ARTICLE IV - POUMONS
Les poumons, au nombre de deux, sont situés dans les parties latérales de la cavité thoracique; une membrane séreuse, la plèvre, enveloppe chaque poumon, à l’exception du hile, et facilite son glissement contre la paroi thoracique correspondante.
Le volume des poumons, variable pour chaque individu suivant le moment
SPLANCHNOLOGIE
de la respiration, est lié à la quantité d’air qu’ils contiennent. La quantité d’air contenue par les poumons peut être évaluée à environ 4400 centimètres cubes (capacité absolue des poumons). Il nefautpas confondre celte capacité absolue avec la capacité vitale, qui s’évalue par la quantité d’air introduite dans les poumons par l’inspiration la plus profonde possible; celle-ci est de 3200 centimètres cubes en moyenne.
Le poumon droit est un peu plus volumineux que le poumon gauche (dans le rapport de 11 à 10). hepoids des poumons chez l’adulte estde 1200 grammes en moyenne chez l’homme, de 950 grammes chez la femme. Leur poids spécifique est de 0,3429, par conséquent inférieur à celui de l’eau ; aussi surnagent-ils quand on les plonge dans ce liquide. Au contraire s’ils sont privés d’air (poumons qui n’ont pas respiré, hépatisation de la pneumonie), ils tombent au fond de l’eau.
Le tissu des poumons est mou, spongieux, et cède sous la pression du doigt en donnant une sensation spéciale de crépitation ; puis, la pression disparue, il revient par son élasticité à sa forme primitive. L’élasticité des poumons est très grande et leur permet de suivre les mouvements d’expansion et de resserrement de la cage thoracique dans la respiration, mais leur limite d’élasticité n’est pas atteinte aussi vite que celle du thorax; aussi voit-on, lorsqu’on ouvre le thorax et que la pression de l’air extérieur vient équilibrer la pression de l’air intrapulmonaire, le poumon se rétracter et s’écarter des parois de la cavité thoracique pour atteindre sa limite d’élasticité. La ténacité du tissu pulmonaire est assez considérable; aussi l’insufflation pulmonaire n’amène-t-elle que difficilement des déchirures.
La surface des poumons est lisse et humide et présente des divisions ou lobules de 0"',005 à 0"',01, limités chez l’adulte par des stries vasculaires ou pigmentaires, mais peu isolables les uns des autres. Leur couleur, variable comme intensité suivant la quantité de sang qu’ils renferment, est rosée jusqu’à l’adolescence, et devient gris rosé chez l’adulte ; puis à mesure qu’on avance en âge, elle offre des stries ou des taches pigmentaires, situées ordinairement dans les interstices des lobules, et plus prononcées dans les endroits du poumon qui correspondent aux côtes.
Forme et rapports. — Les poumons ont une forme conique, et possèdent une base, un sommet, deux faces et deux bords. Une scissure profonde, scissure interlobaire, dirigée de haut en bas et d’arrière en avant, occupe leur face externe. Cette scissure, simple pour le poumon gauche qui se compose de deux lobes (fig. 296 B), se bifurque en avant pour le poumon droit, qui se divise en trois lobes (fig. 296, A). Le nombre des lobes pulmonaires peut varier en plus ou en moins; on rencontre aussi quelquefois des lobules accessoires tenant aux bronches et tout à fait distincts du reste des poumons. Le plus important est celui qui existe dans certains cas à la base du poumon droit et qui est l’analogue du lobe impair des mammifères (Pozzi).
Le sommet des poumons est arrondi. Sur une coupe transversale sa forme est ovalaire. Son point culminant dépasse de O"" ,01 à 0“,015 la partie moyenne de la première côte. Il est embrassé par la concavité de l’artère sous-clavière, qui trace un sillon sur sa face interne.
Sa base ou face inférieure, concave, répond au diaphragme et représente un plan incliné qui regarde en avant et en bas ; elle a la forme d’un fer à cheval, dont le bord interne, concave, s’enfonce dans l’angle rentrant qui résulte de la
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réunion du péricarde au diaphragme, dont le bord externe, convexe, mince, se place entre le diaphragme et la paroi costale et descend plus bas en arrière qu’en avant. Dans l’expiration ou sur lecadavre, il suit la direction d’une ligne
Fig. — Coups de ta poitrine, d'après Benjamin Anger (•).
qui, partant du milieu de l’appendice xiplioïdo, irait, en contournant le thorax, aboutir à la deuxième côte. Dans l’inspiration, le bord externe deseend plus ou moins sans jamais atteindre le sinus costo-diaphragmatique (flg. 271).
