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URETHRE DE L HOMME

L’urèthre est un canal qui va de la vessie au méat urinaire. Dans toute la partie postérieure à l’embouchure des canaux éjaculateurs ( canal urinaire proprement dit), il livre passage à l’urine, dans la partie antérieure (cond ait uro-génital) , à l’urine et au sperme. La première partie représente seule l’urèthre de la femme.

Conformation extérieure. — Direction (Fig. 273). L’urèthre se divise au point de vue de sa direction en une partie postérieure fixe et une partie antérieure, mobile, séparées dans l’état de flaccidité de la verge par un angle ouvert en bas, angle prépubien. 1° La partie fixe s’étend du col de la vessie a l’angle prépubien. Elle décrit une courbe à concavité antérieure et supérieure, dont le milieu est à 0m, 02 du sommet de l’arcade pubienne. Celte courbure, assez uniforme en avant, présente en arrière une inflexion brusque. L’angle prépubien est situé à 0V",03 en avant du sommel de l'arcade du pubis dans la direction d’une ligne qui passerait par I orifice vésical et ce sommet. 2" La partie mobile change de direction, suivant l’étal de la verge; tombante, à

ORGANES GÉNITAUX

J état de repos, elle se redresse dans l'érection ; alors l’angle prépubien disparaît et 1 urèthre a dans sa totalité une concavité supérieure.

D’après ses rapports et sa forme extérieure on a divisé l’urèthre en trois régions, qui sont, d arrière en avant, la région prostatique, la région membraneuse et la région spongieuse.

La longueur totale de l’ urèthre, mesuré en place, peut varier de 0in,I4 à 0m,19, ainsi répartis pour les diverses régions : région prostatique, 0nl,025 à 0"',0'), région membraneuse, Um,015, le reste appartient à la région spongieuse, seule sujette a varier suivant l’état de la verge.

A. Région prostatique. — Cette région est enveloppée par un organe particulier, la prostate.

l ig. il’.). — Coupe aniéro-poslêrieure et médiane du bassin chez l’homme,

d'après Legendre (*).

Prostate (Fig. 272).

La prostate (TcpocxaTy)? , irpo , devant ; crato, je pose) est un corps glandulaire qui entoure la partie prostatique de l’urèthre. Elle a la forme d’une châtaigne ou d’un cône aplati à base supérieure el souvent d’aspect bilobé. Son poids est

( ) A. \essie. JJ. Rectum. — C. Symphyse du pubis. — D» Anus. — E. Corps caverneux. — F. Bulbe du 1 urèthre. G. Gland. H. Prostate. — I. Vésicule séminale. — K. Testicule. — L. Méut urinaire. — M. Cul-de-sac

du bulbe. O. Coccyx. R. l’éritoine. — S. Pyramidal. — T. Grand droit antérieur de l’abdomen. — U. I'icxus

de Santorinit V . Iteleveur de I anus. — X. Sphincter interne. — V. Sphincter externe. — Z. Col de la vessie. — a) Transversc superficiel du périnée. — é) Trunsverse profond, — d\ Orbieulaire de l'urèthre. — e) Bulbo-caverneux — ê) Tunique musculeuse de lu vessie. — /,) Cul-de-sac reelu-vésical.

SPLANGI1N0L0G1E.

soi

d’environ 10 grammes. Ses limites se confondent en partie en avant, en haut et en arrière avec les tissus ambiants, ce qui rend son isolement difficile. L’urèthre la traverse, non pas suivant son axe et dans son milieu, mais beaucoup plus près de la face supérieure, de façon qu’il ne reste ordinairement en avant du canal qu’une très-petite épaisseur de substance prostatique ; souvent même la glande forme en avant une simple gouttière qui reçoit l’urèthre et dont les bords se rapprochent jusqu’au contact. Les conduits éjaculateurs traversent obliquement la prostate. Ses parties latérales constituent les lobes latéraux de la prostate ; on appelle lobe médian une saillie médiane qui soulève la muqueuse de la paroi postérieure de l’urèthre ( luette vésicale) et qui existe vingt fois sur cent chez les sujets qui ont dépassé soixante ans. Le volume de la prostate augmente du reste avec l’âge. Chez l’adulte les rayons de la prostate (mesures prises à partir du centre de l’urèthre) sont les suivants : rayon transverse, 0m,015 ; rayon inférieur, 0m,017 ; rayon oblique , 0ra,022.

