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III. MUSCLES DE LA RÉGION POSTÉRIEURE (Fig

Cette région se compose de deux couches : Tune superficielle, l’autre profonde. La couche superficielle , très-épaisse, formant la saillie du mollet, est constituée par le triceps crural et un petit faisceau accessoire , le plantaire grêle. La couche profonde se compose de quatre muscles : un supérieur, très-court, allant de la jambe au fémur, le poplité ; trois inférieurs, allant des os de la jambe au pied ou aux orteils ; ce sont , en allant de dedans en dehors, le long fléchisseur commun des orteils , le jambier postérieur et le fléchisseur propre du gros orteil.

1° Triceps sural et plantaire grêle (Fig. 98, A).

Le triceps sural se compose de deux couches musculaires superposées : l’une superficielle, naissant du fémur, constituée par deux muscles, muscles jumeaux ou g astrocnémiens (y aar/jp , ventre; jambe); l’autre profonde, nais-

sant des os de la jambe et formée par un seul muscle, le soléaire (solea , semelle). Ces trois muscles se rendent à un tendon commun très-fort, tendon d'Achille , qui va s’attacher au calcanéum.

1° Jumeaux (Fig. 98, A, 11). — Ils forment deux ventres musculaires convergeant en bas et soudés entre eux au-dessous du genou par une cloisan fibreuse médiane. Le jumeau interne, plus volumineux, naît au-dessus du condyle interne du fémur, de la terminaison de la bifurcation interne de la ligne âpre (Fig. 26 , P) , en arrière du tubercule d’insertion du grand adducteur ; une bourse séreuse (Fig. 96, 2) facilite son glissement. Le jumeau externe, qui s’élève moins haut au-dessus du condyle externe, naît-d’im tubercule surmontant une dépression où s’insère le poplité ( Fig. 16, O); son tendon d’insertion contient quelquefois un ossésamoïde. Les fibres musculaires des deux jumeaux se rendent à la face postérieure d’une aponévrose qu’ils laissent à découvert sur la ligne médiane, en interceptant ainsi une surface nacrée en V à pointe supérieure et à base continue avec l’aponévrose du soléaire.

2° Soléaire (Fig. 98, A, 8). — Le soléaire s’attache et la tête et au tiers supérieur de la face postérieure du péroné , à la ligne oblique du tibia , audessous du poplité, et au tiers moyen de son bord interne (Fig. 27, NN'), enfin à une arcade aponévro tique allant du tibia au péroné. De là les fibres musculaires se rendent à une cloison verticale médiane qui sépare le muscle en deux moitiés latérales, et à une aponévrose qui occupe sa face postérieure et va se réunir à celle des jumeaux pour constituer le tendon d’Achille.

3° Tendon d’Achille (Fig. 98, A , 12). — Il commence à la face postérieure du muscle vers le tiers moyen de la jambe, mais reçoit encore des fibres charnues par sa face postérieure; il a 0m,015 de largeur dans sa partie moyenne

du calcanéum (Fig. 28, A). Entre lui et la partie supérieure lisse de cette face est une bourse séreuse (Fig. 97, B, 14).

4° Plantaire grêle (Fig. 98, A, 13). — Ce muscle fusiforme, dont le corps charnu n’a pas plus de 0,07 à 0»‘,08, naît du fémur (Fig. 28, R) en dedans du jumeau externe , quelquefois delà capsule fibreuse articulaire, puis donne

MYOLOGIE.

y I. c h 'jQü£ r. op.l. (*)

Fig. 98. — Muscles postérieurs de la jambe (*).

l £vy ,vc.

(*) A. Couche superficielle (les jumeaux enlevés). — 1) Biceps fémoral. — 2) Grand adducteur. — 3) Vaste interne. — 4) Tendon du demi-membraneux. — 5) Aponévrose continue à son tendon et recouvrant la partie interne du poplité. — 6) Jumeau interne coupé à son insertion supérieure. — 7) Jumeau externe. — 8) Soléaire. — 9) Arcade du soléaire. — 10) Arcade du nerf poplité externe. — 11) Jumeaux coupés à leur insertion inférieure. — 12) Tendon d’Achille. — 13) Plantaire grêle. — 14) Son tendon. — 15) Poplité. — 1(3) Feuillet profond de l'aponévrose jambière postérieure.