(') La coupe du thorax passe au-dessous du cartilage de la troisième côte. La coupe des poumons forme un plan oblique en bas et èn arrièr.’. — A. Poumon droit. — B. Poumon gaucbe. — C. Cavité du ventricule gauche. — D. Cavité du ventricule droit. — K. Cloison interventriculaire. — O. Bord droit du cœur. — I. Oreillette droite. — H. Œsophage. — E. Aorte. — G. Canal thoracique. — F. Veine azygos. — R. Coupe du sternum. — M. Tissu cellulaire du médiastin antérieur. — SL. Artèr. s mammaires internes. — X X. Coupe du grand dorsal. -L o, a, a, a) Artères intercostales. — 1, 2) Coupes des grands pectoraux droit et gauche. — 3, 4) Coupes des grands dentelés droit et gauche- Les eûtes du côté gauche portent leur numéro d’ordre depuis la troisième jusqu’à la douzième.
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Sa face externe convexe répond à la face interne des eûtes et des espaces intercostaux, et en arrière aux parties latérales du rachis O.
La face interne ou cardiaque est divisée en deux portions par le hile de l’organe; ce hile, haut de O"*, 08 sur 0™, 055 de largeur, est plus rapproché du bord postérieur et du sommet du poumon ; il constitue la racine et la partie la plus fixe de l'organe. La région postérieure au hile, très étroite, offre une gouttière verticale pour l'aorte à gauche, la veine azygos à droite ; la région antérieure, plus large, est creusée d'une excavation, plus profonde sur le poumon gauche, pour loger le cœur.
Le bord antérieur, mince et tranchant, présente à gauche une échancrure semi-lunaire, qui répond à la pointe du cœur, incisure cardiaque, et audessous de laquelle le poumon envoie souvent un prolongememt en languette, contournant la pointe du cœur. Ce bord antérieur a des rapports difl'érents à droite et à gauche avec la paroi thoracique antérieure.
Pendant l'expiration. A droite, il suit une ligne (fig. 271, 32) qui, partant de l'échancrure claviculaire droite, croise obliquement le manche du sternum, puis descend verticalement derrière cet os en se rapprochant plus ou moins de la ligne médiane et, arrivé à la base de l’appendice xiphoïde, se continue avec la circonférence externe de la base du poumon; à gauche (29), il part de l'échancrure claviculaire gauche, descend en longeant le bord gauche du sternum jusqu’au quatrième cartilage costal, se porte alors en dehors et en bas, en laissant une partie du cœur à nu, et, ar rivé au-dessous du cartilage de la sixième côte, se continue, après avoir détaché la languette cardiaque, avec la circonférence externe de la base du poumon gauche. Dans l’inspiration profonde, les bords des poumons peuvent atteindre les sinus de la plèvre.
\iehord postérieur forme une petite crête plus ou moins saillante, située à peu de distance du hile. En haut, elle seeontinue en arrièredu sillon de l’artèresousclavière; en bas, elle se perd insensiblement avant d’atteindre la base du poumon-
Conformation intérieure. — Incisé, le poumon laisse écouler un liquide rouge, spumeux (sang mélangé d’air); la coupe a un aspect spongieux et présente çà et là les ouvertures circulaires béantes et plus ou moins larges des canaux bronchiques. Si on suit par la dissection ces divisions bronchiques depuis le hile jusqu’à la périphérie, on voit quelles se terminent aux lobules visibles sur la face externe de l’organe. Avec les bronches pénètrent par le hile dans l’intérieur du poumon des artères (branches de l'artère pulmonaire et artères bronchiques), accompagnées par des filets nerveux ; il en sort aussi des veines (veines pulmonaires et bronchiques).
Le parenchyme pulmonaire se compose, outre les vaisseaux et les nerfs, de deux parties: les divisions bronchiques et les lobules pulmonaires.
