‹ Nouveaux éléments d'anatomie descriptive et d'embryologie (volume 2)Chapitre 233 sur 303 · Glomérule · texte numérisé non relu

Glomérule

ARTICLE 11 - URETÈRES (fig- 301, 8, 9)

A leur partie supérieure, les conduits excréteurs des reins présentent une disposition particulière pour recevoir l’urine, qui arrive par les conduits papillaires. Chaque papille est entourée par un petit cône membraneux, ou calice, dont la base répond à la papille et dont le sommet tronqué s’ouvre dans une cavité plus grande, grand calice. Les grands calices, au nombre de trois, s’ouvrent dans une poche, le bassinet (fig. 301, 8), située à la partie postérieure du hile et qui constitue la partie supérieure évasée de l’uretère.

uretère (9), long de 0'",27 environ, est un tube cylindrique, offrant quelquefois des renflements fusiformes, étendu du bassinet au bas-fond delà vessie. Il descend en avant du psoas, de l’artère iliaque primitive à gauche, iliaque externe à droite, est croisé par les vaisseaux spermatiques qui passent en avant de lui, pénètre dans le petit bassin et arrive à la vessie. A ce moment les deux uretères sont situés à O™ ,06 l’un de l’autre; ils traversent obliquement ses parois en se rapprochant, et après un trajet de 0"’,02, viennent s’ouvrir aux deux angles postérieurs du trigone vésical.

Les parois des calices, du bassinet et des uretères sont minces et dilatables. Leur surface interne est blanche, lisse, et offre des plis longitudinaux qui s’effacent par la distension.

(•) A. Artère glomérulaire. — B. Branche fournissant le vaisseau afférent du glomèrule. — C.iVaisseau afférent du glomèrule. — D. Artère allant directement dans le réseau capillaire de la substance corticale. — E. Réseau capillaire. — F. Glomèrule.

ORGANES CRINAIRES

Structure. — Leurs parois, épaisses de 0“''n,001, se composent de trois tuniques : 1» une tunique externe, fibreuse, riche en fibres élastiques, et qui, à la base des papilles, se continue avec la capsule fibreuse du rein ; 2» une tunique musculaire, très épaisse (0"‘”“,5), formée par une couche externe circulaire qui s’épaissit au niveau de la base de la papille et constitue là un vrai sphincter papillaire, et par une couche interne longitudinale plus épaisse ; 3“ une muqueuse, mince et facilement isolable : son épithélium est pavimenteux, stratifié ; les formes de ses cellules sont très variables ; les plus superficielles présentent à leur face profonde des dépressions en godet, dans lesquelles s’enfoncent les bases des cellules coniques plus profondément situées. La muqueuse se réfléchit à la surface des papilles, où elle est très mince et très adhérente.

Variétés. — On rencontre souvent des uretères doubles, mais rarement ils s’ouvrent dans la vessie par des orifices distincts.

ARTICLE III - VESSIE (fig- 301)

La vessie est un réservoir musculo-membraneux situé derrière le pubis et intermédiaire aux uretères et à l’urèthre.

Sa forme, assez difficile à bien apprécier, est très variable, suivant son état de vacuité ou de distension. Vide, elle est ramassée sur elle-même et n’a pas plus de O^jOS de diamètre. Modérément distendue, elle a la forme d’un ovoïde souvent asymétrique, surtout chez les femmes, et dont le grand axe est dirigé on bas et en arrière. La petite extrémité de l’ovoïde est supérieure et constitue son sommet arrondi ou acuminé. La grosse extrémité, ou fond de la vessie, forme un plan triangulaire incliné en bas et en avant et se continue en avant avec l’urèthre (') ; c’est là, dans la station droite, le point le plus déclive de la vessie. La paroi postérieure, inclinée en bas et en arrière, est convexe, surtout en bas ; la paroi antérieure n’offre rien de particulier ; les parois latérales convexes sont quelquefois le siège de dilatations. La vessie est en général plus aplatie chez la femme. La capacité de la vessie, variable comme ses dimen sions, peut être évaluée en moyenne à 500 ou 600 centimètres cubes.

