CHAPITRE II
MUSCLES DE L’ABDOMEN
Préparation. — Placer un billot sous les reins du sujet pour tendre les muscles. Inciser la peau sur la ligne médiane depuis l’appendice xiphoïde jusqu’au pubis en respectant l’ombilic; faire tomber sur cette incision deux incisions transversales, parlant l’une de l’appendice xiphoïde, l’autre de l’ombilic, et une incision oblique partant du pubis et suivant le pli de l’aine et la crête iliaque. Enlever avec la peau une lame celluleuse adhérente qui recouvre le grand oblique; à la partie inférieure, près du pubis, conserver le cordon spermatique ou le ligament rond qui sortent par une ouverture de l’aponévrose; conserver, s’il est possible, une
MUSCLES DE l’ARDOMEN.
lame fibreuse mince (fascia de Cooper) qui recouvre le cordon et se continue avec les bords de cette ouverture. Pour mettre à découvert le petit oblique, détacher le muscle grand oblique près de ses insertions costales et iliaques ; puis conduire une incision transversale depuis l’épine iliaque antérieure et supérieure jusqu’au lieu de soudure des aponévroses des deux muscles grand et petit obliques, et mener de là une incision vers le pubis; on forme ainsi un lambeau aponévrotique triangulaire qui comprend l’anneau inguinal externe, lambeau dont la base est à l’arcade crurale et qui, rabattu, permet de voiries fibres inférieures du petit oblique et leurs rapports avec le cordon. Pour arriver sur le transverse, inciser avec précaution le petit oblique le long delà crête iliaque; le transverse s’en distingue par la direction de ses libres; faire pour la partie inférieure du petit oblique un lambeau triangulaire analogue à celui qui a été fait pour l’aponévrose du grand oblique; pour pouvoir suivre les insertions postérieures du transverse jusqu’à la colonne vertébrale, il faut placer le cadavre sur le côté; les insertions costales de ce muscle qui se font à l’intérieur du thorax ne peuvent être bien vues qu’après l’ouverture de l’abdomen et par le mode de préparation employé pour le diaphragme et le triangulaire du sternum ; on peut renvoyer leur élude au moment où l’on s’occupera de ces derniers muscles. Pour mettre à découvert le muscle grand droit , il faut inciser l’aponévrose qui le recouvre en dehors de la ligne blanche et la détacher avec précaution des intersections fibreuses du muscle auxquelles elle est très-adhérente. L’étude du carré des lombes peut être remise au moment où l’on verra le muscle psoas et iliaque. Les préparations indiquées cidessus pour les muscles grand et petit obliques et le transverse serviront aussi pour le canal inguinal. Mais pour avoir une idée nette de ce canal et du fascia transversale , il faut le préparer par le côté abdominal , comme dans la Fig. 70. Pour cela on détache par un trait de scie toute la paroi antérieure du bassin, en arrière de l’épine iliaque antérieure et supérieure, et avec elle toute la paroi abdominale antérieure. On n’a plus alors qu’à enlever le péritoine et à disséquer avec précaution couche par couche.
Ces muscles sont tous pairs ; les uns sont situés sur les parties latérales de l’abdomen, et composés de fibres obliques pour les deux muscles superficiels, grand et petit obliques, transversales pour le plus profond, transverse de l’abdomen ; les autres sont situés sur les côtés de la ligne médiane et composés de fibres à direction générale verticale; ce sont: en avant le grand droit antérieur de l’abdomen et son accessoire, le pyramidal; en arrière, le carré des lombes profondément place au-dessous des muscles spinaux postérieurs.
1° Grand oblique de l’abdomen (Fig. C6, 8, 13; Fig. 71, 17).
