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GLANDE MAMMAIRE

1° Glande mammaire cliez la femme.

Les mamelles, au nombre de deux dans l’espèce humaine, sont situées au niveau du grand pectoral, dont elles dépassent un peu le bord inférieur, depuis la troisième jusqu’à la septième côte et transversalement depuis le bord sternal jusqu’à l’aisselle. Elles ont une largeur de 0m,12 environ à leur base sur Ü,n,Ü9 de hauteur.

Leur volume, très - variable , dépend du volume même de la glande et surtout de la quantité de tissu adipeux qui l’entoure.

Leur forme, à peu près hémisphérique , peut être aussi légèrement conique. En tout cas, le sommet de la glande , occupé par une papille volumineuse, le mamelon , est dirigé en avant et un peu en dehors. Après la grossesse et l’allaitement, la mamelle change de forme, devient pendante etpiriforme et peut même s’allonger considérablement dans certaines races (Hottentotes) .

Le mamelon , situé ordinairement à la hauteur du quatrième espace intercostal , à 0ni,105 de la ligne médiane , représente une saillie volumineuse , cylindrique ou conique, arrondie à son extrémité et de longueur variable (Om, 010 à 0,015). Parfois il dépasse à peine la surface de la mamelle et peut même s’enfoncer au-dessous de son niveau. Sa couleur est brune ou rosée ; sa surface, rugueuse, comme chagrinée, pourvue de grosses papilles, présente les douze à quinze orifices des conduits galactophores. Le mamelon augmente de volume pendant la menstruation et la grossesse et est susceptible de durcir par des attouchements ou sous l’influence d’idées voluptueuses.

Le mamelon est entouré par une zone de 0ra,03 à 0m,04 de largeur, aréole du mamelon , de couleur rosée , qui devient brunâtre dans la grossesse. Elle est couverte de séries circulaires concentriques de papilles, qui se continuent avec celles du mamelon. Pendant la grossesse et la lactation , on y remarque un certain nombre de nodules (5 à 10), ayant jusqu’à O111, 003 de grosseur, tubercules de Morgagni. Ce ne sont autre chose que de petites glandes galactophores aberrantes , incomplètement développées, et quelquefois on peut taire sourdre un peu de lait par leur orifice (Montganery, J. Duval).

Structure de la mamelle. — La mamelle se compose : 1° de la glande mammaire avec son tissu connectif interstitiel ; d'une couche de tissu adipeux recouverte par la peau; 3° de ta peau et du mamelon. Enfin elle possède des vaisseaux et des nerfs.

1° Glande mammaire. — isolée , la glande mammaire a la forme d’un disque plus épais au centre et dont la face postérieure est un peu concave ; la faceanlérieure ou cutanée est convexe et creusée de nombreuses dépressions cupuli-

ORGANES DES SENS

formes. Hors l’état de lactation, elle constitue une masse Liane grisâtre, homogène, d’une consistance presque libro -cartilagineuse et très-incomplètement. lobulée. Pendant la lactation , au contraire, les granulations glandulaires el les lobules deviennent plus évidents, sans pouvoir cependant jamais être isolés aussi facilement que dans les glandes en grappes ordinaires. On peut voir alors qu’elle se compose de douze à quinze lobules, qui donnent chacun naissance à un conduit excréteur distinct, canal galactophore ; ces conduits viennent s’ouvrir sur le mamelon , après avoir présenté au niveau de l’aréole une dilatation fusiforme (ampoule ou sinus galactophore) , qui peut atteindre O111, 008 de largeur. Après cette dilatation ils subissent un rétrécissement et au niveau de leur ouverture extérieure ils n’ont plus guère que 0m,0005 de diamètre. On peut injecter isolément chacun des lobules ; cependant les anastomoses, niées par beaucoup d’auteurs, existent entre les canaux galaclophores (Fig, 241 , a) des différents lobules (A. Dubois).

Fig. 311. — Conduits (jalactophores , d’après Vidal [*).

Les glandes mammaires ont la structure ordinaire des glandes en grappe. Les vésicules glandulaires ou acini , arrondies ou piriformes, sont constituées par une membrane propre et un épithélium polygonal , dont les cellules , au moment de la lactation , se multiplient considérablement et s’infiltrent de graisse. 11 se produit môme à ce moment des acini de nouvelle formation. Les conduits excréteurs les plus fins, qui partent immédiatement des acini, ont la même structure que ces derniers. Dans les conduits plus volumineux on trouve, de dehors en dedans, une membrane fibreuse, une membrane propre homogène et un épithélium cylindrique. Il n’y a pas dans leurs parois de libres musculaires lisses.

Le tissu connectif interstitiel devient au moment de la lactation excessivement riche en cellules plasmatiques. Il est dense et résistant dans la profondeur de la glande et plus lâche à la périphérie. Sous la face profonde de la glande il s’étale en une lame fibreuse distincte, qui la sépare de l’aponévrose du grand pectoral ; sur sa face superficielle il circonscrit des espèces de dépressions, qui logent des pelotons graisseux et donnent à la surface de la glande , quand ces pelotons ont été enlevés une apparence alvéolée.

2" La couche adipeuse (pii recouvre la mamelle et lui donne sa forme arrondie et son élasticité, a en moyenne 0in,03 d’épaisseur, épaisseur qui peut du reste varier dans des limites très-étendues.

