II. APPAREIL EXCRÉTEUR
1° Canal déférent.
Ce canal, long de O111, 40 à 0m,5Ü environ, pelotonné sur lui-mème dans son quart inférieur, représente un cordon cylindrique, d’une dureté caractéristique, de 0m,003 d’épaisseur. Il monte d’abord le long du bord postérieur du testicule (Fig. 271), au côté interne de l’épididyme, dont le séparent les vaisseaux spermatiques, puis gagne en ligne droite l’anneau inguinal, franchit le canal inguinal avec les éléments du cordon spermatique, sort par l’orifice interne en se recourbant sur l’anse de l’artère épigastrique (Fig. 271) et s’enfonce dans la cavité pelvienne. Là il se place sur les côtés, puis en arrière de la vessie, croise l’urethère, en avant duquel il passe, se rapproche de plus en plus du canal déférent du côté opposé, auquel il finit par s’accoler (Fig. 272) et, arrivé à la base de la prostate, s’unit à angle aigu au conduit excréteur de la vésicule séminale pour constituer le canal éjaculateur.
Conformation intérieure. — La lumière du canal déférent est très-étroite (0inm,16) à cause de l’épaisseur de ses parois qui atteint l,nni,5 ; deux travers de doigt au-dessus de la prostate, il se dilate en une ampoule fusiforme. La muqueuse est blanche, lisse, plissée longitudinalement; dans l’ampoule elle est rugueuse, aréokiirc, réticulée et comme criblée de, fossettes de Iinm,0 a ()mm,-i qe largeur.
Structure. — Le canal déférent se compose de l’extérieur à l’intérieur de trois tuniques ; 1° une tunique adventice ■ fibreuse, assez mince; 2° une tunique musculaire lisse, de 0m, 001 d’épaisseur, qui lui donne une contractilité très-énergique et très-rapide; elle comprend trois couches, une externe, très-mince, de libres longitudinales; une intermédiaire, très-épaisse, circulaire; une interne assez 1 oi te , longitudinale ; 3° une muqueuse , tapissée cl un épithélium cylindrique. Dans 1 ampoule et au-dessous d’elle on trouve de plus quelques glandes tubuleuses.
OUCtANES ( ! ENI l'A l'X ,
l aisseaiw et nerfs. — Ses artères viennent de la déférentielle. Ses veines se rendent en partie dans le plexus vésical, en partie dans le plexus pampiniforme. Ses parois sont très-riches en nerfs , qui proviennent du plexus hypogastrique.
Cordon spermatique (Fig. 271). — On donne ce nom à l’ensemble des organes entourant le canal déférent. Il comprend : 1° le canal déférent ; 2° des artères, artères spermatiques, déférentielle et funiculaire J des veines, veines spermatiques (plexus pampiniforme) et veines funiculaires; i° des Ivrri-
Fig. '27 i. — Veines du cordon spermatique , d’après Charles Périer (*).
(*) I) Veines du cordon à leur entrée dans le canal inguinal. — 2) Veines spermatiques remontant à la veine cave. — 3) Veines spermatiques se divisant en deux faisceaux 4 et 5. — 4) Faisceau de veines émergeant du corps d’Highmore. — 5) Faisceau émergent de la tète de l’épididyme. — f» > Veines funiculaires venant de la queue de 1 ’épididynie. — 7) Anastomoses des veines de lu cloison du scrotum avec le faisceau précédent. — S) Anastomoses des veines du scrotum avec les veines venant du corps d'Highniore. — 9) Veine de la cloison du scrotum. — 1 0| Brandie de terminaison de la veine de la cloison, allant se jeter dans les veines du cordon. — 11) Veine dorsale de lu verge.
12) Veine honteuse externe. — 13) Veine de la paroi externe du scrotum. — 14) Veine saphène interne. — lb) Anastomose prépubienne des veines du cordon. — 17) Crochets relevant le péritoine. — 18) Artère et veines épigastriques. — 19) Artère iliaque externe. — 20) Origine des artères circonflexe et épigastrique; sur celte dernière on voit naître l’artère funiculaire. — 21) Embouchure commune des veines épigastriques et funiculaires.
--j (.anal déférent. — 23) Feuillet pariétal de la Luniqne vaginale. — 24) Testicule. — 25) Tète de l’épididyme,
20| Coupe des corps caverneux. — 27) Coupe de l’urèthre.
SPLANCHNOLOGIE.
phatiques ; 5° des nerfs ; plexus spermatique et défêrentiel accompagnant les artères, et branches génitales du plexus lombaire ; 0° des fibres musculaires lisses, restes du gubernaculum testis, qui entourent les vaisseaux et le canal déférent et se prolongent jusqu’au testicule, crémaster interne de Mente. Un (issu cellulaire lâche réunit toutes ces parties. Ordinairement les veines spermatiques forment avec l’artère un paquet situé en avant du canal déférent ; en arrière de ce canal sont les deux ou trois veines accompagnant l’artère funiculaire. Dans le canal inguinal, le canal déférent se place au-dessous des veines spermatiques, au-dessus des veines funiculaires.
Fig. 272. — Prostate , vésicules séminales et bulbe de l'urèthre; rue postérieure {*)■
»o Vésicules séminales (Fig. 272).
