‹ Nouveaux élémens de botanique et de physiologie végétaleChapitre 67 sur 129 · ET AMI NES · texte numérisé non relu

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différentes manières , dans les divers genres de plantes, et les caractères tirés de cette déhiscence servent , dans quelques cas , à distinguer certains genres.

Le plus souvent cette déhiscence a lieu par la suture du sillon longitudinal qui règne sur la surface de chaque loge ; dans ce cas, on dit que les loges sont : longitudinaliter déhiscentes , comme dans le lis, la tulipe et un grand nombre d'autre plantes.

La déhiscence peut avoir lieu par des pores ou des fentes situées dans différens points.

Ainsi, dans les Erica, les Solanwn , etc. , chaque loge s'ouvre par un petit trou placé à son sommet {locul. apice déhiscentes.) (Voy. pi. 6, fig. 7, a a.)

Dans la pjrole , ce trou est placé à la partie inférieure [locul. basi déhiscentes).

D'autres fois ce sont des espèces de petites valvules , qui se soulèvent de la partie inférieure vers la supérieure , comme dans les lauriers , l'épinevinette , XEpimedium alpinum , etc. (Voy. pi. 6, fig. 8.)

Nous venons d'examiner jusqu'ici les anthères , libres de toute adhérence ; mais , aussi-bien que les filets staminaux, elles peuvent se rapprocher et se souder entre elles de manière à former une sorte de tube. Cette disposition remarquable se rencontre dans toute la vaste famille des Synanthérées, auxquelles on donnait autrefois le nom de plantes h/leurs composées ; tels sont les chardons, les artichauts, les soucis, etc. Linnaeus a donné le nom de sjngénéste

à la classe de son système dans laquelle sont réunies toutes les plantes à anthères soudées latéralement, qu:il désignait aussi sous le nom de syngénèses. (Voy.pl. 6, fig. i3.)

Il existe un grand nombre de plantes dans lesquelles les étamines , au lieu d'être libres , ou simplement réunies ensemble par leurs filets ou leurs anthères, font corps avec le pistil, c'est-à-dire qu'elles sont intimement soudées avec le style et le stigmate. C'est à ces plantes qu'on a donné le nom de gynandres. (Voy. pi. 6, fig. i/j.)

La coalescence des étamines n'a jamais lieu avec l'ovaire. Ce ne sont que les filets et le style qui s'unissent, en sorte que les anthères et le stigmate sont portés par un support commun, avec lequel ils se confondent. C'est ce que l'on observe dans les Aristoloches, les Orchidées, les Zingibéracées, etc.

Dans les Orchidées , on donne le nom de gynosteme (gynostemium) au support commun du stigmate et des anthères.

§ 3. Du Pollen.

Le pollen , ou la substance contenue dans l'organe mâle , et qui sert à la fécondation , se présente ordinairement sous l'apparence d'une poussière composée de petits grains d'une extrême ténuité ; quelquefois il est en masses solides plus ou moins considérables. Cette dernière forme , étant restreinte à un petit nombre de végétaux , ne fixera notre attention qu'a-

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près que nous aurons examiné avec détail la structure du pollen sous forme pulvérulente.

Avant le perfectionnement des instrumens d'optique, les renseignemens que l'on possédait sur les formes»variées des grains polliniques et surtout sur leur structure intime, étaient extrêmement vagues. On avait bien aperçu une grande diversité dans ceux que l'on avait examinés avec de fortes loupes ; mai3 ces différences avaient été indiquées, sans en tirer d'utiles conséquences pour l'avancement de la science. La structure du grain pollinique avait aussi été un objet de recherches de la part des anciens botanistes qui, faute de moyens rigoureux d'observation , «s'étaient long-tempsdisputés, mais sans tomber d'accord, sur la composition intérieure de corps aussi élémentaires. L'étude microscopique du pollen était donc un sujet digne de révision , et ne pouvait manquer de fixer l'attention des observateurs modernes. M. Amici, que nous avons eu occasion de citer si avantageusement dans cet ouvrage, a publié, dans les Actes de la société italienne, vol. xviii, un chapitre sur le pollen , où il a fait connaître des circonstances trèsintéressantes et que nous mentionnerons plus bas. A l'aide du microscope achromatique de M.Selligue ( j), notre ami M. Guillemin a fait, dans le cours de l'été de 1824? des observations nombreuses sur le pollen, observations dont il nous a communiqué les principaux résultats.

(r) Voyez la description et la figure de cet instrument dans les annales des sciences naturelles. Nov. 181$, t. 3, p. 345, et tab. 18.

Les grain* polliniques sont des utricules de formes variées , sans adhérence dans l'anthère à l'époque de la maturité, et renfermant une multitude de granules d'une extrême ténuité.

