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ONZIÈME PAIRE. — NERF SPINAL OU NERF ACCESSOIRE DE WILLIS

Préparation. — La même que pour la portion cervicale du pneumo-gastrique, seulement au lieu d’enlever complètement le muscle sterno-cléido-mastoïdien, on le sectionnera vers son tiers supérieur en rejetant en bas et en arriére ses deux tiers inférieurs.

Le nerf spinal naît par deux sortes de racines : les unes , supérieures ou bulbaires, forment un faisceau distinct, dont l’origine est au bulbe au-dessous de celles du pneumo-gastrique; les secondes, inférieures ou médullaires , proviennent de la portion cervicale de la moelle épinière (Fig. 163 , 7). Ces dernières s’étendent d’ordinaire jusque vers l’origine de la cinquième paire cervicale et peuvent même descendre jusqu’auprès de l’origine de la première paire dorsale. Elles se trouvent entre les racines antérieures et les racines postérieures des paires rachidiennes et remontent sur la face postérieure du ligament dentelé. Ces filets, d’origine médullaire, sont obliques de bas en haut, de dedans en dehors et se réunissent successivement sur un tronc commun. Les plus inférieurs sont presque verticaux et très-courts , de telle manière que plus leur tronc remonte , plus il s’éloigne de la moelle.

Les racines bulbaires du spinal possèdent un noyau spécial, situé très-près du raphé médian, comme celui de tous les nerfs moteurs émanés du bulbe , (voy. Bulbe).

Dès que le tronc des racines médullaires a dépassé le niveau de la première paire cervicale , il s’incline en dehors vers le trou déchiré postérieur et reçoit les racines bulbaires, qui ne font que s’y accoler pour s’en détacher plus loin, ainsi que nous allons le voir. Tantôt c’est dans la cavité crânienne que ces deux faisceaux se réunissent , tantôt ce n’est qu’au niveau du trou déchiré postérieur que se fait cette union.

Dans le crâne , le spinal est contenu dans la même gaine arachnoïdienne que le glosso -pharyngien et le pneumo-gastrique ; dans le trou déchiré, il se trouve au devant et un peu en dedans de la jugulaire interne , en arrière du pneumogastrique, avec lequel il sort par un canal ostéo-fibreux commun.

Au moment où le faisceau médullaire croise les racines postérieures de la première paire cervicale, il s’anastomose avec elles. Cette anastomose n’est pas constante et se borne souvent à un simple adossement (*). Pendant son passage à travers le trou déchiré, le spinal envoie quelques filets au ganglion jugulaire du pneumo-gastrique et en reçoit quelques autres partis du même ganglion ; c’est donc un échange de filets qui s’opère entre ces deux nerfs.

Aussitôt après être sorti du trou déchiré postérieur, le nerf de la onzième paire se divise en deux branches : l’une interne , l’autre externe.

H Le ganglion que Huber a décrit à ce niveau n’exisle pas.

NERFS ENCÉPHALIQUES OU CRANIENS.

La branche interne , formée exclusivement par les racines bulbaires, se porte en avant et en bas , s accole immédiatement au plexus gangliforme (Fig. 105, 12) , et va constituer la majeure partie des rameaux pharyngiens, du laryngé externe et du laryngé inférieur, qui semblent naître du pneumo -gastrique et que nous avons décrits avec ce nerf.

La branche externe, dont les racines médullaires forment les éléments, est plus volumineuse que la précédente (Fig. 195, 13). Elle se porte en bas , en dehois et un peu en arrière, passe d’abord entre la jugulaire et la carotide internes, descend en croisant la face interne des muscles digastrique et styloiQoïdien (Fig. 202 , 1) et se place en arrière du bord inférieur de la glande parotide, mais sans pénétrer dans la loge fibreuse de cette glande. La branche externe du spinal croise ensuite la face profonde du muscle sterno-cléidomastoïdien , traverse quelquefois ce muscle , lui abandonne quelques rameaux (Fig- 902 , 1), croise obliquement le creux sus-claviculaire entre la face inférieure du peaucier et la face supérieure du splénius, et s’engage sous le bord du trapèze à environ 0,n,04 ou 0ni,05 au-dessus de la clavicule (Fig. 201 , 11). Elle se termine dans ce muscle en rameaux divergents. Ces rameaux trapéziens , de même que ceux qui sont destinés au sterno -mastoïdien , s’anastomosent dans ces muscles avec des filets du plexus cervical.

Usages. — Le nerf spinal est essentiellement moteur ; la faible sensibilité qu’il manifeste quand il est irrité est due soit aux filets anastomotiques que lui fournit la racine postérieure du premier nerf rachidien, soit à ceux qu’il reçoit du pneumo-gasti ique dans son passage à travers le trou déchiré. Après la section de sa branche interne , les muscles de la glotte et du pharynx peuvent encore se contracter quand on excite le pneumo -gastrique ; le nerf vague envoie donc a ces muscles des filets indépendants de ceux du spinal. La respiration continue normalement après la section de la branche interne des deux spinaux mais la voix est abolie. Quant à la branche externe, elle innerve les deux muscles auxquels elle se distribue ; mais ces muscles reçoivent, en outre, des rameaux du plexus cervical. Aussi quand le spinal est arraché ou que la branche externe est coupée, ces muscles peuvent encore se contracter , mais ils ne peuvent plus immobiliser le thorax au moment de l’effort. Dans le chant, le ii apèze et le sterno-mastoïdien sont contractés de manière à empêcher un écoulement trop rapide de l’air contenu dans la poitrine et à adapter ainsi l’organe respiratoire à son rôle de porte-vent ; si la branche externe du spinal est coupée, cette action n’est plus possible; si la branche interne est restée intacte, le son peut encore être produit , mais il ne saurait plus être modulé , et la voix devenue entrecoupée ne peut plus dépasser en longueur la durée de l’expiration ordinaire. (Pour plus de détails, voy. Cl. Bernard, Leçons sur le système nerveux, t. 11.)

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