1" Divisions bronchiques. — Vers le hile du poumon (fig. 283 et 284) on trouve : 1“ sur un plan postérieur, les bronches, et au-dessous d’elles les veines pulmonaires postérieures droite et gauche ; 2“ sur un plan antérieur, les deux branches de l’artère pulmonaire et au-dessous d’elles les deux veines pulmonaires antérieures. La division des bronches droite et gauche se fait en dehors du hile. La bronche droite donne deux rameaux inégaux; le supérieur, presque horizontal, se recourbe au-dessus de la branche supérieure de l’artère
(*) La portion du poumon logée dans les gouttières latérales du thorax de chaque côté du rachis, est souvent désignée sous le nom de bord, postérieur.
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pulmonaire droite et, après un très court trajet (0"',008), se divise en deux canaux, l’un antérieur, l’autre postérieur, qui se rendent au lobe supérieur, La division inférieure, beaucoup plus volumineuse (0“,018), se partage en plusieurs branches, dont l’une, antérieure, va au lobe moyen, et les autres au lobe inférieur, hdibronehe gauche se divise en deux branches à peu près égales ; la supérieure se recourbe directement en avant au-dessous de la concavité de l'artère pulmonaire gauche et va au lobe supérieur ; l’inférieure continue le trajet primitif de la bronche et passe entre les deux veines pulmonaires pour se rendre au lobe inférieur.
La division des bronches se fait ainsi successivement, d’abord à angle aigu, puis, en se rapprochant des lobules pulmonaires, à angle droit ; ces divisions se détachent du reste, tantôt en alternant, tantôt en suivant une ligne spirale ; elles diminuent graduellement de volume, de façon qu’en arrivant aux lobules elles ont moins de 0""",5. Jusqu’à de diamètre, les divisions bronchi¬
ques sont assez résistantes et facilement isolables, entourées qu’elles sont par un tissu cellulaire lamelleux ; puis, en s’amincissant, elles deviennent de plus en plus adhérentes au tissu pulmonaire et leurs parois sont moins résistantes ; enfin, quand elles ont atteint le diamètre de 0"',0ül, elles deviennent purement membraneuses. Les divisions bronchiques sont accompagnées par les branches de l’artère pulmonaire, les artères et les veines bronchiques, des nerfs et des lymphatiques ; les rameaux des veines pulmonaires présentent toujours une certaine indépendance.
2“ Lobules pulmonaires. — Les lobules pulmonaires se dessinent à l’extérieur sous forme d’espaces losangiques de 0"’,01 en moyenne; isolés, ce qui présente une certaine difficulté chez l’adulte, à cause de leur adhérence réciproque, ils constituent une pyramide, dont la base répond au losange superficiel et le sommet à une division bronchique terminale. Si on examine le losange superficiel qui en forme la base, on voit qu’il est divisé par des lignes très fines en losanges plus petits correspondant aux infundibula.
Structure. — 1“ Bronches. — La structure des divisions bronchiques se modifie avec leur calibre. D’abord analogue à celles des grosses bronches, elle offre, dès quelles ont atteint 0'",004 de diamètre, des différences importantes. Les cartilages, au lieu d’être disposés régulièrement sous forme de cerceaux, sont disposés sans ordre et par fragments irréguliers dans la membrane fibreuse, et finissent par disparaître quand la bronche atteint un calibre de O^jOOl ; la couche musculaire lisse devient continue et forme même un véritable sphincter à l’entrée des petites bronches dans les infundibula ; l’épithélium vibratile est simple au lieu de rester stratifié; les glandes disparaissent; enfin sur les bronches terminales (au-dessous de 0™”>,3) l’épithélium vibratile est remplacé par un épithélium pavimenteux, et on remarque sur leurs parois des dépressions en cul-de-sac (vési:ules pariétales).
Ces difiéi ences de structure sont résumées dans le tableau suivant :
IMir.HES
JipUhélium .
Glandes .
Discontinue. . . .
Vibratile stratifié.
Glande .
Vibratile simple.
Pas de cartilages.
Continue.. . . .
Vibratile simple.
Pas de glandes. .
Pas de cartilages.
Continue.
Paviment.simple Pas de glandes.
