ont eu leurs périodes glorieuses ; la France devait avoir la sienne. L'Angleterre peut aussi exiger une part de cette époque mémorable ; mais le règne de Louis XIV a fait prendre à la France une supériorité littéraire sur toutes les nations, que rien ne peut lui ravir. Dans cette affluence d'hommes célèbres, nous nous contenterons de nommer les principaux.
France. — Morale et religion : Pascal.
Métaphysique : Malebranche, Descartes.
Poésie : Corneille, Racine, Boileau, Molière, Regnard, La Fontaine, Quinault.
Littérature : La Motte-le-Vayer, La Rochefoucauld, Saint- Evremont, Arnaud, Nicole, La Bruyère.
Sciences : Mena ige? les Dacier, d'Ablancourt , Perrault, Cousin , Pascal,
Histoire : Saint-Réal, Fleur y, Mézeray, Rapin de Thovras , Rollin.
Poésie latine : Santeuil, Rapin, La Rue.
Genre léger : MU!c Deshoulières , Racan, Benseradc , Segrais, Boursault, La Fare, Chauiieu, La Fayette, Scudéry, La Sablière, Sévigné.
Discours : Patru, Lamoignon, Bourdaloue, Fléchier, Bossuet, Massillon , Fénelon.
artistes. — Musique : Lulli, Campra.
Peinture : Le Poussin , Le Sueur, Le Brun , Mignard , Jouvenet, Noël et Antoine Goypel.
Sculpture : Girardon , Puget.
Architecture : Perrault , Mansard, Blondel.
Gravure : Audran , Sébastien , Leclerc.
Jardin : Le Nôtre.
Angleterre. — Poésie : Mil ton , Dryden, Cowley, Prior, Addison, Otway, Rowe.
Philosophie : Locke.
Physique : Newton.
Politique : Hobbcs.
Astronomie : Halley.
Italie. — Sciences : Muratori.
hollande. — Philosophie : Spinosa.
Peinture : Van-Dyck , Rubcns , Rembrandt , Gérard Dow.
Piémont. — Astronomie : Cassini.
Allemagne. — Astronomie : Kepler.
Tableau synoptique , comme celui de François I,r.
ÉGLISE
saint Vincent de paule se distingua par une foule d'établissemens utiles, parmi lesquels nous distinguerons : 1° la congrégation des prêtres de la Mission, nommés Lazarites ; 2° I institut des Filles de Gharilé, destinées à soigner les malades; 5° l'hôpital des Enfans-Trouvés, celui de Bicêtre, de la Salpêtrière. Sa charité était une sorte de providence; quelques paroles de ce saint homme attendrissaient les cœurs, les rendaient sensibles aux maux des infortunés. Ce bienfaiteur de l'humanité, ce héros de la charité chrétienne, était né à Poy, diocèse d'Acqs, en 1367, de parens pauvres : il reçut l'ordre de 1 1 prêtrise en 1(iOO. Dans un voyage par mer, d8 Marseille à Narbonne3
586 17e SIÈCLE.
il fut pris par les Turcs et conduit en captivité. Il ramena à la foi de ses pères un des pafrons, qui était renégat, s'enfuit avec lui, et aborda à Aiguës-Mortes en 1607. Ayant été chargé de quelques affaires par Henri IV, il se fit connaître de Louis XIII, qui lui donna l'abbaye de Saint-Léonard de Chaume; il devint ensuite aumônier de la reine Marguerite. Saint Vincent de Paule mourut le 27 septembre 1650, âgé de près de quatre-vingtcinq ans ; Clément XII le canonisa le 16 juin 1737.
les jansénistes. — Jansénius, évêque d'Ypres, laissa en mourant un livre intitulé Y Auguslinus où il avait commenté la doctrine de saint Augustin sur la grâce; aussitôt sa publication, cet ouvrage fut attaqué et défendu avec acharnement. Deux partis se formèrent , les Jansénistes et les Molinistes ; ceux-ci soutenaient les opinions du jésuite Mol in a sur la grâce et le libre arbitre. La doctrine de Jansénius fut solennellement condamnée. Louis XIV appuya les décisions de l'Eglise.
Le Jansénisme , comme adversaire du Jésuitisme, provoqua l'esprit d'investigation et fit regagner à la France ce qu'elle perdait par l'expulsion des protestans. L'influence des jésuites dans les affaires de l'Europe donna encore un caractère politique au Jansénisme qui joua alors le rôle d'opposition.
DÉCLARATION DU CLERGÉ DE FRANCE. — Les diSCUS-
sions de Louis XIV avec Innocent XI au sujet de la régale, amenèrent en 1682 la convocation d'un concile national, où furent dressés quatre articles relatifs à la .puissance ecclésiastique et aux principes des relations du clergé avec la cour de Rome; ils furent rédigés par Bossuet, et portaient : 1° que le pape n'a aucune autorité sur le temporel des rois ; 2° que le concile est au dessus du pape ; 5° que la puissance apostolique ne doit pas porter atteinte aux libertés de l'Eglise gallicane ; 4° que les décisions du pape ne sont irrévocables qu'après que 1 Eglise les a confirmées. La convocation de cette assemblée fut un des derniers actes du ministère Colbert.