Les vésicules séminales sont deux corps aplatis, ovoïdes, mamelonnés, de O'",055 de longueur, O"1, 02 de largeur et 0nl, 01 d’épaisseur. Elles sont situées en dehors des canaux déférents, en arrière de la prostate et dans un plan presque horizontal, quoiqu’un peu incliné en haut et en arrière. Leur bord interne est accolé à l’ampoule du canal déférent ; leur bord externe au bord
(*) 1) Uretère. — 2) Vésicule séminale. — d) Canal déférent. — 4) Pioslate. — b) Toi lie membraneuse de l'urèthre. — 6) Ligaments isehio-prostutiqties. — 7) Aponévrose moyi nue du périnée. — 8) Bulbe de l’urèlln e.
0) Glandes de Coojier isolées de J'aponéviose mujn.ne. — 10) Coupe des corps caverneux. — Obturateur interne.
0 11G ANES GÉNITAUX
supérieur de lu prostate ; leur extrémité postérieure et supérieure est épaisse, anondie et tournée en dehors ; leur extrémité antérieure, amincie, dirigée en hus et en dedans, s entonce dans la prostate pour aller se réunir au canal déléient par un conduit très-mince et très-court. Leur face antérieure est appliquée sur le fond de la vessie; leur lace postérieure, tournée vers le rectum, est îei ouverte, ainsi que 1 espace intermédiaire, par une couche lamelleuse adhéicnte en bas à la prostate, en haut au cul-de-sac recto-vésical du péritoine, et tonnée par des libres lisses transversales mélangées de tissu connectif dense , on la désigne a tort sous le nom d' aponévrose prostato -péritonéale.
Conformation intérieure. — A la coupe, la vésicule séminale présente une cavité irrégulière et des lobes arrondis ; si on isole et si on déplisse ces lobules , on voit qu’ils sont formés par l’enroulement sur lui-même d’un canal llexueux , de 0m,10 à 0m,14 de longueur, pourvu de nombreux culs-de-sac ramifiés , et qui représente un véritable diverticulum du canal déférent.
Structure. 8es parois, épaisses de O111, 001 se composent de trois tuniques ; 1° une externe, fibreuse; 2° une moyenne musculaire lisse, formée par clés libres externes longitudinales et des libres internes circulaires ; 3° une muqueuse tapissée pai un épithélium polygonal. On y trouve les mêmes glandes que dans le canal dé-
Jérent. Un tissu cellulaire dense et des libres lisses réunissent les circonvolutions des vésicules séminales.
Ces organes jouent à la fois le rôle de réservoirs et d’organes sécréteurs. Leur séciétion, qui se mélange au sperme, consiste en un liquide albumineux, filant, non coagulable par l acide acétique , et dans lequel on rencontre quelquefois des corpuscales azotés, transparents , friables ( sympexions de Robin).
1 aisseaux et nerfs. — Les artères viennent des artères déférentielles et des vésicules inféiieuies. Les veines vont aux plexus vésicaux. Les lymphatiques se rendent aux ganglions pelviens. Les nerfs viennent du plexus hypogastrique.
3° Canaux éjaculateurss.
Ces canaux, longs de 0ra,02 , naissent de la réunion à angle aigu du canal déférent et de la vésicule séminale du même côté , et vont s’ouvrir dans la partie prostatique de 1 urèthre. D’abord assez larges (0m,004 d’épaisseur), ils n’ont plus à leur embouchure qu’une lumière très-étroite (0"“»,5) et 0»',001 d’épaisseur, ils traversent la
piostate en se rapprochant 1 un de l’autre, et s’ouvrent de chaque côté de l’utricule prostatique.
Leurs parois ont la même structure que celles du canal déférent; dans la prostate, elles sont excessivement minces et entourées d’une couche de tissu caverneux , qui les isole de la substance dense de la prostate.
L urèthre sera étudié avec l’appareil érectile.
$ II. — Appareil érectile.
l'i épuration. — L appareil érectile de l’homme peut être injecté, soit par la veine dorsale de la verge, soit par les racines des corps caverneux.
L appareil érectile de l’homme est constitué en grande partie par la verge ou pénis. Le pénis présente des variations notables de consistance, de forme, de position, de volume etc., suivant qu’il se trouve en état de repos ou en état
Beaunis et Bouciiari>.
SPLANCHN0L0G1E.
d’érection. Sa longueur est en moyenne de 0lll,0ü dans le premier cas, de O111, 15 dans le second. A son extrémité libre se trouve un rendement, le gland, dont le sommet est percé d’une fente verticale, méat urinaire , et dont la base, couronne du gland , est séparée du reste par un étranglement circulaire ou col ; ce col donne attache à un repli cutané, le 'prépuce , qui recouvre plus ou moins complètement le gland.
Cet appareil érectile se compose des deux corps caverneux et d’un organe érectile ( corps spongieux de Vurèthre ) annexé à la partie pénienne de l’urèthre; mais pour ne pas scinder l’étude de l’urèthre , nous décrirons ce canal dans sa totalité, quoique une partie de sa longueur appartienne exclusivement aux voies urinaires. A cet appareil érectile sont surajoutés des muscles, muscles du périnée; enfin, la verge est enveloppée par une gaine fibreuse et par une gaine cutanée qui présente des dispositions spéciales.