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D’ANATOMIE DESCRIPTIVE

INTRODUCTION

V anatomie ( anatomia , de avaroar, , dissection) étudie la forme et la structure des corps organisés et de leurs parties constituantes. Les sciences anatomiques présentent autant de divisions secondaires qu’il y a de points de vue différents sous lesquels les corps organisés, et en particulier le corps humain, peuvent être envisagés.

A première vue, le corps humain offre des caractères généraux de taille, de grosseur, de forme variables dans de certaines limites, suivant les individus, les sexes, les races etc. En outre, ce corps peut être divisé en segments, tête, tronc, membres, ayant chacun une configuration particulière. Cette première étude, accessible à tous, familière aux artistes de l’antiquité, indispensable au médecin et au chirurgien, constitue une première branche de l’anatomie, celle qui dans l’ordre historique a précédé toutes les autres, c’est Y anatomie des formes.

Si à cette première vue toute superficielle succède un examen plus approfondi, si, au lieu de s’arrêter à la configuration extérieure , on dépasse la surface cutanée , on trouve au-dessous de la peau une série d’organes d’apparence et de forme différentes ayant leurs usages spéciaux. Ainsi, à la main par exemple, on rencontre d’abord un tissu formé de filaments entrecroisés dans tous les sens, circonscrivant des espaces ou mailles remplies de graisse (tissu cellulaire sous-cutané), plus profondément une membrane épaisse, résistante, dont les fibres sont serrées et tassées les unes contre les autres (aponévrose), plus profondément encore, des organes rouges capables de se raccourcir sous l’influence de la volonté (muscles), puis des cordons blanchâtres de plusieurs espèces, les uns très-résistants, sortes de cordages inextensibles destinés à rattacher les os entre eux (ligaments) ou les os aux muscles (tendons), les autres, véritables fils conducteurs d’un agent analogue à l’électricité (nerfs), sans lesquels la peau serait insensible ou le muscle immobile; enlin, côtoyant ou pénétrant tous ces organes, des canaux (artères et veines) remplis du liquide nourricier, le sang. Si au lieu d’étudier la main nous prenons une autre région, le ventre par exemple, nous y trouvons, outre des parties analogues à celles qui existent dans la main, des organes de forme tout à fait différente servant à la vie de nutrition, les uns massifs, compactes, comme le foie ou la rate, les autres canaliculés et remplis de matières alimentaires plus ou moins modifiées, comme le tube digestif. Celte étude du corps humain, région par région, et de chaque région

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couche par couche, est ce qu’on appelle anatomie topographique (toTcoç, lieu; ypor-psiv, écrire), anatomie des régions ou encore anatomie chirurgicale , à cause de son utilité pour le chirurgien.

Cette étude topographique , excellente pour le praticien déjà familiarisé avec l’anatomie , ne pourrait mener par elle seule à une connaissance approfondie du corps humain. Cette segmentation par régions, réelle pour l’extérieur du corps, devient arbitraire pour les parties sous-jacentes à la peau, et on ne retrouve plus dans les organes profonds les divisions correspondantes aux divisions superficielles des divers segments du corps. Ainsi, si nous suivons les tendons qui se trouvent aux doigts, nous les voyons se prolonger dans la main , la dépasser , arriver à l’avant-bras , et se continuer là avec des muscles allant s’attacher jusqu’à l’os du bras. Au lieu de scinder l’étude de cet organe complet, de ce muscle, allant du bras à l’extrémité des doigts, en cinq études partielles correspondant à chacun des segments partiels du membre, doigts, main, poignet, avant-bras, coude, il est plus rationnel de l’étudier tout d’un trait dans sa totalité et d’une extrémité à l’autre. La même chose peut se faire pour tous les autres organes, os, vaisseaux, nerfs etc. Pour mettre de l’ordre dans cette étude et passer du simple au composé , on suit une certaine marche ; on commence par étudier les organes qui servent de support à tout le reste, et dont la réunion constitue le squelette, les os; puis leurs moyens d’union ou leurs articulations, et enfin leur agents moteurs ou muscles. On prend ainsi successivement chacun des grands appareils de l’organisme , et on étudie comme un tout complet chacun des organes entrant dans la composition d’un appareil. C’est là la troisième branche de l’anatomie , anatomie descriptive ou systématique.

Ce n’est pas là encore le dernier terme de l’analyse anatomique. Les muscles, par exemple, ont tous une certaine couleur, une composition chimique semblable; ils sont tous composés de fibres agencées d’une certaine façon, la même pour tous; autrement dit, ils ont des caractères généraux communs, et avant d’étudier chaque muscle en particulier, il sera utile, pour éviter les répétitions, de décrire une fois pour toutes les caractères communs des muscles ou d’étudier les muscles en général. Il en sera de même pour les os, les nerfs etc. Si maintenant, poussant l’analyse plus loin, au lieu de comparer le muscle au muscle, nous comparons le muscle à l’os, nous trouvons dans ces organes des parties semblables (vaisseaux, nerfs, tissu cellulaire) et des parties différentes et caractéristiques pour chacun, la fibre musculaire d’une part, la cellule osseuse de l’autre. En outre, ces vaisseaux, ces nerfs, ce tissu cellulaire , se composent d’éléments juxtaposés , les uns communs à ces divers tissus, les autres spéciaux à chacun d’eux et caractéristiques, de façon qu’en dernière analyse , chaque partie du corps résulte de l’assemblage d’éléments anatomiques du même genre ou de genre différent; ces éléments, en s’associant, forment les tissus; les tissus, par leur combinaison, forment les organes ou les parenchymes; enfin, tout un groupe d’organes, concourant à une grande fonction, constitue ce qu’on appelle un appareil. L’étude de ces éléments, de ces tissus et des caractères généraux des organes et des appareils, et ce qu’on appelle Y anatomie générale. Dans un sens plus restreint, on donne le nom d 'histologie (tarot; , tissu; )voy oq , traité' à l’étude des tissus et des éléments anatomiques (*).

(') On appelle système l’ensemble des parties ou des formations similaires (éléments, tissus, organes, appareils) dans l’individu ou dans la série animale. C’est ainsi qu’on dira ; système épithélial, système dentaire , système digestif. Le système ne forme donc pas, comme l’enseignent quelques auteurs, un groupe intermédiaire aux tissus et aux organes, mais une annexe de chacun des groupes.

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C’est là le dernier terme de l’analyse anatomique. Mais l’homme n’est pas stationnaire; depuis sa naissance jusqu’à sa mort, son organisation subit des changements qu’il est impossible de négliger ; en outre , depuis le moment où l’ovule est fécondé jusqu’au moment de la naissance, pendant la vie intra-utérine, il se passe une série de modifications successives ayant pour but la formation du nouvel être. La science ne doit donc pas se borner à étudier l’homme adulte et pris à l’état de développement complet; elle doit de plus le suivre et dans son développement intra-utérin , depuis la fécondation du germe jusqu’à la naissance, embryologie (erxêpuov, embryon), et dans son accroissement depuis la naissance jusqu’à l’âge adulte, et enfin dans son évolution descendante depuis l’âge adulte jusqu’à la caducité. C’est ce qu’on appelle anatomie ou histoire du développement. Cette étude de l’évolution humaine peut se faire de deux façons: on peut prendre les éléments, les tissus-, les organes, les appareils, et les suivre successivement chacun à leur tour, depuis leur apparition jusqu’à leur mort, ou bien on prend le corps humain à différentes périodes de son existence, et on l’étudie intégralement, comparativement à l’état adulte.

Là s’arrête l’anatomie humaine nécessaire au médecin. On peut encore comparer entre elles les différentes races humaines, anatomie anthropologique (av0pio7roç , homme) , ou comparer l’homme aux autres êtres vivants, anatomie comparée ; mais de ces deux sciences, la première, encore à l’état d’ébauche, est du ressort de l’anthropologiste, et la seconde appartient plutôt au naturaliste qu’au médecin. Il en est de même à plus forte raison de Y anatomie philosophique, qui étudie les lois de l’organisation, et qui est plutôt une branche de la physiologie générale que de l’anatomie.

En résumé , il y a donc quatre divisions principales dans l’anatomie humaine , car l’anatomie des formes et l’anatomie topographique peuvent être rangées dans la même classe sous le nom d'anatomie des régions. 1° Anatomie générale, 2° anatomie descriptive , 3° anatomie des régions , 4° anatomie du développement et embryologie. Pour l’intelligence des détails de structure qui doivent se rencontrer dans l'anatomie descriptive, il est nécessaire de donner un court aperçu des principaux points de l’anatomie générale. Le tableau suivant présente le cadre de l’anatomie générale, de ses subdivisions secondaires et des différents objets de son étude.

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Fig. Ire. — Tableau des principaux éléments anatomiques (*).

^ (*) T Cellule. A. Cellule avec membrane d’enveloppe à double contour; 1) enveloppe, 2) contenu, 3) noyau, O nucléole. B. Cellule avec membrane d enveloppe à simple contour. C. Globule sans membrane d’enveloppe. — II. Globules sanguins : A, vus de face; B, vus de côté; C, globules déformés. — III. Globules blancs: A, sans noyau visible , B, avec noyau; C, à l’état de contraction. — IV. Cellule cartilagineuse; A, simple, 1) capsule de cartilage , ) membrane d enveloppe, 3) noyau ; B, capsule de cartilage contenant plusieurs cellules cartilagineuses. V. Cellule plasmatique. — VI. Tissu connectif fibrillaire. — VII. Fibres élastiques de diverses grossems. VIII. Capillaire sanguin : A, à simple contour; B, à double contour. — IX. Cellule osseuse. — X. Cellule contiactile et libre musculaire lisse. — XI. Fibre musculaire striée : A, à l’état ordinaire; B, divisée en

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En allant cln simple au composé et des parties élémentaires aux organes les plus complexes, on trouve d’aborcl la substance organisée; c’est là le premier degré de l’organisation, dans lequel la substance vivante n’ayant pas encore de forme déterminée, n’étant pas encore figurée, appartient plutôt au physiologiste qu’à l’anatomiste.