MUSCLES DU MEMBRE INFÉRIEUR

naissance à un tendon très-grêle, qui se place d’abord entre les jumeaux et le soléaire, puis au côté interne du tendon d’Achille, pour aller s’insérer soit au côté interne de ce tendon, soit au calcanéum, soit à l’aponévrose qui revêt les muscles profonds.

Nerfs. — Ges muscles sont innervés par des branches collatérales du sciatique poplité interne.

Action. — Le triceps sural est extenseur du pied sur la jambe ; en même temps il renverse la plante du pied en dedans et tourne sa pointe du côté interne. Il ne produit donc pas l’extension pure , mais l’extension avec adduction. Pour avoir l’extension pure , il faut l’action simultanée du long péronier latéral , qui contrebalance l’adduction par son effet abducteur. Les jumeaux peuvent agir comme fléchisseurs de la jambe sur la cuisse et vice versa.

Poplité (Fig. 98, B, 6).

Ce muscle, aplati, triangulaire, situé dans le creux du jarret, s’insère en haut à une dépression de la tubérosité externe du fémur (Fig. 26, 5) audessous du jumeau externe; son tendon est caché par le ligament latéral externe du genou et enveloppé par un prolongement de la synoviale articulaire (Fig. 96 , 11). De ce tendon partent des fibres musculaires qui vont s’attacher à la surface triangulaire de la face postérieure du tibia (Fig. 27, M) au-dessus de la ligne oblique. 11 est recouvert par une lamelle aponévrotique provenant d’une expansion fibreuse du demi-membraneux , lamelle dont la face profonde donne insertion à ses fibres charnues.

Nerfs. — Il est innervé par des branches collatérales du sciatique poplité interne.

Action. — Ce muscle est fléchisseur de la jambe et rotateur du tibia en dedans ; cette dernière action est plus marquée dans la flexion , parce qu’alors il est perpendiculaire à l’axe du tibia. En outre , il est tenseur de la capsule articulaire du genou et sert à fixer solidement le condyle externe pendant la flexion.

3° Long fïécliïsseui* commun des orteils (Fig. 98, B, 7).

Ce muscle , allongé , penniforme , le plus interne des muscles profonds de la jambe, s’attache en haut ci la ligne oblique et au tiers moyen de la face postérieure du tibia (Fig. 27, O). De là ses fibres se rendent sur un tendon, qui apparaît d’abord sur le côté interne et postérieur du muscle. Ce tendon se place dans la gouttière de la malléole interne , dans la même gaîne que le tendon du jambier postérieur, en arrière duquel il est situé et dont il est séparé par une cloison fibreuse ; au-dessous delà malléole interne il change de direction, se porte en avant sous l’astragale et la petite apophyse du calcanéum et, arrivé à la plante du pied (Fig. 100, 2), se dirige obliquement en avant et en dehors, en passant sous le tendon du long fléchisseur du gros orteil, auquel il envoie une expansion fibreuse (Fig. 100, 4). Enfin, après avoir reçu par son côté externe l’accessoire du long fléchisseur, il se divise en quatre tendons pour les quatre derniers orteils ; ces tendons se comportent avec ceux du court

B. Couche profonde. — 1) Jumeau interne. — 2) Jumeau externe. — 3) Plantaire grêle. — 4) Tendon d’Achille coupé à son insertion. — 5) Sa bourse séreuse ouverte. — 6) Poplité. — 7) Long fléchisseur commun des orteils. — 8) Son tendon. — 9) Jambier postérieur. — 10) Son tendon. — 1 1) Fléchisseur propre du gros orteil. — 12) Péroniers latéraux. .

MYOLOGIE.

fléchisseur commun comme à la main ceux du fléchisseur profond avec ceux du fléchisseur superficiel , c’est-à-dire qu’ils les perforent pour aller s’attacher à la base des phalanges unguéales (Fig. 29, K).

Derrière la malléole le tendon est enveloppé par une gaine synoviale, qui commence au-dessus de la malléole et va jusqu’au scaphoïde. Une autre bourse séreuse existe pour chacun des doigts dans la gaine occupée par les tendons secondaires et s’étend du tiers antérieur des métatarsiens à l’extrémité antérieure de la deuxième phalange.