2» Lobules pulmonaires . — Arrivées au sommet des lobules, les bronches terminales
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(fig. 297, 1) s’élargissent pour constituer la cavité du lobule pulmonaire (2). Ce lobule est formé par des cavités secondaires, infundibula (3), s’ouvrant dans la cavité centrale et répondant aux petits losanges secondaires de 0“ , 0005 à 0m,0015, visibles à la surface du poumon. Les parois des infundibula sont couvertes de dépressions hémisphériques en cul-de-sac, viisicules pulmonaires (Ji), qui s'ouvrent dans la cavitéde 1 infundibuluin par un large orifice. Les faces contiguës des vésicules voisines sont souvent soudées et forment alors des cloisons intervésiculairos, dont le bord tranchant fait saillie vers la cavité du lobule ; ces cloisons peuvent même disparaître eu partie et rester à l’état de trabécules traversant cette cavité. Quelquefois une communication peut s’établir entre deux infundibula voisins par destruction des cloisons intervésiculaires. Le diamètre des vésicules pulmonaires, qui augmente avec l’âge, est en moyenne chez l'adulte de 0™'“,2 sur un poumon insufflé et desséché.
le décrivent pas la structure d’un lobule de la même façon. D’après
Lobule pulmc (lig. schémat.J. (•).
Tous les auteurs nt
plusieurs d’entre eux (fig. i
it 299), chaque ramuscule bronchique terminal aboutirait
Fig. 298.
Lobule pulmonaire, d’après le Dict. de mddectne de Littré et Charles Robin (**).
à un cul-de-sac respiratoire indépendant; la structure du poumon serait assimilable à celle d’une glande en grappe. La première description nous paraît plus rapprochée de la vérité.
(•) 1) Bronche terminale. — 2) Cavité du lobule — 3) Infundibulum. — 4) Vésicule pulmonaire.
(”) A. Groupe de lobules pulmonaires, b, c, d, s’ouvrant dans la bronche a. — B. I.obule b grossi — a) Bronche. — b, c, e, fi Culs-de-sac respiratoires. — d) Vésicules pulmonaires latérales.
(•••) a) Bronche. — b, e, dj Subdivisions îbronchiques terminales. — g) Canal commun d trois culsde-sac respiratoires. — e, f, h, i,j. A) Culs-de-sacs respiratoires.
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3° Vésicules pulmonaires (fig. 300). — Les vésicules pulmonaires se composent : 1» d’une membrane fondamentale connective; 2“ d'un réseau capillaire ; 3o d’une couche épithéliale, niée par les uns, admise par les autres ; 4“ des fibres musculaires existeraient aussi d’après certains auteurs dans les parois de la vésicule. Enfin un tissu connectif interstitiel, très riche en fibres élastiques, sépare les vésicules les unes des autres.
A. La membrane fondamentale (12), continuation de la membrane fibreuse des bronches, est mince, homogène et parsemée de noyaux (13), qui deviennent visibles par certains réactifs. L’existence de cette membrane fondamentale est niée par quelques auteurs (Cadiat).
B. Le réseau capillaire (5, 6, 7) provient de l’artère pulmonaire; il est excessivement serré, de façon que ses mailles sont très étroites, surtout lorsque les capillaires sont
distendus par l’injection; ils paraissent être situés dans l’épaisseur même de la membrane fondamentale, ou plutôt celle-ci acquiert une telle minceur à leur niveau qu'elle est comme soudée à la paroi propre des capillaires et qu’elle semble n’occuper que les mailles qu’ils interceptent. Les noyaux de la membrane fondamentale n’existant qu'au niveau de ces mailles, ils peuvent être pris pour des noyaux de cellules qui seraient circonscrites par les capillaires sanguins (7). Ces capillaires forment souvent des anses saillantes vers la cavité de la vésicule, ou passent d’une vésicule à une voisine en débordant le bord libre de la cloison intervésiculaire (8, 9).
C. L’existence d’un épithélium à la surface interne des vésicules pulmonaires est une des questions les plus controversées de l’histologie moderne. Deux opinions sont en présence: les uns (Rainey, Henle, Luschka, Villemin, etc.) le nient absolument; les autres
(•) 1) Trabécules séparant les vésicules. —2) Fibres élastiques des trabécules. — 3) Fibres musculaires lisses P). - 4) Noyaux des fibres lisses (?), — 5) Vésicules avec un épithélium continu. - 6) Vésicule dont rèpithélium a disparu au niveau des vaisseaux. — 7) Vésicule dont l’épithélium a disparu. — 8) Anses des capillaires. — 9, 10) Anses allant d’une vésicule à l’autre. — 11) Noyaux des «apillaires. — 12) Membrane amorphe de la vésicule déchirée en partie. — 13) Noyaux de cette membrane. — 14) Cellules épithéliales. - 15) Groupes de cellules épithéliales. — 16) Cellule épithéliale isolée. — 1 . ) Lignes, vestiges des contours des cellules épithéliales qui ont disparu.
