‹ Nouveaux élémens d'histoire générale, rédigés sur un plan méthodique et entièrement neufChapitre 266 sur 277 · DANEMARCK · texte numérisé non relu

DANEMARCK

bombardement de Copenhague. — L'Angleterre avait fait de vains efforts pour détacher le ministre Bersndorf de ses engagemens avec la France ; et, ne pouvant l'entraîner dans la coalition, elle résolut de punir le Danemarck d'une Gdélité aussi rare. Le 29 avril 1801 , une flotte anglaise parut devant la rade de Copenhague , et sans aucune déclaration de guerre, les amiraux Parker et Nelson, après avoir battu la flotte danoise , bombardèrent impitoyablement la ville.

Guerre de Saint-Domingue. — La France était moins heureuse sur mer et dans ses colonies. Malte est prise par les Anglais , et les Nègres de Saint-Domingue, traduisant en massacres les théories du conventionnel Santhonax, proclament leur indépendance, après avoir exterminé les Blancs. Commandés par Toussaint-Louverture, ils incendient la flotte française mouillée devant la ville du Cap. Mais, attaqués bientôt par le général Leclerc, envoyé de France, les Nègres sont obligés de se soumettre. Leur chef vient expier en France le sang des victimes immolées à sa rage. La fièvre jaune, survenant au milieu de cette entreprise, enlève le général français et jette la démoralisation dans l'armée. Les Nègres se soulèvent de nouveau et nous refoulent dans

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la partie espagnole de l'île. Divisés d'intérêts, les chefs des Nègres ne tardèrent pas à se brouiller et à se faire la guerre» Enfin Boyer, l'un d'eux, demeura seul maître de l'île, qui prit le nom de république d'Haïti. Charles X reconnut son indépendance en 1825, à la condition dune indemnité de cent cinquante millions pour les anciens colons et de quelques avantages commerciaux. L'indemnité n'a point encore été payée.

F.isapîFe. — L'évacuation de l'Egypte après la mort de Kléber assassiné par le fanatique Soliman, et la mort de Paul Ier, empereur de Russie, avaient changé tout-à-fait la face des choses. Bonaparte, tranquille au dehors, assure sa puissance au dedans. Nommé consul à vie (4 août 1802), il n'a plus qu'un pas à faire pour saisir la couronne. Enfin il se la pose lui-même sur la tête, le 18 mai 1804, et prend le titre d'empereur auquel il joint celui de roi d'Italie le 17 mars 1805. L'Espagne, la Hollande, la Suisse et les états germaniques sont dans sa dépendance, ou par les traités ou par la crainte de ses armes.

Hat aille slM.i&gt©sslits.' — Une troisième coalition se forme contre la France. Pitt, rentré au ministère, en est encore le principal moteur. Un soulèvement général de l'Europe devait la repousser dans ses anciennes limites, sans toucher toutefois à son gouvernement intérieur. Mais, loin d'être écrasée, elle triomphe, à Àusterlitz, le 2 décembre 1805, des empereurs d'Autriche et de Russie. L'Autriche perd Venise et la Dalmatie par la paix de Presbourg, qui crée les royaumes de Bavière et de Wurtemberg. Napoléon prend toutes ces dispositions au château impérial de Schœnbrunn ; c'est de là qu'il donne à son frère Joseph la couronne de Naples, par une simple proclamation, et à son frère Louis celle de Hollande.

Combat naval de Trafalgar.— Tandis que Napoléon dicte des lois au continent, la marine française

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éprouve un échec irréparable au cap Trafalgar. L'amiral Villeneuve est pris, le contre-amiral Magon est tué, et les deux amiraux espagnols qui combattent avec les Français sont blessés ; l'amiral anglais, Nelson, frappé d'un coup de feu, ne survit point à sa victoire (21 octobre). Le 6 février suivant, la France éprouve un nouvel échec dans la baie de Santo-Domingo, et cède aux Anglais l'empire de la mer. Pitt, auteur de la troisième coalition, meurt, et l'avènement de Fox au ministère fait naître quelques espérances de paix, que sa mort fait bientôt disparaître.

Campagne de Pniise et paix de Tiïsitt.

— L'empire d'Allemagne existait encore ; une déclaration du 1er août 1806 renversa cet édifice politique, debout depuis tant de siècles. Ce boulevart détruit, et remplacé par la Confédération germanique, dont Napoléon fut proclamé le Protecteur, laissa la Prusse sans défense. Seule contre les Français, cette puissance perd les batailles d'Auerstaedt et d'Iéna, et voit Napoléon triomphant entrer à Berlin. Les victoires d'Eylau et de Friedland achèvent l'anéantissement de la Prusse et portent des coups terribles à la Russie. La paix de Tilsitt (1807) couronne cette campagne prodigieuse. On voit en même temps surgir un royaume de Westphalie pour Jérôme, le plus jeune des frères de Napoléon, et un duché de Varsovie, premier coup porté à la Russie ; la Saxe fut aussi érigée en royaume auquel fut réuni le grandduché de Varsovie. Murât s'asseoit sur le trône de Naples, et Joseph sur celui d'Espagne, déclaré vacant par l'abdication forcée de Charles VI (1808). La France commande partout, et partout en Europe les ports sont fermés à l'Angleterre par le système continental, qu'annonce à l'Europe le fameux décret de Berlin.

