partie essentielle , d'un Jîlet ou partie accessoire
7° La corolle, ou l'enveloppe la plus intérieure de la fleur, souvent peinte des plus riches couleurs, quelquefois formée d'une seule pièce et dite alors corolle monopétale; d'autres fois elle est polj pétale , c'est-à-dire composée d'un nombre plus ou moins considérable de pièces distinctes , qui portent chacune le nom de pétale.
8° Le calice, ou enveloppe la plus extérieure de la fleur, de nature foliacée , ordinairement vert; composé d'une seule pièce, et dans ce cas nommé monosépale ; ou formé de plusieurs pièces distinctes, qui sont nommées sépales, il est appelé alors polysèpale.
t)° Le fruit, c'est-à-dire Y ovaire développé e*t renfermant les graines fécondées, est formé par le péricarpe et les graines.
io° Le péricarpe de forme, de consistance trèsvariées, est l'ovaire développé et accru, dans lequel étaient contenus les ovules, qui sont devenus les graines. 11 se compose de trois parties, savoir : de X èpicarpe , ou membrane extérieure qui définit la forme du fruit; de ^endocarpe, ou membrane qui revêt sa cavité intérieure simple ou multiple ; enfin d'une partie parenchymatense située et contenue entre ces deux membranes , et qu'on nomme sarcocarpe.
Le sarcocarpe est surtout très-développé dans les fruits charnus.
ii° Les graines contenues clans un péricarpe y sont attachées au moyen d'un support particulier, formé des vaisseaux qui leur apportent la nourriture; ce support est le tropho sperme, ou placenta. Le point de la surface de la graine où s'attache le trophosperme se nomme hile ou ombilic.
Quelquefois le trophosperme , au lieu de cesser au pourtour du hile, se prolonge plus ou moins sur la graine, au point de la recouvrir même entièrement. C'est à ce prolongement particulier qu'on a donné le nom à'arille.
La graine se compose essentiellement de deux parties distinctes, Yépisperme et Xamande.
ii° Uépisperme est la membrane ou le tégument propre de la graine. . .
i3° L'amande est le corps contenu dans V épisperme.
L'amande est composée essentiellement de X embryon, c'est-à-dire de cette partie qui, mise dans des circonstances convenables, tend à se développer et à produire un végétal parfaitement semblable à celui qui lui a donné naissance.
Outre X embryon, Xamande contient encore quelquefois un corps particulier de nature et de consistance variées, sur lequel est appliqué X embryon , ou dans l'intérieur duquel i! est entiè-
3o INTRODUCTION.
rement caché ; ce corps a reçu les noms d'endosperme, de périsperme et à* albumen.
1J embryon est la partie essentielle du végétal; c'est pour concourir à sa formation et à son perfectionnement que tous les autres organes des végétaux paraissent avoir été créés : il est formé de trois parties; l'une inférieure ou corps radiculaire; c'est celle qui, dans la germination, donne naissance à la racine; l'autre, supérieure, est la gemmule; c'est elle qui, en se développant, produit la tige, les feuilles et les autres parties qui doivent végéter à l'extérieur; enfin une partie intermédiaire et latérale , qui est le corps cotylèdonaire , simple ou divisé en deux parties , nommées cotylédons. De là, la division des végétaux pourvus d'embryon en deux grandes classes : les Monocotylédons , ou ceux dont X embryon n'a qu'un seul cotylédon; et les Dicotylédons, ou ceux dont X embryon présente deux cotylédons.
Telle est l'organisation la plus générale et la plus complète des végétaux. Mais on ne doit pas s'attendre à trouver toujours réunies sur la même plante les différentes parties que nous venons d'énumérer rapidement; plusieurs d'entre elles, manquent très -souvent sur le même végétal. C'est ainsi, par exemple, que la tige est quelquefois si peu développée , qu'elle paraît ne
INTRODUCTION. 3l
point exister, comme dans le plantain , la primevère; que les feuilles n'existent pas du tout dans la cuscute; qu'on ne trouve pas de corolle dans tous les Monocotjlèdons , c'est-à-dire qu'il n'existe alors qu'une seule enveloppe autour des organes sexuels; que cette seule enveloppe disparaît quelquefois comme dans le saule, etc., que souvent encore la fleur ne renferme que l'un des deux organes sexuels, comme dans le coudrier, où les étamines et les pistils sont contenus dans des fleurs distinctes; ou enfin que les deux organes sexuels disparaissent quelquefois entièrement, et la fleur alors est dite neutre, comme dans la boule de neige [Viburnum opulus) , Xhortensia, etc.
Cependant , dans les différens cas que nous venons de citer, cette absence de certains organes n'est qu'accidentelle, et n'influe pas d'une manière marquée sur le reste de l'organisation; en sorte que ceux de ces végétaux dans lesquels ces organes manquent ne s'éloignent point sensiblement ; ni dans leurs caractères extérieurs , ni dans leur mode de végétation et de reproduction, de ceux qui les possèdent tous.
