‹ Nouveaux élémens d'histoire générale, rédigés sur un plan méthodique et entièrement neufChapitre 50 sur 277 · OBSERVATIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS GÉNÉRALES

De nombreux systèmes ont été publiés sur la religion grecque ; aucun n'est satisfaisant, Cependant on a dit avec raison que

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la mythologie est une grande et curieuse énigme, mais le mot de cette énigme était connu des anciens ; il ne faut donc pas désespérer de le trouver.

On ne peut guère douter que plusieurs divinités et des cérémonies n'aient été introduites de l'Egypte, de l'Asie et de la Thrace dans la Grèce. Elles n'y conservèrent point le caractère propre au lieu de leur origine, mais devinrent des divinités grecques. De même que chez la plupart des peuples barbares, les dieux réels des Grecs ne furent autres que les élémens et les astres, non point conservés comme formant un tout invisible (ce qui n'eût supposé qu'un seul dieu, l'univers), mais honorés comme des êtres différons, tous soumis à un dieu suprême, tous intelligens, liés entre eux par une inaltérable hiérarchie dont le dieu suprême avait établi l'ordre , et dont l'harmonie universelle était le produit.

Le feu éthéré, air subtil, l'esprit, de quelque manière qu'on le nomme , était le dieu suprême , principe du mouvement et de la souveraine sagesse: origine des autres élémens, il occupe le sommet de Y Olympe primitif, et devient la base de la Cosmogonie religieuse.

La simplicité primitive s'altéra ; les Grecs policés, suivant l'exemple des peuples qui les environnaient, personnifièrent leurs divinités et leur rendirent un culte symbolique. La nature entière se trouva de la sorte représentée par une réunion de divinités symboliques, toutes unies entre elles par des liens de parenté, toutes amies ou rivales les unes des autres, et ce fut par ces amitiés ou ces haines que la physique religieuse rendit sensibles les sympathies elles répressions qui rapprochent ou divisent les élémens.

Jupiter est l'image de l'éther ; Junon, de l'air ; Vulcain, du feu; Neptune, de l'eau; Cérès, de la terre, etc. Ainsi chaque dieu réel a son représentant.

Cette manière d'envisager la mythologie appartient à M. Emeric David qui l'a développée d'une manière tout à la fois ingénieuse et savante dans son Essai sur l'esprit de la religion grecque.

Quoi qu'il en soit, c'est à la religion qu'est dû l'avantage d'avoir adouci l'esprit sauvage des peuples, et les anciens chantres, comme Orphée, Linus, etc., y contribuèrent beaucoup aussi, en enchaînant par l'harmonie les vengeances sanguinaires, en consacrant leur talent aux cérémonies religieuses et en faisant reconnaître à un petit nombre d'initiés dans leurs mystères les avantages de la vie morale.

La civilisation grecque faisait chaque jour des progrès ; la religion, le commerce, la navigation, toute puissante qu'elle était, développaient l'intelligence des peuples. Tout était donc

prêt pour une grande entreprise nationale des Hellènes. C'est alors qu'eut lieu la guerre de Troie.

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