Dans un degré plus avancé, la substance vivante d’amorphe devient figurée; elh’ est alors sous sa forme la plus simple et comme ébauchée, et se présente à l’état do granulations d’une finesse extrême, protéiques, graisseuses, pigmentaires, solides ou vésiculeuses , granulations élémentaires ou moléculaires.

Mais il n’y a là qu’une phase rudimentaire et de transition. La vie réelle ne commence qu’à l’apparition de la cellule ; c’est elle qui forme la base de toute organisation, l’élément primordial de tous les corps vivants, la véritable unité anatomique. Notre corps n’est qu’une agglomération de ces petits organismes dont l’activité partielle produit et maintient l’existence et l’activité du tout.

La cellule ( cellula ) dans sa forme type représente une vésicule microscopique contenant dans son intérieur une matière liquide ou semi-liquide et un petit corpuscule, appelé noyau. La grandeur des cellules varie dans des limites assez étendues (voy. fig. 1). Leur forme, sphérique ou ellipsoïde pour les jeunes cellules, peut persister à cet état; mais en général, à moins qu’elles ne soient en suspension dans un liquide, elles changent de forme sous l’influence mécanique de la pression des cellules voisines , ou sous des influences vitales (nutrition , mouvements etc.) Dans ce cas, ou bien les trois diamètres restent égaux, et les cellules prennent la forme d’un polyèdre régulier; ou bien deux diamètres prédominent, le troisième se réduisant plus ou moins, ce qui leur donne une forme lamelleuse ; ou enfin un seul des diamètres prédomine , tandis que les deux autres diminuent, et il en résulte une forme allongée, cylindrique ou en fuseau. La cellule type (fig. 1, I) se compose de trois parties : l’ enveloppe , le contenu , 1 e noyau.

La membrane d’enveloppe (A, 1), partie secondaire de la cellule, est mince, transparente , amorphe et formée par une substance protéique élastique ; elle peut manquer, et dans ce cas le nom de globule (n’impliquant pas l’existence d’une cavité) serait préférable . Cependant , comme les propriétés et l’activité de l’organisme élémentaire dépourvu de membrane d’enveloppe sont analogues à celles de l’organisme muni d’une enveloppe, le nom de cellule est employé dans les deux cas.

Le contenu , beaucoup plus important, se compose de deux parties principales : 1° une masse de substance protéique, semi-liquide, diffluente, souvent contractile, 1 e protoplasma , substance véritablement active de la cellule; 2° un liquide intracellulaire de nature variable, tantôt distinct du protoplasma, tantôt mélangé intimement avec lui et pouvant contenir des granulations moléculaires, graisseuses, protéiques et pigmentaires.

Le noyau (A, 3), qui avec le protoplasma joue le rôle principal, surtout au point de vue du développement de la cellule, est tantôt massif et homogène, tantôt vésiculaire et formé alors d’une membrane d’enveloppe et d’un liquide dans lequel sont suspendues une ou plusieurs granulations appelées nucléoles (de nucléus , noyau) A, 4.

Dans les globules proprement dits, ou cellules sans membrane d’enveloppe, l’élément anatomique se réduit à une petite masse de protoplasma contenant un noyau dans son intérieur.

disques ; C, fibrilles musculaires isolées. — XII. Cellules nerveuses. — XIII. Tubes nerveux : A , tubes à moelle , i) gaine nerveuse , 2) moelle nerveuse, 3) cylindre de l’axe; B, tube nerveux sans moelle; C, tube variqueux. — XIV. Cellules épithéliales pavimenteuses ; A, grandes cellules de la nuiquese buccale; B, cellule pavimenteusc régulière; C, cellule épithéliale des vaisseaux. — XV. Cellules épithéliales cylindriques : A, vues de cûté et isolées; B, réunies; C, vues de face. — XVI. Cellules vibratiles.

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Au point de vue physiologique les cellules constituent de petits organismes ayant leur vie propre quoique soumise en certaines conditions à celle de l’ensemble dont elles font partie. Elles se meuvent, elles se nourrissent, elles sécrètent, elles se métamorphosent, elles se reproduisent, elles meurent, elles ont en un mot tous les attributs de la vie.

Les phénomènes de mouvement qui se passent dans les cellules, phénomènes étudiés seulement dans ces derniers temps, sont ou du moins ont été à un moment donné de leur existence présentés par toutes les cellules. Ces mouvements dus à la contractilité du protoplasma, que la membrane d’enveloppe quand elle existe suit dans ses déplacements, grâce à son élasticité, ont pour but, soit la formation de cellules nouvelles par division des anciennes , soit la nutrition de la cellule par introduction de matières étrangères dans sa substance, soit l’accomplissement de certaines fonctions (cils vibratiles, spermatozoïdes, fibres musculaires). Ces mouvements amènent ou des changements de forme de la cellule, qui de ronde peut devenir étoilée, irrégulière, ou même, ce qui est plus rare, des changements de lieu, de véritables migrations , comme on en a observé sur les globules contenus dans les lacunes du tissu connectif.

La cellule se nourrit; elle puise dans les liquides nutritifs qui l’entourent les matériaux nécessaires à son accroissement et à ses fonctions ; elle rejette les matériaux de déchet; elle est donc le siège d’un double travail de composition et de décomposition nutritive , d’assimilation et de désassimilation.

Mais là ne se bornent pas les phénomènes de nutrition des cellules ; elles fabriquent des substances nouvelles, en un mot elles ont des produits, de véritables sécrétions. C’est ainsi que plusieurs des principes constituants de la bile, du suc gastrique, de la salive se forment de toutes pièces dans leur intérieur. Il est surtout une classe de produits de sécrétion des cellules qui a la plus haute importance au point de vue anatomique; c’est ce qu’on appelle substance fondamentale ou intercellulaire ; cette substance en général amorphe qui les entoure comme une sorte de gangue résulte d’une sécrétion des cellules, soit de celles même qu’elle contient, soit de cellules antérieures; cette sécrétion peut rester liquide et former les liquides intercellulaires, comme le sang, ou se solidifier soit par couches concentriques, soit sans disposition stratifiée apparente et constituer la substance dite fondamentale de la plupart des tissus. La membrane d’enveloppe de la cellule paraît n’être du reste qu’un produit de sécrétion du protoplasma qui constitue la masse globulaire originelle. Quelquefois la sécrétion de la cellule , au lieu de se faire sur toute sa périphérie , se fait seulement sur une de ses faces et donne lieu à un épaississement localisé de sa membrane d’enveloppe. C’est ainsi que se forment, par exemple, les membranes dites cuticulaires ( cuticula , de cutis).

Les métamorphoses de la cellule sont si variées et s’écartent quelquefois tellement du type normal qu’il est bien difficile de les suivre et que des discussions interminables ont été élevées à ce sujet. C’est grâce à ces métamorphoses que les cellules peuvent s’étirer en fihres , se creuser en canaux , se ramifier en réseaux , se segmenter en fibrilles , se souder en membranes et s’adapter ainsi aux fonctions multiples qu’elles sont aptes à remplir.

La génération des cellules peut se faire de deux façons; 1° au sein d’un liquide {(jénération cellulaire libre) ; 2° aux dépens de cellules préexistantes {multiplication cellulaire). Dans le premier cas, une cellule se développe spontanément dans un liquide générateur ou blastème ((3XaaTV)p.a, germination), par une sorte de cristallisation vitale et sans dériver d’une cellule préexistante. Ce mode de génération cellulaire est très-rare, si même on doit admettre son existence. La génération par multiplication cellulaire est seule admise par beaucoup d’auteurs (omnis cellula a cellula). Cette multiplication se fait de plusieurs façons : 1° la cellule entière (noyau ,

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contenu, enveloppe) se partage en deux cellules, qui vivent ensuite de leur vie propre ; cette scission, dont le point de départ est dans le noyau, commence par un étranglement se prononçant de plus en plus jusqu’à la séparation totale (fissiparité) ; 2° la scission , au lieu d’être totale , peut n’être qu’incomplète , et ne porter que sur le noyau et tout ou partie du contenu; dans ce cas la membrane d’enveloppe de la cellule génératrice ou cellule-mère renferme les cellules nouvellement formées ou cellulesfilles , formation endogène (svSov , en dedans; yev^ç , engendré).

Tous ces phénomènes d’activité cellulaire varient beaucoup suivant les différents groupes de cellules, et si quelques-unes sont dans un état constant de mutation nutritive et fonctionnelle , il en est d’autres par contre qui ne paraissent vivre que d’une vie latente, jusqu’à ce qu’une impulsion physiologique et pathologique vienne réveiller leur activité endormie.