Bataille de Wagram. —Dès le mois de juin 1808, l'Autriche se préparait à la guerre. Après le

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congrès d'Erfurth et lorsque ses forces furent prêtes, elle commença les hostilités dans la Bavière et dans le Tyrol. Mais la bataille de Wagram ouvre, pour la seconde fois, les portes de Vienne à Napoléon. La paix, conclue dans cette capitale, enlève à l' Autriche tout le littoral du Rhin et de l'Adriatique, et ses meilleures barrières (1809). Dans le même temps, Napoléon réunissait les Etats du pape à l'empire français, et, pour vaincre la résistance du pontife, il le faisait enlever de son palais et transporter à Savone, où il passa trois années sous une surveillance sévère.

Secontl mariage fie Napoléon» — Napoléon, parvenu au comble de la gloire, n'avait pas d'héritier à qui la transmettre; frappé de cet inconvénient, il fit rompre, du consentement de l'impératrice Joséphine, un mariage stérile, et bientôt après (2 avril 1810) il épousa l'archiduchesse Marie-Louise, fille aînée de l'empereur d'Autriche. Il eut de ce mariage un fils qui prit le titre de roi de Rome, décerné deux ans auparavant par un sénatus-consulte à l'héritier futur de l'empire.

€*«ieaet°e d'Espagne. — La chute de l'empire d'Allemagne et l'abaissement de l'Autriche et de la Prusse ouvraient à Napoléon le chemin de la Russie. Mais, avant d'exécuter ce projet gigantesque, il avait encore l'Espagne à soumettre. Depuis 1808, la guerre s'y était poursuivie avec vigueur. Napoléon y dirige de nouveau toutes ses forces, commandées par Soult, Ney, Victor, Mortier, Gouvion-Saint-Cyr, Marmont, Macclonald, Augereau et Suchet, l'élite des généraux français ; elles eurent à vaincre une résistance opiniâtre signalée par les sièges de Tarragone, Saragosse et Cadix, les batailles de Talavera et de Salamanque. Forcés par Wellington et Bçresford d'évacuer le Portugal pour la troisième fois et de lever le siège de Cadix, les Français et le roi Jo-

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seph abandonnent Madrid qu'ils reprennent Tannée suivante (1811).

Campagne «le Russie. — Le joug du système continental pesait à la Russie, et ses plaintes aussi bien que les usurpations de Napoléon ne tardent pas à amener une rupture. Le prince Kourakin quitte Paris (avril 1812). De part et d'autre on se prépare à la lutte. Napoléon a pour lui l'Autriche, la Prusse et toute l'Europe centrale qui lui fournissent leurs contingens. La Russie s'allie à la Suède. Jamais on ne vit si formidable entreprise. C'en était fait de la Russie sans le désastreux hiver de 1812. L'armée française passe le Niémen, bâties Russes à Smoiensk et à la Moskowa. Le 14 septembre, elle fait son entrée triomphale à Moskou. Deux jours après, cette antique capitale est réduite en cendres par le sauvage patriotisme d'un gouverneur russe. 11 ne restait plus d'autre ressource que la retraite. On était au mois d'octobre. Poursuivis, harcelés par des ennemis sans nombre, les Français sont décimés parle triple fléau de la guerre, de la faim et d'un froid terrible. Plus de chevaux, plus de magasins, plus d'abri ; rien que le désespoir. Le passage de la Rérésina est le plus épouvantable épisode de cette campagne désastreuse qui moissonna une des plus belles armées qui aient jamais été vues. Reauharnais, vice-roi d'Italie, et Murât rallient les débris de l'armée en Pologne, tandis que Napoléon vint à Paris donner la première nouvelle de sa défaite. L'astre de l'empereur a pâli.

Lecture.— Campagne de Russie par M. de Ségur.

Confédération des souverains de l'Europe.—La Prusse, l'Autriche et la Hollande ne tardent pas à secouer leurs chaînes. L'Angleterre et la Suède se mettent dans la partie, et malgré les victoires de Lutzen et de Rautzen, la France est abandonnée de la fortune à labataille de Leipsick. L'Allema-

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gne est libre, et l'armée française fait sa retraite sur le Rhin.

iDécliëance cl© iKTapolëon, ieëtaMi^gena©iit

eïe@ H©isiefe©ii®. — La France a perdu tons ses alliés, tandis qu'une coalition formidable la presse de tontes parts. Les souverains confédérés ont envahi le territoire français, et marchent avec un million d'hommes sur Paris. Napoléon déploie en vain toutes les ressources de son génie. Paris capitule, et le sénat prononce la déchéance de son maître retiré à Fontainebleau. Le 4 août 1814, celui qui avait commandé au monde abdique, et adresse à sa garde de touchans adieux. Il part pour l'île d'Elbe. Les Bourbons rentrent en France.

Lecture. — Histoire de Napoléon, par M. de Norvins.

OBSERVATIONS

L'empire a été une réaction contre la liberté, et la substitution d'un gouvernement militaire au gouvernement populaire. Sous la république, tout se faisait par les délégués du peuple ; sous l'empire, tout se faisait par la puissance d'un homme. Toutefois, jamais chez aucun peuple la gloire militaire n'atteignit un si haut degré de splendeur.

CONSÉQUENCES

1° Invasion en Europe des idées révolutionnaires ; 2° Réaction des peuples contre le despotisme impérial ; 3° Retour de la France à ses frontières primitives; 4° Despotisme administratif, et centralisation du pouvoir.

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