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l’admettent, mais avec des divergences de description qu’on peut rattacher aux trois opinions suivantes ;
a) L’épithélium des vésicules pulmonaires est discontinu et n’existe que dans l’intervalle des capillaires. Nous croyons qu’il y a là une erreur, dont une des causes a été expliquée plus haut.
b) L'épithélium est continu, mais il subit au niveau des capillaires une modification spéciale (Colberg, Élenz, Schmidt). — Les cellules épithéliales s’aplatiraient et se souderaient entre elles pour former ou une membrane continue ou des lamelles larges recouvrant les vaisseaux. Nous croyons que cet aspect de lames épithéliales tient à une chute partielle de plusieurs cellules ayant encore laissé çà et là sur la membrane fondamentale des traces de leurs contours ; cela est surtout visible sur les préparations au nitrate d’argent (14, 15, 16, 17).
c) L’épithélium est continu (5). Cette opinion nous parait la vraie. 11 se compose de petites cellules polygonales, aplaties, régulières et pourvues d’un noyau. Elles sont facilement démontrables chez le fœtus, plus difficilement, au contraire, chez l’adulte, soit parce qu’elles disparaissent très vite après la mort, soit plutôt parce qu’elles se .soudent en une membrane continue dont les noyaux seuls persistent (Cadiat) : les procédés de préparation les détruisent avec une très grande rapidité, surtout au niveau des capillaires distendus par l’injection (6). Kôlliker l’a observé chez un décapité.
4“ Les fibres lisses des vésicules, démontrées chez les animaux, sont encore niées par beaucoup d’anatomistes dans l’espèce humaine.
Nous voyons d’après la description précédente qu’on peut trouver dans la paroi de la vésicule pulmonaire quatre espèces d’éléments cellulaires ou nucléaires, ayant une signification physiologique et pathologique différente ; noyaux de la membrane fondamentale, noyaux des capillaires sanguins, noyaux des fibres musculaires lisses (?) et cellules épitbé.iales, à quoi il faut ajouter les cellules plasmatiques du tissu interstitiel des cloisons intervésiculaires. Le nombre des vésicules pulmonaires peut être évalué à 30U ou 400 millions (Aeby).
Tissu connectif interstitiel. — Ce tissu isole les uns des autres les lobules pulmonaires et les infundibula ; il est en plus grande quantité autour des divisions bronchiques les plus volumineuses, où il peut même se charger de graisse. Il se compose de tissu connecüf ordinaire et de fibres élastiques; celles-ci existent surtout dans l’intérieur des lobules et dans les cloisons intervésiculaires où l’on ne rencontre plus guère que des fibres élastiques et du tissu amorphe. On y trouve aussi des cellules et des noyaux plasmatiques.
Pigment (anthracosis, matière noire du poumon). — Dans le tissu connectif se déposent des granulations pigmentaires, tantôt isolées, tantôt réunies en amas irréguliers ou arrondis, rarement contenues dans les cellules plasmatiques. Ce pigment se dépose principalement autour des petites artères. Il provient de la matière colorante du sang,
W Sur la question de l’épithélium pulmonaire, on pourra consulter: Beichler, Zur Frage ob die Lungenblaschen ein Epithelium besitzen, odernicht (Zeitschrift für rat. Med. 3'® Eeihe, Bd X.— P. Munk, Veber das Epithel der Lungenalveolen (Archiv. für pathol. Anat.u. Physiol., Bd XXIV). — Eemak, Ueber das Epithel der Lungenblaschen (Deutsche Klinih. 186i, n“ 20). — C.-J. Eberth, Der Streit ùber das Epithel der Lungenblaschen (Archiv. für pathol. Anal. u. Phys., Bd XXIV). — J. Arnold, Vorlâufige Mittheilung ùber das Epithel der Lungenalveolen (Archiv. für pathol, Anat. u.Phys., Bd XXVi). — A. Colberg, Observationes de penitiori pulmonum structura. Halis, 1863. — N. Chrzonszcevvsky, Veber das Epithel der Lungenblaschen (Würzb. med. Zeitschrift. Bd. IV). — E. Elenz, Veber das Lungenepithel ( Würzb. naturwiss. Zeitsch. Bd. V). — G.-J. 'Eberth, Zu den Controcersen itber das Lungenepithel, id. — T. Bakody, Der Streit über das Epithel der Lungenblaschen (Archiv. für pathol. Anat.u. Phys. Bd XXXIII). — J. Villemin, Recherches sur la structure de la vésicule pulmonaire et sur l’emphysème (Journal de i’anatomie, 1866). — C. Schmidt, De l’épithélium pulmonaire ÇVbése de Strasbourg, 1866). — Küttner, Veber das Lungenepithel (Virehow’s Archiv., B. LXVI). -- Cadiat, (Journal de l’anatomie, 1877).