Ce muscle, large, quadrilatère, dont l’épaisseur ne dépasse jamais 0m, 01, s’insère à la face externe des huit dernières côtes (Fig. 16, J), par des digitations qui forment, par leur réunion, une ligne dentelée, oblique en bas, en arrière et en dehors, et qui s’entre-croisent , les supérieures avec les quatre digitations inférieures du grand dentelé, les inférieures avec les insertions costales du grand dorsal; ces digitations augmentent d’épaisseur jusqu’à la huitième côte pour diminuer de la huitième à la douzième. De là, ses fibres se portent obliquement en bas, en avant et en dedans, d’autant plus qu’elles sont plus inférieures, et vont s’attacher, celles des deux dernières digitations, à la lèvre externe de la moitié antérieure de la crête iliaque , celles de toutes les autres, à une large aponévrose quadrilatère (Fig. 66, 13); cette aponévrose du grand oblique se termine en avant, suivant une ligne verticale allant de l’appendice xiphoïde à la symphyse du pubis; en bas, suivant une ligne oblique, entre la symphyse et l’épine iliaque antérieure et supérieure.
MYOLOGIE
Fig. 06. — Muscles du tronc; face anterieure (*)
(*) t. 2) Grand pectoral. — 3) Deltoïde. — 4) Petit pectoral. — 5) Muscles intercostaux. — 6) Premier inter-
uostal 7) Grand dentelé — 8) Grand oblique de l’abdomen. — 9) Petit oblique. — 10) Grand droit antérieur de
l’abdomen. 1 I) Intersection aponévrotique de ce muscle. — 12) Pyramidal. — -13) Aponévrose du grand oblique.
14) Ombilic. 15) Anneau inguinal externe. — 16) Ligne blanche. — 17) Aponévrose du petit oblique. —
18) Ligament suspenseur du pénis. — 19) Cordon spermatique. — 20) Fibres inférieures du petit oblique formant le crémaster.
MUSCLES DE L’ABDOMEN
1° Entre V appendice xiphoide et la symphyse, l’aponévrose, après avoir passé en avant du muscle grand droit, en se soudant au feuillet superficiel de l’aponévrose du petit oblique , se termine en s’entre-croisant sur la ligne médiane avec celle du côté opposé (de façon que ses fibres se continuent en partie avec celle du petit oblique du côté opposé) et constitue ainsi un raphé médian, la ligne blanche.
2° Entre la symphyse et V épine iliaque antérieure et supérieure elle se termine de la façon suivante : entre ces deux points osseux est tendue une bandelette aponévrotique , ligament de Fallope ou de Poupart, arcade crurale (Fig. 69, B, 1), formée en partie par des libres propres, en partie par les fibres aponévrotiques du grand oblique et spécialement par celles qui proviennent des faisceaux musculaires situés immédiatement au-dessus de 1 épine
Fig. 67. — Canal inguinal el canal crural; partie superficielle (*,.
iliaque (Fig. 69, B, 6). Cette arcade crurale est soudée dans son tiers externe au fasciailiaca (3); dans ses deux tiers internes elle est libre et constitue avec le bord antérieur de l’os iliaque une ouverture (5) par laquelle s’engagent les vaisseaux fémoraux (7,8). Les fibres aponévrotiques du grand oblique se jettent obliquement sur cette arcade, qu’elles contribuent en grande partie à former. En dedans, ces fibres s’écartent en interceptant une ouverture, anneau inguinal externe (Fig. 67, 3), qui laisse passer le cordon spermatique; cette ou-
(*) U Arcade crurale. — 2) Aponévrose du grand oblique. — 3) Anneau inguinal externe. — 4) Pilier interne. — b) Pilier externe. — 6) Fibres arciformes. — 7) Ligament suspenseur du pénis. — 8) Cordon spermatique passant sur 9) le pilier externe. — 10, 41) Anses du crémaster. — 12) Fascia cribriformis. — 13) Ligament falciforme. — 14) Embouchure de la veine saphène interne. — 1b) Fascia iliaca coupé. — 16) Veine saphène interne. — 17) Veine crurale. — 18) Artère crurale. — 19, 20) Nerf crural. — 21) Psoas.