La mort des cellules a lieu de diverses manières; tantôt c’est une chute mécanique, comme celle des lamelles superficielles de l’épiderme cutané , tantôt une simple liquéfaction, d’autres fois une véritable transformation chimique, et sous ce rapport la production de graisse dans les cellules ou leur dégénérescence graisseuse est le mode le plus commun de destruction ; enfin elles peuvent disparaître en donnant naissance à de nouvelles cellules qui se développent à leurs dépens. Cette mort peut du reste arriver plus ou moins vite, et à ce sujet il y a, quant à la durée de la vie de chaque groupe de cellules , des différences considérables , les unes n’ayant qu’une durée de quelques heures , les autres subsistant pendant presque toute la durée de la vie de l’individu.

Tous les éléments anatomiques de nos tissus et de nos organes sont constitués par des parties qui ont ou qui ont eu au début de leur existence la forme cellulaire ; ce sont donc ou des cellules ou des dérivés de la cellule. Tous ces éléments proviennent d’un élément primordial, l’ovule, qui, produit dans l’organe générateur femelle, l’ovaire , subit sous l’influence fécondante du produit de l’organe générateur mâle une série de modifications aboutissant à la formation de l’embryon. Mais entre l’ovule, point de départ de tous les éléments cellulaires, et les éléments cellulaires définitifs il existe des éléments cellulaires transitoires, cellules embryonnaires qui, ainsi que l’ovule , seront décrits à propos du développement.

Les éléments cellulaires définitifs peuvent être classés en six groupes principaux : globules rouges, globules blancs, cellules connectives, cellules contractiles, cellules nerveuses, cellules épithéliales.

A. Globules rouges (fig. 1, II). — Ces globules, en suspension dans le liquide sanguin, ont la forme d’une lentille biconcave ou d’un petit disque aplati, un peu renflé sur ses bords, excavé sur ses faces; ils ont 0mm, 0077 de largeur sur 0mm, 0019 d’épaisseur en moyenne ; ils sont formés d’une substance élastique , qui cède facilement à la pression et revient ensuite à sa première forme ; chez l’homme ils n’ont pas de noyau ; quant à la question de savoir s’ils sont pourvus d’une membrane d’enveloppe, elle est encore indécise.

B. Globules blancs (fig. 1 , III). — Ces globules, qui ont les plus grandes affinités avec les cellules connectives , forment un groupe d’éléments anatomiques encore très-obscurs dans leur signification. On les rencontre non-seulement dans la lymphe, le chyle , le sang , mais dans les lames du tissu connectif ; enfin on retrouve leurs analogues dans les globules purulents , fournis soit par les cellules connectives , soit par les cellules épithéliales. Ces globules blancs sont sphériques , d’une grandeur de 0mm,01 à O""1', 012 , granulés, avec ou sans enveloppe et à noyau plus ou moins distinct. Ils sont doués de mouvements , grâce auxquels ils peuvent non-seulement changer de forme (voy. fig. 1, III, C), mais se déplacer, passer, par exemple, des

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lacunes du tissu connectif, soit dans les radicules lymphatiques, soit dans les transsudations séreuses.

C. Cellules connectives. — Les éléments cellulaires connectifs se présentent tantôt sous la forme de globules, c’est-à-dire de petites masses de protoplasma sans membrane d’enveloppe ou de noyaux libres, tantôt sous celle de véritables cellules offrant souvent des prolongements, qui peuvent s’anastomoser avec ceux des cellules voisines, de façon à former un réseau canaliculé plus ou moins perméable aux liquides. Elles sont parsemées dans la trame et la profondeur des tissus et des organes. Elles sont de trois espèces : cellules cartilagineuses, cellules connectives, cellules osseuses.

a) Les cellules cartilagineuses (fig. 1, IV), dont la grandeur varie de 0mm,03 à 0mm,023, sont les plus rapprochées des cellules végétales ; elles sont en général sphériques ou un peu allongées, à enveloppe distincte avec un contenu granulé et un noyau souvent infiltré de graisse, et sont entourées d’une capsule amorphe, capsule de cartilage , contenant souvent plusieurs cellules cartilagineuses accolées (fig. \ , IV, B).

b) Les cellules connectives varient beaucoup comme forme et comme grandeur : ou bien elles sont arrondies et sphériques comme les cellules de la moelle des os, ou bien elles présentent des prolongements ramifiés comme les cellules plasmatiques. On en trouve de plusieurs espèces :

1° La cellule plasmatique (^Xatypia , formation, fig. 1, V) représente le type de la cellule connective ; elle est fusiforme , pourvue d’un noyau apparent et envoie dans tous les sens des prolongements anastomosés avec ceux des cellules voisines (réseau plasmatique). Elle a une grande aptitude à proliférer sous des influences pathologiques et physiologiques, et peut se transformer en cellules cartilagineuse, osseuse, adipeuse etc.

2° La cellule adipeuse (fig. 2 et 3) n’est qu’une cellule connective volumineuse de Omm, 023 en moyenne , sans prolongements et infiltrée de graisse. Elle présente souvent dans son intérieur des cristaux de margarine.

Fig. 2 — Vésicules adipeuses accolées les unes contre les autres.

Fig. 3. — Vésicules adipeuses contenant des cristaux de margarine.

3° La cellule médullaire ou de la moelle des os est sphérique , à noyau volumineux, et peut, en se remplissant de noyaux par prolifération, acquérir un grand volume et une forme irrégulière, plaques multinucléées ou myéloplaxcs (pusXoç, moelle; 7rXàç, lamelle).

Les éléments connectifs dérivés ont la forme de fibres ou de tubes. Sous la première forme ils constituent les fibres connectives et élastiques, sous celle de tubes les vaisseaux capillaires.

1° Les fibres connectives sont constituées par des fibrilles d’une ténuité extrême, presque incommensurables (0mm,0008 à 0n,,",00M), réunies en paquets ou en faisceaux onduleux solubles dans l’acide acétique (fig. 1 , VI) ;

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2° Les fibres élastiques sont tantôt excessivement fines (0mm,0011), enroulées autour des faisceaux de fibrilles connectives ou entrecroisées dans tous les sens, tantôt très-volumineuses (0mm,01), réfringentes, à contour foncé, se divisant souvent dichotomiquement, ondulées, et, à leur extrémité brisée, se recroquevillant sur ellesmêmes (fig. 1, VII). Les fibres élastiques se distinguent des fibres connectives ordinaires par leur insolubilité dans l’acide acétique, et en général par leur résistance à tous les réactifs.

3° Les vaisseaux capillaires (fig. VIII), intermédiaires entre les artères et les veines, ont des tubes à parois transparentes composées d’une membrane amorphe contenant de place en place des noyaux ovales. Leur diamètre varie de 0mm,01 à 0mm,005.

c) Les cellules osseuses ou ostéoplastes (ô<mov, os; TrXacrroç, formé) ont tout à fait la forme et l'aspect des cellules plasmatiques ; elles ont une longeur de 0mm,01 à 0mm,02, et offrent aussi des prolongements canaliculés anastomosés avec ceux des cellules voisines (fig. 1, IX).

D. Cellule contractile ou musculaire. — La cellule contractile (fig. 1, X) ou fibrecellule ne se trouve guère chez l’homme que dans les petites artères et quelques autres endroits ; elle a la forme d’un fuseau, long de 0mm,029, large de 0mm,006, constitué par une membrane d’enveloppe anhyste très-mince , un contenu granuleux et un noyau ovale allongé. Les dérivés de la cellule contractile sont la fibre lisse et la fibre striée.

a) La fibre lisse peut être considérée tantôt comme une fibre-cellule excessivement agrandie (utérus gravide), tantôt comme résultant de la soudure bout à bout de fibres-cellules; la fibre lisse possède alors la forme d’un cordon noueux présentant un noyau à chacun de ses renflements.

b) La fibre striée est constituée par un petit paquet de fibrilles, fibrilles musculaires , enveloppées d’une gaine amorphe, le sarcolemme (oràp^ , chair; Xep.ua , enveloppe). Chacune de ces fibrilles se compose de particules ( sarcous éléments des Anglais) placées bout à bout ; ces particules correspondent aux particules des fibrilles voisines, avec lesquelles elles ont une certaine adhérence, de façon que dans quelques cas les particules situées sur un même plan transversal peuvent se détacher sous forme de disques ; aussi , suivant les auteurs , a-t-on pu considérer la fibre musculaire soit comme un faisceau de fibrilles, soit comme une pile de disques superposés comme une pile de monnaie. A la réunion en fibrilles correspond une striation longitudinale ; à la réunion en disques correspond une striation en travers , trèsnette, qui a fait donner à ces fibres le nom de fibres striées (voy. fig. 1, XI). Cette description s’applique surtout à la fibre musculaire isolée et soumise à l’action des réactifs; à l’état vivant, le contenu du sarcolemme forme une masse molle, semiliquide et dans laquelle les sarcous éléments sont nettement visibles avec lenr disposition régulière , mais dans laquelle toute séparation en disques et en fibrilles est impossible sans altération des propriétés de la fibre élémentaire. La fibre musculaire striée est parsemée de place en place de noyaux, restes des cellules formatrices. Sa largeur est de 0mm,02 en moyenne ; sa longueur est comparativement beaucoup plus grande, mais ne paraît pas dépasser 0m,03 à 0m,04.

La substance contractile des éléments musculaires , qu’elle soit homogène ou granuleuse, comme dans les fibres lisses, ou segmentée en sarcous éléments , comme dans la fibre striée , est du protoplasma, se rapprochant de celui qui se trouve dans la plupart des cellules animales ; seulement son activité contractile est très-développée et a des caractères particuliers.