ORGANES DE LA RESPIRATION 797
mais il peut aussi provenir des poussières de charbon introduites du dehors. On en trouve déjà chez le nouveau-né et il augmente peu à peu de quantité avec l’àge ,
Vaisseaux. — Les poumons possèdent deux systèmes de vaisseaux : les vaisseaux bronchiques, destinés à la nutrition de l'organe (vasa prixata), et les vaisseaux pulmonaires, en rapport avec l’hématose (msa publica). Les capillaires des deux systèmes communiquent à la limite des petites bronches terminales.
A. Vaisseaux bronchiques. — 1» Artères bronchiques. — Elles se distribuent : 1“ aux divisions bronchiques, à l'exception des bronches terminales fournies par l’artère pulmonaire ; elles forment un réseau superficiel très fin pour la muqueuse et un réseau plus lâche pour la couche musculaire; 2“ à la plèvre viscérale; 3® aux parois des vaisseaux et principalement de l'artèie pulmonaire, qui possède un réseau très riche; 4® aux glandes lymphatiques de la racine du poumon. D’après Lefort, elles s’anastomosent avec les veines pulmonaires. Cependant, d'après d'autres auteurs, il y aurait indépendance absolue entre les deux systèmes, bronchique et pulmonaire.
2® Veines bronchiques — Elles rapportent le sang : 1“ des grosses divisions des bronches ; 2® de la partie de la plèvre qui avoisine le hile du poumon ; 3® des ganglions bronchiques. Leur distribution ne correspond donc pas à celle des artères bronchiques et est beaucoup moins étendue.
B. Vaisseaux pulmonaires. — 1® Artère pulmonaire. — Ses branches acccompagnent les ramifications bronchiques, mais leur division est plus rapide. Elles fournissent : 1® aux bronches terminales; 2° aux lobules pulmonaires (réseau interlobulaire, infundibulaire et vésiculaire) ; 3® elles donnent en outre quelques branches à la plèvre viscérale. Ses branches terminales ne s’anastomosent pas entre elles.
2® Verne* pulmonaires. — Elles proviennent de trois sources distinctes : 1» du réseau capillaire des vésicules pulmonaires ('reine* pulmonaires proprement dites); 2® du réseau capillaire des petites bronches (veines broncho-pulmonaires); elles s’anastomosent avec les veines bronchiques; 3® du réseau capillaire de la plèvre (veines pleuropulmonaires). Elles proviennent donc non seulement du réseau capillaire fourni par l’artère pulmonaire, mais encore d’une partie du réseau fourni par les artères bronchiques. Dans leur trajet vers le hile du poumon, elles ont une marche indépendante et suivent moins régulièrement les bronches que les autres vaisseaux.
Lymphatiques. — Ils se divisent en superficiels et en profonds. Les superficiels îorment sous la plèvre un réseau serré, d’où partent des troncs qui pénètrent dans la profondeur de l’organe; les lymphatiquespro/bnrf* entourent les lobules de leurs réseaux (*). Les troncs lymphatiques qui en naissent se réunissent à ceux qui proviennent des réseaux superficiels, et marchent vers le hile en accompagnant les vaisseaux et surtout les veines pulmonaires. Arrivés au hile, ils se jettent dans les ganglions pulmonaires et bronchiques ; les premiers, de la grosseur d’une lentille à un pois, sont situés au niveau du hile ; les seconds, de volume très variable, sont réunis autour des grosses bronches et de la trachée. Ces ganglions ont une coloration noire, due à du pigment déposé en molécules isolées ou en amas dans une capsule fibreuse, dans les parois des alvéoles de la substance corticale et dans la substance médullaire le long de la paroi des vaisseaux.
Nerfs. — Us proviennent du grand sympathique (surtout des trois premiers ganglions
(*) D'après Wywodzoff, il faudrait chercher plus loin l'origine des radicules lymphatiques j la lymphe se rassemblerait dans des espaces sans paroi propre de la membrane de la vésicule, espaces ne suivant pas exclusivement le trajet des artères, mais occupant souvent leurs mailles.