MYOLOGIE.
verture a une direction oblique en bas et en dedans, comme les fibres mêmes de l’aponévrose; elle a une forme triangulaire à base inférieure, mais le sommet du triangle est émoussé et arrondi par des fibres curvilignes, fibres arciformes (Fig- 67, 6), provenant de l’arcade crurale, de sorte que l’anneau présente ordinairement une forme ovalaire ou elliptique. Les bords de l’anneau se perdent peu à peu dans une lame celluleuse, fascia de Cooper, qui se prolonge sur le cordon. Les faisceaux qui limitent l’anneau en dedans et en dehors ont reçu le nom de piliers. Le pilier interne ou supérieur (Fig. 67, 4) s’attache au pubis en avant de la symphyse, en s’entre-croisant en partie avec celui du côté opposé; le pilier externe ou inférieur (Fig. 67 , 5) s’attache à l’épine du pubis et, par ses fibres superficielles, va jusqu’à la symphyse où elles présentent aussi un entre-croisement. Les fibres aponévrotiques situées en dehors du pilier externe éprouvent, au moment où elles rencontrent l’arcade crurale, une sorte de torsion, les plus inférieures devenant supérieures et les supérieures antérieures; un groupe se réfléchit en arrière du pilier externe sous le nom de ligament de Colles (Fig. 69, A, 16), se dirige en haut et en dedans, et va se continuer de l’autre côté de la ligne médiane avec des fibres aponévrotiques du grand et du petit oblique du côté opposé ; un autre groupe se réfléchit en arrière et va s’attacher à la crête pectinéale en constituant le ligament de Gimbernat (Fig. 69, B, 2). Ce ligament, qui n’est autre chose qu’un élargissement de l’arcade crurale , forme une lamelle triangulaire de 0m,015 de long, dont le bord antérieur répond à l’arcade crurale, le postérieur à la crête pectinéale, dont le bord externe concave, limite en dedans l’anneau crural; sa face postérieure se continue avec la face supérieure de l’arcade crurale.
Rapports. — Ce muscle est recouvert d’une lamelle celluleuse mince, adhérente. Il est recouvert dans une petite partie de son étendue en haut, par le grand pectoral, en bas et en arrière par le grand dorsal. Son bord postérieur limite, avec le bord antérieur du grand dorsal, un triangle, dont la base est à la crête iliaque, triangle de Petit.
Nerfs. — Il est innervé par les nerfs intercostaux et par des rameaux des grande et petite branches abdomino-scrotales du plexus lombaire.
Action. — Conjointement avec les muscles petit oblique et transverse , ces muscles rétrécissent transversalement la cavité abdominale. En outre, ils abaissent les côtes et sont expirateurs et fléchisseurs du tronc. Quand un muscle grand oblique d’un seul côté se contracte, il fait tourner la face antérieure du tronc du côté opposé.
ï*etit oblique de l’abdomen (Fig. G6, 9).
Ce muscle, plus large en avant qu’en arrière, un peu moins épais que le précédent, s’attache en arrière à Y aponévrose abdominale postérieure , dans la moitié inférieure de la région lombaire, et par elle aux apophyses épineuses , aux trois quarts antérieurs de la crête iliaque et au tiers externe de V arcade crurale (Fig. 69, A, 14). De là ses fibres se portent, les supérieures obliquement en haut et en avant, les moyennes transversalement, les inférieures obliquement en bas et en avant et se terminent de la façon suivante : les supérieures vont s’attacher aux trois dernières côtes , par des digitations continues, au niveau des deux derniers espaces intercostaux , avec les muscles intercostaux internes, et dans l’intervalle des côtes et du pubis à une lame aponévrotique. Cette apo-
MUSCLES DE L’ABDOMEN
névrose, feuillet moyen de V aponévrose abdominale antérieure , aponévrose du petit oblique , se divise en deux feuillets au niveau du bord externe du muscle droit (Fig'. 68, A, 15); l’antérieur se soude à l’aponévrose du grand oblique et passe en avant du grand droit; le postérieur s’unit à l’aponévrose du transverse, et passe en arrière du même muscle, sauf dans son quart inférieur (Fig. 68, B); ces deux feuillets se rejoignent ensuite à la ligne blanche.
