H. MUSCLES DES OSSELET
Ces muscles sont au nombre de deux : le muscle du marteau et le muscle de l’élrier.
1" Muscle du marteau (Fig. 323, 9). - Ce muscle nait do l’angle antérieur du rocher, de la grande aile du sphénoïde, de la paroi supérieure du cartilage
ORKILLK MOYKNNM.
de \i\ fronipe et de l’orifice antérieur du canal musculo-tubaire ; il pénètre ensuite dans le canal osseux qui lui est destiné au-dessus de la trompe, et donne naissance à un tendon qui se réfléchit sur le coude de ce canal ('10), fait un
angle droit avec le corps du muscle et va
s’attacher à la partie interne du manche
du marteau, au-dessous de l’origine de
l’apophyse grêle de Raw.
11 est innervé par une branche du ganglion otique, provenant de la racine motrice fournie par Je trijumeau.
2° Muscle de V étrier (Fig. 323, 11). —
Ce muscle naît dans le canal de la pyramide, et donne naissance à un tendon trèslin (12), qui fait avec l’axe du muscle lui angle obtus ouvert en bas, et va s’attache]' à la partie postérieure de la tête de l’étrier.
Il est innervé par un rameau du facial.
Fig. 323. — Muscles des osselets [*)■
Mouvements des osselets (Fig. 324). — Les mouvements des osselets sont assez limités. Ces mouvements se font autour d’un axe qui passerait par l’apophyse postérieure de l’enclume et l’apophyse grêle de Ravv ; ces deux points représentent en effet les deux points iixes, arc-boutés contre les parois de la caisse et autour desquels pivote toute la chaîne des osselets ; cet axe coupe le marteau à la partie supérieure de son manche (A).
Le muscle du marteau (tensor t-ympani )’ porte en dedans le manche du marteau et avec lui la membrane du tympan qui se trouve tendue ; en même temps il entraîne en dehors la tête du marteau et le corps de l’enclume (voy. Fig. 324) et par suite fait basculer la longue apophyse de l’enclume, qui enfonce l’étrier dans la fenêtre ovale. La pression se trouve augmentée dans le labyrinthe. La contraction de ce muscle accompagne involontairement celle des muscles masticateurs. La tension de la membrane du tympan, quand elle est nécessaire, est volontaire, mais inconsciente. Quelques personnes peuvent contracter à volonté et à n’importe quel moment leur muscle du marteau.
Le muscle de V étrier (laæator tympani) tire en arrière la tête de l’étrier; mais il est difficile de dire quel peut être son usage dans l’audition. D’après quelques auteurs il relâcherait la membrane du tympan, ce qu’il est difficile de comprendre d’après la direction de son tendon.
(*) 1) Tète du marteau. — 2) Portion de la membrane du tympan encore attachée au manche du marteau. — 3) Apophyse grêle de Raw. — 4) Ligament antérieur du marteau. — b) Ligament suspenseur du marteau. — 6) 1. u— clurne. — 7) Ligament postérieur de l’enclume. — 8) Étrier enfoncé dans la fenêtre ovale. — 9) Muscle du marteau. — 10) Son tendon. — 11) Muscle de l’étrier. — 12) Son tendon. — 13) Nerf facial. — 14, 15) Corde du tympan. — 16) Fenêtre ronde. — 17) Trompe d’Lustache. — 18) Cercle du tympan coupé à sa partie antérieure (d’après un temporal de nouveau-né).
(**) A. Axe des mouvements. — 1) Tète du marteau. — 2) Énclume. — 3) Os lenticulaire. — 4) Etrier. — 5/ Manche du marteau attaché à la membrane du tympan (la direction des (lèches indique le sens du mouvement imprimé aux osselets par Je muscle du marteau).
Beaunis et Bouchard.
ORGANES DES SENS
§ II. — Muqueuse de la caisse du tympan.
Une muqueuse mince, blanc rosé, tapisse les parois «le la caisse du tympan et se prolonge dans les cellules mastoïdiennes et dans la trompe d’Eustache. En outre, elle enveloppe complètement dans des replis la chaîne des osselets. Le repli du marteau, concave, semi-lunaire, situé à la partie interne delà caisse, contient dans son bord libre la corde du tympan et l’apophyse grêle de Rave . Celui de F enclume va de la paroi postérieure de la caisse à l’os lenticulaire : celui de l’étrier va de la pyramide à l’étrier.