Grancher a décrit trois réseaux, un réseau périlobulaire, un réseau périinfundibulaire et un réseau périalveolaire. Nolhuagel et quelques autres auteurs admettent une communication des radicules lymphatiques avec la cavité des alvéoles pulmonaires et des bronches.
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thoraciques) et du pneumo-gastrique. Leurs filets accompagnent les vaisseaux et surtout l’artère pulmonaire et les bronches ; ces derniers filets présentent de petits ganglions microscopiques (Remak).
ARTICLE V- PLÈVRES
Les plèvres, au nombre de deux, une pour chaque poumon, sont des sacs sans ouverture et présentent : 1“ une face interne, lisse, libre, tournée vers la cavité du sac ; 2“ une face externe, rugueuse, adhérente dans la plus grande partie de son étendue, soit à la surface du poumon, plèvre viscérale, soit [aux , parois du thorax, plèvre pariétale; une partie de ce dernier feuillet (plèvre médiastine) est libre et intercepte avec celui du côté opposé une cavité, cavité des médiastins.
A. Plèvre viscérale. — Elle tapisse la surface du poumon, à l’exception du hile.
B. Plèvre pariétale. — Après avoir tapissé la face interne des côtes et des espaces intercostaux (plèvre costale) et les parties latérales de la convexité du diaphragme (plèvre diaphragmatique), la plèvre pariétale abandonne la paroi thoracique, se réfléchit vers le hile du poumon pour se continuer avec la plèvre viscérale et constitue ainsi la plèvre médiastine. Dans les points où la plèvre se réfléchit des parois costales sur le diaphragme et de ces deux endroits vers le hile du poumon, existent des culs-de-sac o« sinus, dont il est important de connaître les -rapports avec les parois thoraciques, puisqu’ils indiquent les limites des cavités pleurales droite et gauche, limites qui ne coïncident pas avec celles de la cavité thoracique. Au delà de ces sinus, les parois thoraciques ne sont plus en rapport avec la plèvre.
Ces sinus sont au nombre de cinq :
1“ Sinus costo-médiastinique ou antérieur ou ligne de réflexion de la plèvre costale pour former le médiastin antérieur. — Il ne suit pas la même direction à droite qu’à gauche, la plèvre costale étant moins étendue de ce côté.
a) A droite (fig. 271, 38, 39), il suit une ligne qui, partant de l’échancrure sternale droite, se porterait obliquement derrière le manche du sternum en dépassant la ligne médiane ; puis il descend derrière le corps du sternum près do son boi’d gauche jusqu’à la base de l’appendice xipho'i'de et là se continue avec le sinus costo-diaphragmatique.
b) A gauche (flg. 271, 35, 36, 37), il part de l’échancrure gauche du sternum, descend derrière le manche en se réunissant à angle aigu avec celui du côté droit; là les deux culs-de-sac pleuraux sont accolés et séparés seulement par un tissu cellulaire lamelleux jusqu’à la hauteur du cinquième cartilage costal ; à ce niveau, il se porte à gauche, en abandonnant le sternum et en s’écartant de plus en plus du bord sternal gauche jusqu’au sinus costo diaphragmatique.
2® Sinus costo-mèdiastinique postérieur. — Il répond à la réunion de la face latérale et de la face antérieure des corps vertébraux depuis la première jusqu’à la diSu^ième vertèbre dorsale.
3“ Sinus costo-diaphragmatique. — a) A droite (flg. 271, 38), il part de l’appendice xiphoïde, se porte obliquement en bas et à droite, en suivant
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le bord inférieur du cartilage de la sixième eôte jusqu’à la ligne du mamelon, puis se porte obliquement en bas et en arrière jusqu’au milieu de la douzième côte, en croisant les côtes et en laissant libres leurs cartilages et une partie de plus en plus grande de leur arc osseux ; enfin, du milieu de la douzième côte, il se porte en dedans et un peu en haut vers la partie latérale de la douzième vertèbre dorsale, pour se continuer avec le sinus costo-médiastinique postérieur.
h) A gauche (flg. 271, 35), il part du bord gauche du sternum au niveau du cinquième cartilage costal et se porte obliquement en bas, en croisant les cartilages des cinquième, sixième et septième côtes (*) ; à partir de là, il suit la même disposition qu’à droite, sauf qu’il descend un peu plus bas.