Les fibres les plus inférieures vont constituer le crémaster (Fig. 69, A, 15); celles qui viennent immédiatement au-dessus vont s’attacher les unes au pubis, en arrière du ligament de Gimbernat, entre ce ligament et la symphyse, les autres au ligament de Colles.
1*) A. Coupe transversale au niveau clef reins. — 1 ) Muscles spinaux postérieurs. — 2) Carré des lombes. — 3) Psoas. — 4) Grand dorsal. — 5) Grand oblique. — 6) Petit oblique. — 7) Transverse. — 8) Grand droit antérieur. — 9) Aponévrose du grand dorsal. — 10) Aponévrose du transverse. — 1 1) Son feuillet antérieur. — 12) Son feuillet moyen. — 13) Son feuillet postérieur. — 14) Aponévrose du grand oblique. — 15) Aponévrose du petit oblique. — IG) Aponévrose du transverse. — 17) Ligne blanche. — 18) Rein. — 19) Colon descendant. — 20) Colon ascendant. — 21) Veine-cave inférieure. — 22) Aorte. — 23) Artère allant de l’aorte à l’intestin, représentant l’artère mésentérique. — 25) Péritoine. — 26) Mésentère.
B. Coupe transversale au niveau du quart inférieur du grand droit antérieur . — I) Aponévrose du grand oblique. — 2) Petit oblique — 3) Transverse. — 4) Aponévrose du petit oblique. — 5) Aponévrose du transverse. — 6) Les trois aponévroses réunies passant en avant du grand droit. — 7) Grand droit de l’abdomen. — 8) Ligne blanche. — 9) Fascia transversalis. — 10) Pli semi-lunaire de Douglas. — 11) Péritoine.
MYOLOGIE.
Rapports. — Recouvert par le grand oblique, il recouvre le Iransverse; son bord postérieur, libre dans sa moitié supérieure, continu dans sa moitié inférieure avec l’aponévrose abdominale postérieure, est représenté par une ligne allant de l’extrémité externe de la douzième côte à l’apophyse épineuse de la troisième vertèbre lombaire.
Nerfs. — Il est innervé par les nerfs intercostaux et des rameaux des grandes et petites branches abdomino-scrotales du plexus lombaire.
Action. — Quand les deux muscles petits obliques se contractent simultanément, ils ont la môme action que le grand oblique (rétrécissement transversal de la cavité abdominale, expiration , flexion du tronc). Quand le muscle d’un seul côté se contracte , il fait tourner la face antérieure du tronc de son côté et est antagoniste du grand oblique.
3° Transverse «le l’alxlomen (Fig. 72, 6).
Ce muscle, quadrilatère, plus mince que les précédents, et qui semble la continuation du triangulaire du sternum , s’insère à la face interne des six dernières côtes par des digitations entre -croisées (et pour les trois dernières continues) avec celles du diaphragme , aux trois quarts antérieurs de la lèvre interne de la crête iliaque, et dans l’intervalle par une aponévrose très-forte, à la colonne vertébrale lombaire. Cette aponévrose, aponévrose abdominale postérieure (Fig. 68, A , 10), qui reçoit aussi l’aponévrose du petit oblique, se divise en trois feuillets : un postérieur (13), qui se fixe aux apophyses épineuses en se soudant à l’aponévrose du grand dorsal; un moyen (12), qui va au sommet des apophyses transverses; un antérieur (11), plus mince, qui se rend à la face antérieure de ces mêmes apophyses. Ces trois feuillets circonscrivent deux loges, une postérieure, pour les muscles spinaux postérieurs (1); une antérieure, pour le carré des lombes (2). De ces différentes insertions les fibres du transverse se portent horizontalement en avant et se rendent à une aponévrose, feuillet postérieur de V aponévrose abdominale antérieure (Fig. 68, A, 16), qui passe en arrière du muscle droit en se soudant au feuillet postérieur de l’aponévrose du petit oblique, et arrive ainsi jusqu’à la ligne blanche. Dans le quart inférieur du muscle droit elle se comporte d’une façon différente; au lieu de passer en arrière du muscle droit, elle passe en avant de lui (Fig. 68, B, 5) ; une partie seulement de cette aponévrose reste en arrière du muscle droit et forme là un repli plus ou moins large , pli semilunaire de Douglas (Fig. 70 , 7) , dont le bord interne vertical correspond à la ligne blanche, dont le bord externe concave, falciforme, laisse à découvert la plus grande partie de la face postérieure du muscle droit, dont la pointe s’attache à la symphyse du pubis dans une étendue variable, dont la base se continue avec le reste de l’aponévrose ; c’est sous ce pli que s’engagent les vaisseaux épigastriques pour pénétrer dans la gaîne du muscle droit (Fig. 70, 18). Ces plis semi-lunaires de Douglas peuvent présenter de grandes variétés dans leur disposition.