Ce muscle est recouvert au pied par le court fléchisseur commun et l’abducteur du gros orteil.

Nerfs. — Il est innervé par des branches du tibial postérieur.

Action. — Il est fléchisseur des troisièmes phalanges, et pendant la marche et la station presse ces phalanges et la pulpe des orteils contre le sol ; il renforce en même temps la voûte du pied dans le sens longitudinal. Enfin il peut devenir, cette action épuisée, extenseur du pied sur la jambe.

4® Jambier ou tibial postérieur (Fig. 98, B, 9).

Ce muscle, épais, penniforme, s’attache à la ligne oblique du tibia et à la partie la plus externe de la face postérieure de cet os , à la partie de la face interne du péroné située en arrière du ligament interosseux (Fig. 27, Q) et à ce ligament interosseux. Ses insertions péronières et tibiales sont séparées pour le passage de l’artère tibiale antérieure. Une aponévrose verticale, placée de champ dans l’épaisseur du muscle, reçoit les fibres charnues par ses deux faces latérales et apparaît à la face postérieure et au bord interne du muscle ; elle forme ainsi un tendon qui se place derrière la malléole interne , en avant du tendon du long fléchisseur commun , dont il est séparé par une cloison fibreuse, se réfléchit sous cette malléole et va s’attacher à Y apophyse du scaphoïde (Fig. 69, E), en envoyant une expansion très-forte au premier cunéiforme. Il envoie des expansions fibreuses accessoires au troisième cunéiforme et aux deuxième et quatrième métatarsiens.

A partir du moment où son tendon s’engage derrière la malléole interne , il est contenu dans une gaine fibreuse et enveloppé d’une bourse séreuse , qui commence à 0m,05 au-dessus de la malléole interne et le laisse d’abord tout à fait libre dans sa gaine ; à la plante du pied, au contraire, il est soudé par sa face plantaire aux parois de la gaine qui le contient ; la séreuse ne tapisse que sa partie supérieure et se prolonge en forme de cul-de-sac entre lui et le ligament calcanéo-scaphoïdien interne sous lequel il est situé ; à ce niveau il présente un noyau flbro- cartilagineux et quelquefois un os sésamoïde.

Nerfs. — Il est innervé par des branches du tibial postérieur.

Action. — Il est extenseur et adducteur du pied. Il élève son bord interne, tourne sa pointe en dedans et excave sa voûte plantaire. Par sa situation sous le ligament calcanéo-scaphoïdien interne , il supporte la tête de l’astragale et l’empêche de s’enfoncer dans sa cavité de réception calcanéo-scaphoïdienne.

S® Long llécliisseui* propre du gros orteil (Fig. 98, B, II).

Ce muscle, très-volumineux, prismatique, s’attache en haut aux deux tiers inférieurs de la face postérieure du péroné (Fig. 27, P) et à des cloisons aponévrotiques, qui le séparent en dedans du jambier postérieur, en dehors des

MUSCLES DU MEMBRE INFÉRIEUR

péroniers latéraux. De là les fibres se jettent sur un tendon, qui paraît presque immédiatement à la face postérieure et au bord interne du muscle et n’est abandonné que tout à fait en bas par les fibres musculaires. Une fois libre, ce tendon se place dans une gouttière oblique creusée sur le tibia , puis sur l’astragale et se réfléchit en avant dans la gouttière calcanéenne ; arrivé à la plante du pied, il croise le tendon du long fléchisseur commun en passant au-dessus de lui (Fig. 100, 3), en reçoit une expansion fibreuse, se place dans une gouttière formée par les deux parties du court fléchisseur du gros orteil et va s’attacher à l’extrémité postérieure de la phalange unguéale (Fig. 29, J).

Une bourse séreuse accompagne son tendon; elle commence au niveau de l’interligne articulaire tibio-tarsien , pour se terminer à la plante du pied avant l’entrecroisement de son tendon avec celui du long fléchisseur commun. Une autre bourse séreuse accompagne son tendon dans la gaîne plantaire du gros orteil.

Nerfs. — Il est innervé par des branches du nerf tibial postérieur.

Action. — Il est fléchisseur du gros orteil et extenseur du pied.

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