Rapports. — En avant elle est séparée de la face postérieure de la symphyse par les plexus de Santorini (Fig. 273, U) ; en arrière elle répond au rectum. Elle est enveloppée par une sorte de coque fibreuse ou fîbro-musculaire, capside prostatique , et rattachée au pubis par les ligaments pubo-prostatiques , à l’ischion et à la branche inférieure du pubis, par les ligaments ischio-prostatiques (Fig. 272). Cette capsule se perd dans l’aponévrose pelvienne, l’aponévrose recto-vésicale et le ligament triangulaire de l’urèthre.

La substance de la prostate est gris rougeâtre ou rouge jaunâtre ; son tissu est très-ferme et très-dense.

Structure. — Elle se compose d’une trentaine de g landes en grappe éparses dans un stroma de fibres lisses à direction générale radiée qui constitue plus de la moitié de la masse de l’organe. Ces glandes s’ouvrent toutes dans la partie prostatique de l’urèthre sur les côtés du verumontanum.

La prostate sécrète un liquide visqueux, filant, analogue à celui des vésicules séminales. On trouve souvent dans les vésicules glandulaires ou dans les conduits

excréteurs des concrétions jaunes ou rouges , à couches concentriques , d’une grosseur de 0mm,3 et plus, et ayant pour hase une substance protéique.

Vaisseaux et nerfs. — Les artères viennent des vésicales et des rectales; le réseau capillaire de la prostate se continue avec celui de la muqueuse uréthrale. Les veines vont dans les plexus veineux qui entourent l’organe et dans le plexus sous-muqueux de l’urèthre. Les lymphatiques se rendent aux ganglions pelviens. Les nerfs viennent du plexus hypogastrique.

B. Région membraneuse de l’urèthre. — Elle est renfermée en grande partie dans le ligament de Carcassonne, qu’elle traverse obliquement. Elle représente un cordon curviligne à concavité antéro-supérieure , dont la partie postérieure à cause de la saillie du bulbe est plus courte que l’antérieure. En avant, elle répond à l’arcade du pubis, dont elle est distante de 0,01 ; en arrière, elle est en rapport inférieurement avec le bulbe et les glandes de Cooper, et dans le reste de son étendue, séparée du rectum par un espace triangulaire a base inférieure , triangle recto-uréthral.

C. Partie spongieuse. — Beaucoup plus longue que les précédentes, elle enveloppe comme dans une gaine de tissu caverneux toute la partie pénienne de l’urèthre, qui la traverse, non pas tout a lait dans son axe, mais plus piè>

ORGANES GÉNITAUX. 805

(le s.T face dorsale. Elle présente deux rendements, l’un postérieur, bulbe (I ig. 270, F), 1 autre antérieur, gland , séparés par une portion moyenne, corps spongieux de V urèthre proprement dit (6).

1° Le bulbe (Fig. 274, 4) est un rendement ovoïde, dont la grosse extrémité est dirigée en bas et en arrière au-dessous de la partie membraneuse, et qui se peut insensiblement en avant dans le corps spongieux ; il est divisé en deux lobes par un sillon médian plus ou moins marqué (Fig. c278 , 2).

2° Le corps spongieux forme un cylindre un peu rétréci à sa partie moyenne, logé dans la gouttière inférieure des corps caverneux.

0° Le gland (Fig. 277, 4) est un rendement conoïde, développé aux dépens de la partie supérieure du corps spongieux. Sa face postérieure ou base concave (Fig. 274, 1) coiffe l’extrémité antérieure des corps caverneux; les bords de cette base , dont le plan est oblique vers la face dorsale et la racine de la verge, constituent la couronne du gland, A son extrémité se trouve le méat urinaire.