Situation et rapports. — Vide, la vessie est cachée derrière la symphyse ; à l’état de réplétion, elle se dilate peu à peu, dépasse la symphyse et peut atteindre la réunion du tiers inférieur et du tiers moyen de la distance qui sépare le pubis de l’ombilic et même au delà. La partie la plus fixe est l’orifice uréthral, qui reste toujours à la même hauteur (plan horizontal passant par la réunion du tiers inférieur et du tiers moyen de la symphyse). Dans cet état, sa paroi postérieure répond chez l’homme au rectum et aux vésicules séminales, chez la femme au col de l’utérus et au vagin. Ses rapports avec le péritoine seront décrits à propos de cette séreuse.

Les moyens de fixité de la vessie, indépendamment des replis péritonéaux qui seront décrits plus loin, sont des ligaments antérieurs et des ligaments supérieurs. 1“ Les ligaments antérieurs, ligaments pubo~prostatiques{hova.ïae)

(U On a donné le nom de bas-fond de la vessie et de col vésical à des parties de la vessie sur lesquelles il est utile de s’expliquer. On a appelé bas-fond de la vessie tantôt la région de l’orifice uréthral, tantôt le trigone, tantôt la région postérieure au trigone qui, dans l'état de distension extrême ou dans certains cas pathologiques, s'abaisse au-dessous du niveau de l'orifice uréthral. Mais, en réalité, le vrai bas-fond de la vessie ou la partie la plus déclive est constituée par l’orifice uréthral même. C’est à cet orifice uréthral que doit s’appliquer le nom de col ve'sical, improprement attribué par quelques chirurgiens à la région prostatique de ruréthre.

SPLANCHNOLOGIE

OU pubo-vésicaux (femme) sont deux cordons fibreux allant des parties latérales de la vessie et de la prostate vers le milieu de la symphyse ; entre la vessie et la symphyse ils interceptent une dépression quadrangulaire tapissée par une lame fibreuse, ligament pubo-vésical médian. 2® Les ligamenU suspenseurs (ligaments supérieurs de la vessie) sont au nombre de trois, un médian et deux latéraux; tous les trois se réunissent vers l’ombilic et sont des restes de l’état fœtal. Le ligament moyen, ouraque, part du sommet de la vessie ; c’est un reste du canal allantoïdien ; il se compose, de l’extérieur à l’intérieur, d’une gaine de fibres élastiques longitudinales continues anx fibres longitudinales de la vessie dont elles représentent un des tendons ; d’un axe formé par les vestiges du canal allantoïdien ; c’est un canal plus ou moins long, offrant çà et là des dilatations et des étranglements et remplacé dans une partie de son trajet par un pédicule plein ; ce canal est quelquefois ouvert jusque près de l’ombilic. C’est un prolongement tubuliforme de la muqueuse vésicale ; seulement la plupart du temps l’orifice de communication est oblitéré. Il contient un détritus de cellules épithéliales ayant subi les dégénérescences graisseuse et amyloïde. Les ligaments latéraux partent des côtés de la vessie et sont constitués par la partie oblitérée des artères ombilicales.

Conformation intérieure . — La muqueuse vésicale est pâle, lisse et a l’aspect d’une séreuse. Quand la vessie est contractée, elle forme des plis qui disparaissent par la distension. Il arrive souvent qu’elle est soulevée par les faisceaux musculaires sous -jacents [vessie à colonnes), ou qu’elle s’enfonce en forme de diverticulums dans les mailles de ces fibres (vessie à cellules).