Cette muqueuse, intimement soudée au périoste, est tapissée par un épithélium pavimenteux simple, vibratile dans la partie inférieure (Trœltseh).
Quelquefois (cinq fois sur soixante-huit cas) la communication entre les cellules mastoïdiennes et la caisse est fermée par une membrane résistante (Zoja).
§ III. — Trompe d’Eustache.
La trompe d’Eustache se compose de deux parties : une partie cartilagineuse et une partie osseuse. Sa longueur totale est de 0m,035 , O111, 024 pour la partie cartilagineuse , 0m,011 pour la partie osseuse. Son calibre varie dans les divers points de son trajet ; il est à son minimum à l’union des deux parties osseuse et cartilagineuse et n’a guère que 0nî,002 de hauteur et 0m,001 de largeur (isthme de la trompe) ; à partir de là il s’élargit dans les deux directions , pour atteindre à l’ouverture pharyngienne O111, 009 de hauteur et 0m,005 de largeur, et à l’ouverture tympanique 0m,005 de hauteur et 0m,003 de largeur.
Direction. — Les deux parties de la trompe ne se continuent pas en ligne droite , mais en formant un angle très-obtus ouvert en bas (Fig. 222 , 4, 5). Sa direction générale est oblique en dehors , en arrière et un peu en haut , en allant de l’ouverture pharyngienne vers l’ouverture tympanique. Son axe fait avec F horizon un angle de 40°, et avec celui du conduit auditif externe , qui est à peu près exactement transversal, un angle de 135°.
La trompe est aplatie transversalement, de façon qu’elle présente une paroi interne et postérieure et une paroi externe et antérieure. Sa face postéro-inlerne (Fig. 222) répond en arrière au canal carotidien et à la muqueuse du pharynx. Sa face antéro-externe répond au péristaphylin externe, qui la sépare du ptérygoïdien interne, et est reçue dans une échancrure que présente le bord postérieur de l’aile interne de l’apophyse ptérygoïde.
L’orifice tympanique s’ouvre à la partie antérieure et supérieure de la caisse. L’orifice pharyngien (Fig. 223, 8), très-évasé, ovale ( pavillon de la trompe ), est situé à 0m,07 de l’ouverture antérieure des fosses nasales, au niveau du bord supérieur du cornet inférieur.
Conformation intérieure. — La partie osseuse de la trompe a été vue plus haut. La partie cartilagineuse est constituée par une lamelle cartilagineuse repliée en gouttière et ne formant jamais un tube cartilagineux complet. Près de l’os, il ne manque qu’une bande légère de substance cartilagineuse a la partie inférieure , et la gouttière est ouverte en bas ; en s’éloignant de l’os , la paroi cartilagineuse externe manque presque complètement, saut tout a fait en haut.
OREILLE MOYENNE
et sur une coupe, le cartilage de la trompe a la forme d’un crochet dont la pointe se recourbe en dehors. Une membrane fibreuse, à laquelle prennent insertion des libres du péristaphylin externe, complète le canal de la trompe dans les endroits où la partie cartilagineuse manque (Fig. 325).
Les parois de la trompe sont habituellement accolées dans la partie cartilagineuse et s’écartent, à chaque mouvement de déglutition par l’action du péri-
staphylin externe.
Le cartilage de la trompe est du tissu cartilagineux hyalin; sou épaisseur à son bord libre atteint jusqu’à 0m,09 et plus. La muqueuse, rattachée au péricliondre par un tissu cellulaire lâche, esl tapissée par un épithélium vibratile, dont le mouvement est dirigé de la caisse vers le pharynx. Elle contient des glandes en grappe beaucoup plus nombreuses du coté de l’orifice pharyngien.
La trompe a pour fonction d’établir l’équilibre entre l’air de la caisse et l’air extérieur. C.ette communication se fait pendant les mouvements de déglutition et probablement aussi pendant les mouvements de respiration (A. Lucæ).
Fig. 32.').
Coitjic de la partir cartilagineuse de . la trompe d’Eustaclie (*).
$ IV. - Membrane du tympan.