.>" La peau de lu mamelle ne présente rien de particulier, saut' au niveau de I aiéole et du mamelon (1). La elle est pigmentée, pourvue de papilles volumineuses, \asculaires ou nerveuses, et contient des glandes sébacées avec des iollicules pileux, ainsi que des glandes sudoripares. Mais ce qui la caractérise surtout , c est sa richesse en libres musculaires lisses.

Ces filtres sont pour la plupart disposées circulairement dans l’aréole et le mamelon , et jouent le rôle de sphincters par rapport aux conduits galactopbores qui les traversent. Par leur contraction, elles rétrécissent l’aréole, allongent cl durcissent le mamelon ( érection du mctïnelon) . On trouve aussi dans le mamelon des fibres longitudinales, qui disparaissent à sa base dans le (issu connectif interstitiel.

1 aisseaux et nerfs. — Les artères de la mamelle viennent de la mammaire interne, de la thoracique longue et des intercostales aortiques. Les veines profondes accompagnent les artères; on y rencontre, en outre, des veines sous-cutanées, qui se dessinent souvent sous la peau et qui forment quelquefois sous l’aréole un cercle incomplet, cercle veineux de Haller . La plupart se jettent dans la jugulaire externe. Les lymphatiques, excessivement multipliés, vont aux ganglions de l’aisselle, et par les lymphatiques intercostaux aux ganglions de la cavité thoracique. Les nerfs viennent des quatrième , cinquième et sixième nerfs intercostaux et des branches thoraciques du plexus brachial. La plus grande partie se rendent à la peau.

§ V. — Tissu cellulaire sous-cutané.

La surface interne de la peau est rattachée aux parties sous-jacentes par le tissu cellulaire sous-cutané. Ce tissu se compose de lamelles en filaments blanchâtres, qui s’anastomosent et s’entre-croisent dans toutes les directions et circonscrivent des mailles ou aréoles communiquant toutes entre elles. Les lamelles de ce tissu sont formées par des libres connectives ordinaires et des fibres élastiques , et servent de support aux vaisseaux qui se rendent à la peau. C’est dans ces mailles que se dépose la graisse, en quantité plus ou moins considérable, suivant les régions et suivant les individus.

L’adhérence de ce tissu, à la peau d’une part, aux parties profondes de l’autre , est plus ou moins intime , et, suivant son plus ou moins de laxité , la peau peut glisser ou non sur les parties sous-jacentes. Dans certaines régions (nuque etc.), les filaments qui le constituent sont très-denses, épais, résistants, et les mailles qu’ils circonscrivent ne communiquent que difficilement. Dans d’autres régions, exposées à des pressions prolongées (fesse, plante du pied), la graisse contenue dans les aréoles du tissu cellulaire est entrecoupée par des tractus fibreux résistants, qui la maintiennent dans un état de compression permanente et lui font jouer le rôle d’un coussinet élastique répartissant également la pression sur toutes les parties.

C’est dans le tissu cellulaire sous-cutané que rampent les veines sous-cutanees et les nerfs de la peau ; il ne contient qu’exceptionnellement des artères volumineuses.

Dans la plupart des régions le tissu cellulaire sous-cutané peut être décomposé en deux couches : 1° la couche superficielle ou aréolciire est serrée et renferme souvent une assez grande quantité de graisse ; elle se continue sans

') J. buval, Du mamelon et de sou auréole. Paris 1861.

Bëauris et Bouchaiiü.

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PEAU

interruption avec la couche réticulaire du derme ; c2° la couche profonde , larnelleuse , s’étale au-dessous de la couche précédente sous forme d’une lamelle continue, plus ou moins épaisse, désignée sous le nom de fascia super ficialis. Dans beaucoup d’endroits cette lamelle peut être divisée en deux ou plusieurs feuillets (ex. : au périnée), feuillets qui peuvent acquérir une résistance assez considérable pour que , dans certaines régions , on les ait décrits comme des aponévroses.

La face profonde de la peau est doublée en certains endroits par une couche musculaire (muscles peauciers de la face, du cou, de l’hypothènar). A la peau de la verge et du scrotum , cette doublure est constituée par une couche continue de fibres lisses ( dartos ).

Dans les endroits où la peau glisse sur clés parties résistantes ou est soumise à des pressions répétées, on rencontre des bourses séreuses sous-cutanées. Quelques-unes sont constantes , d’autres ne se présentent que d’une façon irrégulière ; il en est enfin qui tiennent à certaines professions et n’existent que dans des conditions spéciales. Le tableau suivant indique les principales bourses séreuses sous-cutanées qui peuvent se rencontrer :

Face externe de l’articulation temporo-maxillaire.

Angle de la mâchoire.

Bord inférieur de la symphyse du menton.

Angle du cartilage thyroïde.

Apophyse épineuse de la septième vertèbre cervicale.

Face antérieure du sternum.

Angle inférieur de l’omoplate.

Acromion.

Olécrane.

Épitrochlée.

Apophyse styloïde du radius.

Apophyse styloïde du cubitus.

Dos des cinq articulations métacarpo-phalangiennes.

Face dorsale des articulations des phalanges.

Face palmaire des quatre dernières articulations métacarpophalangiennes.

Épine iliaque antérieure et supérieure.

Face externe du grand trochanter.

Ischion.

Rotule.

Condyles du fémur.

Malléoles interne et externe.

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