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II. Veines des parois du crâne et veines du cou

Veine jugulaire antérieure (fig. 161, 9)

Cette veine est la moins volumineuse des veines jugulaires ; son diamètre est en génénd en raison inverse de celui delà veine jugulaire externe. Elle descend

ANGÉIOLOGIE

au-devant du cou dans le sillon que forme le bord antérieur du muscle sternomastoïdien, recouverte par la peau, le peaucier et l’aponévrose cervicale superficielle ; à peu de distance au-dessus de la fourchette du sternum elle s’infléchit en dehors et un peu en bas, passe derrière les deux chefs du tendon du muscle sterno -mastoïdien et vient s’ouvrir dans la veine sous-clavière entre l’embouchure de la jugulaire externe et celle de la jugulaire interne. On la voit assez souvent s’unir à la jugulaire externe pour s’aboucher par un tronc commun dans la sous-clavière. Au-devant du corps thyroïde, les deux jugulaires antérieures s’envoient une branche transversale d’anastomose, qui peut être plus ou moins longue et peut même, comme dans la fig. 161, être assez courte pour constituer une réunion latérale des deux troncs veineux.

La jugulaire antérieure est souvent anastomosée avec les jugulaires externe et interne par des branches variables d’existence et de direction. Elle tire son origine tantôt des branches veineuses qui accompagnent l’artère sous-mentale, tantôt des branches cutanées et musculaires sous-hyoïdiennes ; d’autres fois encore elle n’est qu’une branche de dérivation des veines linguale et faciale. Elle reçoit dans son trajet quelques veines cutanées ainsi que des veinules trachéales et thyroïdiennes.

Veines jugulaire externe (fig. 164, i;

Préparation, — L'injection se fera soit directement par la jugulaire externe au-devant du sterno-mastoïdien, soit mieux par la jugulaire interne. Comme toutes les veines jugulaires communiquent ensemble, elles se rempliront toutes. La préparation est la même que pour le muscle sterno-mastoïdien. 11 faut seulement avoir soin de ménager la jugulaire externe.

Gomme toutes les veines jugulaires, la jugulaire externe varie beaucoup par ses origines ; on peut cependant la considérer comme formée le plus habituellement par la réunion de la veine temporale avec le maxillaire interne ; souvent elle reçoit également la faciale, comme c’était le cas chez les sujets qui ont servi à dessiner les fig. 164 et 165. D’après Ghabert, la faciale communique toujours avec la jugulaire externe parle plexus massétérin. La jugulaire externe s’étend du col du condyle de la mâchoire jusqu’à la veine sous-clavière, dans laquelle elle se jette au niveau de' la partie moyenne de la clavicule, immédiatement en dehors de l’origine du tronc veineux brachio-céphalique. Elle est située audessous de la peau et du peaucier et, à partir de l’angle de la mâchoire, au milieu de la glande parotide, qui l’entoure de tous les côtés. Elle se dirige de haut en bas et de dedans en dehors, en croisant par conséquent la face antérieure du sterno -mastoïdien. L’aponévrose cervicale la sépare de ce muscle, de l’omohyoïdien, de l’artère cervicale transverse et des nerfs du plexus brachial. En pénétrant dans le creux sus-claviculaire pour gagner la sous-clavière, elle perfore cette aponévrose.

La jugulaire externe reçoit dans son trajet :

1“ Des veines anastomotiques avec la jugulaire antérieure;

2“ La veine auriculaire postérieure, qui suit le trajet de l’artère du même nom ;

3“ Les veines scapulaires supérieure et postérieure, satellites des artères de ce nom (fig. 161) ;

4“ L’anastomose que nous avons signalée entre elle et la veine céphalique. Cette branche se rend fréquemment dans la sous-clavière.

Nous allons décrire ses branches d’origine, en faisant remarquer encore une fois qu’elles ne sont pas constantes quant à leur mode de réunion.

Veine temporale. — Elle suit l’artère temporale superfleielle, pénètre ensuite dans la glande parotide et forme l’une des branches d’origine de la jugulaire externe. Dans la région temporale, cette veine communique par ses branches antérieures avec la préparate et par ses branches postérieures avec l’occipitale. Elle reçoit dans son trajet des rameaux correspondant à toutes les divisions de l’artère temporale superficielle qu’elles accompagnent.

