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ARTICLE II. - PORTION THORACIQUE DU GRAND SYMPATHIQUE

Les ganglions thoraciques du sympathique sont au nombre de douze. Le premier semble quelquefois soudé au ganglion cervical inférieur, en raison de la brièveté du rameau qui unit ces deux renflements ; son volume l’emporte également sur celui, peu considérable, des autres ganglions dorsaux. Nous avons déjà indiqué plus haut leur position par rapport aux trous de conjugaison et à la plèvre qui les recouvre.

Tous les ganglions dorsaux sont réunis entre eux par le tronc même du sympathique ; tous aussi sont en relation avec les nerfs intercostaux par les rami communicantes (fig. 248, 2) ; ces anastomoses se font de telle manière que chaque nerf rachidien envoie un filet au ganglion correspondant et un autre»au renflement sympathique situé au-dessus. Les rami communicantes sont mixtes et comprennent des fibres émanées de la moelle et des fibres qui partent des ganglions pour se jeter dans les paires rachidiennes et se distribuer avec elles.

Des ganglions thoraciques partent : 1“ des branches externes, qui se rendent sur les artères intercostales et les accompagnent dans leur distribution ; 2“ des branches internes ou viscérales, parmi lesquelles on distingue : a) des filets œsophagiens, qui s’unissent aux ramuscules du pneumogastrique et vont aboutir à l’œsophage ; b) des filets aortiques, très grêles, qui accompagnent ce vaisseau; c) des filets pulmonaires, peu nombreux, que l’on voit se jeter dans le plexus pulmonaire ; d) des filets trachéens et bronchiques, qui tirent principalement leur origine des deux premiers ganglions dorsaux.

Les six ou sept derniers ganglions thoraciques fournissent encore des rameaux remarquables par leur couleur plus blanche que celle des autres branches du sympathique ; ils se portent en bas et en dedans pour constituer les deux nerfs splanchniques. Ces nerfs passent à travers le diaphragme, arrivent dans l’abdomen et se jettent auprès de la ligne médiane dans de nouveaux renflements ganglionnaires ganglions semi-lunaires, desquels partent à leur tour des branches très multipliées, qui s’anastomosent entre elles et avec d’autres filets nerveux pour donner naissance à un grand plexus, plexus solaire, subdivisé à son tour en plexus secondaires très nombreux. En raison de leur couleur blanche, les deux nerfs splanchniques semblent surtout formés par des fibres venues de la moelle, fibres qui ne font peut-être que traverser les ganglions thoraciques sans entrer en connexion avec leurs cellules nerveuses.

Grand nerf splanchnique

Les rameaux partis des sixième, septième, huitième et neuvième ganglions thoraciques (fig. 248, 6), se portent en bas et un peu en dedans, le premier presque verticalement, les autres d’autant plus obliquement qu’ils sont plus

DESCRIPTION DD GRAND SYMPATIIIQDE 697

inférieurs, et se réunissent successivement en un seul tronc, nerf grand splanchnique. Ce nerf traverse le pillier correspondant du diaphragme par une ouverture spéciale et vient se jeter, en s’aplatissant un peu, dans l’angle externe du ganglion semi-lunaire correspondant (flg. 249, 5),

Petit nerf spIanclini<|no

Le petit splanchnique est formé par des rameaux partis des dixième, onzième et douzième ganglions thoraciques (flg. 248, 7). Presque aussitôt après leur réunion, le petit tronc nerveux qui en résulte traverse le pilier du diaphragme par une ouverture particulière située entre le grand splanchnique qui est en dedans et le tronc du sympathique qui est en dehors. Dans l’abdomen il se divise en trois branches, dont l’une s’anastomose avec le grand splanchnique, tandis que l’autre se rend au plexus solaire et que la dernière se jette dans le plexus rénal (fig. 249, 8). 11 nous a toujours semblé que cette dernière branche est la plus considérable et que quelquefois même elle existe seule.

Ganglions s cm i - lunaires

Ces ganglions, d’un volume comparable à celui d’un haricot, ont la forme d’un croissant à concavité dirigée en dedans et en haut (fig. 249, 6). Ils sont situés un peu en dehors de la ligne médiane sur la face antérieure du corps de la première vertèbre lombaire, dont les séparent les piliers du diaphragme, au-dessus du bord supérieur du pancréas entre le tronc cœliaque et le bord interne de la capsule surrénale.

