DIRECTOIRE
Laréveilhère-Lepaux.— Rcwbell. — Carnot. — Lelourneur. — Barras.
consuls.
Bonaparte, Sieyès, Ducos. — Bonaparte. — Lebrun. — Cambacérès.
ANGLETERRE
MAISON DE BRUNSWICK-HANOVRE, de 1714. —REGNE
D'Anne. — Anne, seconde fille du premier mariage de Jacques II. succéda à Guillaume III en 1702. Elle avait épousé le prince Georges de Danemarek. Pendant son règne fut consommée l'union de 1 Ecosse avec l'Amileterre sous un seul parlement. Cette princesse continua avec le plus grand succès la guerre pour la succession d'Espagne; et ses armées, commandées par le duc de Marlborough, remportèrent sur les Français les victoires éclatantes de Malplaquet, de Ramillies et d Oudenarde. Avec Anne se termine, en 1714, la série des rois d'Angleterre de la maison de Stuart. Ce fut sous la reine Anne que les Anglais s'emparèrent de Gibraltar.
Les Brunswick-Hanovre montèrent alors sur le trône. George 1er, arrière petit-fils de Jacques Ier, fut le premier roi de cette dynastie. Le rèane de ce monarque fut d'abord troublé par l'invasion du Prétendant, qui se fit un parti en Ecosse, mais qui fut bientôt contraint de s'enfuir. George Pr eut un grand minisirc dans la personne de Robert Walpole George 11 prit part à la guerre delà succession d'Autriche, fut battu à Fontcnoy par les Français et envoya son fils, le due. de Cumberlar.d, combattre en Ecosse Charles-Edouard, le second Prétendant, qui fut vaincu à Culloden.
George III, son successeur, offre un exemple bien remarquable des bizarreries de la nature; il naquit faible et souffrant, et vécut quatre-vingts ans, dont soixante s'écoulèrent sur le trône.
Après la bataille de Culloden, l'Angleterre était devenue paisible sous George llï; sa puissance maritime s'était accrue, ainsi que ses possessions dans l'Inde et dans l'Amérique. A l avènement de George III, la France céda aux Anglais, par un traité, un grand nombre de colonies. La dette publique de l'Angleterre s'était augmentée avec la même rapidité que ses possessions. Au commencement du nouveau règne, la guerre fut continuée contre la France et dans l'Inde avec une nouvelle vigueur ; Pondichéry, la Martinique, Grenade, Saint-Vincent, furent envahies ; la guerre fut déclarée à l'Espagne et l.i Havane tomba au pouvoir des Anglais, Pitt, génie ardent et vaste, était
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à la tète de l'administration ; c'est à lui que la Grande-Bretagne, devait tout son éclat. Le nouveau roi lavait disgracié, et tout en le nommant lord Chatam, l'avait éloigné du ministère ; son renvoi fut le signal de la paix, signée enlre la France, l'Espagne et l'Angleterre, le 22 mars 1763.
En 1765 les colonies de l'Amérique septentrionale se soulevèrent contre la métropole; la France et l'Espagne embrassèrent leur cause, et George reconnut l'indépendance des Etats-Unis, en 1782.
La révolution française, qui avait éclaté en 1789, trouva dans George un ennemi acharné. Guillaume Pitt alla partout susciter des rivaux à la France. Cette guerre cruelle, malgré Fox et Shéridan, continua jusqu'à la paix d'Amiens, en 1801, qui dura trois mois.
Mais dans cet intervalle, George 1IÏ éprouva une attaque d'aliénation mentale, se rétablit et retomba en 1810. Larégenco fut déférée sans opposition au prince de Galles, son fils.
Georges III vécut encore dix ans, objet de la plus grande pitié, et mémorable exemple de la faiblesse humaine au sein des grandeurs. Enfin la mort vint l'arracher à ses souffrances, le 29 janvier 1820. George IV, son fils, lui succéda ; ce dernier, plus que tout autre, contribua au rétablissement de la maison de Bourbon en France. La bataille de Waterloo (1815) vint rendre le repos à l'Angleterre comme à toutes les puissances. George IV mourut en juin 1838. Sous son règne l'Irlande, à laquelle on avait refusé l'émancipation, se souleva et fut long-temps ensanglantée ; son frère, le duc de Clarencc,' âgé de soixante-cinq ans, lui succéda sous le nnm de Guillaume TV. Il a eu pour successeur la reine Victoria Ire, qui règne aujourd'hui.
PRUSSE
Frédéric, roi de PRUSSE. 1701. — Le 18» siècle a vu le royaume de Prusse naître, et parvenir à sa plus grande splendeur.
Sous Charlemagne et ses successeurs, l'Allemagne proprement dite avait un souverain nommé d'abord empereur, puis roi de Germanie et ensuite empereur. Les provinces au delà n'en faisaient point partie, et portèrent le nom de Marches, c'est a dire bornes, limites; on y plaça des gouverneurs, qui étaient en même temps grands-juges {yraf); d'où est venu le nom de margrave et de marquis, ou gouverneur, juge des limites. On reconnaissait deux Marches, la Marche orientale ou la Lusac d'aujourd'hui, et la Marche septentrionale ou une partie du Brandebourg. Les empereurs conférèrent d'abord ces gouvernemens à vie ; ils en firent ensuite des fiefs héréditaires ; enfin Fré-
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déric, burgrave de Nuremberg et comte de Hohenzollern, obtint de l'empereur Sigismond, pour de fortes sommes, la dignité d'électeur de Brandebourg, comme fief héréditaire (1411).