4“ Sinus ‘pHrénico-péricardique. — Ce sinus occupe la rainure qui résulte de l’union du diapliragme avec la base du péricarde.
5“ Sinus pleural supérieur ou sus-costal (flg. 271, 28, 31). — Ce sinus coiffe le sommet du poumon et dépasse, comme lui, la première cole.
On voit que certaines régions de la cage thoracique ne sont pas tapissées par les plèvres. Ces régions sont : 1“ en arrière, la face antérieure du rachis;' 2“ en avant, un espace triangulaire à base supérieure, correspondant au manche du sternum et empiétant sur le côté gauche ; ce triangle se continue en bas avec un interstice cellulaire à peine sensible, qui longe le bord gauche de l’os et au niveau du cinquième cartilage costal, s’élargit en un triangle situé au niveau de la partie gauche du sternum, de l’appendice xiphoïde et de la partie interne des cartilages des cinquième, sixième et septième côtes et des espaces intercostaux correspondants. C’est dans cet espace, et surtout entre le bord gauche du sternum et les cartilages des cinquième et sixième côtes, que le péricarde est en contact immédiat avec les parois thoraciques ; 3“e» bas, l’espace compris entre les insertions costales du diaphragme et le sinus costo-diaphragmatique ; 4“ plusieurs régions du diaphragme, au niveau, en avant, et en arrière du péricarde, et enfin au-dessous du sinus costo-diaphi’agmatique.
G. Plèvre médiastine. — Elle forme de chaque côté de la ligne médiane une cloison allant de la paroi antérieure à la paroi postérieure du thorax ; au niveau du hile, elle se -continue avec la plèvre viscérale; au-dessus du hile, elle va sans interruption d’une paroi à l’autre, en constituant la paroi interne du sinus sus-costal. Au-dessous du hile, elle présente en arrière une disposition spéciale ; au lieu de se porter directement vers le hile, elle forme avec la plèvre costale un repli triangulaire à base inférieure très courte, dont le bord postérieur répond au rachis et le bord antérieur au bord postérieur du poumon. En avant du hile, elle tapisse, en y adhérant assez intimement, la face externe du péricarde.
Les deux plèvres médiastines, droite et gauche, interceptent une cavité, divisée par le cœur et le péricarde en deux cavités secondaires : l’une antérieure, cavité médiastine antérieure ou médiastin antérieur. ; l’autre postérieure, médiastin postérieur.
La cavité médiastine antérieure , très étroite, a la forme d’un sablier
(1) Les distances moyennes de ce sinus au bord gauche du sternum sont: à la hauteur de l'etlrémilé sternale du cinquième cartilage costal de O^jOIo ; à celle du sixième 0'“,02; à celle du septième C“,038 (Luschka).
t*) Beaucoup d’auteurs placent le cœur dans la cavité médiastine antérieure.
SPLANCHNOLOGIE
allongé, compris entre le péricarde et les parois thoraciques. Elle contient dans sa partie supérieure le thymus ou la graisse qui le remplace, l’artère innominée, etc., et du tissu cellulaire lamelleux.
La cavité médiastine postérieure contient l'aorte, l’œsophage, la veine azygos, les pneumo-gastriques, les grands sympathiques, le canal thoracique, etc.
Structure. — La plèvre se compose d’une charpente connective riche en fibres élastiques et d’un épithélium pavimenteux simple. Elle présente des prolongements microscopiques simples ou lobulés (villosités pleurales), formés par une substance homogène ou fibrillaire, quelquefois pigmentée, couverte ou non d’épithélium et contenant souvent des anses vasculaires ; on les rencontre surtout sur les replis adipeux des sinus pleuraux et le long du bord antérieur des poumons.
La plèvre est unie aux parties sous-jaqentes par le tissu cellulaire sous-pleural, très adhérent pour la plèvre pulmonaire et complètement dépourvu de graisse.
Les vaisseaux de la plèvre, plus nombreux pour le feuillet viscéral, forment un réseau sous-séreux à mailles larges, et un réseau plus fin sous-épiihélial. Ses nerfs très peu nombreux, proviennent du grand sympathique, du phrénique, du pneumo-gastrique et probablement des intercostaux ; les filets du feuillet viscéral présentent des cellules ganglionnaires (Kôlliker).