‹ Nouveaux éléments d'anatomie descriptive et d'embryologie (volume 2)Chapitre 177 sur 303 · ARTICLE IV. - VEINE CAVE INFÉRIEURE · texte numérisé non relu

ARTICLE IV. - VEINE CAVE INFÉRIEURE

La veine cave inférieure est formée par la réunion de toutes les veines sous-diaphragmatiques, soit qu’elles s’y ouvrent directement, soit qu’elles y arrivent indirectement par le système de la veine porte et les veines hépatiques. Elle naît de la réunion des deux veines iliaques primitives, au-devant et un peu à droite de l’articulation de la quatrième avec la cinquième vertèbre lombaire, remonte verticalement, s’incline un peu à droite au-dessous du foie, dont elle parcourt le sillon du bord postérieur, traverse l’ouverture spéciale que lui présente le centre phrénique, et immédiatement au-dessus se recourbe à angle droit pour s’ouvrir horizontalement dans l’oreillette droite. Son calibre s’accroît beaucoup au-dessous du diaphragme, d’abord par l’adjonction des veines rénales et plus haut par celles des veines hépatiques. On vient de signaler un cas dans lequel la veine iliaque primitive droite se portait en dedans, croisait l’artère iliaque primitive gauche, et formait, avec la veine de ce côté, la veine cave inférieure qui, alors, se trouvait placée à gauche de

l’aorte jusque près de l’artère rénale gauche, où elle reprenait sa place normale,

La veine cave inférieure est en rapport: en avant, au niveau de son origine, avec l’artère iliaque primitive droite, qui la croise à angle, puis avec le mésentère, avec le bord postérieur de l’hiatus de Winslow, avec la troisième portion du duodénum, qui passe perpendiculairement au-devant d’elle, aver la tête du pancréas et avec la gouttière du bord postérieur du foie ; en arrière, avec la colonne vertébrale, le pilier droit du diaphragme et les artères et veines lombaires du côté corrsepondant ; en dehors, avec le bord interne et la face antérieure du psoas droit; en dedans, avec le corps des vertèbres lombaires, avec le réservoir de Pecquet et de nombreux ganglions lymphatiques, qui la séparent de l’aorte abdominale.

Outre le système de la veine porte qui lui vient par les veines sus -hépatiques, la veine cave inférieure reçoit successivement de bas en haut :

1“ La veine sacrée moyenne^ qui tantôt s’y ouvre directement et tantôt s’abouche dans l’iliaque primitive gauche.

2“ Les veines lombaires, dont des branches s’ouvrent à angle droit dans la veine cave, tandis que d’autres constituent la veine lombaire ascendante, origine des veines azygos et demi-azygos.

3“ La veine spermatique droite (tandis que la gauche s’ouvre dans la veine rénale gauche). Les veines spermatiques chez l’homme naissent du testicule et de l’épididyme par des branches très déliées. Elles forment un plexus remarquable, plexus spermatique, situé en dehors et en arrière de l’albuginée, se réunissent en cinq ou six troncs anastomosés entre eux, qui remontent le long de l'artère spermatique au-devant du canal déférent, forment avec ces conduits le cordon spermatique, et arrivent à l’anneau du grand oblique. Elles traversent alors le canal inguinal, pénètrent dans l’abdomen, se réunissent plus ou moins en deux ou trois troncs, rarement en un seul, remontent à peu près verticalement, et s’ouvrent, celles du côté droit dans la veine cave, celles du côté gauche dans la veine rénale. Ces dernières passent en arrière de l’S du côlon. Dans l’abdomen, les deux ou trois troncs qui constituent les veines spermatiques de chaque côté s’anastomosent fréquemment entre eux par des branches transversales et forment le plexus pampiniforme .

De même que les artères spermatiques, les veines qui les accompagnent croisent, dans l’abdomen, à angle aigu la face antérieure des artères iliaques externes.

Chez la femme, les veines utèro-ovariennes suivent exactement les artères correspondantes, se dirigent en dehors et en haut et se comportent comme les spermatiques chez l’homme.

