ORATEURS
Foy, Manuel , Benjamin-Constant , Camille Jordan , Labourdonnaye, Martignac, Périer.
Awéiiement de Smuîs - Philippe. — Charles X, poursuivi par le peuple parisien, s'était em-
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barque à Cherbourg pour l'Angleterre. Le trône était vacant, malgré son abdication en faveur du duc d'Angoulême et du duc de Bordeaux. Une restait donc plus à la France qu'à choisir la forme du gouvernement qu'elle se donnerait. On commença par modifier et refondre presque en entier la charte de 1814 (7 août 1830). Quand ce travail fut terminé, les députés, presque tous signataires de l'adresse des 221, appelèrent au trône le lieutenant-général du royaume, qui prêta serment à la charte ^de 1830, et prit le nom de Louis-Philippe 1er 9 août).
Procès des ministres de Charles X.. —
Sur les sept ministres qui composaient le conseil de Charles X, quatre seulement avaient pu être arrêtés. Ils furent traduits devant la chambre des pairs érigée en cour de justice. Le 15 décembre, leur procès commença. Les accusations portées contre eux emportent toutes la peine de mort. MM. Persil et Madier de Montjau sont accusateurs au nom de la révolution. MM. Sauzet, Martignac, Mandaroux-Vertamy, Hennequin et Crémieux sont les défenseurs des ministres. Enfin, après plusieurs séances, et au milieu de l'agitation qui règne au dehors et des cris de mort qui retentissent autour delà chambre des pairs, les quatre ministres présens, MM. de Polignac, Peyronnet, Chantelauze et Guernon-Ranville, sont condamnés à une prison perpétuelle. Les autres ministres sont condamnés par contumace à la même peine.
Journées des 5 et S j tassa, IParis en état
de siège. — Le général Lamarque venait de mourir du choléra-morbus, et ses obsèques ayant lieu le 5 juin 1832, un grand concours de peuple se porta au convoi de cet illustre député. Arrivé au pont d'Austerlitz, le convoi s'arrêta, et, après quelques discours prononcés par des députés montés sur une estrade, des cris de vive la république! et de à bas Louis-Philippe ! se firent entendre. Le peuple en vient aux mains avec les dragons, et une vive fusillade
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s'engage sur un grand nombre de points. Le lendemain 6, la garde nationale arrive, et, aidée de la troupe de ligne et de la banlieue, elle attaque les républicains dans leurs retranchemens. Plusieurs barricades sont enlevées; il n'en reste plus qu'une au cloître Saint-Méry défendue avec un acharnement sans exemple. Enfin, à quatre heures du soir elle est forcée. Paris est déclaré en état de siège, et des ordonnances royales prononcent le licenciement des Écoles polytechnique et d'Alfort , et la dissolution du corps d'artillerie delà garde nationale. Messieurs Garnier-Pagès, Cabet, Laboissières, députés, et Armand Carrel, rédacteur du National, sont déférés aux tribunaux. Enfin, le 29 juin, la cour de cassation rend un arrêt mémorable qui rend les accusés à leurs juges naturels et fait cesser l'état de siège.
RUSSIE
mort D'Alexandre à Taganrock. — Alexandre , abandonnant les routes battues par ses ancêtres, qui ne régnaient que par la terreur, eut l'ambition de ne régner que par des bienfaits qui lui acquirent l'amour dé ses sujets. Il encouragea et protégea le commerce, améliora sensiblement l'administration de sa patrie, se déclara le protecteur des arts et des sciences , et combla de bienfaits , non seulement les savans de son empire , mais encore ceux dont s'honoraient les diverses parties de l'Europe. Son frère Nicolas lui a succédé.
guerre des russes et des turcs. — Une nouvelle guerre, la plus terrible, la plus menaçante peut-être pour l'empire turc, rendra plus célèbre encore le règne de Mahmoud II. Les Russes, ses plus mortels ennemis , marchaient à grands pas vers Constantinople , et semblaient près de réaliser les espérances de Catherine II.
La Russie reprochait à la Turquie, entre autres griefs :
1° De n'avoir pas exécuté les traités de Bucharest et d'Akerman;
2° D'avoir anéanti les privilèges des deux provinces de Valachie et de Moldavie ;
3° D'avoir saisi les cargaisons des bàtimens russes ;
4° D'avoir enfin excité contre elle la cour de Perse.