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E. Cellule nerveuse (lig.l , XII). — Les cellules nerveuses sont volumineuses (0mm,0'l à 0mra,04 et plus) , sphériques et formées par une membrane d’enveloppe excessivement mince, quelquefois à peine visible, un contenu granulé offrant souvent des accumulations de pigment et un noyau volumineux à bords nets avec un nucléole fortement réfringent. D'ordinaire elles présentent des prolongements, dont le nombre peut varier de 1 à 5 et au-delà , et qui les mettent en connexion avec d’autres cellules ou avec les libres nerveuses (fig. 1).

Au point de vue de l’absence ou de la présence de ces prolongements , ainsi que de leur nombre, on les a divisées en apolaires, bipolaires, multipolaires. La cellule nerveuse constitue le véritable centre nerveux, le point auquel aboutissent les excitations parties de la périphérie sensorielle ou d’autres cellules, et d’où partent des incitations soit motrices, soit trophiques ou nutritives, soit purement nerveuses, allant éveiller l’activité de cellules nerveuses d’autres régions. Gomme dérivés de la cellule nerveuse, nous avons deux sortes d’éléments : les fibres nerveuses d’abord, puis des éléments particuliers plus ou moins rapprochés de la forme cellulaire et situés à la terminaison des nerfs sur les surfaces sensitives ou dans les fibres musculaires. Ges derniers seront décrits avec les organes auxquels ils appartiennent.

La fibre nerveuse ou tube nerveux (fig. 1, XIII) est un cordon rattachant la cellule nerveuse à la fibre musculaire (nerf moteur), aux surfaces sensibles ( nerf sensitif ), ou aux surfaces glandulaires (nerf trophique ), ou rattachant entre elles deux cellules nerveuses (nerf commissur al). La fibre nerveuse, dans son état le plus complet, se compose de trois parties : 1° une gaine tubuleuse, amorphe, transparente (gaine nerveuse), analogue au sarcolemme de la fibre musculaire ; 2° un contenu ou moelle nerveuse , substance molle, graisseuse, très-réfringente, se coagulant en grumeaux irréguliers après la mort; 3° enfin dans l’axe de la fibre nerveuse, au centre de la moelle, un cordon de substance arrondie, amorphe (fibre-axe ou cylindre de l’axe). Ge dernier paraît être la partie la plus importante et le véritable conducteur de l’influx nerveux ; la moelle agit comme matière isolante, la gaine nerveuse comme enveloppe protectrice. Ces tubes, composés ainsi de ces trois parties, sont appelés tubes nerveux à moelle ou à double contour. Ils ont 0mm,01 en moyenne. Dans d’autres fibres nerveuses (tubes nerveux à simpile contour ou sans moelle ), la moelle n’existe pas ; les tubes nerveux sont réduits à une gaine anhyste indistincte du contenu , et conservent un aspect homogène. Ceux-ci, beaucoup plus fins, n’ont que 0mm,002 de diamètre.

F. Cellule épithéliale (stt'i, sur; Oy))*v] , mamelon). — Toutes les cellules décrites jusqu’ici sont profondes, c’est-à-dire n’ont aucune relation avec les milieux extérieurs; les cellules épithéliales, au contraire, sont destinées à limiter les organes, soit du côté des milieux extérieurs , soit du èôté d’autres tissus ou d’autres organes , et se trouvent à la surface extérieure du corps et sur les parois des cavités intérieures. Elles ont pour fonction principale de protéger les tissus sous-jacents et de veiller sur l’entrée et la sortie des matières, de façon à ne laisser passer de l’intérieur à l’extérieur que les substances inutiles à ces tissus et à ne laisser pénétrer de l’extérieur à l’intérieur que les substances utiles; elles peuvent enfin transformer au passage les substances qui les traversent, et donner naissance à de nouveaux produits. Elles se divisent en deux classes : cellule épithéliale proprement dite et eellule glandulaire.

a ) Cellule épithéliale. Elle peut présenter diverses formes, dont les plus importantes sont la forme pavimenteuse , la forme cylindrique ou conique et la forme vibratile. 1° La cellule pavimenteuse est celle dans laquelle un des diamètres est diminué d’une façon notable (fig. 1, XIV); c’est ordinairement lin simple agent de protection; elle peut avoir des formes irrégulières, comme à la face interne des artères; elle peut se réduire à une simple lamelle quelquefois même dépourvue de

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noyau, et constitue alors les lamelles cornées , comme dans les parties superficielles de l’épiderme cutané. 2° La cellule cylindrique (fig. 1, XV) on conique, siège de phénomènes vitaux plus actifs, est principalement destinée à l’absorption. La cellule polyédrique forme un intermédiaire entre les deux précédentes. 3° La cellule vibratile (fig. 1 , XVI) a la forme d’une cellule cylindrique, dont l’extrémité la plus large est garnie de prolongements très-fins , cils vibratiles , agités de mouvements continuels ( mouvement vibratile ) et communiquant une impulsion dans une direction donnée, soit aux liquides dans lesquels ils baignent, soit aux particules solides avec lesquelles ils sont en contact. On trouve entre ces diverses formes de cellules épithéliales des formes de transition , et elles peuvent du reste se transformer les unes dans les autres, soit physiologiquement soit pathologiquement.

Gomme dérivés de la cellule épithéliale on a les lamelles cornées de l’épiderme des ongles et des poils, les fibres du cristallin et les prismes de l’émail des dents.

b) Cellule glandulaire. — Elle présente à peu près les mômes formes que la cellule épithéliale, sauf les formes lamelleuse et vibratile, et peut être polyédrique ou cylindrique. Le contenu des cellules glandulaires est tantôt constitué uniquement par des principes analogues à ceux qui se trouvent dans le sang et les liquides baignant les tissus; tantôt, au contraire, on y trouve en outre des principes nouveaux créés par l’activité spéciale de la cellule. Ce contenu peut s’échapper au dehors pour constituer la sécrétion de différentes façons, soit par transsudation, et la cellule agit alors comme un filtre laissant passer certaines substances et en arrêtant d’autres, soit par liquéfaction, c’est-à-dire rupture et disparition de la membrane d’enveloppe et expulsion du contenu. Ce produit de sécrétion peut être, au lieu d’un liquide avec ou sans détritus épithéliaux, un véritable élément anatomique figuré. Ainsi les spermatozoïdes ne sont que le produit des cellules glandulaires du testicule.

Tissus. — Les tissus sont formés par la juxtaposition des éléments anatomiques, cellules ou dérivés de cellules , que ces éléments anatomiques soient de même nature ou de nature différente. Cette juxtaposition peut se faire de deux façons: ou bien les éléments anatomiques sont situés les uns à côté des autres sans qu’il y ait entre eux d’intervalle appréciable et par suite de substance intercellulaire; dans ce cas les éléments sont soudés les uns aux autres par une substance unissante de composition encore peu connue , mais dont on a pu étudier certains caractères à l’aide des réactifs chimiques (les tissus épithéliaux) ; ou bien ces éléments sont isolés les uns des autres, soit par une substance dite inter cellulaire, soit par l’interposition d’éléments de nature différente (capillaires, tubes nerveux etc.). A ces deux modes de disposition correspondent deux groupes de tissus : tissus avec substance intercellulaire et possibilité d’interposition d’éléments différents, et tissus sans substance intercellulaire ou tissus épithéliaux.

A. Tissus avec substance intercellulaire et possibilité d’interposition d’éléments

différents.

La substance intercellulaire ou fondamentale qui dans la plupart de ces tissus sépare les uns des autres les éléments anatomiques , n’est qu’un produit de sécrétion des cellules ; cette substance peut être interposée en plus ou moins grande quantité entre les éléments cellulaires et peut présenter tous les degrés de consistance depuis l’état liquide, comme dans le sang, jusqu’à une dureté excessive, comme dans l’ivoire des dents; habituellement homogène, elle peut dans certains cas prendre l’apparence granuleuse, striée, fibrillaire, lamelleuse et se creuser de lacunes et de cavités; de nature protéique, elle peut subir des transformations chimiques, dont la plus importante est la transformation graisseuse; d’une activité vitale secondaire, elle n’a guère

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que des fonctions mécaniques de remplissage ou de support pour les éléments anatomiques et n’agit que par ses propriétés physiques de consistance, d’élasticité, de transparence etc.; aussi l’activité vitale d’un tissu est-elle en raison directe de la quantité de ses éléments cellulaires et en raison inverse de la quantité de substance fondamentale. La substance fondamentale peut manquer dans certains tissus, sans que pour cela les éléments des tissus soient intimement accolés comme dans les tissus épithéliaux, c’est ce qui arrive, par exemple, pour les fibres musculaires; mais, dans ce cas, les vaisseaux, nerfs etc. jouent le rôle de substance intercellulaire. Les éléments cellulaires prédominants d’un tissu, et auxquels ce tissu doit ses propriétés physiologiques sont dits éléments fondamentaux , et on appelle éléments accessoires les éléments interposés entre les éléments fondamentaux et servant à favoriser les fonctions de ces derniers (capillaires , tubes nerveux , fibres connectives et élastiques , cellules connectives etc.). Enfin il est des tissus dans lesquels il n’y a pas en réalité d’élément anatomique fondamental , comme masse et comme fonction , mais une pure agglomération d’éléments anatomiques ayant à peu près la même valeur. On peut à ce point de vue diviser les tissus en trois groupes :

1° Les tissus simples , dans lesquels une seule espèce d’élément anatomique est réunie par une substance intercellulaire (ex.: le tissu cartilagineux);

2° Les tissus composés, dans lesquels on trouve un élément anatomique fondamental et des éléments accessoires (ex.: le tissu musculaire);

3° Les tissus mixtes , dans lesquels toute division en élément fondamental et éléments accessoires est impossible (ex.: le tissu artériel).