4® Les veines rénales ou émulgentes. — Elles sont très volumineuse et se dirigent transversalement et un peu en haut. La veine cave inférieure étant située à droite du plan médian, la -veine rénale gauche est plus longue que sa congénère du côté droit, et croise perpendiculairement la face antérieure de l’aorte immédiament au-dessous des artères rénales.

Ces veines naissent du bord concave du rein par deux ou trois branches, qui se réunissent bientôt. Elles reçoivent les veines capsulaires inférieures et des veinules qui tirent leur origine de l’enveloppe adipeuse du rein. La veine rénale gauche reçoit en outre la veine spermatique de ce côté.

U® Les veines capsulaires moyennes. — Elles suivent le trajet de leurs

Bocchakd

ANGÉIOLOGIE

artères, sont plus volumineuses qu’elles et s’ouvrent dans la veine cave; celle du côté gauche se termine quelquefois dans la veine rénale.

6“ Les veines diaphragmatiques inférieures . — Ces veines accompagnent les artères de même nom et reçoivent les veines capsulaires supérieures.

Veine porte

Préparation. — Ouvrir les parois abdominales, rejeter le paquet intestinal vers le côté gauche, inciser avec précaution le feuillet du mésentère au-devant du pancréas, passer une sonde cannelée sous le tronc de la veine porte, ouvrir cette veine et injecter d'abord du côté du foie, puis du côté des intestins, ce qui est facile à cause de l'absence de valvules.

Les veines du canal intestinal, celles de la rate et du pancréas se réunissent toutes en un tronc, la veine porte, qui se rend au sillon transverse du foie, se divise à la manière d’une artère, et se continue par des capillaires avec les branches d’origine des veines sus-hépatiques, qui viennent aboutir à la veine cave inférieure immédiatement au-dessous du diaphragme.

Grande veine mésardique ou veine mésentérique supérieure. — Cette veine suit exactement le trajet et la distribution de l’artère mésentérique supérieure. Gomme ce dernier vaisseau, elle passe entre la troisième portion du duodénum, dont elle croise la face antérieure, et le pancréas, en arrière duquel elle se réunit à la veine splénique, après avoir reçu des veinules pancréatiques et duodénales ainsi que la veine gastro-épiploïque droite.

Petite veine mésardique ou veine mésentérique inférieure. — Elle tire son origine des parois du gros intestin et des plexus hémorrhoïdaux, accompagne l’artère mésentérique inférieure et ses branches dans tout leur trajet, se place ensuite sur le côté gauche des vertèbres lombaires, s’engage sous le pancréas, et vient s’ouvrir dans la veine splénique à peu de distance de sa réunion avec la grande mésaraïque.

Les plexus hémorrhoïdaux embrassent l’extrémité inféiieure du rectum jusqu’à l'anus; ils sont formés par les veines hémorrhoïdales supérieures, moyennes et inférieures, qui communiquent largement ensemble et se jettent, les premières dans la petite mésai'aïque, les secondes dans l’hypt^astriqüe, et les dernières dans la honteuse interne.

-Vu pourtour de l’anus, il existe des réseaux extra et intra-musculaires, qui communiquent ensemble et constituent ainsi des anastomoses entre le système de la veine porte et celui de la veine cave inférieure. Les plexus hémorrhoïdaux communiquent, du reste, directement ou indirectement avec tous les plexus si nombreux et si compliqués que l'on trouve dans le petit bassin.

Veine splénique o\x liénale. — La veine splénique nait de la rate par autant de branches que l’artère splénique on fournit à cette glande vasculaire sanguine. Elle suit le trajet de l’artère, mais sans en imiter les flexuosités, et s’unit à la grande mésaraïque au niveau de la face postérieure delà tête du pancréas. Elle reçoit les vasa breviora, la veine gastro épiploïque gauche, la petite mésaraïque, et souvent la veine coronaire stomachique, qui d’autres fois se jette dans le tronc de la veine porte.

Le tronc de la veine porte, né de l’union de la veine splénique avec la grande mésaraïque, se dirige un peu obliquement de bas en haut et de gauche à droite, eu croisant à angle aigu la veine cave inférieure, et arrive au sillon transverse du foie, où il se divise en deux branches. La veine porte répond : en arrière, au bord antérieur de l’hiatus de Winslow ; en avant, à la tête du pancréas, à la deuxième portion du duodénum, au canal cholédoque et à l’artère hépatique. Elle reçoit dans son trajet la veine pylorique et plus haut la veine cystique.

