III. MUSCLES INTEROSSEUX
Les muscles interosseux sont situés dans chaque espace interosseux, au nombre de deux par espace, et divisés en dorsaux et palmaires. Gomme il y a quatre espaces interosseux , il devrait y avoir huit muscles interosseux , mais on élimine habituellement le muscle court adducteur du pouce , à cause de ses insertions spéciales , ce qui réduit à sept le chiffre total des interosseux : quatre dorsaux, trois palmaires.
Ges petits muscles vont des faces latérales des métacarpiens à la partie latérale et supérieure des premières phalanges (voy. Fig. 22 et 23, leurs insertions aux os) ; par leur contraction ils inclinent latéralement ces phalanges , et par suite, portent le doigt correspondant en dedans ou en dehors.
Les lois suivantes permettront de se reconnaître facilement dans leurs insertions et dans leur action; ces lois sont basées sur les rapports de ces muscles avec l’axe de la main passant par le médius et le troisième métacarpien (voy. Fig. 88).
1° Loi d’action des interosseux. — Les interosseux dorsaux sont abducteurs par rapport à l’axe de la main, c’est-à-dire qu’ils éloignent le doigt correspondant de cet axe; les inter osseux palmaires sont adducteurs.
2° Loi d’insertion des interosseux. —
Les interosseux dorsaux s’insèrent : 1° en haut, aux faces latérales des deux métacarpiens de V espace qu’ils occupent , savoir : à toute la face latérale du métacarpien supportant le doigt qu’ils sont destinés à mouvoir, et à la moitié postérieure de la face latérale du métacarpien opposé du même espace ; 2° en bas , au côté de la première phalange le plus éloigné de l’axe de la main. — Les interosseux palmaires s’attachent : 1° en haut, à la moitié antérieure de la face latérale du métacarpien qui supporte le doigt qu’ils sont destinés à mouvoir, par conséquent à un seid métacarpien; 2° en bas, au côté de la première phalange le plus rapproché de l’axe de la main.
Il en résulte les conséquences suivantes : 1° les interosseux dorsaux sont plus volumineux ; seuls visibles à la face dorsale de la main , ils sont encore visibles à la face palmaire, à côté des interosseux palmaires; leur insertion supérieure se fait toujours par deux chefs entre lesquels s’engagent les artères perforantes; 2° le médius, ne pouvant subir que des mouvements par lesquels i] est écarté de l’axe de la main, a deux interosseux dorsaux et pas d’interosseux palmaire (voy. Fig. 88); l’index et l’annulaire ont chacun un interosseux dorsal et un interosseux palmaire; le petit doigt n’a qu’un interosseux palmaire.
Ges muscles portent le nom de premier, deuxième, troisième, quatrième interosseux dorsal, et de premier, deuxième, troisième interosseux palmaire, (*)
Fig. 88. — Muscles inter oss eux ; figure schématique (*).
(*) Les lignes pleines indiquent les interosseux dorsaux, les lignes ponctuées les interosseux palmaires
MYOLOGIE .
en comptant du pouce vers le petit doigt. Les insertions supérieures se font par des fibres musculaires; les insertions inférieures se font, par un tendon aplati, à la partie latérale de la base des premières phalanges, suivant une ligne transversale; ce tendon contracte des adhérences avec la capsule de l’articulation métacarpo-phalangienne et envoie une expansion fibreuse triangulaire au bord correspondant du tendon de l’extenseur, expansion dont une partie se confond, s’il y a lieu, avec l’expansion d’un muscle lombrical ; en outre, un faisceau (Fig. 89, c) va s’attacher à la phalangette en se confondant avec les languettes latérales du tendon de l’extenseur commun.
Fig. 89. — Doifjt annulaire de la main droite et son interosseux abducteur (*).
Un seul de ces muscles mérite une mention particulière par son volume et le passage de l’artère radiale entre ses deux faisceaux d’insertion : c’est le premier interosseux dorsal; c’est lui cpii forme la saillie oblongue, visible sur le dos de la main au côté externe du métacarpien de l’index. La présence de cette saillie est du reste le meilleur moyen de retrouver immédiatement les deux formules de l’action et de l’insertion des interosseux.
Nerfs. — Ils sont innervés par le nerf cubital.
Mouvement» de» doï^t».