Nous allons passer rapidement en revue les principaux tissus.

a) Le sang et la lymphe peuvent être considérés comme de véritables tissus dans lesquels la substance intercellulaire est restée liquide.

b) Les tissus cle substance connective forment un groupe très-naturel, comprenant toute une série de tissus que réunissent leur mode de développement , leur composition chimique, leurs fonctions, leurs connexions réciproques, leurs maladies. Nés tous du feuillet moyen du blastoderme et pouvant se transformer les uns dans les autres , ils ont une fonction de remplissage et de soutien et forment une sorte de masse dans l’épaisseur de laquelle sont enfouis les tissus musculaires et nerveux et dont les surfaces et les cavités sont limitées par les tisssus épithéliaux. La substance fondamentale de presque tous ces tissus, sauf dans certains cas de transformation chimique (transformation élastique), donne delà colle par l’ébullition. Ce groupe comprend les tissus muqueux, cartilagineux , connectif proprement dit et osseux.

1° Tissu muqueux ou gélatineux. — Il représente le tissu connectif embryonnaire et chez l’adulte ne se rencontre que dans le corps vitré. Il se compose de cellules arrondies ou à prolongements anastomosés, séparées par une substance intercellulaire diffluente.

2° Tissu cartilagineux. — La substance fondamentale qui emprisonne les cellules de cartilage, très-rare dans les premiers temps du développement ( corde dorsale ), devient par la suite très -abondante. Elle est hyaline, transparente, amorphe, quelquefois finement granulée, d’autres fois fibreuse; enfin elle peut se transformer chimiquement en substance élastique. Sous ce rapport le tissu cartilagineux se divise eu trois espèces secondaires basées sur les différences que présente la substance fondamentale : 1» cartilage vrai ou hyalin , dans lequel la substance fondamentale est hyaline et donne delà colle par l’ébullition; 2° cartilage réticulé , dans lequel elle est formée par de la substance élastique; 3° fibro-cartilage , dans lequel elle est formée par du tissu fibreux. Ces variations de la substance fondamentale sont en rapport avec des variations physiques de consistance et d’élasticité du cartilage. Le

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tissu cartilagineux précède presque partout dans la formation du squelette l’apparition du tissu osseux. Sa vitalité est en général très-peu active et ses fonctions se bornent à la mise en jeu de ses propriétés physiques d’élasticité et de résistance à la pression.

3° Tissu connectif proprement dit. — On trouve dans ce tissu des cellules, des éléments dérivés ou libres et une substance intercellulaire. Celle-ci se présente sous des aspects très-variables : tantôt homogène , tantôt fibrillaire ou sous forme de membranes, elle peut offrir dans son intérieur des lacunes ou des espaces interstitiels de grandeur et de configuration différentes , qui paraissent constituer l’origine des radicules lymphatiques ( sinus ou lacunes lymphatiques ) et dans lesquels on trouve des globules analogues aux globules blancs. Enfin , elle peut subir la transformation élastique et devenir insoluble dans l’eau bouillante et l’acide acétique. Ce tissu connectif, dont la vie physiologique chez l’adulte est à peu près nulle à l’état normal, peut sous l’impulsion de causes morbides reprendre une activité extrême de ses éléments cellulaires; aussi est-il le tissu germinatif et le terrain par excellence de la plupart des productions pathologiques. Ce tissu se divise en trois espèces secondaires.

Tissu connectif ordinaire. — Sa substance fondamentale est parsemée de cellules plasmatiques plus ou moins nombreuses, formant ou non un réseau anastomotique. Tantôt il est compacte , figuré comme dans les ligaments , et a pour usage principal la résistance à la distension (tissu fibreux ordinaire) ; tantôt il est lâche, sans forme, et constitué par des filaments entrecroisés circonscrivant des mailles qui contiennen des capillaires et des vésicules adipeuses, et est destiné à permettre le glissement des parties les unes sur les autres ou à remplir leurs interstices (tissu cellulaire ordinaire, tissu cellulaire sous-cutané et interstitiel). C’est lui qui avec les capillaires et les fibres nerveuses qu’il accompagne dans les organes, forme ce que Bichat appelait le parenchyme de nutrition. Le tissu médullaire qui constitue la moelle des os , peut être considéré comme un tissu composé se rattachant au précédent , mais caractérisé par sa richesse en capillaires sanguins et surtout par la présence de cellules arrondies, cellules médullaires, analogues aux cellules embryonnaires et aux jeunes cellules connectives.

Tissu élastique. — Dans ce tissu la substance fondamentale a subi la transformation élastique et se présente tantôt sous forme de membranes homogènes , quelquefois percées de trous irréguliers ( membranes fenêtrées) , tantôt sous forme de lames ou de réseaux élastiques; il est ordinairement mélangé en proportions variables au tissu connectif proprement dit. Son nom même indique ses propriétés et ses fonctions. On l’appelle encore tissu jaune à cause de sa couleur.

Tissu réticulaire ou réticulum. — Ce tissu n’est autre chose qu’un réseau anastomotique de cellules plasmatiques, dont les cellules se sont atrophiées peu à peu, de façon qu’il ne reste plus qu’un réseau de trabécules élastiques de grosseur variable et que les points d’entrecroisement de' ces trabécules sont occupés par des nodosités remplaçant les éléments cellulaires primitifs. Ces trabécules circonscrivent des mailles ou des espaces contenant ou bien des globules blancs, comme dans les glandes lymphatiques, ou bien des éléments d’une autre espèce, comme dans les centres nerveux.

4° Tissu osseux. — Dans ce tissu la substance intercellulaire par sa combinaison intime avec les sels calcaires acquiert une très-grande dureté; elle est creusée de deux espèces de cavités et de canaux : les unes très-petites, cavités osseuses , communiquent entre elles par des canalicules très-fins, canalicules osseux , et servent à loger les cellules osseuses et leurs prolongements; les autres plus larges ont tantôt la forme de canaux anastomosés et contiennent des vaisseaux (canaux de HaverS) , tantôt celle de cavités irrégulières communiquant toutes entre elles et contenant la moelle des os ( cavités médullaires). Le tissu osseux dans lequel sont creusés les canaux de Havers est

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plus dur et. plus compacte que celui dans lequel sont creusées les cavités médullaires; le premier a reçu le nom de tissu compacte, le second celui de tissu spongieux. Dans le tissu compacte les cellules osseuses sont rangées par séries concentriques autour d’un canal de Havers comme autour d’un axe (fig. 5); dans le tissu spongieux elles sont plus irrégulièrement disposées et en général parallèles aux parois osseuses des cavités médullaires. Cette substance fondamentale a une disposition stratifiée ou lamelleuse due à son mode de production.

c) Tissu musculaire. — Ce tissu n’a pas de substance fondamentale et sous ce rapport se rapproche des tissus épithéliaux; cela est surtout sensible sur les petites artères, où l’on voit les fibres-cellules accolées étroitement l’une à l’autre sans intervalle appréciable; mais, à un degré plus élevé, il vient s’interposer, entre les éléments fondamentaux (fibre musculaire primitive), des éléments accessoires, capillaires, nerfs, tissu connectif, qui en remplissent les interstices. On distingue deux espèces de tissu musculaire , suivant la nature des fibres musculaires entrant dans sa composition : le tissu musculaire lisse et le tissu musculaire strié. Dans le tissu musculaire lisse les fibres lisses forment par leur réunion des cordons ou faisceaux aplatis ou arrondis , entourés d’une gaine de tissu connectif et qui s’agglomèrent pour constituer des faisceaux plus volumineux, parallèles ou entrecroisés. Dans le tissu musculaire strié, les fibres primitives, en général parallèles les unes aux autres, sont séparées des fibres voisines par du tissu connectif contenant des capillaires sanguins et se groupent en faisceaux primitifs , secondaires et tertiaires de plus en plus volumineux, entourés de gaines connectives.

d) Tissu nerveux. — Ce tissu se présente sous deux aspects : substance grise et substance blanche. La substance grise résulte de l’accumulation de cellules nerveuses entremêlées de libres nerveuses et de tissu connectif réticulaire servant de support aux capillaires. Cette substance grise constitue les parties fondamentales de l’encéphale, de la moelle, des ganglions, et les véritables centres réflexes où aboutissent et d’où partent les tubes conducteurs. On ne sait rien de précis sur la substance fondamentale interposée entre les cellules ; on ignore même si cette substance intercellulaire est de nature connective ou de nature nerveuse. La substance blanche est formée par la juxtaposition ou l’entrecroisement de fibres nerveuses sans mélange de cellules, et avec addition de tissu connectif et de capillaires. Cette substance blanche purement conductrice (centripète ou centrifuge) se trouve dans les centres nerveux et dans les nerfs proprement dits.

B. Tissus épithéliaux sans substance intercellulaire appréciable ni possibilité

(T interposition d’éléments différents.