Nerfs. — Il est innervé par les nerfs intercostaux et par des rameaux des grande et petite branches abdomino-scrotales du plexus lombaire.
Action. — Il constitue une ceinture qui embrasse la cavité abdominale et la rétrécit transversalement; en portant les côtes en dedans, il est expirateur.
MUSCLES DE l’àBDOMEN.
4° Grand droit antérieur «le l’abdoinen (Fig. 66, 11).
Ce muscle, allongé, vertical, plus large en haut qu’en bas, s’attache en bas au pubis , par un tendon aplati divisé en deux parties, un faisceau externe inséré au bord supérieur du pubis entre l’épine et la symphyse , et un faisceau interne, qui s’entre-croise en avant de la symphyse avec celui du côté opposé et se perd dans l’aponévrose crurale et la gaine du pénis. De là les fibres se portent verticalement en haut et se terminent par trois faisceaux distincts , attachés, l’interne à V appendice xiphoïde et au cartilage de la septième côte, le moyen à celui de la sixième, l’externe, plus volumineux, au cartilage de la cinquième (Fig. 16, G). Ce muscle est interrompu par des intersections aponévrotiques transversales , au nombre de deux à quatre , occupant toute la largeur du muscle et intimement unies au feuillet antérieur de sa gaine ; elles ne sont autre chose que des rudiments très-incomplets de côtes abdominales. Les bords internes des deux muscles droits interceptent un espace fibreux, ligne blanche. Le muscle grand droit est contenu dans une gaine, complète en avant, où elle est formée par la réunion de l’aponévrose du grand oblique et du feuillet antérieur de l’aponévrose du petit oblique, auxquelles s’ajoute en bas celle du transverse ; la paroi postérieure est formée par la soudure de l’aponévrose du transverse et du feuillet postérieur de l’aponévrose du petit oblique ; elle manque en haut dans la partie thoracique du muscle et en bas dans l’espace laissé libre par les plis semi-lunaires de Douglas; cependant il est toujours séparé du péritoine par lefascia transversalis (Fig. 66, B, 9).
Pyramidal (Fig. 66 , 12). — Au grand droit est annexé un petit muscle triangulaire, le pyramidal, situé en avant de son insertion inférieure. Ce muscle, long de 0m,06 environ, manquant quelquefois, plus développé chez les enfants, s’attache par sa base xn pubis , entre l’épine et la symphyse, et par son sommet se continue avec un tendon qui se perd dans la ligne blanche et constitue, avec celui du côté opposé, un cordon fibreux, qui peut être suivi jusqu’à l’ombilic.
Nerfs. — Le grand droit est innervé par les nerfs intercostaux et par des rameaux des grande et petite branches abdomino-scrotales du plexus-lombaire.
Action. — Il prend ordinairement son point fixe en bas et fléchit le tronc. Si la flexion est empêchée par les extenseurs, il abaisse les côtes et est expirateur; enfin il peut comprimer les viscères abdominaux et s’opposer à la pression des viscères, qui tendent à repousser en avant la paroi abdominale antérieure. Le pyramidal est tenseur de la ligne blanche.
a° Carré des lombes (Fig. 91).