La partie inférieure de la vessie présente trois ouvertures ; en avant Y orifice uréthral,, dont la forme est celle d’un croissant à concavité postérieure ; en arrière et de chaque côté les orifices des uretères (flg. 313, 14), situés à 0™,027 l’un de l'autre. Ce sont des fentes obliques en dedans et en avant, limitées en haut par un repli mince, comme valvulaire, et se terminant en bas par une gouttière. Ces trois orifices constituent les trois angles d’un triangle, trigone vésical ou de Lieutaud (fig. 213, 15), dont les trois côtés sont concaves. A ce niveau la muqueuse est soulevée, surtout en arrière, où elle forme à la base du triangle une crête transversale qui réunit les orifices des uretères, et en avant, où elle constitue à l’orifice uréthral une saillie longitudinale (13), luette vésicale .

Structure. — Les parois de la vessie, dont l’épaisseur varie suivant l'état de distension de l’organe (0,003 à 0,015 et plus), sont constituées de dehors en dedans par une séreuse, très incomplète (voy. Péritoine), une tunique musculaire et une muqueuse unie très lâchement à la précédente par un tissu cellulaire sous-muqueux.

t® Tunique musculaire. — Elle se compose de trois couches, qui sont, en allant de dehors en dedans, des fibres longitudinales, des fibres transversales et des fibres rétic fiées.

Les fibres longitudinales (flg. 301, 14, 15), superficielles, n’existent pas sur les parties latérales et forment deux bandes longitudinales sur les deux faces antérieure et postérieure de l’organe. En bas elles se perdent dans la région du col vésical, au milieu des fibres du sphincter uréthral (voy. Urèthre et Prostate) ; une partie de ces fibres vont à l’aponévrose pelvienne et à la symphyse (muscle pubo-vésical). En haut, les unes se perdent dans l’ouraque; d'autres vont sans interruption d’une face à l’autre et forment des anses embrassant le gi'and axe de la vessie; quelques-unes des fibres de la face antérieure se recourbent en anse derrière l’ouraque (11).

Les fibres moyennes sont transversales et vont depuis le sommet de la vessie jusqu’à

ORGANES URINAIRES 809

l’orifice uréthral, mais sans former de sphincter vésical ; au niveau des uretères elles décrivent une sorte de tourbillon spiralé.

Les fibres réticulées, contiguës à la muqueuse, constituent un réseau de mailles irrégulières, à direction générale verticale et très visibles sur les vessies hypertrophiées. Au niveau du trigone viennent s’ajouter des fibres provenant des fibres longitudinales des uretères; elles forment une bande transversale d’un uretère à l’autre, et deux bandes obliques convergeant vers l’orifice uréthral.

Toutes ces fibres, sans exception, ont pour action de vider la vessie (m. detrusor urinæ). Les fibres transversales les plus inférieures, au lieu de former, comme on le décrit souvent, un sphincter au col vésical, et d’opposer une barrière à la sortie de l’urine, servent à en expulser les dernières portions. Le vrai sphincter de la vessie existe dans la région uréthrale. Les fibres musculaires de la vessie sont des fibres lisses, sur lesquelles la volonté n’a aucune influence. Elle ne peut intervenir pour vider la vessie que par la contraction des muscles abdominaux (*'.

2» Muqueuse. — Elle est très mince (0,002), et est ordinairement dépourvue de papilles, sauf à l’orifice uréthral. Elle n’a pas de glandes, excepté quelques glandes tubuleuses situées dans la même région. Son épithélium pavlmenteux stratifié présente les mêmes formes singulières que celui des uretères.

Vaisseaux et nerfs. — Les artères viennent de l’hypogastrique. Les veines forment un plexus, très marqué surtout vers le fond de la vessie et qui se jette dans les veines hypogastriques ; il communique avec les plexus hémorrhoïdal et utérin. Les lymphatiques sont plus nombreux et plus forts au niveau du trigone; ils voi.t aux ganglions hypogastriques; d’après Gillette, la muqueuse vésicale ne contient pas de vaisseaux lymphatiques. Les nerfs proviennent du plexus hypogastrique et des branches antérieures des troisième et quatrième nerfs sacrés; les nerfs moteurs sont d’origine mixte, sympathique et spinale. La sensibilité de la vessie est assez obtuse, sauf au voisinage des oi’iflces des uretères et de l’urèthre, où elle est très vive.

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