Ces tissus sont formés par l’accolement des cellules épithéliales ou de leurs dérivés y cet aceolement est très-intime , de façon qu’il n’y a pas de substance intercellulaire appréciable, mais simplement une sorte de matière unissante , démontrable par certains réactifs, qui la dissolvent en dissociant les cellules, ou la colorent d’une façon différente des cellules elles-mêmes (nitrate d’argent). Ces tissus revêtent la périphérie du corps, de manière que l’organisme est limité de tous côtés par une surface épithéliale; ils revêtent aussi ses cavités intérieures, qu’elles soient closes (vaisseaux, séreuses) ou en communication avec l’extérieur (tube digestif etc.), et les replis de ces cavités (glandes). Les cellules épithéliales sont toujours appliquées sur une membrane sous-jacente, de nature connective, qui sert de support à des vaisseaux et à des nerfs et favorise la nutrition et l’activité fonctionnelle de l’épithélium dont elle est recouverte. Les cellules présentent donc toujours une face profonde, adhérant à la

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membrane sous-jacente, une face libre tournée vers l’extérieur, des faces latérales contiguës à celles des cellules voisines. Une même étendue de surface pourra donc être couverte par un nombre très-variable de cellules épithéliales, suivant que ces cellules perdront en hauteur pour gagner en superficie , ou gagneront en hauteur pour perdre en épaisseur, et dans le premier cas, la quantité de tissu épithélial étant moindre, l’activité des phénomènes de nutrition sera aussi beaucoup plus faible que dans le second cas; aussi l’épithélium cylindrique indique-t-il une vitalité beaucoup plus énergique que l’épithélium pavimenteux.

Les cellules épithéliales, qui n’ont jamais de substance intercellulaire interposée entre leurs faces contiguës, peuvent présenter, soit du côté de leur face libre soit du côté de leur face adhérente , des sécrétions qui épaississent sur ces faces la membrane d’enveloppe. Dans le premier cas , la réunion de ces épaississements partiels constitue une membrane continue recouvrant toute la face libre d’un groupe de cellules ( membrane cuticulaire) ; dans le second cas , elle constitue une membrane appliquée entre la face profonde des cellules épithéliales et la membrane connective sous-jacente ( membrane basilaire , basement membrane des auteurs anglais). C’est cette membrane qui , pour les épithéliums glandulaires , forme ce qu’on a appelé la membrane jjrojjre des glandes.

Il y a deux groupes de tissus épithéliaux : les tissus épithéliaux p)roprement dits ou épithéliums et le tissu glandulaire.

a) Epithélium. — L’épithélium peut être simple ou stratifié. L’ épithélium simple est celui dans lequel on ne trouve qu’une seule couche de cellules épithéliales ; il peut, du reste , être classé d’après la forme des cellules épithéliales qui entrent dans sa composition en épithélium pavimenteux , cylindrique et vibratile. V épithélium stratifié, au contraire, se compose de plusieurs couches superposées de cellules, et par suite présente une bien plus grande épaisseur. Ordinairement les cellules des diverses couches n’ont pas toutes la même forme et la même vitalité. On y retrouve, du reste , les mêmes divisions que dans l’épithélium simple ; il peut être pavimenteux , cylindrique ou vibratile; et cette classification se fait d’après la forme des cellules de la couche superficielle.

Les tissus des ongles , des poils , du cristallin , de l’émail , ne sont que des dérivés du tissu épithélial, mais tout à fait transformés et surtout ayant perdu en grande partie l’activité vitale des formations épithéliales.

b) Tissu glandulaire. — Les cellules glandulaires, au lieu de s’étaler superficiellement en membranes, comme les cellules épithéliales ordinaires, pénètrent plus ou moins profondément dans les tissus sous-jacents , en formant des culs-de-sac d’où partent des culs-de-sac secondaires plus ou moins nombreux, plus ou moins étendus, plus ou moins ramifiés , de manière à former par leur agglomération une masse compacte , constituée par des culs-de-sac glandulaires venant s’ouvrir médiatement ou immédiatement à la surface d’une membrane épithéliale. La face profonde des cellules glandulaires est séparée des tissus sous-jacents par une membrane amorphe, homogène , assez résistante , qui n’est probablement qu’un produit de sécrétion des cellules glandulaires : c’est la membrane propre des glandes. Cette membrane propre peut se présenter sous deux formes différentes, auxquelles correspondent deux classes de glandes :

1° Elle peut former une vésicule close , arrondie, tapissée à sa surface interne d’épithélium glandulaire (vésicule glandulaire de la thyroïde , follicule de Graaf de l’ovaire). Dans ce cas, le produit de sécrétion 11e peut sortir que de deux façons : ou par déhiscence, c’est-à-dire par la rupture de la vésicule glandulaire (follicule de Graaf), ou par résorption, les principes de sécrétion une fois produits, étant repris au fur et à mesure par le sang.

2° Elle peut former un cul-de-sac ouvert du côté de la surface épithéliale , cul-desac qui tantôt est arrondi et volumineux à son fond, rétréci en goulot près de son

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ouverture (glande en grappe ), et qui tantôt présente le même calibre dans toute son étendue (glande en tube). Dans ce cas (sécrétions ordinaires), le produit de sécrétion s’épanche par l’ouverture du cul-de-sac glandulaire, soit directement à l’extérieur sur une surface épithéliale, soit dans un conduit dit canal excréteur , s’ouvrant luimême au dehors et commun à plusieurs culs-de-sac glandulaires.

Les tissus mixtes , dans lesquels aucun élément anatomique n’est fondamental par rapport à des éléments accessoires comme les tissus des artères, des veines, des lymphatiques et le tissu érectile, seront décrits à propos de l’angéiologie ou de la splanchnologie.

Organes. — Les tissus, par leur agglomération, constituent ce qu’on appelle les organes ou des masses ayant une forme et une fonction déterminées. On peut diviser les organes en deux grands groupes: les uns, massifs, pleins, sont situés profondément et représentent la masse principale du corps, comme les os, les muscles, les centres nerveux; les autres, superficiels ou du moins limitants , sont formés par des membranes revêtues d’épithélium et tantôt étalées à la surface du corps et des cavités intérieures ( membranes tégument aires) , tantôt enroulées en canaux ( membranes vasculaires ) , tantôt repliées sur elles-mêmes en masses compactes et profondes ( membranes glandulaires).

A. Organes profonds ou massifs. — Nous y trouvons d’abord tout un groupe d’organes appartenant aux tissus connectifs , les organes fibreux (ligaments , membranes fibreuses etc.), les cartilages et les fibro-cartilages , les os et peut-être aussi les organes lymphoïdes (glandes vasculaires, sanguines et lymphatiques); puis viennent les muscles et enfin les organes nerveux.

a) Organes connectifs.

1° Organes fibreux. — Ils constituent tantôt des cordons (ligaments ou tendons) reliant les os entre eux ou les os aux muscles, tantôt des membranes enveloppant les muscles ou les masses musculaires (fascias), ou rattachant les muscles aux os (aponévroses d'insertion), ou entourant différents organes (périoste, dure-mère etc.). Tous ces organes sont formés de tissu fibreux presque pur, dans lequel le tissu jaune élastique se trouve en plus ou moins grande quantité. Leur couleur est blanc mat , nacrée, quelquefois jaunâtre si le tissu élastique y entre en proportion notable. A quelques exceptions près (périoste), leur vitalité est peu énergique, tant à cause du petit nombre de leurs éléments cellulaires que de leur pauvreté en nerfs et en vaisseaux ; leur sensibilité est presque nulle. Ils agissent surtout par leur résistance à la distension , soit comme agents de traction sur les os (tendons et ligaments) , soit comme agents de compression (aponévroses de contention des muscles) ;

2° Cartilages et fibro-cartilages . — On les rencontre partout où il y a nécessité d’une élasticité assez grande unie à une résistance notable. C’est ainsi qu’on les trouve autour des cavités, qu’ils maintiennent béantes ou qu’ils ramènent à leur forme naturelle (larynx, nez etc.), sur les surfaces articulaires des os, où ils luttent contre la pression réciproque qui amènerait l’usure de ces surfaces. Dans le cartilage vrai (cartilage hyalin) , c’est la résistance qui domine , dans le cartilage réticulé , c’est l’élasticité ; le fibro-cartilage est. intermédiaire entre le tissu fibreux et le cartilage vrai.

Les cartilages vrais (avec substance intercellulaire amorphe, homogène, donnant de la colle par l’ébullition) sont formés d’une substance d’un blanc nacré , dure , élastique, repoussant le scalpel, tout à fait dépourvue de vaisseaux et de nerfs, et n’ayant par suite qu’une vitalité peu active et une sensibilité nulle. Ces cartilages peuvent n’être que temporaires et précéder chez le fœtus le squelette osseux; les cartilages temporaires constituent le squelette cartilagineux primitif. Dans le cas

Bf.aunis et Bouchard. • 2

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contraire, on les appelle carti lag es permanents . Ges derniers peuvent se diviser en deux classes, suivant qu’ils sont ou non entourés d’une membrane fibreuse ou périchondre ( ttî pi . autour; -/dvopoc;, cartilage). Les cartilages périchondriques (Ex. cartilages costaux, cartilages du larynx), étant enveloppés d’une membrane fibreuse plus ou moins vasculaire, qui les isole jusqu à un certain point des tissus ambiants , ont une vitalité plus active et plus indépendante; ils se vascularisent et s’enflamment plus faedement ; les cartilages sans périchondre au contraire (Ex. cartilages articulaires), sortes de parasites greffes sur les organes ambiants, n’ont pas de' vie individuelle et indépendante, mais n’ont qu’une vitalité d’emprunt et toujours rudimentaire; ils ont peu de tendance à la vascularité et à l’inflammation et leurs maladies sont presque toujours consécutives à celles des tissus voisins.

Les fibro-cartilages sont constitués par des cellules cartilagineuses éparses dans une substance fondamentale fibreuse. Leurs caractères physiques les rapprochent à la fois du cartilage vrai et des ligaments. On les trouve surtout dans les articulations, à propos desquelles ils seront étudiés.