Glandes de Cooper. — A la partie spongieuse de l’urèthre sont annexées deux glandes , glandes de Cooper ou de Mery (Fig. 272, 9). Ce sont deux petits corps, de la grosseur d’un pois , situés de chaque côté de la ligne médiane dans l’épaisseur du ligament de Carcassonne, entre le bulbe et la partie membraneuse. Ce sont des glandes en grappe, dont les deux conduits excréteurs, partant quelquefois d’une petite cavité centrale, viennent s’ouvrir, après un trajet de 0m,03 et après avoir traversé le bulbe sur la paroi inférieure de l’urèthre , soit à côté , soit en avant l’un de l’autre. Leur sécrétion est un liquide encore peu connu (mucus?).

Conformation intérieure de l’urèthre. — A l’état ordinaire les parois de l’urèthre sont complètement accolées, et le canal n’existe qu’au moment du passage de l’urine ou d’autres corps écartant ses parois. Dans le premier cas, l’urèthre a, sur des coupes transversales , l’aspect d’une fente variable de forme,' suivant la région que l’on considère ; verticale au gland, transversale dans la partie spongieuse , étoilée dans la région membraneuse à cause des plis longitudinaux de la muqueuse , elle prend dans la partie prostatique la forme d’un A renversée. Dans le second cas, l’urèthre est à peu près cylindrique ; mais il n’a pas le même calibre (*) dans toute sa longueur. Immédiatement derrière le méat se trouve une dilatation ovoïde , fosse naviculaire ; puis, dans tout le reste de la partie spongieuse , on a un diamètre uniforme de 0m,008 environ ; au niveau du bulbe existe une dilatation (Fig. 273, M), tenant en grande partie à une dépression de la partie inférieure ou cid-de-sac du bulbe et trèsvariable suivant les individus; dans la partie membraneuse, la plus étroite, le diamètre descend à 0m,006, puis dans la région prostatique il augmente peu à peu et atteint en moyenne 0m,011 . Dans l’érection complète la partie spongieuse du canal de l'urèthre est béante, non pas par un simple écartement mécanique des parois dû au passage du sperme, mais par le mécanisme même de l’éreclion , comme le prouvent les injections artificielles bien réussies.

( ) Ou peut apprécier ce calibre en injectant une substance soliili fiable dans l’urèthre sous une pression modérée; on mesure ensuite l’épaisseur du moule ainsi obtenu, épaisseur nui vaiie suivant le degre de dilatabilité des diverses régions.

SPLANGHNOLOGIE.

lig. 274.

Urèthre ouvert par sa paroi supérieure (*).

La muqueuse de l’urèthre, très-mince, transparente, esl rouge vif à la partie antérieure du canal , pâle plus profondément. Elle présente dans les régions spongieuse et membraneuse des plis longitudinaux, qui s’effacent par la distension. Elle offre çà et là, surtout à la paroi supérieure du canal , des replis valvulaires ; le plus important, valvule de Guérin , est situé sur la paroi supérieure, à 0m,015 à peu près du méat ; son bord libre regarde en avant et intercepte un cul-de-sac profond de 0m,004 à 0m,006; elle manque onze fois sur soixante-dix cas (Jarjavay). La paroi supérieure de la région spongieuse est parsemée d’orifices, lacunes de Morgagni , qui mènent dans de petits culs-de-sac ayant quelquefois jusqu’à 0m,01 ; les plus larges sont sur la ligne médiane et peuvent admettre la tète d’une épingle. Elles ne sécrètent aucun liquide. On trouve encore sur cette muqueuse les orifices des glandes prostatiques, des glandes de Cooper et des glandes de Littré, ces derniers à peu près invisibles à l’œil nu.

Dans la région prostatique, la muqueuse a une configuration spèciale (Fig. 274;.