Ce muscle, épais, quadrilatère, situé en dehors du psoas, en avant des muscles spinaux postérieurs , se compose de trois sortes de faisceaux intimement unis chez l’homme. 1° Les faisceaux iléo -co siaux , constituant le bord externe du muscle, vont de la crête iliaque au bord inférieur de la douzième côte ; 2° les faisceaux lombo-costaux vont de la partie antérieure des apophyses transverses des trois ou quatre dernières vertèbres lombaires à la
MYOLOGIE.
douzième côte; 3° les faisseaux iléo-lombaires situés à la face postérieure du muscle vont de la crête iliaque et du ligament iléo-lombaire à la face postérieure des apophyses transverses de toutes les vertèbres lombaires. Rapports. — Il est en rapport en avant avec le rein et le colon.
Nerfs. — Il est innervé par le douzième nerf intercostal et des branches antérieures des deux premiers nerfs lombaires.
Action. — Il incline latéralement la colonne vertébrale et le tronc ; par ses insertions costales il abaisse la douzième côte.
Aponévroses abdominales. — Lijtne Manche. — Canal inguinal.
Aponévroses abdominales. — Les aponévroses d’insertion ont déjà été décrites avec les muscles ; il ne reste plus à parler que des aponévroses de contention. A l’extérieur, le muscle grand oblique est recouvert par une lame celluleuse mince , adhérente, se continuant avec celle qui recouvre le grand dentelé et le grand pectoral. Dans l’intérieur de la cavité abdominale et sous le- péritoine , en arrière du muscle transverse, se trouve une lame fibreuse, le fascia transver salis. Cette aponévrose
Fig. 09. — Canal inguinal et canal crural ; partie profonde (*).
(*) A. 1 ) Muscle grand droit antérieur de l’abdomen. — 2) Muscle petit oblique échancré. — 3) Son aponévrose coupée pour montrer le muscle droit. — 4,5) Aponévrose du transverse passant en avant du muscle droit. — G) Muscle transverse. — 7) Aponévrose du grand oblique coupée pour montrer les parties sous-jacentes. — 8) Fascia transversal is. — 9) Ses libres arciformes limitant l’anneau inguinal interne. — 10) Vaisseaux épigastriques vus par transparence à travers ce fascia transversalis. — 11) Anneau inguinal interne. — 12) Aponévrose du grand oblique coupée. — 13) Arcade crurale. — 14) Muscle petit oblique. — 15) Cordon et erémastor. — 16) Ligament de Colles.
B. I) Arcade crurale. — 2) Ligament de Gimbernat. — 3) Fascia iliaca. — 4) Ouverture pour le passage du psoas et du nerf crural. — 5) Ouverture pour le passage des vaisseaux fémoraux. — G) Aponévrose du grand oblique. — 7) Veine crurale. — 8) Artère crurale. — * 9) Anneau crural. — 10) Psoas. — 1 1) Nerf crural.
MUSCLES DE L'ABDOMEN
n’a pas de limites bien tranchées en haut et en dehors; en bas elle contracte des adhérences avec le bord postérieur de l’arcade crurale, puis se continue au-dessous de cette arcade en envoyant dans le canal crural une gaine qui accompagne les vaisseaux et en formant entre la veine crurale et le ligament de Gimbernat le septum crural ; en dedans le fascia transversalis passe en arrière du muscle droit et va jusqu’à la ligne blanche en se soudant au pli semi-lunaire de Douglas. A sa partie inférieure et externe, au niveau de l’endroit où le canal déférent et les vaisseaux constituant le cordon se réunissent pour traverser les parois abdominales , il leur fournit une gaine qui les accompagne ; à ce niveau , il s’épaissit et présente des fibres arciformes à concavité supérieure (Fig. 70, 10), qui circonscrivent une ouverture recouverte par le péritoine déprimé en fossette en cet endroit; c’est Vanneau inguinal interne ou abdominal; les vaisseaux épigastriques (Fig. 70, 18) occupent le côté inférieur et interne de cet anneau.
Fig. 70. — Canal inguinal et canal crural ; vus par le côté abdominal.