Les cartilages réticulés , dans lesquels la substance fondamentale est élastique, sont toujours enveloppés d’un périchondre; aussi les réflexions faites à propos des cartilages vrais périchondriques leur sont-elles applicables ; ce qui les en distingue c’est leur couleur mate et un peu jaunâtre et la souplesse et la flexibilité qu’ils doivent à la présence du tissu jaune élastique.

3° Os. — Dans les os, et plus encore dans les dents, qu’on peut en rapprocher quoiqu’elles fassent saillie à l’extérieur, la substance connective , grâce au dépôt de sels calcaires atteint sa plus grande consistance et acquiert une dureté et une résistance qui rendent ces organes propres à servir de charpente aux parties molles et à supporter les pressions les plus considérables. Les os sont des organes déjà beaucoup plus complexes que ceux que nous avons vus jusqu’ici; ainsi, outre le tissu osseux proprement dit, ayant acquis une forme déterminée et spéciale pour chaque os, nous trouvons dans ses lacunes ou cavités médullaires, le tissu médullaire ou moelle osseuse, et à sa surface une membrane fibro-vasculaire , le périoste (rapi, autour, ôutsov , os) l’enveloppant de toutes parts , sauf sur les endroits revêtus de cartilage articulaire ; enfin il est pénétré par des vaisseaux nombreux et par des nerfs ; aussi leur vitalité est-elle supérieure à celle des organes précédents.

4° Organes lymphoïdes. — Ces organes, bien étudiés seulement dans ces derniers temps, et dont la connaissance est encore incomplète sous bien des rapports, se présentent en général sous la forme d’amas d’aspect glandulaire, constitués par du tissu connectif réticulaire contenant dans ses mailles, comme élément fondamental, des globules blancs. C’est dans cette catégorie d’organes que doivent être rangés provisoirement tous les organes incertæ naturœ désignés sous le nom de glandes lymphatiques et de glandes vasculaires sanguines.

b) Organes musculaires ou muscles. — Les muscles sont des organes élastiques et contractiles- formés par un tissu fondamental, le tissu musculaire, et par des tissus ou des organes accessoires , tendons ou aponévroses d’insertion rattachant les muscles aux os qu’il doivent mouvoir, vaisseaux, nerfs, tissu connectif etc.; ils seront décrits au début de la myologie.

c) Organes nerveux. — Ges organes sont: 1° des masses nerveuses centrales; les unes, très-volumineuses, forment un tout continu sous le nom de centre nerveux encéphalo-rachidien (encéphale et moelle); les autres, multiples et disséminées sur des points divers de l’organisme, constituent de petits renflements appelés ganglions; 2° des cordons nerveux conducteurs, nerfs , ayant leur point de départ ou d’arrivée dans le centre encéphalo-rachidien ou dans les ganglions.

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B. Organes limitants. — Ces organes limitants sont constitués par des membranes ayant toutes pour caractère général d’être revêtues d’épithélium. Ces membranes se présentent sous trois formes différentes, auxquelles correspondent trois groupes d’organes : membranes vasculaires , membranes tégumentaires , membranes glandu-

laires.

a) Membranes vasculaires. — Dans ce premier groupe, la membrane limitante se dispose en canaux élastiques (artères, veines, lymphatiques), canaux dont la face interne ou épithéliale est en contact avec les liquides, sang, lymphe, chyle, qui circulent dans leur intérieur; ils jouent le rôle purement physique de conducteurs hydrauliques.

b) Membranes tégumentaires. — Dans ce deuxième groupe, la membrane limitante est largement étalée, et quand la forme canaliculée existe, comme à l’intestin, elle n’est que secondaire , tandis que dans le groupe précédent elle est essentielle. En effet leur usage principal est une fonction de revêtement, de protection; leur face épithéliale en contact avec les milieux extérieurs , air , aliments , substances étrangères, avec les produits de sécrétion, avec les transsudations des cavités intérieures du corps , constitue entre ces matières et les tissus sous-jacents une barrière vivante qui , dans ce double courant de l’extérieur à l’intérieur et de l’intérieur à l’extérieur, laisse passer certains principes , interdit le passage à d’autres et règle suivant les lois physiologiques les échanges de la nutrition. Outre cette action vitale élective, elles agissent comme agents protecteurs contre les causes mécaniques, pressions, frottements etc., comme l’épiderme cutané.

1° Les séreuses représentent les organes tégumentaires les plus simples: une membrane fibreuse plus ou moins riche en vaisseaux et en nerfs, et une couche simple d’épithélium pavimenteux étalée à sa surface, telle est leur structure. On les rencontre en général partout où des organes frottent les uns contre les autres , sous forme de sacs sans ouverture , adhérant aux deux surfaces frottantes par un tissu cellulaire sous-séreux ; leur face épithéliale est tournée du côté de la cavité de la séreuse ; habituellement cette cavité est réduite à zéro et n’existe que virtuellement, de façon que la couche épithéliale est en contact avec elle-même; d’autres fois on trouve dans cette cavité une petite quantité d’un liquide clair ou filant ( sérosité , synovie). Les séreuses sont de trois espèces: les unes, séreuses proprement dites , forment des sacs sans ouverture (*) tapissant d’une part la face interne des grandes cavités du corps {feuillet pariétal) et enveloppant d’autre part les organes contenus dans ces cavités ( feuillet viscéral ) ; ces deux feuillets sont continus l’un avec l’autre, c’est-à-dire que, d’un des points de la paroi, le feuillet pariétal se réfléchit pour aller envelopper les organes et forme ainsi un repli contenant les vaisseaux et les nerfs qui se rendent à ces organes. Les séreuses de la deuxième espèce, synoviales ou séreuses articulaires , appartiennent exclusivement aux articulations et forment, chez l’adulte du moins, non plus des sacs clos, mais des manchons allant d’un osa l’autre et contenant dans le-ur cavité un liquide filant comme du blanc d’œuf, la synovie. La troisième espèce enfin ( bourses muqueuses) contient de petites séreuses plus ou moins parfaites existant en nombre variable partout où se passent des frottements entre des parties molles et des parties dures (bourses muqueuses musculaires, synoviales tendineuses, bourses

muqueuses sous-cutanées).

2° Peau. — La peau ou tégument externe, beaucoup plus compliquée comme structure, à la fois organe de protection et organe tactile, recouvre toute la surface extérieure du corps, sur laquelle elle se moule en se continuant avec les muqueuses au niveau des ouvertures naturelles. La couche épithéliale, épiderme (in i, sur; Ocpy.z , peau), au lieu d’être simple est stratifiée, comme cornée à sa surface et

(') Ine seule exception existe chez la femme, chez laquelle la cavité péritonéale communique avec l’extérieur par l’ouverture abdominale de la trompe utérine.

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pourvue d’appendices particuliers, poils et ongles. La membrane fibreuse sousjacente, derme , épaisse, résistante, élastique, riche en vaisseaux et en nerfs, est réunie aux organes profonds par un tissu connectif aréolaire , lâche , permettant des glissements. Enfin elle contient de nombreuses glandes sécrétant la sueur ou la matière grasse sébacée, glandes qui manquent absolument dans les séreuses.

3° Muqueuses. — Les muqueuses ou téguments internes sont tout à fait assimilables à la peau qui aurait perdu la couche cornée de son épithélium. Il y a en réalité deux grandes muqueuses, l’une gastro-pulmonaire (muqueuses oculaire, olfactive , intestinale, respiratoire), l’autre génito-urinaire, se continuant toutes les deux avec la peau par les ouvertures naturelles (palpébrale, nasale, buccale, anale, urétrale et urétro-vaginale) , mais n’ayant pas de continuité entre elles, sauf dans les premiers temps du développement de l’embryon. Ces muqueuses très-riches en vaisseaux et en nerfs présentent comme le tégument externe une couche fibreuse, derme muqueux, rattaché aux parties sous-jacentes par un tissu connectif lâche, sousmuqueux et couverte par un épithélium simple ou stratifié; on y trouve souvent des éléments musculaires lisses en couches continues, mais ce qui les caractérise surtout pour la plupart, c’est leur richesse en glandes; en outre, c’est à leur surface que viennent s’ouvrir les conduits excréteurs des glandes les plus volumineuses et que se déversent leurs produits de sécrétion.

c) Membranes ou organes glandulaires. — Ce troisième groupe est en rapport intime avec les téguments externe et interne (peau et muqueuses) ; on peut , en effet , les considérer comme de simples dépressions en cul-de-sac de ces membranes, ce qu’elles sont en réalité dans leur forme la plus simple et dans les premiers temps de leur développement; mais ces replis en culs-de-sac, en s’allongeant, se ramifient à l’infini, s’enfoncent peu à peu dans la profondeur des tissus et peuvent y former des agglomérations d’aspect massif, comparables aux organes profonds, et ne communiquant plus avec la surface de la membrane-mère (peau ou muqueuse) que par l’étroit orifice du conduit excréteur, dans lequel viennent s’ouvrir les culs-de-sac glandulaires. Mais en somme, quel que soit leur aspect massif, elles sont toujours réductibles par la pensée à une surface épithéliale sécrétante, étalée et développée.

On distingue deux classes de glandes : les glandes fermées et les glandes à conduit excréteur.

1° La première classe, glandes fermées , se compose de glandes dans lesquelles la communication des culs-de-sac sécréteurs avec l’extérieur a été interrompue dans le cours du développement; telle est la glande thyroïde; tel est l’ovaire, dont la communication se rétablit temporairement par déhiscence à l’époque de chaque menstruation.