Par leur extrémité externe ils reçoivent le tronc du grand nerf splanchnique et quelques filets du petit splanchnique. Par leur extrémité interne ils émettent des rameaux très nombreux qui se rendent vers la ligne médiane, au-devant de l’aorte, et s’anastomosent avec ceux du côté opposé pour constituer le plexus solaire. Le ganglion semi-lunaire droit reçoit de plus par son extrémité interne la terminaison du nerf pneumogastrique droit (fig. 249, 3). Ce nerf, le ganglion et le grand splanchnique, forment par leur réunion une arcade à concavité supérieure connue sous le nom d'anse mémorable de Wrisherg.

Les nerfs phréniques, surtout celui du côté droit, fournissent dans l’abdomen quelques filets, qui tantôt aboutissent aux ganglions semi-lunaires et tantôt se jettent directement dans le plexus solaire.

On voit fréquemment au milieu même des mailles du plexus solaire un certain nombre de petits ganglions accessoires, solaires, plus ou moins

indépendants des ganglions semi-lunaires.

Préparation. — Après avoir ouvert crucialement l'abdomen, on détachera d'un côlé du corps les insertions costale du diaphragme, on rejettera ce muscle en haut; puis on soulèvera le foie, qu'on renversera à droite, on rejettera l'estomac de bas en haut et on trouvera le plexus solaire et les ganglions semi-lunaires au-devant de l’aorte et du tronc cœliaque. 11 faudra user de ménagements pour enlever le tissu cellulaire qui entoure les filets nerveux et les ganglions. Les glandes lymphatiques sus-aortiques gênent toujours la dissection; il faudra les enlever avec soin.

DESCRIPTION DU GRAND SYMPATHIQUE 699

du pneumogastrique droit. Ces ganglions émettent des rameaux très nombreux, plexiformes dès leur origine, se portant en dedans vers la ligne médiane, au-devant de l’aorte, et entourant l’origine du tronc cœliaque et de l’artère mésentérique supérieure. C’est à l’entrelacement presque inextricable de tous ces filets nerveux que l’on a donné le nom de plexus solaire ; au milieu de lui se trouvent les ganglions accessoires que nous avons mentionnés plus haut.

Du plexus solaire, comme d’un centre, partent des branches très nombreuses qui se jettent sur les artères de la région, les enlacent de leurs anastomoses sans nombre et les accompagnent jusqu’à leurs ramifications les plus fines. Toutes ces divisions du plexus solaire forment autant de plexus secondaires, qui prennent le nom des vaisseaux artériels qu’ils accompagnent.

Il existe donc : a) De petits plexus lombaires, qui suivent toutes les artères de ce nom et sont destinés aux vaisseaux eux-mêmes et peut-être aux tissus des parois du tronc.

h) Deux plexus diaphragmatiques inférieurs (un pour chaque côté). Les filets qui les forment sont assez grêles et accompagnent les artères correspondantes. Ils fournissent des divisions capsulaires supérieures, d'un volume assez important relativement à la petite artériole qu’elles entourent, et des ramuscules beaucoup plus ténus à la partie inférieure de l’œsophage.

c) Un plexus coronaire stomachique (fig. 249, 12), qui accompagne l’artère de ce nom, fournit des rameaux au cardia, aux deux faces de l’estomac, et se termine en s’anastomosant avec les filets du petit plexus pylorique.

d) Un plexus hépatique. Il est formé par quelques branches assez volumineuses que Ton peut diviser elles-mêmes en plexus de l'artère hépatique et plexus de la veine porte. Ce dernier longe la face antérieure de cette veine et pénètre avec elle dans l’intimité du foie. Le plexus de l’artère hépatique accompagne cette artère et se subdivise en autant de petits plexus qu’elle émet de branches collatérales : c’est ainsi que Ton trouve nn plexus pylorique, un plexus cystique, un plexus gastro-épiploïque drort, fournissant lui-même un plexus pancréatico-duodénal. Décrire le trajet de toutes ces branches artérielles, c’est décrire le trajet et la distribution de ses différents plexus ner-

e) Un plexus splénique (fig. 249, 11). Les rameaux assez nombreux qui le constituent longent Tartère splénique, sans toutefois l’accompagner dans toutes les inflexions qu’elle décrit; il en résulte que sur certains points les nerfs ne sont pas appliqués sur les parois du vaisseau, mais le rejoignent plus loin, et suivent, en un mot, la corde de toutes les courbures artérielles. Le plexus splénique fournit : un plexus gastro-épiploïque gauche ; des filets qui accompagnent les artérioles pancréatiques ainsi que les vaisseaux courts ; le plexus splénique pénètre enfin avec les divisions de Tartère splénique dans l’intérieur de la rate.