La membrane du tympan est une membrane très- mince (moins de 0nim,i), transparente, d’une couleur gris perle ou rose pâle, réfléchissant fortement la lumière. Elle donne attache au manche du marteau , qui , vu de l’extérieur, parait sous forme d’une ligne rouge jaunâtre, allant de haut en bas se fixer au centre de la membrane , qu’il déprime du côté de la caisse , de façon que la face externe de cette membrane est concave. A sa partie supérieure elle est soulevée par la courte apophyse du marteau , qui paraît à l’extérieur comme une petite saillie blanchâtre.
La membrane du tympan est à peu près circulaire (0m,010 de hauteur sur 0,n,009 de largeur). Elle est très-fortement inclinée et fait avec la paroi inférieure du conduit auditif externe un angle très-aigu ; avec la paroi supérieure, au contraire, un angle tellement obtus (140°) qu’elle semble la continuation de cette paroi. Line perpendiculaire abaissée sur cette membrane se dirige en bas, en avant et en dehors (Fig. 222, 7). Les deux membranes du tympan font entre elles un angle de 135° à 140° ouvert en haut.
La face interne de la membrane du tympan est convexe ; le sommet de sa convexité est situé vis-à-vis du promontoire et n’en est séparé que par un intervalle de 0rn,002 à 0ni,003, ce qui donne à la caisse la forme d’une lentille biconcave.
Structure. — La membrane du tympan se compose de trois couches, une membrane propre, fibreuse, comprise entre deux revêtements provenant de la caisse et du conduit auditif externe.
1° La couche fibreuse , intermédiaire, est constituée par des libres connectives mélangées de cellules plasmatiques ; les plus internes sont, circulaires, plus épaisses à la périphérie; les libres externes sont radiées et plus nombreuses au centre. Cette « ouche est complètement dépourvue de vaisseaux.
*i I) Parliu supérieure du curtilugu du la trompe. - -) l’uiui inluruu du la trumpe. — ’6) liism lions du puii- 'laj.liylin externe a la partie membraneuse du la trompe.
ORGANES DES SENS
J" Le revêtement externe , cutané, est tonne pur une couche interne, connective. soud.ee ci lu nienibi une piopie, et pur une couche epidermique épuisse , continue a celle du conduit auditif externe.
o° Le ) i et lement intei ne provient de lu muqueuse de lu cuisse; il est moins riche en vaisseuux que le revêtement externe. Cette muqueuse est tupissée pur un épithélium pavimenteux et présente des papilles vasculaires (Gerlachj.
Physiologie. — La tension de la membrane du tympan peut être produite pur plusieurs causes : d’abord par la contraction du muscle du marteau , puis par les variations dépréssion de l’air soit dans la caisse, soit à l’extérieur (expiration forcée, inspiration etc.). Cette tension diminue la sensibilité pour tous les sons et surtout pour les sons graves. La membrane du tympan étouffe le son et, sous ce rapport, le tenseur du tympan peut être rapproché du sphincter de la pupille. Les vibrations de la membrane du tympan peuvent se communiquer par la chaîne des osselets au liquide du labyrinthe.
$ V. — Membrane de la fenêtre ronde.
La membrane qui forme la fenêtre ronde ou tgmpauum secundarimn n’esl autre chose qu’un reste non ossifié de la capsule labyrinthique membraneuse ; sa face externe est recouverte par la muqueuse de la caisse du tympan ; sa face interne par le périoste du labyrinthe.
Physiologie. — Si le liquide du labyrinthe était entouré de toutes parts de parois osseuses , ce liquide , étant à peu près incompressible , empêcherait l’étrier de s’enfoncer dans la fenêtre ovale, et par suite ne pourrait subir aucun déplacement et aucune oscillation. On voit, en effet, sur le cadavre le tympan secondaire se tendre quand on enfonce l’étrier dans la fenêtre ovale.
Vaisseaux et nerfs. — Les artères de la caisse du tympan viennent de la stylomastoïdienne , de la tympanique et de la méningée moyenne. En outre, la carotide fournit quelques rameaux directs à la caisse et à la trompe. Les veines vont dans les veines correspondantes. Les nerfs sensitifs viennent du rameau de Jacobson et du grand sympathique ; les nerfs moteurs ont été vus avec les muscles. •