PASTEUR
30e siècle. 35
Bientôt commença cette centralisation, principe de toute société et de tout gouvernement. Tout se réunit, se groupa autour de l'homme. La famille devint tribu, et posséda pour se transporter d'un lieu dans un autre, un chariot informe traîné par des animaux. La matière et la vie étaient vaincues. La civilisation commençait. On trouve aussi l'idée d'un Dieu chez tous ces peuples primitifs ; elle précède la société, ou du moins elle naît avec elle. Ces premières notions de la religion ont pris naissance en Orient qui a été le berceau de l'homme, et se sont propagées dans les autres contrées du globe.
Lecture. Michelet (Histoire universelle); Vico (Science nouvelle) ; Lerminier (Législations comparées).
La vie nomade appela quelques changemens. L'homme soupçonne que la terre est susceptible de culture. Il devient agriculteur. Les relations se multiplient et améliorent l'organisation sociale. Le tempérament physique est moins despotique, il y a moins de fatigue et dès lors moins d'intempérance. Enfin , la vie agricole donne des notions de droit particulier bientôt suivi de droit public ; la famille ou le gouvernement patriarcal renferme donc le germe du gouvernement politique ; l'autorité paternelle est reconnue insuffisante : il faut quelqu'un qui explique la loi. La loi est également imposée à tous, et les différentes familles sont confondues dans une vaste unité. Voilà le peuple, le chef, le roi.
Lecture : Dans les Esquisses historiques, les gouvernemens, les langues, les religions, etc., et tout ce qui a rapport aux premières sociétés.
Dans les Esquisses littéraires de l'auteur, la formation des langues eX le tableau des littératures anciennes et modernes.
OBSERVATIONS
Nous ne savons rien sur les premiers peuples ; il est certain qu'ils ne restèrent pas dans l'inaction; mais le temps a voilé une grande partie de leur histoire. Comment se reconnaître dans cet obscur dédale? Il m'a semblé raisonnable de rejeter toutes ces traditions poétiques, tous ces faits douteux, et d'offrir à mes jeunes lecteurs la succession des peuples, en leur faisant observer que la certitude des faits ne commence qu'au neuvième siècle, pour l'histoire profane.
ÏJremtrr* partie.