îl y eut une suite d'électeurs de Brandebourg. L'Ordre Teutonique, que l'on peut en quelque sorte assimiler à l'ordre de Malte, possédait une partie de la Prusse, qu'il avait conquise sur les descendans des anciens Venètes. Mais Albert de Brandebourg, alors grand-maître, ayant reçu de Sigismond la Prusse, en propriété, comme un duché relevant de la Pologne, ce duché rentra dans l'état civil, et l'Ordre Teulonique le perdit.
Parmi les électeurs, il faut citer (1640) Frédéric-Guillaume, qui fut l'un des plus grands hommes qui aient gouverné. Il avait voyagé pendant les années de son éducation. Assis sur le trône, il se montra à la fois politique et guerrier. Il obtint le duché de Prusse, et le traité d'Oliva, en 1660, lui confirma cette souveraineté. 11 fut surnommé le grand-électeur.
Son père, Frédéric Ir, reçut de l'empereur Léopold^ en 1701, le titre de roi. Il eut pour successeur Frédéric-Guillaume.
Ce fut sous ce prince que grandit la monarchie prussienne et qu'elle prit des accroissemens vraiment incroyables. Ne possédant que peu de ressources , il ne dut ses succès qu à la plus sévère économie commandée par la situation particulière d un Etat dont les principaux revenus consistaient dans les produits de ses domaines. Peu jaloux de conquêtes, il sut pourtant voir que la position de la Prusse en faisait un État essentiellement militaire, et les soins qu'il prit pour former une bonne armée et pour inspirer à ses sujets un esprit guerrier, préparèrent la puissance delà Prusse à l'extérieur.
Frédéric il, fils de Frédéric-Guillaume, fut élevé à l'a cour, qui n'était qu'un camp. Il apprit de bonne heure à supporter l'infortune : l'humeur sauvage du roi, sa dureté envers sa famille, habituèrent le jeune Frédéric à la patience et à la résignation. A son avènement, âgé de 2S ans (1740), il se vit entouré d'ennemis; il les étonna par son activité et ses lalens militaires. Il monta sur le trône avec le désir d élever la Prusse au rang des premières puissances continentales; pour cela la conquête de la Silésie lui parut nécessaire, et quelques prétentions assez mal établies sur unex portion de ce pays lui servirent de préteste et lui mirent les^armes à la main; la bataille de Molwitz lui en valut -la conquête; le traité de Berlin, par lequel il renonçait à l'alliance de la France contre l'Autriche, lui en assura d'abord la possession, et ce traité fut ensuite confirmé par celui de Dresde. Mais une alliance entre la France et l'Autriche lui firent craindre pour sa nouvelle conquête, et bientôt la Saxe et la Suède s'étant déclarées contre lui, il eut sur les bras la moitié de l'Europe. La gloire qu'il recueillit dans celte guerre, appelée la guerre de Sept Ans, lui fut d'autant mieux acquise qu'il l'acheta plus chèrement et à travers les plus grands dangers. Frédéric essuya
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quelques défaites ; mais les victoires de Prague, de Rosback, de Lutzen et Burkesdorf , lui valurent la paix glorieuse de Hubertsbourg, et il n'abandonna rien de ses précédentes conquêtes. L'empereur Joseph 11, pour asseoir sa prépondérance sur l'Allemagne^ créa un nouveau royaume de Bourgogne qu'il offrait en échange de la Bavière et du Palatinat. Frédéric, près de mourir, voyant par cet arrangement l'existence de la Prusse compromise, résolut de l'empêcher ; il plaida avec énergie et talent la cause de l'Aliemagne et parvint à conclure la confédération des princes allemands pour le maintien de la constitution de l'empire germanique. Enfin, son goût pour les lettres, sa correspondance avec Voltaire, son code d'une brièveté despotique, son anti Machiavel et ses Annales ont placé Frédéric parmi les hommes extraordinaires du dix-huitième siècle. Frédéric étendit, perfectionna, mais maintint les anciennes institutions. La constitution d1 la Prusse était une pure monarchie, sans aucune assemblée d'Etals, comme dans le reste de l'Allemagne. Cependant l'autorité royale y était soumise à certaines restrictions, et les collèges des provinces mettaient l'administration à l'abri de l'arbitraire; la législation, la justice, l'agriculture reçurent d'importantes améliorations, et la Prusse donna au continent, sous Frédéric., l'exemple d'une sage liberté de la parole et de la presse. Ce prince mourut en 1786, âgé de soixante-quinze ans, après en avoir régné quarante-sept. Il laissa à son neveu, Frédéric-Guillaume, qui lui succéda un pays peuplé de soldats, et plus de quatre-vingts millions de notre monnaie.
Lecture. — Biographie de Frédéric II. >—De la monarchie prussienne sous Frédéric. Il, par Mirabeau. — Histoire de Frédéric, par Paganel.