Fig. 164. — Veines superficielles de la face et du cou (*>.

Sur la figure 165 on voit une disposition assez rare: la temporale superficielle reçoit d’abord au-dessous de l’oreUle la veine auriculaire postérieure ; puis, à sa partie inférieure, elle décrit un coude, s’enfonce dans la région sus-hyoïdienne et vient s’ouvrir dans la jugulaire interne. Chez ce sujet, au reste, la veine maxillaire interne se termine également dans la jugulaire interne, tandis que la faciale, très volumineuse, constitue en majeure partie la jugulaire externe.

Veine maxillaire interne. — Elle représente à peu près le trajet de l’ar-

Ol) Veine jugulaire externe. — S) Veine jugulaire interne. — 3) Veine faciale constituant chez ce sujet la plus grosse branche d’origine de la jugulaire externe. — 4) Veine angulaire. — 5) Son anastomose avec la veine ophthalmique. — 6) Veine frontale ou préparate. — 7) Veine temporale. — 8) Veine auriculaire postérieure. — 9) Veine occipitale.

ANGÉIOLOGIE

tère maxillaire interne et de ses branches, sauf les plus profondes et l’alvéolaire. Toutes ces différentes veinules se réunissent et forment le plexus ptérygoïdien situé dans l’intimité même du muscle ptérygoïdien externe, de telle façon que, lorsqu’il est injecté, il est impossible d’isoler les vaisseaux d’avec les libres musculaires.

Ce plexus communique en avant avec le plexus alvéolaire, en haut, par des veines émissaires avec les sinus crâniens et les veines de la dure-mère, et se termine en arrière par la veine maxillaire interne, qui croise la face interne du condyle de la mâchoire et se réunit à ce niveau à la veine temporale pour former la jugulaire externe. Il fait donc communiquer la jugulaire interne avec la jugulaire externe.

Quoique la veine faciale se jette plus souvent dans la veine jugulaire interne que dans l’externe, comme sa disposition est variable, nous la décrivons ici.

Veine faciale. — Elle naît sur le sommet du front, sous le nom de veine prêparate, et suit les divisions de l’artère frontale ; elle s’anastomose largement par ses branches avec la veine temporale. Sa disposition est variable suivants les sujets, tantôt elle est double et tantôt unique. Au niveau de la racine du nez elle communique avec celle du côté opposé en formant une arcade ; quand elle est unique,' elle se divise en deux branches, dont la disposition est la même. Elle reçoit la veine sus-orbitaire, qui longe l’arcade sourcillière, et communique à plein canal avec la veine ophthalmique. La veine préparate se continue alors le long du sillon nasal et prend le nom de veine angulaire, qu’elle conserve jusqu’au niveau de l’aile du nez. Elle reçoit dans ce trajet la veine palpébrale inférieure, et les veines de l’aile du nez au nombre de deux, réunies souvent à leur terminaison en un tronc unique. A partir de ce point, la veine angulaire devientla veine faciale proprement dite. Cette veine passe sous le grand zygomatique, puis sur la face externe du buccinateur, longe le bord antérieur du masséter, croise la branche horizontale de la mâchoire et se jette dans la jugulaire interne au-dessous de la glande sous-maxillaire. D’autres fois, comme sur la fig. 164, elle continue son trajet, et au-devant du sterno -mastoïdien se jette dans la jugulaire externe. Outre les branches veineuses correspondant aux branches de l’artère faciale, cette veine reçoit la veine alvéolaire, qui sort du plexus formé par les veines accompagnant les artères sous-orbitaire, alvéolaire et palatine supérieure.

Veine jugulaire interne (fig. 161, 4)

Préparation. — On injecte cette veine en la remplissant par la partie inférieure et de bas en haut. Pour la préparer, ou se sert du procédé indiqué pour l’artére carotide primitive et pour la carotide interne.