Il faut distinguer dans les mouvements des doigts les mouvements isolés des phalanges et des doigts, et les mouvements associés de plusieurs doigts.
Chacune des phalanges a son extenseur et son fléchisseur propre. Les fléchisseurs sont: pour la troisième phalange, le fléchisseur profond; pour la deuxième, le fléchisseur superficiel; pour la première, les interosseux et les lombricaux. Les extenseurs sont pour la troisième et la deuxième phalange les interosseux et les lombricaux, pour la première l’extenseur commun des doigts. Les fléchisseurs et extenseurs n’agissent que conditionnellement et accessoirement , les premiers sur les premières phalanges , les seconds sur les deuxièmes et les troisièmes. Ces mouvements indépendants et isolés des phalanges présentent quelques particularités: les mouve- (*)
(*) a) Faisceau phalangien tic l’interosseux. — b) Attache du faisceau phalangien à l'extrémité supérieure de la première phalange. — c) Faisceau phalangettien de l’interosseux. — d) Tendon phalangettien de l'interosseux. — e) Tendon de l’extenseur.
MUSCLES RU MEMBRE SUPERIEUR
ments de la première et de la deuxième sont tout à fait indépendants les uns des autres; mais il n’en est pas de même de ceux de la deuxième et de la troisième , qui s’associent presque inévitablement. Ces mouvements des phalanges peuvent s’associer de différentes manières, et certaines de ces associations nous sont plus familières que d’autres, soit naturellement , soit par l’habitude, et sont utilisées dans les arts manuels, le dessin, l’écriture etc. C’est ainsi que les deux mouvements exécutés dans l’acte d’écrire résultent l’un d’une association des mouvements d’extension de la première phalange et de flexion des deux dernières (action simultanée de l’extenseur commun et des fléchisseurs) , l’autre d’une association des mouvements de flexion de la première phalange et d’extension des deux dernières (interosseux et lombricaux).
Outre les mouvements de flexion et d’extension des doigts , ceux-ci présentent des mouvements d’adduction et d’abduction accomplis par les interosseux et déjà décrits à propos de ces muscles. Les fléchisseurs et les extenseurs jouent aussi un rôle à ce point de vue; les premiers pour rapprocher les doigts de l’axe médian de la main, les seconds pour les en écarter.
L’indépendance des mouvements de flexion et d’extension des différents doigts est loin d’être absolue. Des conditions anatomiques (union des tendons par des brides fibreuses, absence de séparation des faisceaux musculaires etc.) opposent de grands obstacles à cette indépendance. Cependant l’index jouit d’une indépendance presque complète. Il y a du reste sous ce rapport de très-grandes variétés individuelles, dues à des dispositions acquises et surtout à l’exercice.
Le pouce, outre les mouvements de ses phalanges, en a d’autres dus à la mobilité de l’articulation trapézo-métacarpienne. l°Les muscles fléchisseurs de ses phalanges sont , pour la deuxième , le long fléchisseur du pouce , pour la première , tous les muscles de l’éminence thénar, sauf l’opposant; 2° les extenseurs sont pour la deuxième phalange les mêmes muscles du thénar (analogues en cela aux interosseux) et de plus le long extenseur du pouce, pour la première les long et court extenseurs, celui-ci très-faiblement. Les mouvements du premier métacarpien se font dans deux sens opposés (flexion et extension d’une part, adduction et abduction de l’autre) et sont effectués par les muscles suivants : 1° l’extension se fait par les long et court extenseurs , avec cette différence d’action que le premier porte en même temps le premier métacarpien en dedans et que le second l’écarte de la main. La flexion ou l’opposition du pouce a pour agents le groupe externe des muscles du thénar (court abducteur, court fléchisseur et opposant) ; 2° l’adduction pure est produite par l’adducteur du pouce, l’abduction par le long abducteur du pouce.
Les muscles du petit doigt n’ont presque rien de spécial dans leur action, outre l’action -très-faible indiquée par leur nom. Le court abducteur et le court fléchisseur agissent comme les interosseux, fléchissent la première phalange et étendent les deux dernières. Quant à l’opposant, il porte le cinquième métacarpien vers l’axe de la main; il y a en effet une ébauche de mouvement d’opposition pour le petit doigt , mouvement qui se fait sentir jusqu’au quatrième.
Aponévroses «lu membre supérieur.