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N'ayant reçu aucune satisfaction de la Porte , l'empereur Nicolas fait marcher contre le grand sultan une armée imposante. Les Russes s'avancent à travers une population en fuite et des hordes indisciplinées en déroute.
Les premiers avantages sont pour la Russie, qui a pour elle le nombre , la valeur et la discipline ; mais les Turcs , de leur côté , montrent une admirable résistance ; ils sont pleins de bravoure ' d'énergie et du mépris de la mort.
Brailow, qui n'était considérée que comme une place de troisième ordre, tomba, le 20 juin, au pouvoir des Russes, après une résistance si opiniâtre , que les Turcs tuèrent à leur ennemi plus de cinq mille hommes.
De grandes difficultés restaient encore aux Russes. Le premier boulevart (le Danube) était franchi ; mais le second (le Balkan) est le plus recoutable, et c'était là vraisemblablement que se serait décidé le sort de l'empire turc, qui compte déjà en Europe trois cent soixante-quinze ans d'existence, si la paix n'eût été rendue aux deux empires par un nouveau traité entre Mahmoud et Nicolas signé à Andrinople.
ANGLETERRE
expédition de lord exmouth (1816). — En mai et en juin, l'amiral anglais avait demandé au dey d'Alger, ainsi qu'aux beys de Tunis et de Tripoli, la reconnaissance de l'indépendance des Iles Ioniennes, la délivrance de tous les esclaves génois, sardes, napolitains, moyennant une rançon raisonnable, enfin l'abolition de l'esclavage. Toutes ces demandes furent admises, à l'exception de la dernière à laquelle les deux beys acquiescèrent, mais qu'Omar refusa obstinément de ratifier. Les pirates commencèrent à écumer la Méditerranée. Le consul britannique est mis aux fers ; des atrocités sont commises à Oran. Le cabinet de Saint-James reconnaît enfin que la guerre est nécessaire. Lord Exmouth part à la tête d'une escadre de trente -six voiles. Il mouilla très près de terre comme parlementaire, tandis qu'un parlementaire véritable va porter aux Algériens des propositions qu'il sait devoir être rejetées; et, s'embossant hardiment à demi-portée de canon, sous le feu des batteries du port et de la rade , il prend à revers et foudroie toute l'artillerie ennemie. Mais lord Exmouth fut lui-même obligé de se retirer, pour ne pas voir ses vaisseaux atteints par les flammes qui dévoraient la flotte ennemie. Cependant les cris d'une populace irritée effrayèrent le dey, il capitula le lendemain 28 août, a la grande surprise de lord Exmouth, abolit solennellement l'esclavage , délivra deux mille chrétiens sans rançon , remit à bord de la Heine- Charlotte une somme immense et fit des excuses à l'amiral et au consul.
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Bill de réforme.— L'Angleterre , travaillée depuis longtemps par le besoin de réformes politiques , entre définitivement , et à l'exemple de la France , dans cette nouvelle carrière. Elle veut des garanties contre l'influence de l'aristocratie, et un cercle électoral plus étendu. Lord Grey, qui succède à Wellington, satisfait à ces exigences de la nation en présentant le Ml de réforme, qui apporte de grands changemens dans la constitution anglaise. La démocratie a triomphé (1831).
GRÈGE
révolution de la Grèce.— Proclamation d'Alexandre Ypsilanti contre la Porte ottomane. Cette révolution avait été dès long-temps préparée par une association secrète formée en 1814, et composée de ministres, de seigneurs , de savans , et de tous les riches Grecs du Fanar et des provinces. Bientôt le cri de liberté retentit dans toute la Grèce; et les Hellènes osèrent prendre les armes contre leurs tyrans. Quelques uns d'entre eux sont devenus célèbres , tels que Canaris, Botzaris, Mavrocordato, Colocotroni ; plusieurs villes furent courageusement défendues par eux : telles qu'Ypsara , Hydra , Scio , Salamine , INégrepont, et surtout Missolonghi. En 1820, le sultan Mahmoud vint à bout de détruire les janissaires , qui avaient l'habitude de déposer et d'étrangler les sultans qui leur déplaisaient.