2° La deuxième classe , glandes ci conduit excréteur , contient, deux espèces de glandes : 1° des glandes en tube, dont les culs-de-sac sécréteurs ont la forme de tubes ayant à peu près le même calibre dans toute leur étendue ; ainsi les glandes sudoripares, le rein; 2° des glandes en grappe, dans lesquelles le cul-de-sac sécréteur est renflé en ampoule à son extrémité profonde (achms) , rétréci en goulot à l’orifice par lequel il s’ouvre soit sur la surface tégumentaire , soit dans un canal excréteur commun; telles sont les glandes salivaires. On trouve du reste de nombreuses formes de transition entre ces deux espèces. Ces glandes à conduit excréteur peuvent être simples , c’est-à-dire être constituées par un seul cul-de-sac sécréteur ou par un très-petit nombre de ces culs-de-sac, ou composées , c’est-à-dire constituées par un très-grand nombre de culs-de-sac glandulaires.

Appareils. — Les organes et les tissus, en se groupant pour accomplir une fonction déterminée, constituent des appareils. On rattache habituellement ces appareils à trois groupes : appareils de la vie animale ou de relation , appareils de la vie végétative ou de nutrition, et appareils de la reproduction.

INTRODUCTION

Cette division du corps en appareils est sous bien des rapports -artificielle et laisse beaucoup à désirer, tant au point de vue anatomique qu’au point de vue physiologique; ainsi, il est des organes qui, comme les glandes vasculaires sanguines, ne se rattachent à aucun appareil; il en est d’autres par contre qui, comme la langue par exemple, rentrent dans plusieurs appareils à la fois; aussi ne faut-il accorder à cette division qu’une valeur secondaire, et n’y voir qu’un moyen commode, sinon logique, de partager en quelques groupes les organes constituants du corps humain.

a) Appareils de la vie de relation. — Ils forment trois classes : l’appareil locomoteur, l’appareil de l’innervation et les appareils des sens spéciaux.

1° Appareils de la locomotion. — Il se divise en appareil passif de la locomotion, constitué par les os et les articulations,. et appareil locomoteur actif, constitué par les muscles et destiné soit à déplacer ou à maintenir en situation, les unes par rapport aux autres, les différentes pièces du squelette, soit à déplacer le corps entier par rapport aux milieux ambiants. On peut y rattacher l’appareil phonateur, le larynx.

2° Appareil de V innervation. — Il est formé par les centres nerveux encéphalique, rachidien et ganglionnaires, et par les cordons nerveux qui en partent.

3° Appareils des sens spéciaux. — Ils comprennent les appareils olfactif, auditif, visuel, gustatif, tactile. En général, à chacun de ces appareils sont annexés des appareils accessoires destinés à en perfectionner la fonction (ongles pour la peau , appareil lacrymal pour l’œil etc.).

b) Appareils de la vie de nutrition. — Ils se divisent en trois classes : les appareils de la digestion, l’appareil de la respiration et l’appareil circulatoire.

1° Appareil de la digestion. — Outre l’appareil digestif proprement dit, on peut y ranger l’appareil urinaire et les organes incertæ sedis, comme les glandes vasculaires sanguines.

2° Appareil de la respiration. — Cet appareil , destiné à mettre le sang veineux en contact avec l’oxygène de l’air, est constitué par les poumons et les conduits aérifères, bronches, trachée et larynx.

3° Appareil de la circulation. — Cet appareil est destiné à contenir des liquides, sang, lymphe, chyle, qu’il fait circuler dans les tissus. Il se compose de deux appareils secondaires : V appareil sanguin, formé parle cœur, les artères, les capillaires et les veines, et qui charrie le sang , par les artères du cœur aux capillaires, et par les veines des capillaires au cœur; l 'appareil lymphatique , embranché sur l’appareil précédent, dans lequel il vient verser la lymphe et le chyle.

c) Appareil de la reproduction. — Cet appareil, différent dans les deux sexes, comprend deux appareils secondaires : un appareil fondamental destiné à la formation du germe , à sa fécondation et à son développement , et un appareil de perfectionnement à la fois mécanique et sensitif, et destiné à la copulation; c’est Y appareil érectile.

Organisme. — Le corps humain résulte de l’assemblage de toutes les parties qui ont été énumérées : éléments, tissus, organes, appareils. On peut l’étudier comme on étudie les diverses parties qui le composent , dans sa structure , dans sa forme extérieure et dans son évolution.

Au point de vue de sa structure , on aurait à étudier les relations qui relient les différents organes ou appareils, soit entre eux, soit avec l’organisme entier, leur mode de répartition et les lois qui règlent la prédominance de tel ou tel organe. Mais cette étude est plutôt du ressort de la physiologie générale ou de l’anatomie philosophique que de l’anatomie descriptive.

Au point de vue de la configuration extérieure , les mêmes réflexions sont applicables si l’on veut rechercher les lois qui la régissent et quels rapports il y a entre les formes extérieures du corps et la conformation et les fonctions des parties

INTRODUCTION

internes. Mais si nous restons sur un terrain purement descriptif, l’étude du corps humain considéré dans son ensemble mérite de nous arrêter quelques instants.

Le corps humain se compose de deux parties principales : le tronc, véritable centre de la vie de l’ensemble , divisé lui-même en tête , cou et tronc proprement dit , et les membres, sortes d’appendices au nombre de quatre, deux supérieurs, deux inférieurs , situés symétriquement de chaque côté du tronc.

Le tronc peut être considéré comme constitué par la réunion de deux tubes ou canaux adossés l’un à l’autre suivant leur longueur, l’un postérieur, dorsal ou nerveux, loge les centres de l’innervation (encéphale et moelle); l’autre, antérieur, ventral ou nutritif, loge les organes servant à la vie de nutrition (appareils digestif, respiratoire et génito-urinaire); les rapports de volume de ces deux tubes sont inverses si on les examine comparativement à la partie supérieure et à la partie inférieure du tronc ; ainsi , à la partie supérieure , le tube dorsal prend un développement énorme en rapport avec le développement de la partie supérieure de l’axe nerveux central ou de l’encéphale , tandis qu’au tube ventral le développement le plus marqué porte sur la partie inférieure ou abdominale. Les parois de ces cavités sont formées par des os et par des parties molles, muscles, vaisseaux etc. La charpente osseuse, ou le squelette de ces deux cavités, est constituée par une série de segments osseux superposés, vertèbres et appendices vertébraux. Ces segments osseux présentent chacun un corps ou portion centrale (corps vertébral) , et la superposition de ces corps donne naissance à une colonne osseuse située le long de la ligne de jonction des deux cavités ; de cette colonne centrale partent une série d’arcs divergents ; les uns se portent en arrière et forment la ceinture de la cavité dorsale ou nerveuse ; ce sont les arcs postérieurs des vertèbres, et le canal qu’ils constituent, à peu près continu et ne présentant que des interruptions régulières et peu étendues , forme dans son ensemble la cavité céphalo-rachidienne, très-dilatée à la tête, où elle est représentée par la cavité crânienne , et très-rétrécie dans le reste du tronc pour former le canal vertébral. Les autres arcs divergents se portent en avant et forment l’enceinte osseuse du canal antérieur ou ventral ; mais ils sont très-incomplets et n’existent guère qu’à la tête, où ils constituent les os de la face, et à la partie supérieure du tronc proprement dit ou thorax, où ils sont représentés par les côtes.

Les membres ne présentent pas de cavité intérieure analogue à celle du tronc; ils se composent d’un axe osseux central , formé de segments osseux articulés et mobiles, ^qui ne sont que des appendices vertébraux ayant pris un développement particulier; autour de cet axe osseux se groupent les parties molles , dont la plus grande masse est formée pas les muscles et destinée à mouvoir les diverses pièces de l’axe osseux les unes sur les autres ou à mouvoir les membres sur le tronc.

Le corps humain est symétrique, sauf pour les organes contenus dans toute la partie du tube ventral appartenant au tronc proprement dit; cette symétrie, qui pourtant n’est jamais absolue, existe pour les parties du corps situées de chaque côté d’un plan médian vertical antéro-postérieur , mais elle n’existe pas pour les parties supérieures et inférieures du corps , pas plus que pour les parties antérieures et postérieures. 11 y a cependant des analogies qui se retrouvent facilement entre ces parties asymétriques, mais elles n’ont aucune importance au point de vue purement descriptif. Cette symétrie des parties droites et gauches du corps permet pour les organes pairs de n’en décrire qu’un seul, celui du côté opposé n’étant que la répétition du premier, et pour les organes impairs situés sur la ligne médiane, de ne décrire qu’une de ses moitiés latérales , l’autre moitié étant identique à celle-là.

INTRODUCTION. 23

L’étude de l’anatomie descriptive du corps humain sera faite dans l’ordre suivant :

A. Ostéologie. Os.

B. Arthrologie. Articulations.

G. Myologie. Muscles et aponévroses.

D. Angéiologie.

a) Cœur.

b) Artères.

c ) Veines.

cl) Lymphatiques.

E. Névrologie.

a) Centres nerveux.

b) Nerfs.

F. Splanchnologie.

ci) Organes digestifs.

b) Appareil respiratoire et larynx.

c) Organes génito-urinaires.

d) Glandes vasculaires sanguines et lymphatiques (organes lymphoïdes).

G. Organes des sens.

a) Organe de la vision.

b) Organe de l’audition.

c) Organe de l’olfaction.

cl) Organe du goût.

e) Peau.

H. Du corps humain en général.

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