Ligne blanche. — La ligne blanche est l’espace intercepté par les bords internes des muscles droits. Cet intervalle, dont la plus grande largeur, correspondant à l’ombilic , est d’environ 0m,025 , se rétrécit en haut et surtout en bas , où il devient presque linéaire; sa largeur varie du reste avec l’état de distension des parois abdominales.
(*) 0 Ombilic. — 2) Ligne blanche. — 3) Adminiculum lineæ albæ. — 4) Aponévrose du transverse. — 5) Muscle transverse. — 6) Passage de l’aponévrose du transverse en avant du muscle droit. — 7) Pli semi-lunaire de Douglas. — 8) Fascia transversalis. — 9) Anneau inguinal interne. 10) Partie verticale des libres arciformes circonscrivant cet anneau. — U) Canal déférent. — 12) Fascia iliaca. — 13) Psoas. — 14) Nerf crural. — 15) Anneau crural. — 16) Veine crurale. — 17) Artère crurale. — 18) Vaisseaux épigastriques. — 19) Ligament de Gimbernat. — 20) Fibres inférieures du transverse , mises à nu par l’ablation de la partie inférieure du grand droit. — 21) Anneau inguinal externe. — 22) Ligament de Colles. — 23) Ligaments pubo-vésicaux. — 24) Vessie rabattue.
Beacms et Bouchard L*
MYOLOGIE.
Sur la ligne médiane, elle présente un raphé fibreux , appelé aussi ligne blanche par beaucoup d’auteurs ; ce raphé est constitué par l’entre-croisement des fibres aponévrotiques des trois muscles larges de l’abdomen, entre-croisement qui se fait de telle façon que les fibres du grand oblique d’un côté semblent se continuer avec celles du petit oblique du côté opposé. Ces fibres s’écartent par places et interceptent ainsi des orifices, par lesquels passent des vaisseaux , des nerfs, des pelotons graisseux; le plus large de ces orifices est l’ombilic, qui donnait passage chez le fœtus aux vaisseaux ombilicaux; cette ouverture, située un peu au-dessus de la partie moyenne du corps chez l’adulte , est irrégulièrement quadrilatère , obturée dans ses trois quarts inférieurs par un bouchon fibreux dû à la soudure cicatricielle des parties qui composaient le cordon ombilical , perméable au contraire dans son quart supérieur.
Vue par sa face postérieure , la partie sous-ombilicale de la ligne blanche présente un raphé fibreux, partant de l’ombilic et se terminant en bas au pubis en s’élargissant un peu (Fig. 70, 3); c’est Yadminiculum lineœ albœ. De ce raphé rayonnent latéralement de petits tractus transversaux se perdant dans l’aponévrose du transverse.
Canal inguinal. — Le canal inguinal est le trajet que suit le cordon en traversant les parois abdominales. Le cordon pénètre par l’anneau inguinal externe et sort du canal par l’anneau inguinal interne ou abdominal. Ce trajet d’un anneau à l’autre est légèrement oblique en bas et en dedans, comme l’arcade crurale, qui en constitue la paroi inférieure ; sa paroi antérieure est formée par l’aponévrose du grand oblique ; quelques faisceaux lâches du petit oblique et du transverse s’interposent entre cette paroi et le cordon; sa paroi postérieure est constituée par le fascia tr ansver salis ; mais entre ce fascia et le cordon on trouve encore des fibres aponévrotiques et musculaires provenant du petit oblique et surtout du transverse. Ces dernières, presque verticales , vont se fixer au bord supérieur du pubis en arrière du ligament de Gimbernat, et forment le muscle pub o -transver s al de Luschka. La paroi supérieure est constituée par les fibres des muscles petit oblique et transverse. Les deux orifices ont été décrits : l’externe avec l’aponévrose d’insertion du grand oblique , l’interne ou abdominal avec le fascia tr ansver salis . La longueur du canal inguinal mesurée des centres des deux orifices est de 0m,035 à 0m,04. L’orifice abdominal est à peu près sur le milieu d’une ligne menée de l’épine iliaque à l’épine du pubis , et son bord inférieur est à 0m,01 environ au-dessus de l’arcade crurale.