SLR LE TABLEAU DES GRANDES FAMILLES
D'après ce tableau, les grandes familles primitives paraissent avoir eu clans le principe des foyers d'où elles se sont disséminées et reproduites de proche en proche par des augmentations successives de populations. Ces foyers de propagation peuvent se reconnaître à la beauté et à la perfection corporelle de chaque famille qui la précède ; et , comme le genre humain s'est dispersé par des colonies , il est naturel de croire qu'il a suivi d'abord les terres avant de s'exposer à l'inconstance des eaux et à un Océan inconnu.
Ainsi les familles humaines paraissent avoir établi leurs foyers primitifs près des élévations du globe, et de là elles se sont écoulées, comme les fleuves des montagnes, jusqu'aux extrémités des terres et aux rivages des mers.
C'est dans les pays de montagnes que l'espèce est la plus florissante, plus. libre et plus féconde : c'est la patrie première du genre Immain , c'est de là que coule sans cesse l'urne des générations; c'est du sein des montagnes que sortent les conquérans et les colonies pour descendre dans les plaines fertiles.
Considérons de plus que chacun de ces foyers est le centre d'une langue-mère d'où sont découles différais idiomes ou dialectes. Par exemple, le point central et originaire de la famille cellique qui est placé au nord, a répandu la langue germanique partout où les peuples de ces contrées se sont établis.
Si la France , l'Italie et l'Espagne ne parient pas aujourd'hui une langue d'origine teutonique, c'est parce que la langue latine a "prévalu et a modifié considérablement la première. Mais avant les con- (juêtes des Romains et l'introduction du latin dans l Europe australe , le langage des Celtes et des Ibé-
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riens ressemblait à celui des Helvétiens, des Germains et des autres peuples teutons.
31 en est de même de la famille esclavone, dont on entend la langue depuis le golfe de Venise jusqu'aux extrémités de la Russie, quoiqu'elle subisse plusieurs dialectes. On sait qiie les langues d'Orient, comme celles des Arabes , des Syriens , des Phéniciens , des Persans, des Malais, des Juifs, etc., ne sont que les divers idiomes d'une langue-mère, Yaraméen. I^on seulement la forme du corps et le langage présentent des traits communs dans chacune de ces grandes familles humaines ; mais les mœurs , les usages , les coutumes et les idées religieuses semblent indiquer aussi une source commune pour chacune d'elles, quoiqu'une foule de circonstances aient beaucoup multiplié les accessoires. Il nous paraît donc probable que chaque race humaine a des points ou des foyers d'où sont sorties les diverses familles que nous trouvons répandues aujourd'hui sur la terre.
Lecture : 1° Histoire naturelle de Buffon ; 2° Histoire naturelle de Virey ; 5° Esquisses littéraires de l'auteur .
OBSERVATIONS PRELIMINAIRES