La membrane utriculaire'est tantôt lisse ,• tantôt inarquée d'éminences ou d'aspérités ; quelquefois elle offre de simples facettes ou des bosses disposées entre elles symétriquement. Lorsque le pollen est parfaitement lisse dans sa superficie, il n'est en même temps recouvert d'aucun enduit visqueux, tandis que les moindres éminences sont des indices de viscosité. Les papilles, les éminences mamelonnées, etc., qui recouvrent certains grains polliniques , sont de véritables organes sécréteurs, et l'enduit visqueux ordinairement coloré qui les recouvre en est le produit. Parmi les pollens pulvérulens, on peut donc établir deux ordres principaux , savoir, les pollens visqueux et ies pollens non visqueux. Les considérations tirées de la forme générale sont moins importantes , c'està-dire que la différence est moins grande entre les pollens sphériques , elliptiques , cycloïdes , polyédriques , etc.

M. Guillemin s'est convaincu par un grand nombre d'observations que la nature des grains polliniques était la même dans chaque famille naturelle de plantes ; ou , en d'autres termes , que dans une de ces familles on ne rencontrait point en même temps des pollens visqueux et des pollens non visqueux. Il a vu de pi is que tous les genres d'une même famille n'offrent que des modifications dans les for-

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mes de leurs grains polliniques ; mais que des familles très - éloignées par d'autres caractères , se rapprochaient néanmoins par une identité dans leurs pollens. Nous nous contenterons d'énumérer la nature et la forme de cet organe dans quelques familles remarquables.

Le pollen des Malvacées et des Convolvulacées est formé de grains sphériques papHIaires et d'un blanc argentin. Dans les Cucurbitacées, ils sont sphériques, papillaires et d'un beau jaune doré. Ceux de la tribu des Hèlianthèes, de la famille des Synanthèrèesy sont également sphériques papillaires, et d'un beau jaune orangé. La tribu ou plutôt l'ordre des Chicoracées nous présente des grains sphériques visqueux, mais dont la superficie est taillée à facettes. Un poilenà grains couverts d-'éminences mamelonnées, surmontés chacun d'un point brillant, s'observe dans le Cobœa scandens. Celui des Phlox est très- analogue à ce dernie«r > circonstance qui appuie l'opinion de ceux qui considèrent ces deux genres comme étant de la même famille. Enfin, pour ne pas pousser trop loin cette énuméïBtion des pollens visqueux, les grains dans les Onagraires ont une forme trigone très-manifeste,-avec une dépression considérable dans leur centre.

Les famillesoù l'on trouve des grains non visqueux, sont en très -grand nombre. Il nous suffira de citer les Solanées , Scrophularinèes , Gentianèes , Garyophjilées, Graminées , Euphorbiacèes , etc.Ces grains ont toujours une forme elliptique, et sont marqués

d'une rainure longitudinale; le plus souvent ils sont colorés en jaune, quelquefois en rouge , comme dans les Verbascum. Dans les Légumineuses papilionacées , le pollen est bien d'une nature non visqueuse, mais il a une forme cylindroïde très-prononcée.

Lorsqu'on soumet les grains non visqueux à l'action de l'eau, ils changent de forme à l'instant même; d'elliptiques qu'ils étaient, ils deviennent parfaitement sphériques. Les grains visqueux se dépouillent d'abord de leur enduit; puis ils éclatent plus ou moins promptement , et lancent au dehors un liquide plus dense ^ue l'eau , et dans lequel se meuvent des myriades de petits grains que leur couleur verdâtre rend perceptibles à la vue, par un grossissement de plusieurs centaines de fois- leur diamètre. M. Amici a vu un grain pollinique de Portulaca oleracea en contact avec un poil du stigmate, se rompre, lancer au dehors une sorte de boyau dans lequel les granules ont circulé pendant plus de quatre heures. Gleichen, qui avait déjà observé les granules contenus dans les grains polliniques , les avaient considérés comme jouant le principal rôle dans l'acte de la fécondation, et M. Guillemin, raisonnant d'-après l'analogie de ces organes avec les animalcules spermatiques des animaux , n'est pas éloigné d'adopter cette opinion.

Nous parlerons maintenant du pollen des Asclépiadées et des Orchidées, qui présente des modifications très- remarquables.

Dans plusieurs genres de ces deux familles, tout

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le pollen contenu dans une loge est réuni en un corps qui a la même forme que la loge dans l'intérieur de laquelle il est contenu. On donne à ce pollen ainsi réuni le nom de masse pollinique [massa pollinicà). Quand ces masses sont partagées en plusieurs autres masses plus petites , on appelle ces dernières des massettes (niassulœ). Les masses polliniques des Orchidées sont tantôt formées de grains solides réunis ensemble par une sorte de réseau élastique; on les appelle alors masses sectiles ( massœ sectiles ) , comme dans les genres Orchis, Ophrys. D'autres fois, elles sont tout- à- fait granuleuses ( massœ granulosœ); telles sont celles des genres Epipactis, Loroglossum, etc. Enfin elles sont quelquefois d'une substance solide et compacte {massœ solidœ), comme dans les genres Coraïlorhiza , Malaxis. Ces trois formes ne se trouvent jamais réunies ni confondues dans un même genre.

Le pollen , projeté sur des charbons ardens, brûle et s'enflamme avec rapidité. Dans beaucoup de plantes, il répand une odeur qui a l'analogie la plus frappante avec la substance à laquelle on le compare dans les animaux, comme on l'observe très-bien dans le châtaignier, l'épine-vinette, etc.

Q.gO ORGANES DE LA REPRODUCTION.

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