f) Un plexus mésentérique supérieur (fig. 249, 10). Ses rameaux sont très nombreux et enlacent Tartère mésentérique supérieure, qu’ils accompagnent. 11 en est qui suivent les artères coliques droites et vont au gros intestin ; d’autres, plus nombreux, sont destinés à l’intestin grêle. Ces derniers ne forment pas des arcades comme les divisions artérielles, mais s’anostomosent sous des angles plus ou moins aigus et se subdivisent en ramifications très

NÉVROLOGIE

nombreuses, qui s’anastomosent une seconde fois, elles-mêmes, au niveau des arcades artéi’ielles de deuxième ordre, et gagnent alors les parois de l’intestin. Le plexus mésentérique supérieur fournit encore au niveau du bord inférieur de la tête du pancréas un plexus paner éatico-duodénal.

g) Ttexrj. plexus surrénaux (un de chaque côté). Considérable par rapport au volume de l’artère capsulaire moyenne qu’il accompagne, ce plexus se dirige en dehors, s’anastomose avec le plexus capsulaire supérieur et le plexus capsulaire inférieur, reçoit des filets du petit nerf splanchnique et de la terminaison du phrénique et se termine dans la capsule surrénale

h) Deux plexus rénaux (un de chaque côté). Les branches nerveuses qui forment le plexus rénal enlacent l’artère émulgente et gagnent le hile du rein. Une division importante du nerf petit splanchnique vient toujours se jeter directement dans ce plexus.

11 fournit un petit plexus capsulaire inférieur et des rameaux assez grêles, qui aboutissent au plexus spermatique chez l’homme et au plexus utéroovarique chez la femme.

i) Deux plexus spermatiques (un de chaque côté). Ce plexus accompagne l’artère spermatique. Il reçoit, très près de son origine, des filets du plexus rénal, plus bas des filets du plexus lombo-aortique, et au niveau de l’ouverture interne du canal inguinal, des filets du plexus hypogastrique. Il continue son trajet avec l’artère, qu’il entoure, et se termine dans l’épididyme et dans la glande séminale.

Chez la femme, le plexus utéro-ovarique accompagne l’artère de ce nom et se termine dans l’ovaire, la trompe et la partie supérieure du corps de l’utérus.

j) La partie la plus inférieure du plexus solaire longe la face antérieure de l’aorte et s’unit aux filets émanés des ganglions lombaires du sympathique pour former le plexus lombo-aortique.

ARTICLE 111- PORTION LOMBAIRE Dü GRAND SYMPATHIQUE

Les ganglions lombaires sont au nombre de quatre ou cinq; le dernier se soude très souvent au premier ganglion sacré. Leur volume est assez variable et leur forme olivaire. Ils ne sont plus situés au niveau du trou de conjugaison, mais se trouvent rejetés sur la face antérolatérale des corps vertébraux beaucoup plus près de la ligne médiane. Ils sont tous reliés entre eux par le cordon du sympathique. Le filet qui unit le ganglion thoracique inférieur au premier ganglion lombaire est très grêle; aussi a-t-on cru pendant longtemps, mais à tort, à une interruption du tronc du sympathique en cet endroit.

Tous les ganglions lombaires reçoivent des rami communicantes, que leur envoient les paires rachidiennes de la région (fig. 248, 3). Ces rameaux sont tous obliques, se rendent à deux ganglions, comme nous l’avons vu pour ceux de la portion thoracique du sympathique, et passent sous les arcades fibreuses d’insertion du psoas. De même que tous les autres rami communicantes, ceux de la région lombaire sont mixtes.

Les rameaux émanés des ganglions lombaires se portent en dedans, passent, à droite en arrière de la veine cave, et se rendent sur la face antérieure de

Voy. Splanchnologie.

DESCRIPTION DU GRAND SYMPATHIQUE

l’aorte; arrivés en ce point, ils s’unissent aux dernières ramifications du plexus solaire et forment le plexus lombo-aortique, au milieu des mailles duquel se trouvent quelques petits ganglions.

Ce plexus fournit des branches assez nombreuses, qui se jettent sur l’artère mésentérique inférieure, s’unissent à des rameaux venus directement du plexus solaire et forment le plexus mésentérique inférieur, dont les branches accompagnent les divisions artérielles coliques gauches pour se distribuer au côlon transverse, au côlon descendant, à l’S iliaque et au rectum. Les filets qui enlacent les artères hémorrho'idales supérieures vont aboutir au plexus hypogastrique.

Les ramifications terminales du plexus lombo-aortique arrivent jusqu’à la division de l’aorte, gagnent l’excavation pelvienne et s’unissent au plexus hypogastrique, dont elles forment une des origines.

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