Elle naît, au niveau du tronc déchiré postérieur, de la dilatation du sinus latéral connu sous le nom de golfe de la veine jugulaire (flg. 163, 7), et se termine en se réunissant à la veine sous-clavière pour constituer le tronc veineux brachio céphalique. Sa direction est verticale ; son calibre, très considérable, mais variable suivant les sujets, est en raison inverse de celui des jugulaires antérieure et externe. Cette veine est en rapport dans son tiers supérieur avec la carotide interne, et dans ses deux tiers inférieurs avec la carotide primitive. Elle est située en dehors et un peu en arrière de ces vaisseaux, et offre du reste les mêmes rapports qu’eux, soit avec les muscles, soit avec les

uerfs. L’on trouve toujours deux valvules à son embouchure Thomas Dwight a appelé l’attention sur les différences que présentent, sur les deux côtés d’un même crâne, la fosse jugulaire et le trou déchiré postérieur, et sur les effets que cette différence peut exercer sur la circulation crânienne. Cette question a

Fia. 163. — Veines profondes de la face et du cou (*).

été reprise par Rüdinger qui constate, lui aussi, cette différence, mais l’attribue à la variabilité de la quantité de sang contenu dans le sinus de la dure mère. Il n’admet pas cependant que cette disposition puisse influer sur la circulation crânienne.

Immédiatement après sa naissance, la jugulaire interne reçoit la veine condylienne antérieure, qui la fait communiquer avec les sinus vertébraux ; au niveau de l’apophyse mastoïde ou un peu au-dessous, elle reçoit la veine occipitale, qui longe l’artère de ce nom, et communique avec le sinus latéral par la veine' mastoïdienne. Cette veine s’ouvre quelquefois dans la jugulaire externe.

Au-dessous de l’angle de la mâchoire, la jugulaire interne reçoit la veine faciale et les veines linguales.

*) 1) Veine jugulaire interne. — 2) Veine faciale. — S) Veine angulaire. — 4) Veine prèparate. — 5) Veine temporale superficielle. — 6) Veine maxillaire interne venant du plexus ptérygoidien. — 7)Veine auriculaire postérieure. — 8) Veine occipitale. — 9) Veine jugulaire postérieure, recevant les veines

494 ANGÉIOLOGIE

Veines linguales. — On doit les distinguer en veines dorsales, veines profondes et veines inférieures.

Les veines dorsales forment un plexus sous-muqueux, duquel partent une ou deux veines qui se portent en bas et en dehors, et vont s'ouvrir dans la faciale ou directement dans la jugulaire interne. Les veines profondes Aceompagnent l’artère linguale et s’ouvrent soit dans les veines dorsales, soit dans la faciale ou la jugulaire interne. Les veines inférieures ou ranines se soient très bien à travers la muqueuse sur les bords du frein ; elles suivent le nerf hypoglosse et se terminent dans les veines dorsales ou la veine faciale.

Au niveau de l’os hyoïde, la jugulaire interne reçoit la veine pharyngienne, qui émane du plexus pharyngien formé par les veines ptérygo-palatine, vidienne et palatine ascendante.

Plus bas, la jugulaire interne reçoit la veine thyroïdienne supérieure, qui vient du corps thyroïde, remonte de bas en haut, croise la face antérieure delà carotide primitive au niveau de sa terminaison, et se jette dans la jugulaire interne ou dans la terminaison de la faciale. Cette veine est quelquefois double, sa branche inférieure porte alors le nom de thyroïdienne moyenne et s’ouvre dans la partie inférieure de la jugulaire. La thyroïdienne supérieure reçoit les veines linguales.

Veine jugulaire postérieure (fig. 163)

Elle appartient à la série des veines du rachis dites extra-rachidiennes. Gruveilhier, le premier, a appelé l’attention sur cette veine. Située entre le grand complexus et le transversaire épineux, elle naît entre l'atlas et l’occipital, est flexueuse, se porte en bas et en dedans jusqu’à l’apophyse épineuse de l’axis, communique alors avec celle du côté opposé par une branche transversale, s’en écarte ensuite et se dirige en bas et un peu en dehors. Elle passe enfin entre l’apophyse transverse de la septième cervicale et la première côte pour s’ouvrir dans le tronc veineux brachio- céphalique derrière la veine vertébrale. Elle reçoit dans son trajet des branches régulières venues des sinus rachidiens en passant par les trous de conjugaison. Elle communique en haut avec la veine occipitale et dans sa partie moyenne, par des veinules, avec la jugulaire interne.

§ III — Veines des parois du tronc et veines rachidiennes

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