Sur la paroi postérieure de l’urèthre s’élève une saillie de 0m,0025 de hauteur, de O"1, 004 de largeur à sa base, le verumonl.anum ou crête 'uréthrale (8) ; son extrémité antérieure s’étend en avant dans la partie membraneuse ; son extrémité postérieure se continue souvent par deux replis, freins (9), qui se perdent vers l'orifice vésical. A son sommet, le verumontanum offre un cul-de-sac, ouvert eu avant, profond de 0m, 01 environ, utricule prostatique ou utérus mâle (10), de chaque coté duquel s’ouvrent les conduits éjaculateurs (11); tout autour se voient les orifices des canaux prostatiques (12). En arrière du verumontanum se rencontre souvent une dépression due au développement de la saillie antérieure du trigone.

(»l A. Partie spongieuse. — B. Partie membraneuse. — C. Partie prostatique. — D. Vessie. - I) Gland. — 2) Fosse navieulaire. — 3) Corps spongieux proprement dit - 4) Bulbe — b) Cul-de-sac du bulbe. — C) Oriliees des glandes de Cooper. — 7) Prostate. — 8) Verumontanum. — 9) Fieins du verumontanum. — 10) Utricule prostatique. — U) Orifices des conduits éjaculateurs. — 12) Orifices des glandes prostatiques. - 13) Luette vésicale. — 14) Orifice de l’urèthre. — 13) Trigone vésical.

ORGANES GÉNITAUX

Structure de l’urëthre. — Les parois de l’urèthre se composent de trois couches, qui sont en allant, de dedans en dehors : une muqueuse , une couche sous-muqueuse ei une tunique musculaire, a laquelle s’ajoutent pour la région antérieure Je corps spongieux de 1 urèthre, pour la région membraneuse les muscles profonds du périnée, et pour la région prostatique la prostate.

1° La muqueuse est lisse, sauf dans la partie antérieure de l’urèthre (0m,04 à 0"\05) , où elle est pourvue de papilles. Elle est tapissée par un épithélium cylindrique stratifié , qui, dans la partie recouverte de papilles, est remplacé par un épithélium pavimenteux. Dans l’utricule prostatique, l’épithélium est vibratile.

2° La couche sous-muqueuse est lâche, excepté dans la région prostatique. Dans cette couche sont disséminées de petites glandes en grappe, glandes de Littré , qui, d’après Henle, n existeraient que dans la région spongieuse. Dans cette couche sous-muqueuse se trouve, aux régions spongieuse et membraneuse, un véritable tissu caverneux.

3° Tumque musculaire. — Elle est constituée par des fibres lisses, très-épaisses surtout dans la région membraneuse et dont la couche interne la plus mince est longitudinale, l’externe circulaire {sphincter uréthral involontaire). Dans les régions pi ostatique et. membraneuse existe en dehors de cette tunique une couche épaisse de libres striées circulaires (*), qui remontent jusqu’à l’orifice vésical et constituent un véritable sphincter uréthral volontaire. Ces fibres manquent dans la région spongieuse , ou immédiatement en dehors des fibres circulaires lisses se trouve le tissu érectile propre du corps spongieux de l’urèthre.

Le verumontanum est formé par une saillie centrale de tissu élastique et musculaii e lisse , tapissée par la muqueuse , au-dessous de laquelle existe une couche de tissu ca\ erneux. Cette saillie aurait pour fonctions, pendant l’érection, d’obturer le i anal de 1 urèthre en arrière de 1 embouchure des conduits éjaculateurs.

Le corps spongieux de l urèthre a la structure des corps caverneux; seulement ses mailles sont plus fines. Il est divisé en deux par une cloison médiane plus ou moins complète et surtout visible au niveau du bulbe; en avant cette cloison envoie en bas un prolongement fibreux, qui se continue avec le frein du prépuce. Dans le gland, elle se divise de. façon à envelopper le méat dans une sorte d’anneau ou mieux de boutonnière fibreuse élastique.

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