Les deux branches de division de la veine porte sont situées dans le sillon transverge du foie ; elles s’éloignent du tronc original à angle droit, de manière à simuler un canal unique horizontal, qui a reçu le nom de sinus de la veine •porte. La branche droite est plus courte et plus volumineuse que la gauche. Toutes deux pénètrent dans le lobe correspondant du foie, accompagnées de branches de l’artère hépatique et des canaux biliaires, se divisent et se subdisent dans l’organe et arrivent ainsi jusqu’aux acini, qu’elles entourent plus ou moins, pour se continuer, par les veinules intra-lobulaires, avec les veines sus-hépatiques.

Veines sus-hépatiques

Ptépa/ratlon. — On peut les injecter soit par la reine porte au moyen d'une injection très pénétrante, soit par la reine care supérieure en remplissant l'oreillette droite et le rentricule, après aroir eu la précaution de lier l’artère pulmonaire.

Elles proviennent des lobules du foie et ramènent à la veine cave le sang de la veine porte et celui de l’artère hépatique. Leurs rameaux et branches se réunissent en deux ou trois troncs très volumineux, qui s’ouvrent dans la veine cave inférieure immédiatement au-dessous de l’ouverture du diaphragme.

Pour l’étude de la disposition des ramuscules des veines hépatiques et de la veine porte dans l’intimité du parenchyme glandulaire, nous renvoyons à la splanchnologie.

Sappey a décrit un certain nombre de veines portes accessoires qui méritent d’être mentionnées. Elles se réunissent en petits troncs, qui se divisent à leur tour dans le foie et aboutissent aux veines sus-hépatiques.

fo Un groupe formé de veinules de la petite courbure de l’estomac ; elles cheminent dans l’épiploon gastro-hépatique.

2® Des veinules venues du fond de la vésicule biliaire ; elles sont très petites, assez nombreuses et indépendantes de la veine cystique.

3« Un groupe situé entre les deux feuillets du ligament suspenseur du foie ; il vient de la partie médiane du diaphragme. Par leurs radicules, les veinules de ce groupe connnuniquent avec les veines diaphragmatiques, et par leurs divisions terminales avec les ramuscules de la veine porte.

4® Un dernier groupe, situé, comme le précédent, entre les deux feuillets du ligament suspenseur, tirant son origine de la partie sus-ombilicâle de la paroi antérieure de l’abdomen. Ces veinules nombreuses communiquent à leur origine avec les veines épigastriques, mammaires internes et tégumenteuses abdominales. Elles se terminent les unes dans les lobules du foie, les autres dans la branche gauche de la veine porte.

Les veinules de ces deux derniers groupes constituent donc des anastomoses entre le système de la veine porte et celui des veines périphériques.

§ I — 'Veine Iliaque primitive

Préparation. — On les remplit toujours par les veines superficielles du membre inférieur. Pour les mettre à découvert, on se serf du même procédé que pour les artères iliaques,

Elle naît de la réunion des veines iliaque externe et hypogastrique. En s’unissant angulairement à celle du côté opposé au- devant de l’articulation de la qua trième avec la cinquième vertèbre lombaire, la veine iliaque primitive donne naissance à la veine cave inférieure. Cette dernière est située non pas sur la ligne médiane des corps vertébraux, mais un peu à droite; il en résulte que le trajet à parcourir par la veine iliaque primitive gauche est plus long que celui de la droite, et que de plus la direction de la première diffère de celle de la

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seconde. La veine iliaque primitive droite se dirige un peu obliquement en haut et en dedans, et reste toujours parallèleà l’artère correspondante, en arrière de laquelle elle est placée. La veine iliaque primitive gauche, beaucoup plus oblique que la précédente, longe le bord postérieur et interne de l’artère de son côté, elle passe ensuite au-dessous et en arrière de celle du côté opposé pour se réunir à la veine iliaque primitive droite.

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