Mais il est un certain nombre d'autres végétaux qui, par la privation constante des organes sexuels, par leurs formes extérieures , la ma-
3l INTRODUCTION.
nière dont ils végètent et se reproduisent , s'éloignent tellement des autres plantes connues, que de tout temps ils en ont été séparés pour former une classe à part. C'est à ces végétaux que Linné a donné le nom de Cryptogames , c'est-àdire de plantes à organes sexuels cachés ou invisibles, pour les distinguer des autres végétaux connus, dont les organes sexuels sont apparens, et qui avaient reçu pour cette raison le nom de Phanérogames.
Les Cryptogames, qui sont mieux nommées Agames (i), puisqu'elles sont privées d'organes sexuels, sont fort nombreuses. Elles constituent, environ la septième ou huitième partie des cinquante mille végétaux connus aujourd'hui.
Comme elles sont dépourvues de graines, et par conséquent d'embryon et de cotylédon, on les appelle aussi Inembryonèes ou Acotylèdones. On arrive donc ainsi à trouver dans les végétaux trois divisions fondamentales , tirées de l'embryon , savoir :
i° Les Inembvyonés ou A cotylédons, c'est-àdire les plantes dans lesquelles on n'observe ni
(i) Voyez à la fin de cet ouvrage les considérations générales sur l'organisation des Agames.
fleurs proprement dites , ni par conséquent d'embryon et de cotylédons; telles sont les Fougères (i), les Mousses , les Hépatiques , les Lichens , les Champignons, etc.
i° Les Embryonés ou Phanérogames , plantes pourvues de fleurs bien évidentes, de graines et d'embryon. On les distingue en :
Monocotylèdones , ou celles dont le corps cotylédonaire de l'embryon est d'une seule pièce, et développe une seule feuille par la germination; telles sont les Graminées , les Palmiers, les Liliacées , etc.
Et en Dicotylédones, ou celles dont l'embryon offrant deux cotylédons développe deux feuilles séminales par la germination ; par exemple : les Chênes , les Ormes, les Labiées, les Crucifères, etc. Le nombre de végétaux Dicotylédons est plus considérable que celui des Acotylèdons et des Monocotylédons réunis.
Telles sont les grandes divisions fondamentales
(i) Quelques auteurs ont placé, mais à tort, selon nous, les Fougères parmi les plantes à embryon monocotylédon. En effet il est de la dernière évidence que ces végétaux ne se reproduisent pas au moyen de véritables graines, mais simplement par des corps particuliers, espèces de bulbilles, qu'on observe sur d'autres végétaux, et auxquels on donne le nom de spoTutes.
3/j INTRODUCTION.
établies dans le règne végétal. Nous avons cru devoir les exposer ici en abrégé , et en donner une idée succincte et générale, parce que, dans le cours de cet ouvrage , nous serons fréquemment obligé d'employer les noms iYJcotylédons r de M ono cotylédons , et de Dicotylèdons , qui, s'ils n'eussent point été définis d'abord , eussent nécessairement arrêté l'ordre nature! des idées. C'est ici que nous sommes forcé de convenir que la marche des sciences naturelles n'est point aussi rigoureuse que celle des sciences physiques et mathématiques. On ne peut pas toujours, dans l'exposition des faits et des notions fondamentales qui appartiennent à l'histoire naturelle, procéder strictement du connu à l'inconnu. Il est souvent impossible d'éviter de passer par certaines idées intermédiaires, non encore définies, et de supposer, dans ceux pour lesquels on écrit, des connaissances qu'heureusement ils possèdent presque toujours.
TN"<^us avons, autant que possible, cherché à remédier à cet inconvénient dans l'exposition des notions élémentaires de la Botanique que nous venons de présenter. Nous nous sommes efforcé d'exposer, ici les faits dans leur dernier degré de simplicité, afin que ceux même qui n'ont encore aucune connaissance de cette science puissent
aisément suivre le développement successif dans lequel nous allons entrer au sujet des différens organes des végétaux.
Les organes des végétaux sont divisés en deux classés:
i° Suivant qu'ils servent à leur nutrition, c'està-dire à puiser dans le sein de la terre ou de l'atmosphère les substances nutritives propres à 'leur développement : on les appelle alors organes de la 7iutrilion ou de la végétation. Tels sont la racine , la tige , les bourgeons et les feuilles, etc.
2° Suivant qu'ils servent à la reproduction de l'espèce , on les nomme organes de la reproduction ou de la fructification. Tels sont la fleur, ses différentes parties, et le fruit qui leur succède.
Nous.commencerons d'abord par étudier les organes de la nutrition ; et nous ferons suivre cette étude de celle des organes de la fructification.
L'ordre le plus naturel des idées eût été sans doute de commencer par étudier les organes de la plante dans la graine qui les renferme déjà à l'état rudimentaire; d'en suivre ensuite les progrès ultérieurs jusqu'à leur état le plus parfait de développement; mais l'organisation de la graine étant, sans contredit, le point le plus difficile de
ia Botanique, celui sur lequel il reste encore le plus de doutes et d'obscurtié, il nous a semblé qu'il fallait d'abord accoutumer en quelque sorte nos lecteurs à des idées et des faits plus simples , afin de les faire arriver ainsi par degrés aux parties les plus compliquées de l'organisation végétale.
PREMIÈRE CLASSE